En cas d’allergie saisonnière au pollen, de rhinite allergique, d’urticaire… les antihistaminiques sont les médicaments de première intention pour traiter les différents symptômes : nez bouché, yeux rouges, éternuements, démangeaisons... Ils ne permettent cependant pas d’en guérir et ne conviennent pas non plus à tous les types d’allergies. Le recours aux corticoïdes peut alors être nécessaire avec davantage d’effets secondaires à prendre en compte. Heureusement, il existe plusieurs approches naturelles, alternatives ou complémentaires. Chacun pourra trouver celles qui lui conviennent le mieux que ce soit pour soulager rapidement, pour prévenir ou pour limiter l'intensité des réactions allergiques. Attention cependant, car aucune de ces solutions ne permet de traiter un œdème de Quincke, un choc anaphylactique ou une crise d’asthme qui nécessitent une prise en charge médicale d’urgence.

Cet article a été mis à jour le 16/04/2024

Top 5 des alternatives naturelles aux antihistaminiques

1. L’antihistaminique naturel le plus puissant : l'huile essentielle de Tanaisie Annuelle pour soulager rapidement dès les premières réactions au pollen, aux acariens, aux poils d’animaux, aux piqures d’insectes…
2. La référence contre les allergies respiratoires : le Plantain, en cas de rhinite allergique ou saisonnière (allergie au pollen ou rhume des foins).
3. Pour calmer les démangeaisons : l’huile essentielle de Camomille Romaine diluée dans du macérat huileux de Calendula en cas d’urticaire, de piqure d’insectes…
4. En cas de conjonctivite : l’hydrolat de Bleuet en compresses locales.
5. En traitement de fond : le macérat de bourgeons de Cassis, un cortison-like naturel efficace en prévention et en pleine crise.

Consulter un médecin rapidement en cas : de sensation de gonflement dans la gorge, de respiration avec sifflement, d’œdème et de gonflement qui s’étend en particulier sur le haut du corps.

Les différents types d’allergies : pollens, poils de chats, acariens…

Qu’elles soient aiguës, saisonnières ou chroniques… les allergies correspondent à une réponse immunitaire exagérée en présence d’une substance étrangère censée être inoffensive, appelée allergène. Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité qui peut être liée à l’environnement, à l’âge, à une prédisposition génétique (atopie ou d’allergie atopique)… Entre la multitude des allergènes potentiels et la complexité des mécanismes en jeu (lymphocytes Th2, IgE, mastocytes, histamine…), il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Petit tour d’horizon des allergies les plus courantes :

  • Les allergies aériennes sont celles qui sont causées par des allergènes en contact avec les voies respiratoires : pollens, poils de chat ou de chiens, acariens, moisissures… Elles se manifestent par des réactions au niveau du nez (rhinite, rhume des foins), des bronches (gêne respiratoire, crise d’asthme) et/ou des yeux (conjonctivite). Elles peuvent être saisonnières ou quotidiennes et chroniques.
  • Les allergies alimentaires sont le plus souvent causées par des protéines : le lait de vache (chez l’enfant), les œufs, les arachides, les fruits à coque… Elles s’accompagnent de symptômes digestifs (vomissement, reflux, douleurs abdominales) mais aussi cutanés (urticaire, dermatite, eczéma) ou encore respiratoires (rhinite ou asthme, surtout chez les enfants). À ne pas confondre avec les intolérances alimentaires.
  • Les allergies à certains médicaments (hypersensibilité médicamenteuse) et à des venins d’insectes (piqures d’abeilles, de guêpes, frelons…).
  • Les dermites ou eczémas de contact nécessitent un contact direct de l’allergène avec la peau (ex : composant d’un produit cosmétique). À ne pas confondre avec les manifestations cutanées des allergies aériennes, alimentaires ou médicamenteuses, même si elles peuvent être présentes chez une même personne.

Lorsque cela est possible, la priorité est d’éviter ou de limiter le contact avec l’allergène. Ensuite, ce sont les antihistaminiques qui vont être utilisés pour traiter les symptômes de la rhinite allergique et de l'urticaire. Sinon, d’autres médicaments peuvent être prescrits comme les corticoïdes locaux (en crème ou spray nasal) ou généraux, mais avec davantage d’effets secondaires.

Pourquoi prendre des antihistaminiques naturels ?

