Face aux éternuements, au nez qui coule, aux yeux irrités ou aux démangeaisons, plusieurs plantes, huiles essentielles et nutriments freinent la réaction allergique sans les effets des antihistaminiques de synthèse. Voici les onze antihistaminiques naturels les mieux documentés : les uns agissent vite au moment d'une crise, les autres travaillent le terrain en cure de fond pour espacer les récidives.

Les 11 antihistaminiques naturels les plus efficaces

Voici les onze solutions naturelles les mieux documentées contre les symptômes allergiques, classées pour vous orienter selon votre besoin. Les premières agissent vite au moment d'une crise, les suivantes travaillent le terrain et se prennent en cure. En usage ponctuel, la plus antihistaminique reste l'huile essentielle de Tanaisie annuelle ; pour prévenir les récidives, les bourgeons de Cassis et le Plantain font référence.

  1. Huile essentielle de Tanaisie annuelle — la plus antihistaminique, en réflexe dès les premières réactions au pollen, aux acariens ou aux piqûres d'insectes.
  2. Huile essentielle de Camomille romaine — pour calmer les démangeaisons, l'urticaire et les rougeurs de la peau.
  3. Macérat huileux de Calendula — pour apaiser les irritations cutanées et diluer les huiles essentielles.
  4. Hydrolat de Bleuet — la référence en compresse sur les yeux irrités et la conjonctivite allergique.
  5. Plantain — plante majeure des voies respiratoires, contre la rhinite et le rhume des foins.
  6. Ortie — antihistaminique traditionnel du terrain allergique, en cure de fond.
  7. Huile végétale de Nigelle — étudiée dans la rhinite allergique, par voie orale au moment des repas.
  8. Bourgeons de Cassis — le « cortison-like » de la gemmothérapie, en prévention comme en pleine crise.
  9. Quercétine (oignon, pomme, câpres, vinaigre de cidre) — un frein naturel à la libération d'histamine, par l'assiette.
  10. Spiruline — micro-algue qui réduit les symptômes de rhinite allergique en cure.
  11. Probiotiques — pour rééquilibrer le terrain immunitaire sur plusieurs semaines.

Le choix se fait d'abord selon le symptôme et le moment. Pour couper une crise, on privilégie les huiles essentielles et l'hydrolat local ; pour un terrain allergique connu, on installe une cure — Cassis, Plantain, Ortie, probiotiques — plusieurs semaines avant la saison des pollens. Ces deux approches sont complémentaires et se combinent sans difficulté.

À ne jamais gérer seul : aucune de ces solutions ne traite un œdème de Quincke, un choc anaphylactique ou une crise d'asthme. Une sensation de gonflement de la gorge, une respiration sifflante ou un œdème qui s'étend sur le haut du corps imposent d'appeler immédiatement le 15.

Comment agissent les antihistaminiques naturels ?

Une allergie est une réponse immunitaire exagérée face à une substance normalement inoffensive, l'allergène. Le contact déclenche une cascade impliquant les lymphocytes Th2, les anticorps IgE et les mastocytes, qui libèrent l'histamine responsable des éternuements, du nez qui coule, des démangeaisons et des rougeurs. Les antihistaminiques de synthèse bloquent précisément les récepteurs H1 de l'histamine ; les extraits naturels agissent rarement de façon aussi ciblée, mais sur plusieurs leviers à la fois.

Selon les plantes, leur action se répartit sur quatre registres :

  • Freiner la libération d'histamine et la production d'IgE par les mastocytes, à la source de la réaction.
  • Modérer l'inflammation des muqueuses et de la peau, qui entretient les symptômes.
  • Rééquilibrer la balance immunitaire entre lymphocytes Th1 et Th2, orientée vers l'allergie chez les personnes sensibles.
  • Apaiser localement les yeux, le nez ou la peau au moment de la gêne.

Cette polyvalence, associée à une meilleure tolérance que les corticoïdes, explique qu'on puisse calmer bien des réactions sans antihistaminique classique — à condition de viser le bon remède pour le bon symptôme et de rester prudent sur les formes concentrées comme les huiles essentielles. Quand c'est possible, la première mesure reste d'éviter ou de limiter le contact avec l'allergène ; les solutions naturelles interviennent ensuite pour soulager, atténuer l'intensité des crises et, en cure, rendre le terrain moins réactif. Pour un accompagnement ciblé par voie aromatique, notre guide des huiles essentielles antiallergiques complète cette page.

