L’hypothyroïdie est un dysfonctionnement de la thyroïde déclenchant une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes. Le déficit de ces dernières provoque un ralentissement général des fonctions de l’organisme. L’hypothyroïdie est une maladie qui touche principalement les femmes. On estime que les femmes sont 3 fois plus atteintes que les hommes avec une prévalence plus importante après 65 ans. Un régime alimentaire adapté permet de maintenir les fonctions normales de la thyroïde. En effet, l’ajout d’algues, de noix du Brésil riches en sélénium, ainsi que l’incorporation de fruits de mer dans notre régime alimentaire aident à améliorer la production d’hormones thyroïdiennes. Néanmoins, l’introduction d’aliments goitrogènes empêchent l’utilisation normale de l’iode par la glande thyroïdienne. Cet article permet d’adopter une alimentation adéquate dans le cas d’une hypothyroïdie.

Hypothyroïdie, causes et symptômes

L’hypothyroïdie correspond à un dysfonctionnement de la thyroïde à produire des hormones thyroïdiennes. La thyroïde est une glande endocrine située dans le cou entre le larynx et le pharynx. Son rôle principal est de sécréter des hormones thyroïdiennes et notamment les hormones T3 (la triiodothyronine) et T4 (la thyroxine) pour assurer les fonctions de l’organisme (À quoi servent la thyroïde et les hormones thyroïdiennes ?). Dans le cas d’une hypothyroïdie, le taux d’hormones T3 et T4 est anormalement bas tandis que le taux de TSH est élevé.

L’hypothyroïdie se caractérise par un ralentissement général du métabolisme. Elle se manifeste la plupart du temps par une fatigue aussi bien morale que physique. C’est l’un des premiers signes évocateurs de la maladie. Elle peut aussi engendrer un ralentissement du rythme cardiaque, une frilosité et de la constipation. Par ailleurs, une prise de poids peut être aussi constatée chez ces personnes. Même si les types d’hypothyroïdie et leurs causes sont multiples, des facteurs de risque peuvent déclencher la maladie comme : la carence en iode, la grossesse, le terrain génétique et l’utilisation de traitements à base d’iode.

L'importance de l'alimentation en cas d'hypothyroïdie

L’alimentation participe au maintien des fonctions normales de la thyroïde et de ses hormones. De ce fait, l'alimentation permet :

  • de faciliter l’utilisation de l’iode par la glande thyroïdienne en limitant ses apports en thiocyanate et en thio-oxazolidone (ou goitrine). En effet, le thiocyanate est un composé qui bloque le passage de l’iode par le symport sodium/iodure dans les cellules de la glande thyroïdienne. De ce fait, l’iode ne peut pas être pris en charge. Quant à la goitrine, cette molécule est présente majoritairement dans les légumes crucifères connus comme des aliments goitrogènes. Elle a une action antithyroïdienne en empêchant l'utilisation de l'iode et la synthèse des hormones thyroïdiennes. Elle participe également à l'augmentation du volume de la thyroïde (le goitre).

  • d’éviter l’inhibition de la thyroxine en diminuant ses apports en isoflavone. Cette dernière inhibe la thyroxine, une hormone produite par la thyroïde contenant de l’iode. Par conséquent, les personnes sous traitement à l'hypothyroïdie doivent augmenter leurs doses médicamenteuses pour contrer les effets. Par ailleurs, les isoflavones pourraient réduire l'absorption des hormones thyroïdiennes par traitement. Récemment, une étude tend à montrer que les isoflavones n’ont pas d’effet sur le traitement pour l’hypothyroïdie, le Levothyrox ®. Par manque d’étude sur ce sujet, il convient de restreindre sa consommation d’aliments riches en isoflavones comme le soja.

  • de favoriser la biosynthèse des hormones thyroïdiennes en augmentant ses apports en sélénium. Cet oligo-élément se fixe et active positivement la 5-désiodase, l’enzyme de conversion de l’hormone T4 en T3. Pour rappel, seule la T3 est la forme active des hormones thyroïdiennes. Dans l’alimentation, le sélénium est présent aussi bien dans les aliments d’origine animale que végétale. Cependant, suivant l’origine, sa biodisponibilité est différente. On estime que les aliments d’origine végétale sont mieux assimilés (à 80 %) contrairement aux aliments d’origine animale qui le sont moins (20 à 50 %).