Les extraits naturels vont rarement agir exactement comme les médicaments antihistaminiques par une inhibition ciblée sur les récepteurs H1 de l'histamine. Par contre, leur action est plus large (ex : inhibition des IgE et/ou de la libération de l'histamine) et leurs propriétés sont plus globales (antiinflammatoires, immunomodulantes, antispasmodiques, émollientes, cortison-like, insecticides…), tout en ayant moins d'effets secondaires que les corticoïdes. Selon les réactions allergiques, ils permettent ainsi d’apporter des réponses alternatives ou complémentaires à différents niveaux :

  • Pour réduire l’écoulement nasal, les éternuements, la gêne au niveau des yeux (conjonctivite)… en cas de rhinite allergique déclenchée par le pollen, les acariens, les poils d’animaux.
  • Pour soulager localement les démangeaisons, qu’il s’agisse d’urticaire, d’eczéma atopique ou d’eczéma de contact, de piqures d’insectes.
  • Pour prévenir les allergies saisonnières et atténuer l’intensité des crises en régulant le terrain ;
  • Pour se débarrasser d’allergènes comme les acariens.
  • Pour couvrir certains besoins en micronutriments essentiels en cas d’hypersensibilité.
  • Pour aider à mieux gérer le stress qui est un facteur aggravant des réactions allergiques dans de nombreux cas.

Pour soulager rapidement une crise allergique (pollen, rhinite allergique, urticaire…)

La Tanaisie Annuelle, l’huile essentielle la plus antihistaminique

Impossible de parler d’allergies sans évoquer la Tanaisie Annuelle. Utilisée depuis le Moyen-Âge pour ses propriétés culinaires, elle est surtout recherchée de nos jours pour son huile essentielle aux propriétés antiinflammatoires et antihistaminiques puissantes. À condition de respecter ses précautions d’utilisation, c’est l’huile essentielle à garder près de soi dès l’arrivée du printemps quand on est allergique au pollen.

Ses effets sont notamment attribués à la présence de chamazulène dans sa composition, une molécule qui lui donne sa couleur bleue si caractéristique et qu’on retrouve aussi dans l’huile essentielle de Camomille Matricaire. Ces plantes font d’ailleurs partie de la même famille et se ressemblent tellement que les autres noms donnés à la Tanaisie Annuelle sont : Camomille bleue ou Camomille du Maroc.

Dans quels cas l’utiliser ?

L’huile essentielle de Tanaisie Annuelle va surtout être utilisée ponctuellement en reflexe rapide au moment d’une crise allergique. Elle entre aussi dans la composition de différents mélanges d’huiles essentielles pour soulager les allergies au pollen ou les allergies cutanées Son usage par voie interne est réservé aux manifestations respiratoires d’une allergie (rhinite, toux, asthme…). En application locale, elle va plutôt permettre de soulager les démangeaisons, les irritations et les rougeurs. Ces propriétés seront également utiles pour calmer un coup de soleil.

Comment l’utiliser ?

À partir de 6 ans :

  • Par voie cutanée : 1 goutte d'huile essentielle de Tanaisie Annuelle dans 4 gouttes d'huile végétale en application locale, 3 fois par jour, jusqu'à amélioration visible. Avant toute première utilisation, il est recommandé de faire un test allergique (deux gouttes au creux du coude pendant au moins 24 heures afin de vérifier qu’il n’y a pas de réaction).
  • Par voie orale : prendre 1 goutte d’huile essentielle sur un support neutre (par exemple, une cuillère à café de miel ou d’huile végétale alimentaire). À réserver pour un usage ponctuel au moment des crises.
Précautions
  • Ne pas la confondre la Tanaisie Annuelle avec sa cousine, la Tanaisie Commune ou Vulgaire, potentiellement toxique.
  • Déconseillée pendant toute la grossesse et l’allaitement, ainsi que chez les personnes épileptiques et les enfants de moins de 6 ans.
  • En raison d’un risque d’interactions médicamenteuses, un avis médical est recommandé en cas de prise d’autres médicaments ou d’utilisation prolongée, surtout par voie orale.
  • La Tanaisie faisant partie de la famille des Astéracées, les personnes allergiques devront éviter de l’utiliser et privilégier l’huile essentielle d’Estragon ou d’autres solutions naturelles présentées dans cette page.

