L’hyperthyroïdie est un dysfonctionnement de la thyroïde déclenchant une surproduction d’hormones thyroïdiennes. Ces hormones donnent lieu à une accélération de l’ensemble des fonctions du métabolisme. Selon les derniers chiffres, on évalue que moins de 4 % de la population est atteinte de l’hyperthyroïdie. Les femmes seraient les principales touchées par cette maladie et d’autant plus après un accouchement. L’alimentation permet de limiter les conséquences de l’hyperthyroïdie. En effet, les graines et les noix, ainsi que les produits laitiers enrichis en vitamine D permettent de maintenir ou limiter la perte osseuse. De plus, une diminution des apports en iode permet de réduire l’activité de la glande thyroïdienne et donc la production d’hormones. Cet article aide à trouver une alimentation adéquate en cas d’hyperthyroïdie.

Hyperthyroïdie, causes et symptômes

L’hyperthyroïdie correspond à un dysfonctionnement de la glande thyroïdienne qui se traduit par une augmentation de la production d’hormones thyroïdiennes. La thyroïde est une glande endocrine située dans le cou entre le larynx et le pharynx. Son rôle est de synthétiser des hormones thyroïdiennes qui leur permettent d’assurer le bon fonctionnement de l’organisme (À quoi servent la thyroïde et les hormones thyroïdiennes ?). Néanmoins, dans le cas d’une hyperthyroïdie, la thyroïde synthétise un excès d’hormones thyroïdiennes et particulièrement les hormones T3 (la triiodothyronine) et T4 (la thyroxine), qui ont la capacité de surstimuler le métabolisme.

Dans la plupart des cas, l’hyperthyroïdie est asymptomatique. Cependant, dans le cas d’une hyperthyroïdie sévère, des symptômes peuvent faire leur apparition. Ces symptômes sont multiples, en passant de l’accélération de la fréquence cardiaque aux troubles de l’humeur (nervosité, anxiété et irritabilité) et difficulté d’endormissement. L’hyperthyroïdie peut aussi induire une perte de poids, une fatigue importante et de la diarrhée.  

La maladie de Basedow est la maladie auto-immune la plus fréquente des hyperthyroïdies. Elle touche 70 % des cas d’hyperthyroïdies. Dans les 30 % restants, l’hyperthyroïdie peut être causée par des nodules thyroïdiens, des thyroïdites mais encore par la prise de médicaments riches en iode. Même si les types d’hyperthyroïdie et leurs causes sont multiples, il existe des facteurs prédisposant à la maladie comme le tabac.

L'importance de l'alimentation en cas d'hyperthyroïdie

L’alimentation joue un rôle essentiel pour soulager les symptômes de la maladie. De ce fait, il est important de :

  • réduire l’activité de la thyroïde en limitant les apports en iode. En effet, l’iode est un oligo-élément majoritaire de la thyroïde, il participe à la production d’hormones thyroïdiennes. Or, chez les personnes atteintes d’hyperthyroïdie, les hormones T3 et T4 sont sécrétées en excès. Il est donc recommandé de suivre un régime pauvre en iode pour permettre de réguler le taux d’hormones thyroïdiennes.

  • limiter la stimulation de l’organisme en réduisant les substances stimulantes. La caféine, la théophylline et la théobromine sont des molécules stimulantes appartenant à la famille des méthylxanthines. En effet, la caféine est un alcaloïde connu pour ses effets stimulants sur le système nerveux, cardiovasculaire, respiratoire, etc. Quant à la théobromine, un alcaloïde semblable à la caféine possède également des effets stimulants sur l’organisme, mais de manière plus douce et prolongée. Dans le cas d’une hyperthyroïdie, l’ensemble de ces molécules amplifient la fréquence du rythme cardiaque, les troubles du sommeil et de l’humeur.