Soulager rapidement une crise allergique (pollen, rhinite, urticaire, yeux)

Au moment d'une réaction, l'objectif est d'agir vite et localement. Les huiles essentielles et l'hydrolat de Bleuet sont ici les alliés les plus opérants, chacun sur son terrain : les voies respiratoires, la peau ou les yeux.

Le test cutané, avant toute application. Avant la première utilisation d'une huile essentielle sur la peau, déposez deux gouttes du mélange dilué au creux du coude et vérifiez l'absence de réaction pendant 24 heures. Ce réflexe vaut pour toutes les huiles essentielles présentées ci-dessous et se fait avant chaque nouveau mélange.

La Tanaisie annuelle, l'huile essentielle la plus antihistaminique

Impossible de parler d'allergies sans la Tanaisie annuelle. Ses effets anti-inflammatoires et antihistaminiques sont attribués à sa richesse en chamazulène, la molécule qui lui donne sa couleur bleue caractéristique et qu'on retrouve aussi dans l'huile essentielle de Camomille matricaire. C'est l'huile à garder près de soi dès l'arrivée du printemps quand on est allergique au pollen. On l'emploie surtout ponctuellement, en réflexe au moment d'une crise : par voie interne pour les manifestations respiratoires, en application locale diluée pour les démangeaisons et les rougeurs.

En pratique.
  • À partir de 6 ans, voie cutanée : 1 goutte dans 4 gouttes d'huile végétale, en local sur la zone concernée, 3 fois par jour jusqu'à amélioration.
  • À partir de 6 ans, voie orale : 1 goutte sur un support neutre (miel, huile végétale alimentaire), ponctuellement au moment de la crise.

Cette huile puissante demande de la rigueur : on respecte la dilution, on limite la voie orale à l'épisode aigu et on ne prolonge pas l'usage sans avis. Les contre-indications ci-dessous priment sur le confort d'emploi.

Précautions — Tanaisie annuelle :
  • Ne pas la confondre avec la Tanaisie commune (ou vulgaire), potentiellement toxique.
  • Déconseillée pendant toute la grossesse et l'allaitement, chez les personnes épileptiques et avant 6 ans.
  • Avis médical en cas de traitement en cours ou d'usage prolongé, surtout par voie orale (risque d'interactions).
  • Allergique aux Astéracées ? Préférez l'huile essentielle d'Estragon ou une autre solution de cette page.

La Camomille romaine, contre l'urticaire, les rougeurs et les démangeaisons

La Camomille romaine s'applique localement dès les premiers signes cutanés d'une allergie. Anti-inflammatoire, antispasmodique et relaxante, elle est très souple d'emploi, sauf chez les personnes allergiques aux Astéracées. Certains aromathérapeutes la conseillent même par voie orale en cas de rhinite ou d'asthme allergique. Lorsque le stress attise la réaction, son usage en olfaction ajoute un effet calmant utile ; d'autres approches naturelles contre le stress peuvent alors compléter la démarche.

En pratique.
  • À partir de 6 ans, voie orale : 2 gouttes sur un support neutre (miel, comprimé neutre), jusqu'à 3 fois par jour, 10 à 15 jours maximum.
  • À partir de 3 ans, voie cutanée : 1 goutte dans 9 gouttes de macérat de Calendula, 3 fois par jour sur la zone touchée.
  • Bébé de plus de 3 mois, voie cutanée : 1 goutte dans 19 gouttes d'huile végétale, puis 2 à 3 gouttes du mélange, 3 fois par jour.
  • Terrain anxieux, olfaction : 4 à 5 inspirations au-dessus du flacon, à renouveler 3 à 4 fois par jour.

Pour un usage répété chez les plus sensibles, l'hydrolat de Camomille romaine prend le relais en douceur : vaporisé ou en compresse, il convient aux femmes enceintes, aux enfants et aux bébés. En cas d'urticaire installé, notre guide dédié aux huiles essentielles contre l'urticaire détaille les synergies possibles.

Le Calendula, pour apaiser la peau irritée

Les fleurs de Souci des jardins (Calendula officinalis) sont traditionnellement employées comme adoucissant cutané en cas de prurit ou d'urticaire. Elles ne bloquent pas directement l'histamine, mais calment l'inflammation et les irritations des allergies cutanées. Le macérat huileux de Calendula est aussi la base idéale pour diluer les huiles essentielles de cette page.