Le Plantain, contre les troubles respiratoires

Le Plantain (Plantago lanceolata ou major) est à la fois une plante banale des bords de chemin et une plante majeure en phytothérapie. Elle a notamment fait l’objet de plusieurs études confirmant ses propriétés antihistaminiques et l’intérêt de ses feuilles en cas de troubles respiratoires. À ne pas confondre avec le Psyllium ou l’Ispaghul (Plantago ovata) dont on utilise les graines ou leurs téguments pour faciliter le transit intestinal.

Dans quels cas l’utiliser ?

Le Plantain est une référence en phytothérapie, que ce soit pour soulager au moment d’une crise aiguë ou en cure préventive quand il s’agit d’allergies chroniques ou saisonnières (pollen et rhume des foins, acariens, poils d’animaux...). Il est alors surtout conseillé en infusion, sous forme de sirop, de gélules ou de teinture mère.

Les feuilles de Plantain sont aussi traditionnellement utilisées en application locale comme adoucissant contre les démangeaisons cutanées causées par une réaction allergique, une piqure d’insectes, d’ortie…

Comment l’utiliser ?

En infusion : verser une cuillère à soupe de feuilles de Plantain lancéolé (1,5 g) par tasse d'eau chaude, puis laisser infuser pendant 10 minutes.

  • Par voie orale, boire 2 à 3 tasses par jour. En cure de 3 semaines pendant la période des allergies ou mieux, en prévention (par exemple au printemps, avant l’arrivée de pollens).
  • Par voie cutanée, à utiliser comme une lotion ou imprégner une compresse à appliquer sur les parties touchées ou les paupières jusqu'à amélioration.

En complément alimentaire et en sirop. Le Plantain est disponible en pharmacie et dans les commerces spécialisés sous différentes formes : gélules, sirop, poudre, teinture mère… Les conseils d’utilisation sont propres à chaque produit.

En cataplasme à base de feuilles fraîches lavées et broyées ou sous forme de jus. En application locale en cas de crise d’urticaire ou de démangeaisons.

Autres plantes complémentaires
Dans un complément alimentaire ou une recette de tisane, le Plantain peut être associé à des feuilles d’Ortie, des feuilles de Cassis et des plantes contenant de l’acide rosmarinique (par exemple : les feuilles de Romarin, les feuilles de Mélisse, ou encore de Sauge officinale...). Les infusions de Mauve et de Guimauve sont surtout utiles pour calmer une irritation des bronches, mais aussi en application locale contre les démangeaisons cutanées.

L’huile végétale de Nigelle, efficace en cas de rhume des foins

Connue depuis l’Antiquité et même vantée par le prophète Mahomet pour avoir « le pouvoir de guérir de toutes les maladies à l’exception de la mort », la Nigelle ou Cumin noir (Nigella sativa) fait encore aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches. Son composant actif le plus étudié est la thymoquinone, ou son polymère, la nigellone.

Une étude clinique de 2010 a notamment permis de mesurer les effets de l’huile végétale de Nigelle par voie orale sur les principaux symptômes de la rhinite allergique (congestion de la muqueuse nasale et nez qui coule, éternuements et prurit nasal…).

Comment l'utiliser ?
  • Par voie orale : 1 cuillère à café d’huile végétale au début des 2 principaux repas jusqu'à amélioration des signes. Ne pas hésiter à la diluer dans une autre huile végétale alimentaire au goût moins marqué comme l'huile de Colza, l'huile de Cameline, l'huile de Chanvre, ou encore l'huile de Chia.
  • Par voie cutanée : comme diluant pour une huile essentielle en application locale.

La Camomille Romaine, incontournable en cas d’urticaire, de rougeurs, de démangeaisons…

Que ce soit sous forme d’infusion, d’huile essentielle ou encore d’hydrolat aromatique, la Camomille Romaine ou Noble (Chamaemelum nobile ou Anthemis nobilis) est incontournable en phytothérapie. Ses propriétés sont multiples, à la fois anti-inflammatoires, antispasmodiques et relaxantes, aussi bien pour la peau, que pour la digestion ou la gestion des émotions.

En dehors des personnes allergiques aux plantes de la famille des Astéracées, la Camomille Romaine est très souple d’emploi, même son huile essentielle. Il faut juste éviter de la confondre avec les autres Camomilles, plus délicates d’emploi, comme la Matricaire (Matricaria camomilla ou recutita) ou la Grande Camomille (Tanacetum parthenium).