  • maintenir la masse osseuse en augmentant ses apports en calcium et en vitamine D. Le calcium fait partie des minéraux les plus présents dans l’organisme. Il est stocké à 99 % dans les os. Son rôle principal est d’aider à la formation et la solidité des os. Quant à la vitamine D, elle permet de renforcer l’action du calcium en augmentant son absorption intestinale et sa réabsorption rénale. Elle joue aussi un rôle dans la minéralisation osseuse. Par conséquent, le calcium et la vitamine D agissent ensemble pour éviter la dégradation rapide des tissus osseux.

  • réduire l’orbitopathie basedowienne légère en augmentant ses apports en sélénium. La maladie de Basedow fait intervenir des anticorps anti-récepteurs de la TSH (TRAK), induisant une inflammation des tissus orbitaires dont des orbitopathies basedowiennes. Actuellement, un ensemble d’études démontrent l’effet d’une supplémentation en sélénium dans le cas d’une orbitopathie basedowienne légère. En effet, le sélénium permet de réduire la production de cytokines pro-inflammatoires et diminuer les lésions cellulaires dans les fibroblastes. Par ailleurs, une supplémentation en sélénium permet de limiter l’avancée de l’orbitopathie basedowienne légère et de garantir une meilleure qualité de vie des patients.

L’alimentation vient en complément d’une prise en charge pour l’hyperthyroïdie. En aucun cas l’alimentation ne substitue un traitement médicamenteux.

Les aliments à éviter cas d'hyperthyroïdie

Les algues, le sel iodé et les aliments riches en iode

Une alimentation pauvre iode participe à la régulation du taux d’hormones thyroïdiennes dans l'organisme.

Nous vous recommandons :

  • d’éviter l’usage du sel iodé dans vos plats. Remplacez par des sels ne contenant pas ou très peu d’iode comme le sel rose de l’Himalaya ou le sel de mer. Dans les commerces, choisissez des sels avec la mention « sel non iodé ». En effet, un sel non iodé peut réduire vos apports de 20 µg d’iode pour un gramme de sel.

  • de restreindre l’utilisation d’algues séchées ou déshydratées dans sa ration quotidienne. Le kombu, le lichen de mer ou encore le wakamé sont très riches en iode.

  • de limiter les plats à base de poissons et notamment l’églefin, le tacaud, la morue sèche et le haddock fumé, qui couvrent largement les besoins quotidiens en iode. En effet, 70 g de tacaud couvrent les apports quotidiens en iode. Orientez-vous vers des poissons plus pauvres en iode tels que : la truite arc-en-ciel, le brochet et le flétan.

  • de réduire votre consommation de mollusques et crustacés dont les bigorneaux, les langoustines, les crevettes, les bulots, etc.  

  • de limiter certains fromages tels que le parmesan, la feta et le fromage de chèvre sec qui contiennent une bonne quantité d’iode.

Le café, le thé et les boissons à base de caféine

La caféine, la théophylline et la théobromine sont des molécules stimulantes. Elles affectent la fréquence du rythme cardiaque, les troubles du sommeil et de l’humeur.

Nous vous recommandons :

  • d’éviter de boire du café, du maté et du thé. Ils peuvent être remplacés par le café et le thé décaféiné ou sans caféine ou par le thé déthéiné. La théine et la caféine correspondent à la même molécule, la 1,3,7-triméthylxanthine.

  • de vous orienter vers certaines infusions sous avis médical telles que l'infusion de mélisse qui un léger effet hypothyroïdien.
  • de restreindre le chocolat ou les aliments à base de chocolat comme le chocolat au lait.

  • d’éviter les boissons énergisantes, les sodas à base de cola et les poudres contenant de la caféine (poudre de guarana).

Les aliments à privilégier en cas d'hyperthyroïdie

La noix du brésil, les abats et les aliments riches en sélénium

Le sélénium permet de réduire l'avancée de l'orbitopahtie basedowienne légère et garantir une meilleure vision oculaire.

Nous vous recommandons :

  • de consommer de manière générale tous les types d’abats : foie, rognon, cervelle, etc. Par exemple, 100 g de rognon de porc couvrent 260 % des apports journaliers en sélénium.