  • d’assurer le métabolisme des hormones thyroïdiennes en apportant du zinc à son alimentation. C’est un oligo-élément essentiel impliqué dans le métabolisme des hormones thyroïdiennes comme le sélénium. Le zinc intervient spécifiquement sur la régulation de la 5-désiodase et la TRH (Thyrotropin-Relasing Hormone). La TRH est une hormone peptidique sécrétée par l’hypothalamus qui a une place essentielle dans le contrôle de la production des hormones thyroïdiennes. Une étude publiée dans le Journal of the American College of Nutrition démontre l’intérêt du zinc et du sélénium chez des femmes atteintes d’hypothyroïdie. En effet, une supplémentation commune en ces deux oligo-éléments augmente significativement la quantité de T3 libres et T4 libres.

  • de garantir la synthèse des hormones thyroïdiennes en veillant à couvrir les besoins quotidiens en iode. Il assure la production des hormones thyroïdiennes et le bon fonctionnement de l'organisme. Par conséquent, une carence ou excès alimentaire en iode peut être à l'origine d'un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde et d'une hypothyroïdie. Néanmoins, ces deux cas sont très peu fréquents en France.

L'alimentation participe au maintien des fonctions normales de la glande thyroïdienne. Cependant, en aucun cas l'alimentation ne peut substituer un traitement médicamenteux pour l'hypothyroïdie.

Éviter les aliments goitrogènes

Les choux, les brocolis, les radis et les légumes crucifères

Les crucifères contiennent du thiocyanate, une molécule qui empêche la captation normale de l’iode par la glande thyroïdienne.

Nous vous recommandons :

  • de restreindre votre consommation de légumes crucifères à une portion par semaine. Les légumes crucifères comprennent toutes les variétés de choux, les radis, le navet et le rutabaga.

  • de préférer cuire ces aliments goitrigènes afin de réduire leurs effets. En effet, la cuisson permet de dégrader la myrosinase (une enzyme) contenue dans certains aliments. Cette dernière empêche la prise en charge de l'iode par la thyroïde.

La patate douce, le manioc, les pousses de bambou

Ces aliments contiennent des thio-oxazolidones qui bloquent l'utilisation de l'iode par la thyroïde.

Nous vous recommandons : 

  • de restreindre votre consommation de patate douce, de manioc, de pousses de bambou à une portion par semaine.

  • de préférer cuire ces aliments pour diminuer les effets goitrogènes.

Le soja et les produits à base de soja

Le soja et les produits à base de soja contiennent des isoflavones. Ces dernières inhibent la synthèse de la thyroxine, une hormone contenant de l'iode.

Nous vous recommandons :

  • d'éviter le soja et les graines de soja, en général.

  • de restreindre votre consommation de produits à base de soja tels que le tofu, le miso, le tempeh, les boissons au soja, etc.

Privilégier les aliments favorisant le bon fonctionnement de la thyroïde

Les algues, les noix du brésil et les aliments riches en sélénium

Le sélénium est un oligo-élément qui soutient la fonction thyroïdienne et la biosynthèse d’hormones thyroïdiennes.

Nous vous recommandons : 

  • d’introduire les algues séchées dans vos habitudes alimentaires. Le kombu royal séché est l'aliment le plus riche en sélénium avec une quantité de 521 µg de sélénium pour 100 g kombu royal. On recense également d’autres algues aussi riches en sélénium comme le wakamé ou le nori séché. Les algues sont très riches en iode, il ne faut donc pas en manger en excès.

  • de favoriser la consommation de poissons dont la lotte, le thon, le cabillaud qui sont naturellement riches en sélénium.

  • de ne pas hésiter à manger des fruits de mer, notamment les écrevisses, les crevettes et les moules.

  • d'introduire des œufs dans vos repas de la semaine. Un œuf couvre largement les besoins journaliers en sélénium.