L’huile essentielle de Camomille Romaine

L’huile essentielle de Camomille Romaine va pouvoir être appliquée localement dès les premiers signes cutanés d’une allergie (rougeurs, démangeaisons). C’est le réflexe à avoir, en usage seule ou avec d’autres huiles essentielles en cas d’urticaire. De plus, si la réaction allergique est favorisée par le stress, elle sera aussi très utile en olfaction, compte tenu de ses propriétés calmantes et relaxantes. Elle est même conseillée par voie orale par certains experts en cas de rhinite ou d’asthme allergique.

À partir de 6 ans. Par voie orale, prendre 2 gouttes d'huile essentielle de Camomille Romaine avec un support (ex : comprimé neutre, cuillère de miel). Jusqu'à 3 fois par jour en cas de rhinite allergique. Ne pas dépasser 10 à 15 jours de prise.

Dès 3 ans. Par voie cutanée, diluer 1 goutte d’huile essentielle de Camomille Romaine dans 9 gouttes d'une huile végétale (privilégier le macérat huileux de Calendula ou l’huile d’Andiroba) puis appliquer sur la zone touchée, 3 fois par jour.

Pour les bébés de + de 3 mois. Par voie cutanée, diluer 1 goutte dans 19 gouttes d’huile végétale  (ex: macérat huileux de Calendula). Appliquer 2-3 gouttes du mélange sur la zone touchée, 3 fois par jour. Privilégier l'hydrolat de Camomille Romaine en cas d'usage répété.

En cas de stressEn inhalation sèche, 4 à 5 inspirations au-dessus du flacon ouvert, ou 2 gouttes sur la mèche d'un stick inhalateur, toutes les 15 minutes, puis 3 à 4 fois par jour.

L’hydrolat aromatique de Camomille Romaine

Les hydrolats conviennent parfaitement aux personnes sensibles comme les femmes enceintes, les enfants et les bébés dès le plus jeune âge. Beaucoup moins concentrés que les huiles essentielles, ils sont en effet plus souples d’utilisation. Leur parfum est également plus doux et souvent mieux supporté. Vite prêts et faciles d'emploi, ils plaisent aussi à ceux qui n'ont pas le temps de préparer une infusion.

  • Par voie cutanée, vaporiser l'hydrolat de Camomille Romaine sur les zones touchées ou appliquer une compresse imbibée d'hydrolat. Maintenir pendant 5 à 10 minutes, 2 à 4 fois par jour.
  • Dans l'eau du bain, 2 à 3 cuillères à café pour les plus petits, et quelques cuillères à soupe pour les plus grands.
  • Par voie orale, diluer 1 cuillère à café d'hydrolat de Camomille Romaine dans un verre d'eau, 2 fois par jour. Pour son effet calmant en cas de stress, d’agitation ou de troubles du sommeil associés.
Les fleurs séchées (ou capitules floraux)

En application locale, les fleurs de Camomille Romaine sont traditionnellement utilisées comme adoucissant et anti-démangeaison dans de nombreux troubles cutanés comme les allergies ou les piqures d’insectes, mais aussi dans les irritations oculaires comme dans le cas d’une conjonctivite.

En infusion, verser l'équivalent de 5 fleurs de Camomille Noble par tasse d'eau chaude, puis laisser infuser 5 à 10 minutes.

  • Par voie cutanée, à utiliser comme une lotion ou imprégner une compresse à appliquer sur les parties touchées ou les paupières jusqu'à amélioration.
  • Par voie orale, boire 2 à 3 tasses par jour en cas de stress, d’agitation ou de troubles du sommeil associés.

Les fleurs de Souci (Calendula), pour apaiser les irritations cutanées

Les fleurs de Souci des jardins (Calendula officinalis) sont traditionnellement utilisées en application locale comme adoucissant cutané en cas de prurit ou d'urticaire. Surtout connues sous forme de macérat huileux de Calendula, elles s'utilisent aussi en compresses à base d’infusion. Elles ne sont pas à proprement parler anti-allergiques et ne vont pas agir directement contre la libération d'histamine, mais elles sont connues pour calmer l’inflammation et les irritations causées par les allergies cutanées.