  • de prendre en collation des noix du Brésil dans la journée. Une seule poignée de noix du Brésil comble 1/3 de nos besoins journaliers en sélénium.

  • d’élaborer au moins un repas à base de légumineuses, et notamment les flageolets et les haricots mungo. Ces dernières ont la particularité d’être beaucoup plus disponibles pour l’organisme.

  • d’associer un aliment riche en sélénium avec un aliment riche en vitamine C pour améliorer son absorption. Les aliments riches en vitamine C sont les herbes aromatiques (persil, thym, aneth, etc.) ainsi que les fruits et légumes (poudre d'Acérola, cassis, tomate, citron, poivron, etc.).

Les produits laitiers, la cannelle et les aliments riches en calcium

Le calcium aide à la formation et la solidité des os.

Nous vous recommandons :

  • d’agrémenter vos plats avec des herbes aromatiques séchées et des épices telles que le basilic, la marjolaine, le thym ou la cannelle.

  • de consommer au moins une portion (30 g) de fromage par jour. Parmi eux, on recense le gruyère, la mimolette ou encore le brie. De plus, Manger Bouger recommande d’apporter dans son alimentation deux produits laitiers par jour.

  • de consommer une poignée journalière de graines et de noix, soit l’équivalent de 15 g. On retrouve les amandes, les graines de sésame, les graines de chia et les graines de lin. Une portion de 15 g de graines de chia apporte la même quantité de calcium qu’une portion de fromage à pâte dure.

  • de boire régulièrement de l’eau minérale dans la journée. Certaines eaux minérales contiennent naturellement du calcium telles que Talians, Courmayeur, Hépar ou Contrex.

  • de manger 5 portions de fruits et légumes par jour. Le calcium présent dans les fruits et légumes est très bien absorbé par l'organisme, car le rapport phosphocalcique est supérieur à 1.

Les champignons et les produits enrichis en vitamine D

La vitamine D joue un rôle dans la minéralisation osseuse. En soutien avec le calcium, ils agissent ensemble pour éviter la dégradation rapide du tissu osseux.

 Nous vous recommandons :

  • de privilégier dans la mesure du possible des laits et fromages enrichis en vitamine D face aux produits non enrichis qui, eux, contiennent une teneur plus faible en vitamine D.

  • de consommer régulièrement des champignons : morille, chanterelle ou girolle. Une portion de 100 g de chanterelle couvrent un tiers des besoins quotidiens en vitamine D.

  • d’introduire dans son alimentation du poisson dont le chinchard, le tilapia ou le flétan qui sont naturellement riches en vitamine D.

Conseils complémentaires

  • Réalisez un suivi régulier de sa maladie et vérifiez avec son médecin l’efficacité de son traitement. Par ailleurs, ne stoppez jamais votre traitement médicamenteux seul et sans l’avis d’un médecin, même dans le cas où vous avez l’impression que vos symptômes se sont améliorés.
  • Faites-vous examiner en urgence si de nouveaux symptômes apparaissent ou que votre état se détériore rapidement (palpitations, troubles respiratoires, perte de conscience, etc.).

  • N’effectuez jamais d’automédication, au risque éventuel d’avoir une interaction avec un traitement pour l’hyperthyroïdie. De plus, évitez tous médicaments ou compléments alimentaires contenant de l’iode.

  • Évitez certaines huiles essentielles stimulantes de la fonction thyroïdienne comme le myrte vert, la verveine citronnée, le clou de girofle, etc.

  • Sous avis médical, utiliser des huiles essentielles pour réduire votre stress et éviter les insomnies
  • Discutez avec votre médecin du type d’activité physique que vous pouvez pratiquer. Le médecin vous conseillera sur les activités physiques qui ne stimulent pas davantage votre organisme.

  • S’exposez quotidiennement au soleil. On estime qu’une exposition au soleil de 15 à 20 minutes par jour, en début ou fin de journée, permet d’assurer les besoins quotidiens en vitamine D.

  • Rencontrez l’Association française des maladies de la thyroïde pour vous aider à mieux gérer votre maladie au quotidien.

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Bibliographie

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