Comprendre ses produits cosmétiques, pour une utilisation raisonnée et raisonnable. Pour bien choisir et utiliser les huiles végétales dans votre routine cosmétique, il est important d’avoir en tête plusieurs notions. Parce que l’on choisit toujours mieux lorsqu’on sait sur quels critères on s’appuie, la Compagnie des Sens vous propose donc un petit tour d’horizon des questions à vous poser avant de choisir une huile végétale en cosmétique !

La comédogénicité des huiles végétales

Une huile est dite comédogène si elle entraine la formation de comédons. Les comédons sont toutes les petites imperfections que l’on peut avoir sur la peau comme les boutons, les microkystes ou encore les points noirs. Ils apparaissent lorsque la peau produit un excès de sébum qui finit par obstruer les pores. Les peaux mixtes à grasses et surtout les peaux jeunes, sont généralement les plus sujettes aux comédons que l’on va retrouver au niveau des glandes sébacées.

Une huile comédogène est donc une huile qui va favoriser la formation de ces imperfections et par conséquent boucher les pores à long terme. Néanmoins, ces huiles peuvent très bien être utilisée de temps en temps et en particulier sur les peaux sèches, pour résoudre un problème spécifique comme les rides, les vergetures ou tout simplement pour réhydrater la peau.

Chaque huile possède un indice de comédogénicité qui dépend de 3 critères : sa fraîcheur, sa sensibilité à l’oxydation et sa vitesse de pénétration dans la peau. L’indice de comédogénicité d’une huile varie de 0 à 5, l’indice 0 étant non comédogène et l’indice 5 étant très comédogène. Si ces indices indiquent la probabilité qu’une huile soit comédogène, il est également important de considérer votre type de peau et par conséquent de possibles réactions inattendues. On conseillera donc aux peaux grasses à mixtes des huiles à l’indice faible entre 0 et 2, tandis que les peaux normales à sèches pourront plus facilement utiliser des huiles aux indices compris entre 0 et 5.

Plus de détails : choisir son huile végétale selon son type de peau.

Pour bien choisir vos huiles végétales, voici une petite liste non exhaustive des huiles selon leur indice de comédogénicité.

L'oxydation des huiles végétales

On définit souvent les huiles végétales par leur potentiel oxydatif, il s’agit d’une dégradation des acides gras qui composent l’huile et qui vont donc altérer la qualité de l’huile. Cette oxydation peut être engendrée par différents facteurs :

Ces facteurs peuvent donc favoriser l’oxydation des huiles et par conséquent entrainer des réactions allergiques, des boutons (car une huile oxydée devient très comédogène) et une odeur de rance lors de l’utilisation. Il est donc important de conserver vos huiles à l’abri de la chaleur et de la lumière, mais également dans un endroit frais et sec afin d’éviter toutes contaminations de micro-organismes et dans un contenant adapté ! Une huile vierge extraite par première pression à froid est plus riche et aura donc tendance à se dégrader plus rapidement que des huiles minérales. C’est pourquoi il est essentiel de soigner la conservation de vos huiles végétales.

Voici quelques exemples d'huiles végétales classées selon leur stabilité à l'oxydation :

Une huile végétale sèche ou grasse ?

Lorsqu’on applique une huile végétale sur la peau, il est possible de ressentir une sensation de gras, alors que l'huile ne pénètre plus aussi bien dans la peau. Ce phénomène est dû à la composition en acides gras de l’huile qui lui apporte une affinité plus ou moins forte avec la peau. Plus l’huile possède une forte affinité avec la peau, plus elle pénétrera rapidement et moins vous aurez une sensation de gras au toucher. Ce sont ces huiles végétales, pénétrantes, qui sont appelées huiles sèches. Les huiles sèches seront principalement composées d’oméga 3 et d’oméga 6 qui pénètrent plus facilement dans la peau, tandis que les huiles grasses seront plus constituées d’oméga 9. Le choix de l’huile végétale dépendra donc de vos besoins, si vous voulez conserver une peau mate, sans sensation de gras, il vous faut une huile sèche. Si le but est plutôt de satiner votre peau, une huile grasse sera tout à fait adaptée.

Voici quelques exemples d'huiles végétales au toucher sec ou gras :

Différence entre une huile végétale et un macérat huileux ?

Toutes les plantes ne sont pas des oléagineuses et ne peuvent donc pas fournir d’huile végétale. Pour contourner cet obstacle et profiter tout de même naturellement de leurs bienfaits, les producteurs ont trouvé une alternative : la macération. La partie de la plante qui nous intéresse est plongée dans une huile neutre, souvent l’huile de Tournesol ou d’Olive. Ce complexe d’huile neutre et de plantes est soumis à la lumière pour favoriser le transfert des principes actifs de la plante vers l’huile neutre. Une fois la macération terminée, l’huile neutre ne l’est plus, et regorge des bienfaits de la plante ! Le macérât huileux obtenu est donc une huile bio chargée des principes actifs de plantes non oléagineuses.

Une huile vierge ou raffinée ?

L’huile vierge de première pression à froid fait référence au mode d’obtention de l’huile, qui diffère de celui des huiles raffinées.

Une huile vierge est obtenue par pression à froid, qui est une méthode d’extraction simple, rapide et ancestrale. C’est une méthode d’extraction mécanique, où les fruits et graines oléagineux sont pressés, pour en extraire directement l’huile. Ce mécanisme se fait à température ambiante pour ne pas dénaturer les acides gras. Une huile vierge issue de première pression à froid correspond donc au premier jus de la graine ou du fruit, sans traitement chimique ou raffinage. Il s’agit d’une méthode d’extraction douce et qui préserve l’huile dans toute sa globalité, pour un produit riche en vitamines, en antioxydants et autres insaponifiables.

A la différence, une huile raffinée est obtenue par une méthode d’extraction, grâce à un solvant, souvent l’alcool. Une fois cette huile obtenue, elle subit plusieurs traitements :

  • Une démucilagination qui correspond à l’élimination des phospholipides dans l’huile, des complexes regroupant un ou plusieurs acides gras à d’autres molécules ;
  • Une neutralisation, pour faire perdre à l’huile son acidité libre ;
  • Une décoloration et une désodorisation.

Toutes ces étapes nécessitent bien souvent l’intervention de molécules chimiques. Cela implique la destruction de certains acides gras essentiels si la température du raffinage est élevée, ainsi que la perte de la composition naturelle de l’huile. De même, de nouveaux composants peuvent se créer, pas forcément bénéfiques pour la peau ou pour l’alimentation. Les huiles végétales raffinées présentent tout de même l’avantage de mieux se conserver qu’une huile végétale vierge.

La plupart des huiles végétales de la Compagnie des Sens sont des huiles vierges issues de première pression à froid. Néanmoins, si cela n’est pas précisé sur votre huile c’est qu’elle est certainement raffinée.

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Bibliographie

Ouvrage : de la Charie, T. (2019). Se soigner par les huiles essentielles. Pourquoi et comment ça marche ? Editions du Rocher.

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