Comment l’utiliser ?
  • Le macérat huileux de Calendula : appliquer quelques gouttes de macérat sur la zone touchée. Idéal aussi en association avec les huiles essentielles proposées dans cette page en cas d’urticaire, de démangeaisons et de rougeurs.
  • Les fleurs de Souci en lotion ou en compresse : préparer une infusion, avec l'équivalent de 4-5 fleurs de Souci des jardins dans une tasse d'eau chaude. Laisser infuser 5 à 10 minutes. A utiliser comme une lotion ou imprégner une compresse à appliquer sur les parties touchées.

L’hydrolat de Bleuet, la référence en cas de conjonctivite allergique

C’est seulement à partir de XIXe siècle que le Bleuet (Centaurea cyanus) a été utilisé comme collyre dans les irritations et les gênes oculaires. Si son usage en bain ou en lavage oculaire est aujourd’hui peu recommandé en raison des risques d’infection, l’hydrolat (ou eau florale) peut être appliqué en compresse sur les paupières.

Dans quels cas l’utiliser ?

L’hydrolat de Bleuet reste la référence en cas de conjonctivite, mais il permet aussi de soulager d’autres affections oculaires (orgelet, yeux irrités ou fatigués). En vaporisation locale, il sera également utile pour calmer les rougeurs et démangeaisons cutanées (urticaire, piqures d’insectes, coup de soleil).

Les hydrolats ont par ailleurs l’intérêt d’être doux, faciles et très souples d’emploi, surtout pour les personnes fragiles (femmes enceintes ou allaitantes, jeunes enfants, personnes âgées…).

Comment l'utiliser ?

À partir de 3 moisPar voie cutanée, appliquer sur les yeux et leurs contours une compresse imbibée d’hydrolat de Bleuet, 2 fois par jour pendant 5 minutes. Sinon, à vaporiser sur la peau en cas d’affections cutanées.

Autres hydrolats utiles contre les allergies

L’hydrolat de Camomille Romaine est une bonne alternative au Bleuet en cas de conjonctivite ou d’allergie cutanée. Par ailleurs, il est possible de vaporiser de l’hydrolat de Menthe Poivrée qui, par son effet froid, va soulager la sensation de « feu » caractéristique d’une crise d’urticaire. Quant à l’hydrolat de Basilic par voie orale, il est réputé agir contre le rhume de foins.

L’argile verte et l’Aloe Vera, pour soulager l’eczéma ?

L’eczéma atopique ou dermatite atopique, est une maladie cutanée inflammatoire et chronique, caractérisée par une prédisposition génétique. Elle évolue par poussées avec des rougeurs, des démangeaisons, des petites vésicules et la formation de croûtes. Les antihistaminiques ne sont pas très utiles dans ce cas, sauf pour soulager un prurit intense. L'atopie est plus généralement traitée avec des dermocorticoïdes et d’autres soins spécifiques.

Les données cliniques sont encore insuffisantes, mais l’Argile verte ou l’Aloe Vera permettraient de soulager localement pendant les épisodes aigus et, en cas de grattage, d’aider à la cicatrisation et prévenir les risques de surinfection. Cependant, ils ne peuvent pas remplacer les traitements prescrits, ni les produits émollients nécessaires pour reconstituer le film hydrolipidique. Ils représentent une alternative naturelle, mais ils ne conviennent pas dans tous les cas, notamment s’il s’agit d’un eczéma sévère.

Comment appliquer l’Argile ?

En compresse : préparer un cataplasme d’Argile assez liquide (crème d’Argile). En imbiber une compresse à déposer sur la plaque d’eczéma. Recouvrir la compresse d’un autre linge propre et sec. Maintenir le tout avec un bandage pendant 20 minutes à 1 heure maximum. Humidifier la compresse afin de l’enlever plus facilement sans tirer sur la peau. Pour les peaux très sensibles, il est possible de remplacer l’argile verte par de l’Argile blanche.

Comment appliquer le gel d’Aloe Vera ?

Pour limiter les risques d’irritations, choisir un gel d’Aloe Vera de qualité et le plus pur possible : sans alcool, sans huiles essentielles, sans parfum. Privilégier les gels de qualité BIO. Par précaution, son usage est déconseillé chez les enfants de moins de 3 ans.

Même s’ils sont rares, il existe des risques d’allergie à l’Aloe Vera. D’où l’importance de faire un test allergique au pli du coude avant toute première utilisation. En cas de réaction, il est fortement déconseillé de l’utiliser.