  • de consommer de manière générale tous les types d’abats : foie, rognon, cervelle, etc. Par exemple, 100 g de rognon de porc couvrent 260 % des apports journaliers en sélénium.

  • de préparer au moins un repas par semaine à base de légumineuses. Ces dernières ont la particularité d’être plus biodisponibles pour l’organisme.

  • de prendre en collation des noix du Brésil. Une seule poignée de noix du Brésil comble 1/3 de nos besoins quotidiens en sélénium.

  • d’associer un aliment riche en sélénium avec un aliment riche en vitamine C pour améliorer son absorption. Parmi, les aliments riches en vitamine C, on recense les herbes aromatiques (persil, thym, aneth, etc.) ainsi que les fruits et légumes (poudre d'Acérola, cassis, tomate, citron, poivron, etc.).

Les fruits de mer, les graines et les aliments riches en zinc

Tout comme le sélénium, le zinc est un oligo-élément qui participe au métabolisme des hormones thyroïdiennes. Le zinc agit spécifiquement sur la 5-désiodase et la TRH.

Nous vous recommandons :

  • de privilégier dans la mesure du possible votre consommation de crustacés. L’huître est l'aliment le plus riche en zinc avec une quantité de 45 mg de zinc pour 100 g d’huîtres.

  • de consommer de la viande rouge, notamment le bœuf, le veau et l’agneau, particulièrement riches en zinc. Néanmoins, Manger Bouger recommande de limiter sa consommation à 500 g par semaine, soit l’équivalent de 5 steaks.

  • d’agrémenter vos plats de graines comme les graines de pavot, les graines de lin et les graines de sésame.

  • de favoriser le trempage de vos légumineuses, vos oléagineux et vos graines avant consommation. Ces catégories d’aliments contiennent de l’acide phytique qui empêche la bonne absorption du zinc par l’organisme.

Petit-Déjeuner : 

  • Céréales complètes
  • Bol ou tasse de lait
  • Un fruit de saison

Déjeuner :

  • Filet de cabillaud
  • Salade de lentillles corail
  • Pain complet et mimolette
  • Un fruit de saison

Collation : 

Dîner : 

  • Escalope de veau
  • Poêlée de champignons de type Shiitaké ou Lentin
  • Riz complet
  • Yaourt nature

Conseils complémentaires

  • Consultez votre médecin si vous pensez avoir des signes d'hypothyroïdie.

  • Essayez de prendre votre traitement de l’hypothyroïdie, chaque jour, à jeun, et aux mêmes heures. Le petit-déjeuner doit être pris au minimum 30 minutes après son médicament. Par ailleurs, évitez de consommer du pamplemousse ou son jus qui a tendance à limiter l'absorption du médicament.

  • N'arrêtez jamais votre traitement médicament sans l’avis d’un médecin, même si vos symptômes se sont améliorés.

  • Informez son médecin de l’apparition de nouveaux symptômes. Votre traitement est peut-être sous-dosé ou surdosé. Dans ce cas précis, ne modifiez jamais la dose, sans avoir un avis médical.

  • Vérifiez annuellement l’efficacité de son traitement avec son médecin. Pour ce faire, le médecin effectue un interrogatoire, un examen clinique suivi d’un dosage de la TSH.

  • N'effectuez jamais d’automédication, au risque d’avoir une interaction avec le traitement.

  • Signalez toujours lors d’un rdv médical ou d'un examen de santé que vous êtes sous traitement.

  • Profitez des bienfaits des huiles essentielles au début des signes de l’hypothyroïdie ou en soutien de votre traitement, uniquement sous avis médical. Connue pour ses effets tonifiants et stimulants, l’huile essentielle de Myrte Vert a pour effet de stimuler la sécrétion des hormones de la thyroïde.

  • Pratiquez une activité physique ne peut être que bénéfique pour vous. Privilégiez une activité physique douce comme la marche, le vélo, la natation face aux activités physiques intenses.

  • Rencontrez l’Association française des maladies de la thyroïde si vous ressentez le besoin de mieux gérer votre maladie au quotidien.


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Bibliographie

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