En pratique. Dès la naissance pour l'usage cutané simple : quelques gouttes de macérat huileux de Calendula en massage léger sur la zone irritée, 2 à 3 fois par jour. En alternative très douce, une compresse d'infusion de 4 à 5 fleurs par tasse d'eau chaude, laissée 5 à 10 minutes puis refroidie.

L'hydrolat de Bleuet, la référence pour les yeux

L'hydrolat de Bleuet reste la référence en cas de conjonctivite allergique et de gêne oculaire : yeux irrités, fatigués, paupières gonflées. Doux et très souple d'emploi, il convient dès 3 mois et calme aussi, vaporisé, les rougeurs et démangeaisons de la peau.

En pratique. Dès 3 mois : imbibez une compresse d'hydrolat de Bleuet et appliquez-la sur les yeux fermés et leur contour, 2 fois par jour pendant 5 minutes. Sur la peau, vaporisez directement sur la zone qui démange.

À côté du Bleuet, deux autres eaux florales rendent service au moment d'une crise. L'hydrolat de Menthe poivrée, par son effet frais, soulage la sensation de « feu » d'une poussée d'urticaire : on le vaporise sur la peau, à distance des yeux. L'hydrolat de Camomille romaine, lui, constitue une bonne alternative au Bleuet pour apaiser les yeux des personnes les plus sensibles.

Agir sur le terrain et prévenir les crises

Au-delà du soulagement immédiat, plusieurs plantes se prennent en cure pour rendre le terrain moins réactif. Elles se commencent idéalement plusieurs semaines avant la saison des pollens, puis s'entretiennent pendant la période à risque.

Le Plantain, plante majeure des voies respiratoires

Le Plantain (Plantago lanceolata ou major) est à la fois une plante banale des bords de chemin et une référence de la phytothérapie respiratoire. Ses feuilles sont reconnues par les monographies traditionnelles (Commission E allemande, ESCOP) pour apaiser les irritations des voies respiratoires et de la peau. On l'utilise au moment d'une crise comme en cure préventive. À ne pas confondre avec le Psyllium (Plantago ovata), dont on emploie les graines pour le transit.

En pratique — au-delà de la seule infusion.
  • En infusion : 1 cuillère à soupe de feuilles (environ 1,5 g) par tasse d'eau chaude, 10 minutes, 2 à 3 tasses par jour en cure de 3 semaines pendant la saison — ou, mieux, en prévention avant l'arrivée des pollens.
  • En lotion ou compresse : la même infusion refroidie s'applique sur les zones qui démangent.
  • En teinture mère : la teinture mère de Plantain offre une forme concentrée et prête à l'emploi, pratique pour une cure de fond quotidienne.

Dans une tisane, le Plantain s'associe volontiers aux feuilles d'Ortie et de Cassis, ou à des plantes riches en acide rosmarinique comme le Romarin et la Mélisse.

L'Ortie, l'antihistaminique traditionnel du terrain

Longtemps cantonnée au rang de mauvaise herbe, l'Ortie (Urtica dioica) est l'un des antihistaminiques végétaux les plus cités dans la rhinite allergique saisonnière. La plante séchée est traditionnellement utilisée pour atténuer les éternuements, l'écoulement nasal et les démangeaisons du rhume des foins ; des travaux in vitro suggèrent qu'elle interfère avec les récepteurs de l'histamine et certains médiateurs de l'inflammation allergique, sans que ces mécanismes soient confirmés en clinique. Riche en minéraux, elle soutient aussi un terrain fatigué par des allergies chroniques.

En pratique — plusieurs formes pour une cure de fond.
  • En infusion de feuilles : 1 à 2 cuillères à café de feuilles séchées par tasse, 10 minutes, 2 à 3 tasses par jour.
  • En poudre (gélules) : pratique pour une cure prolongée à dose régulière, en suivant les indications du conditionnement.
  • En association : avec le Plantain et le Cassis, à débuter idéalement quelques semaines avant la saison des pollens.

L'huile de Nigelle, étudiée dans le rhume des foins

Connue depuis l'Antiquité, la Nigelle ou Cumin noir (Nigella sativa) fait l'objet de nombreuses recherches, centrées sur son composant le plus étudié, la thymoquinone. Un essai clinique randomisé en double aveugle a évalué l'huile végétale de Nigelle par voie orale chez des patients atteints de rhinite allergique : la congestion nasale, les démangeaisons, l'écoulement et les éternuements ont diminué dès les deux premières semaines (Nikakhlagh et al., 2010).