En cure pour prévenir et limiter les crises

Les bourgeons de Cassis, pour leur effet cortison-like

Le macérat de bourgeons de Cassis  (Ribes nigrum) est l’un des macérats les plus utilisés en gemmothérapie. Il est surtout connu pour ses propriétés « cortison-like ». D’après certains experts, il agirait sur la production de cortisol au niveau des glandes surrénales. D’où son intérêt en prévention comme en traitement, pour limiter l’intensité des réactions allergiques.

Dans quels cas l’utiliser ?

Le macérat de bourgeons de Cassis est conseillé dès qu’il y a une problématique inflammatoire, notamment allergique, mais aussi ostéo-articulaire (ex : arthrite, arthrose, crise de goutte, rhumatismes, sciatique…). Il est préconisé pour tous types d’allergies cutanée, respiratoire, saisonnière… y compris l’allergie au soleil.

Comment l'utiliser ?

Le macérat de bourgeons de Cassis peut s’utiliser de différentes manières :

  • Pendant un épisode allergique : en cure ponctuelle de 3 semaines.
  • En cas d’allergie saisonnière : penser à faire une cure préventive en commençant au moins 3 semaines avant l’arrivée des pollens, dès la fin de l’hiver ou au début du printemps. Faire ensuite une pause d'une semaine avant de renouveler la cure pendant 2 ou 3 mois consécutifs.
  • En cas d’allergie chronique tout au long de l’année, opter pour une cure d’entretien avec plusieurs options au choix : 3 semaines par trimestre, 10 jours par mois ou 3-4 jours par semaine.
  • Dans tous les cas : éviter de prendre du macérat de Cassis en fin de journée compte tenu de son effet cortison-like excitant. Il est par ailleurs autorisé pour toute la famille, sauf les bébés de moins de 3 ans et les femmes enceintes (présence d’alcool), et en cas d’hypertension.

Adultes et adolescents : 5 à 15 gouttes par jour dans un verre d'eau, de préférence le matin, 15 minutes avant le repas pendant 3 semaines. Commencer par 5 gouttes et augmenter au fur et à mesure : une goutte par jour jusqu'à 15 gouttes (ou 5 gouttes la première semaine, 10 la deuxième et 15 la dernière semaine).

Enfants de + de 3 ans : 1 goutte par jour pour 10 kilos. Commencer par 1 goutte et augmenter progressivement.

Autres bourgeons complémentaires

Compte tenu de sa polyvalence et de son action générale, le Cassis est souvent associé à d’autres bourgeons plus spécifiques, à choisir en fonction du type d’allergie :

Oignons, pommes, vinaigre de cidre... des sources de quercétine antihistaminique

Les oignons, les pommes et le vinaigre de cidre sont souvent cités parmi les anti-allergiques naturels. Ce sont en effet de bonnes sources de quercétine, une molécule aux multiples propriétés qui a fait l’objet d’études en cas d’allergies alimentaires, respiratoires et cutanées. Elle aurait la capacité d’inhiber la production d’histamine et participerait à la régulation de l’équilibre entre les lymphocytes T qui est au cœur de la réponse immunitaire : Th1 (contre les agents infectieux) / Th2 (contre les allergènes). Ce sont en effet les lymphocytes Th2 qui produisent les antigènes IgE responsables de la libération d’histamine. Il est donc intéressant de mettre ces aliments au menu de ses repas, tout comme les câpres, les myrtilles, le chou vert ou encore le thé vert…

La quercétine est également disponible sous forme de compléments alimentaires. Attention cependant, car, contrairement aux aliments, ils ne conviennent pas aux enfants de moins de 12 ans ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes. Un avis médical est nécessaire avant leur utilisation, notamment en raison de risques d’interactions médicamenteuses.

Des besoins en micronutriments, essentiels à couvrir

En complément des différentes solutions naturelles présentées ci-dessus, certaines vitamines, minéraux et acides gras sont importants à prendre en compte chez les personnes qui présentent un terrain allergique.

La vitamine D

Le rôle de la vitamine D dans l’organisme ne se limite pas à la fixation du calcium dans les os. Elle agit également sur la modulation de la réponse immunitaire. Un déficit en vitamine D peut ainsi être associé à des phénomènes d’allergie. D’où l’intérêt d’une complémentation pendant l’hiver jusqu’au début du printemps, notamment en prévision de l’arrivée des allergies saisonnières. L’avis d’un professionnel de santé est toutefois nécessaire pour éviter les risques de surdosage.

Les vitamines C et E

La vitamine C est connue pour contribuer au fonctionnement normal du système immunitaire et plusieurs études montrent plus spécifiquement qu’elle améliore la fonction pulmonaire. Sachant qu’on note aujourd’hui de plus en plus de carences en vitamine C dans les pays industrialisés, il est important de veiller à couvrir ses besoins quotidiens en privilégiant les fruits et légumes frais, ou certains aliments particulièrement riches en vitamine C comme l’Acérolale Camu-camu ou le Maqui. Sinon, une complémentation pourra être envisagée.

La vitamine E est complémentaire de la vitamine C dans la gestion du stress oxydant. Elle pourrait aussi jouer un rôle dans l’intensité des réactions allergiques, mais d’après les données nutritionnelles, les cas de carences sont encore rares. On la retrouve plutôt dans la composition de produits dermatologiques ou cosmétiques pour une action locale.

Le Magnésium

Le sulfate de magnésium a fait l’objet d’utilisations hospitalières en cas de crise d’asthme sévère, mais il s’agissait d’un usage en intraveineuse et les données cliniques sont encore insuffisantes. Il peut cependant être intéressant de s’assurer de couvrir ses besoins nutritionnels en magnésium quand on est sujet aux allergies. En effet, le magnésium est connu pour avoir une action relaxante sur le muscle bronchique (in vitro) et des effets bronchodilatateurs (in vivo). De plus, une complémentation en magnésium peut s’avérer nécessaire quand le stress est identifié comme étant un facteur aggravant des réactions allergiques. D’autres solutions naturelles contre le stress pourront aussi s’avérer utiles à mettre en place en complément.

Les omégas 3

L’alimentation moderne est souvent critiquée pour ses excès, ses déficits et ses déséquilibres. C’est en particulier le cas des apports excessifs en omégas 6 pro-inflammatoires par rapport aux omégas 3 anti-inflammatoires. Cette situation favorise un terrain propice à différents troubles en lien avec l’inflammation et l’immunité, comme les allergies. Des études ont d’ailleurs montré l’intérêt des omégas 3 en cas d’inflammation bronchique due à l’allergie aux pollens. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles les laits maternisés contiennent des omégas 3 pour contribuer à prévenir les allergies alimentaires.

Pour tendre vers un meilleur équilibre entre les omégas 3 et omégas 6, il est donc conseillé d’éviter les excès d’omégas 6 (ex : huile de tournesol et d’arachide) tout en apportant davantage d’omégas 3 au travers de sources alimentaires végétales (ex : huile de colza, huile de Chia, huile de Chanvre, huile de Lin, Noix de Grenoble, graines de Chia...) et animales (ex : petits poissons gras naturellement riches en EPA et DHA, les œufs, les viandes et les produits laitiers de la filière Bleu-Blanc-Cœur).

Les probiotiques

Qu’il s’agisse de rhinite allergique ou de dermatite atopique, une cure de probiotiques peut s’avérer utile. De nombreuses études confirment en effet leur intérêt pour diminuer la fréquence et la sévérité des crises allergiques. Le conseil d’un spécialiste sera cependant nécessaire pour choisir les produits contenant les bonnes souches, à la bonne dose. À faire sur une période assez longue de plusieurs mois, en privilégiant de les prendre le matin à jeun.

L’homéopathie et l’oligothérapie, pour chaque type d’allergie

Selon les allergènes en cause, la particularité et la localisation des symptômes, leurs conditions d’apparition, d’amélioration ou d’aggravation… il existe différentes solutions en homéopathie. La base de l’homéopathie étant de soigner le mal par le mal, il n’est pas surprenant d’y retrouver des médicaments qui portent les noms suivants : Apis mellifica (venin d’abeilles), Histaminum, Pollen, Urtica urens (l’ortie)… et bien d’autres. Le conseil d’un spécialiste sera donc nécessaire pour personnaliser le choix du traitement, que ce soit en prévention ou pour soulager en période de crise.

Souvent conseillée par les homéopathes, l’oligothérapie fait aussi partie de l’arsenal thérapeutique contre les allergies. Le cuivre et surtout le manganèse sont les oligoéléments les plus utilisés comme modificateurs de terrain, sous forme de cures.

Agaricus, Andiroba, Bromélaïne, Propolis, Spiruline : de nouveaux antiallergiques prometteurs ?