En pratique — au-delà de l'usage oral.
  • Par voie orale : 1 cuillère à café d'huile végétale au début des deux principaux repas, jusqu'à amélioration. Son goût prononcé se tempère dans une huile plus douce, comme l'huile de Cameline ou l'huile de Chanvre.
  • Par voie cutanée : elle sert aussi d'huile de dilution pour les huiles essentielles appliquées sur la peau.

Les bourgeons de Cassis, le « cortison-like » de la gemmothérapie

Le macérat de bourgeons de Cassis (Ribes nigrum) est le plus utilisé en gemmothérapie contre les allergies. Il est réputé « cortison-like » : selon la tradition gemmothérapique, il soutiendrait la production de cortisol par les glandes surrénales, d'où son intérêt aussi bien pour installer un terrain moins réactif que pour limiter l'intensité d'une réaction en cours, sur tous les types d'allergies (cutanée, respiratoire, saisonnière, y compris l'allergie au soleil). C'est cette double lecture — prévention et crise — qui en fait un pilier de la cure de fond.

En pratique — deux façons de mener la cure.
  • À partir de 3 ans : 1 goutte par tranche de 10 kg de poids, le matin.
  • Adultes et adolescents : 5 à 15 gouttes le matin dans un verre d'eau, 15 minutes avant le repas, en montée progressive (5 gouttes la première semaine, 10 la deuxième, 15 la troisième).
  • En prévention : démarrer la cure au moins 3 semaines avant l'arrivée des pollens, dès la fin de l'hiver, sur 3 semaines renouvelables.
  • En période de crise : commencer dès les premiers symptômes et maintenir la prise du matin tant que dure l'exposition, pour atténuer l'intensité des réactions.

Évitez la prise en fin de journée, car l'effet cortison-like est stimulant. Le macérat de Cassis est déconseillé aux bébés de moins de 3 ans, aux femmes enceintes (présence d'alcool) et en cas d'hypertension. Selon le profil, il s'associe à d'autres bourgeons plus spécifiques : Hêtre ou Charme pour le respiratoire, Aulne glutineux pour les démangeaisons cutanées.

Les antihistaminiques par l'alimentation et les compléments

Certains actifs freinent la réaction allergique depuis l'assiette ou sous forme de compléments. Leur niveau de preuve varie : la quercétine et la spiruline sont bien documentées, d'autres pistes restent prometteuses mais à confirmer.

La quercétine (oignon, pomme, vinaigre de cidre)

L'oignon, la pomme, les câpres, les myrtilles, le chou vert, le thé vert et le vinaigre de cidre partagent une même molécule : la quercétine, un flavonoïde aux propriétés antihistaminiques. Elle inhibe la libération d'histamine et d'autres médiateurs par les mastocytes humains, avec une efficacité supérieure au cromoglycate dans une étude de référence, et a réduit des dermatites de contact dans deux essais pilotes (Weng et al., 2012). Mettre régulièrement ces aliments au menu est une mesure de fond simple et sûre.

La quercétine existe aussi en complément alimentaire, à dosage plus élevé. Contrairement aux aliments, ces compléments demandent des précautions : ils ne conviennent pas aux enfants de moins de 12 ans ni aux femmes enceintes et allaitantes, et un avis médical est nécessaire en raison de possibles interactions médicamenteuses.

La Spiruline, des résultats en cure sur la rhinite

La Spiruline, une micro-algue bleu-vert, a fait l'objet d'essais cliniques encourageants dans la rhinite allergique. Une étude contrôlée contre placebo a montré une amélioration significative de l'écoulement nasal, des éternuements, de la congestion et des démangeaisons (Cingi et al., 2008) ; une autre a mesuré une baisse de 32 % de l'interleukine-4, un marqueur de la réaction allergique de type Th2, à la dose de 2 g par jour (Mao et al., 2005).

En pratique. Chez l'adulte, en cure de plusieurs semaines à partir de 2 g par jour, de préférence en dehors des repas. Les données restent limitées : la spiruline atténue l'intensité des symptômes plus qu'elle ne les supprime. Certaines personnes peuvent y être allergiques : commencez par de petites quantités.