Agaricus blazei : des effets régulateurs sur la réponse immunitaire

L’Agaricus blazei ou Agaricus subrufescens est un champignon comestible, utilisé dans la médecine traditionnelle brésilienne et orientale. D’après des études de 2009 et 2020, ses propriétés anti-inflammatoires et anti-allergiques s’expliqueraient par sa capacité, comme la quercétine, à améliorer l’équilibre des lymphocytes Th1/Th2.

Des recherches supplémentaires sont encore nécessaires pour confirmer son efficacité en cas d’allergie, mais l’Agaricus blazei est disponible sous forme de complément alimentaire, conseillé pour aider aux défenses naturelles et contribuer à une réponse immunitaire normale. D’autres champignons comme le Maitake (Grifola frondosa) ou le Reishi (Ganoderma lucidum) auraient les mêmes propriétés régulatrices de la réponse immunitaire.

Andiroba : une huile végétale encore méconnue

L'huile de graines d'Andiroba (Carapa guianensis) est une huile végétale encore méconnue, mais prometteuse en cas d'allergies compte tenu de ses effets anti-inflammatoires et anti-histaminiques. Les limonoïdes qu’elle contient sont les composants actifs majeurs qui ont fait l’objet d’études dans ce domaine. De plus, cette huile végétale a des propriétés émollientes et régénérantes complémentaires, utiles pour soulager les peaux sensibles et sèches.

Il suffit d'appliquer quelques gouttes d'huile végétale d'Andiroba sur les zones concernées, pendant plusieurs jours jusqu'à amélioration des symptômes.

Bromélaïne : des propriétés controversées

Difficile de s’y retrouver dans l’étude des différentes propriétés attribuées à la bromélaïne, cette enzyme protéolytique surtout présente dans la tige de l’Ananas. Elle aurait des effets anti-hypertenseurs, fluidifiants sanguins (demander un avis médical en cas de traitement anti-coagulant), anti-inflammatoires, anti-allergiques et anti-microbiens, mais pour le moment, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) n’autorise encore aucune allégation de santé pour cette substance.

Par ailleurs, il est important de noter que la bromélaïne se dégrade lorsque les températures dépassent 60 °C. D’où la nécessité de choisir des compléments alimentaires de qualité qui garantissent sa préservation.

Propolis : pour sa richesse en polyphénols

La Propolis est utilisée depuis très longtemps en médecine traditionnelle. Elle fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches avec des résultats prometteurs pour la prévention et le traitement de nombreuses maladies, y compris les allergies. Ses propriétés sont attribuées à sa richesse en polyphénols, dont des flavonoïdes. Ces molécules sont notamment connues pour leur pouvoir anti-oxydant, mais certaines participeraient aussi à la régulation des réactions inflammatoires et allergiques. Malheureusement, aucune n’est encore autorisée par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments).

La Propolis est disponible sous différentes formes de compléments alimentaires : extrait hydro-alcoolique, capsules, gommes, sirop… Attention cependant, la Propolis étant un produit de la ruche, certaines personnes peuvent y être allergiques au même titre que le miel, le pollen, la gelée royale, ou encore les piqures d’abeilles.

Spiruline : des résultats cliniques en cas de rhinite allergique

Son mécanisme d’action est encore méconnu, mais la Spiruline a fait l’objet d’études montrant son efficacité contre placebo, voire des effets supérieurs au traitement antihistaminique de référence. Il manque certes encore des données pour envisager son utilisation comme alternative thérapeutique, mais il peut être intéressant de faire des cures en vue de limiter l’intensité des symptômes. Attention toutefois, car certaines personnes peuvent être allergiques à la Spiruline !

Des huiles essentielles pour se débarrasser des acariens

Au-delà de leurs propriétés antiallergiques, il est également possible d'utiliser des huiles essentielles pour se débarrasser des acariens, un des agents les plus courants responsables d’allergies. Elles seront d’autant plus efficaces en mélange, à pulvériser sur les surfaces où les acariens sont présents : matelas, oreillers, coussins… Attention cependant avec les personnes asthmatiques, les femmes enceinte et les jeunes enfants.

En complément, penser à aérer tous les jours et à aspirer régulièrement. Abandonner les moquettes et les tapis. Adopter le lavage à la machine au-dessus de 60°C, surtout pour les couettes ou coussins. À ces températures, les acariens ne résistent pas.

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