Les probiotiques, pour le terrain immunitaire

Qu'il s'agisse de rhinite allergique ou de dermatite atopique, une cure de probiotiques peut soutenir le terrain. Une méta-analyse de 13 essais randomisés (1 591 participants) a conclu que la plupart des souches testées améliorent au moins un symptôme allergique, avec toutefois un effet modeste et hétérogène selon les souches (Farahmandi et al., 2022).

En pratique. Sur une période de plusieurs mois, de préférence le matin à jeun. L'accompagnement d'un professionnel aide à choisir la bonne souche et la bonne dose, tant l'effet dépend de la souche employée.

Couvrir ses besoins en micronutriments

Chez une personne au terrain allergique, certains micronutriments méritent une attention particulière : leur déficit peut entretenir la réactivité, et les combler fait partie d'une stratégie de fond. Il ne s'agit pas de se supplémenter à l'aveugle, mais de veiller à des apports suffisants.

La vitamine D. Au-delà de son rôle osseux, la vitamine D module la réponse immunitaire, et un déficit est fréquent en hiver. Les données dans l'allergie restent toutefois prudentes : une méta-analyse de cinq essais randomisés a observé une amélioration des symptômes de rhinite allergique sous supplémentation, sans que la différence atteigne le seuil de signification statistique, les auteurs concluant que les preuves sont encore insuffisantes pour la recommander dans cette indication (Abe, 2025). Corriger un déficit avéré de l'automne au début du printemps garde tout son sens, mais toujours sur avis d'un professionnel pour éviter un surdosage.

Les vitamines C et E. La vitamine C soutient le fonctionnement du système immunitaire et la fonction pulmonaire ; privilégiez les fruits et légumes frais, ou des sources concentrées comme l'Acérola. La vitamine E, complémentaire dans la gestion du stress oxydant, se trouve surtout dans les huiles végétales et les oléagineux.

Le magnésium et les oméga 3. Le magnésium a une action relaxante reconnue sur le muscle bronchique et devient utile lorsque le stress aggrave les réactions. Quant aux oméga 3, un meilleur équilibre entre oméga 3 et oméga 6 — en limitant les huiles riches en oméga 6 et en apportant davantage d'oméga 3 (colza, Lin, petits poissons gras) — soutient un terrain moins inflammatoire, donc moins propice aux allergies.

Agaricus, Bromélaïne, Propolis : les pistes émergentes

D'autres substances sont régulièrement citées parmi les antiallergiques naturels. Elles sont prometteuses, mais leur niveau de preuve reste inférieur à celui des remèdes précédents, et mieux vaut rester honnête sur ce qu'elles apportent réellement.

L'Agaricus blazei

Ce champignon comestible de la médecine traditionnelle brésilienne est riche en bêta-glucanes immunomodulants. Ses propriétés anti-allergiques s'expliqueraient par sa capacité à rééquilibrer la balance Th1/Th2 (Hetland et al., 2011) ; un essai randomisé chez des personnes allergiques au pollen de bouleau a mesuré une réduction des symptômes et des IgE spécifiques avec une supplémentation avant la saison (Mahmood et al., 2019). Des recherches restent nécessaires pour confirmer son intérêt.

La Bromélaïne

Cette enzyme extraite de la tige d'Ananas se voit prêter des effets anti-inflammatoires et anti-allergiques, mais à ce jour l'EFSA n'a validé aucune allégation de santé la concernant. Elle se dégrade au-delà de 60 °C, ce qui impose des compléments correctement formulés. Un avis médical est recommandé en cas de traitement anticoagulant.

La Propolis

La Propolis, riche en polyphénols et flavonoïdes, participerait à la régulation des réactions inflammatoires et allergiques ; là encore, aucune allégation n'est autorisée par l'EFSA à ce jour. Produit de la ruche, elle peut elle-même provoquer des allergies chez les personnes sensibles au pollen ou aux piqûres d'abeilles.

Éliminer les acariens de son environnement

Les acariens comptent parmi les allergènes les plus courants : agir sur l'environnement complète utilement les remèdes. Certaines huiles essentielles s'utilisent pour assainir la maison, à pulvériser sur les surfaces où ils se logent — matelas, oreillers, coussins —, avec prudence en présence de personnes asthmatiques, de femmes enceintes, de jeunes enfants et d'animaux, en particulier les chats. Au quotidien, aérez chaque jour, aspirez régulièrement, abandonnez moquettes et tapis, et lavez la literie à plus de 60 °C, température à laquelle les acariens ne résistent pas.

Peut-on fabriquer un antihistaminique maison ?

Oui : à partir des remèdes ci-dessus, quelques préparations simples couvrent l'essentiel des symptômes. Elles ne remplacent pas un traitement prescrit, mais soulagent bien des réactions légères, chacune selon son symptôme.

Quatre gestes maison, selon le symptôme.
  • Peau qui démange, urticaire (dès 3 ans) : 1 goutte d'huile essentielle de Camomille romaine dans 9 gouttes de macérat de Calendula, en local.
  • Nez et voies respiratoires : une infusion de Plantain, 2 à 3 tasses par jour.
  • Yeux irrités (dès 3 mois) : une compresse d'hydrolat de Bleuet, 2 fois par jour.
  • Réflexe de crise (dès 6 ans, hors grossesse) : 1 goutte d'huile essentielle de Tanaisie annuelle diluée dans 4 gouttes d'huile végétale.

Pour un épisode qui se répète ou s'intensifie, mieux vaut revenir aux cures de fond décrites plus haut que de multiplier les gestes de crise : agir sur le terrain reste la stratégie la plus durable contre les allergies récidivantes.

Sources scientifiques

Les affirmations chiffrées de cette page renvoient aux travaux suivants, consultables en accès libre ou sur abonnement.

  1. Nikakhlagh, S., Rahim, F., Aryani, F. H. N., Syahpoush, A., Brougerdnya, M. G., & Saki, N. (2010). Herbal treatment of allergic rhinitis: the use of Nigella sativa. American Journal of Otolaryngology, 32(5), 402–407. https://doi.org/10.1016/j.amjoto.2010.07.019
  2. Weng, Z., Zhang, B., Asadi, S., Sismanopoulos, N., Butcher, A., Fu, X., … Theoharides, T. C. (2012). Quercetin is more effective than cromolyn in blocking human mast cell cytokine release and inhibits contact dermatitis and photosensitivity in humans. PLoS ONE, 7(3), e33805. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0033805
  3. Cingi, C., Conk-Dalay, M., Cakli, H., & Bal, C. (2008). The effects of spirulina on allergic rhinitis. European Archives of Oto-Rhino-Laryngology, 265(10), 1219–1223. https://doi.org/10.1007/s00405-008-0642-8
  4. Mao, T. K., Van de Water, J., & Gershwin, M. E. (2005). Effects of a Spirulina-based dietary supplement on cytokine production from allergic rhinitis patients. Journal of Medicinal Food, 8(1), 27–30. https://doi.org/10.1089/jmf.2005.8.27
  5. Farahmandi, K., Mohr, A. E., & McFarland, L. V. (2022). Effects of probiotics on allergic rhinitis: a systematic review and meta-analysis. American Journal of Rhinology & Allergy, 36(2), 269–278. https://doi.org/10.1177/19458924211073550
  6. Abe, S. (2025). Vitamin D supplementation and allergic rhinitis: a systematic review and meta-analysis. Medicina, 61(2), 355. https://doi.org/10.3390/medicina61020355
  7. Hetland, G., Johnson, E., Lyberg, T., Bernardshaw, S., Tryggestad, A. M. A., & Grinde, B. (2011). Effects of the medicinal mushroom Agaricus blazei Murill on immunity, infection and cancer. Advances in Pharmacological Sciences, 2011, 157015. https://doi.org/10.1155/2011/157015
  8. Mahmood, F., Hetland, G., Nentwich, I., Mirlashari, M. R., Ghiasvand, R., & Nissen-Meyer, L. S. H. (2019). Agaricus blazei Murill supplementation and birch pollen allergy. Nutrients, 11(10), 2339. https://doi.org/10.3390/nu11102339
Avertissement : ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas un avis médical. Les solutions naturelles ne traitent pas les allergies graves : un œdème de Quincke, un choc anaphylactique ou une crise d'asthme sont des urgences vitales (appelez le 15). Respectez les dilutions, les seuils d'âge et le test cutané préalable ; en cas de symptômes persistants, de grossesse, d'allaitement, chez le jeune enfant ou en cas de traitement en cours, demandez l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien avant d'utiliser une plante ou une huile essentielle.

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