La mycose buccale, appelée « muguet » lorsqu'elle est due au champignon Candida albicans, est une candidose de la bouche : elle se traite en priorité par voie médicale, mais des solutions naturelles peuvent l'accompagner. La plus documentée est l'huile essentielle de Tea Tree, riche en terpinène-4-ol, utilisée en bain de bouche dilué dès 6 ans ; la Palmarosa et le Laurier Noble la complètent en synergie, et les hydrolats prennent le relais chez les publics fragiles, bébés et femmes enceintes. Un traitement en cours ne doit jamais être interrompu, sous peine de rechute ou d'extension de l'infection.

Quel traitement naturel en première intention contre une mycose buccale ?

Une mycose buccale relève d'abord d'un avis médical, car elle traduit le plus souvent un déséquilibre sous-jacent. En accompagnement d'un traitement antifongique conventionnel, ou sur une atteinte légère et diagnostiquée, l'huile essentielle de Tea Tree est l'approche naturelle la plus étudiée : riche en terpinène-4-ol, elle agit sur Candida albicans, principal responsable des candidoses buccales.

En pratique, dès 6 ans. En bain de bouche : diluez 30 gouttes d'huile essentielle de Tea Tree dans 6 mL d'huile végétale alimentaire. Après le brossage des dents, versez 3 à 5 gouttes de ce mélange dans un verre d'eau, puis faites un gargarisme quelques secondes pour l'émulsionner dans la bouche avant de le recracher. Contre-indiqué pour les femmes enceintes de moins de 3 mois.

Le Tea Tree est une huile essentielle puissante : avant tout usage, prenez connaissance de ses précautions d'emploi, de ses contre-indications et de ses conseils de dilution sur la fiche complète de l'huile essentielle de Tea Tree.

Ces préparations s'utilisent en bain de bouche ou en gel buccal, jamais avalées telles quelles, et ne remplacent pas un traitement en cours : l'interrompre expose à une rechute ou au passage vers une forme digestive ou vaginale. Sur un modèle animal de candidose orale, le Tea Tree et son terpinène-4-ol ont réduit la charge fongique, y compris face à une souche résistante aux azolés là où le fluconazole restait inopérant, mais avec une efficacité inférieure à ce dernier sur les souches sensibles (Ninomiya et al., 2012) ; leur intérêt se situe donc surtout en complément des antifongiques usuels, en particulier en cas de résistance.

Huiles essentielles alternatives. D'autres huiles essentielles renferment des molécules antifongiques proches du terpinène-4-ol, documentées in vitro : l'huile essentielle de Citronnelle de Java (citronellal, géraniol, citronellol), l'huile essentielle d'Eucalyptus Citronné (citronellal, citronellol), l'huile essentielle de Laurier Noble (1,8-cinéole, eugénol) et l'huile essentielle de Palmarosa (géraniol). Pour les personnes qui ne peuvent pas utiliser les huiles essentielles, opter pour l'hydrolat de Géranium Bourbon (bébés, femmes enceintes) ou l'hydrolat de Laurier Noble (dès 3 ans) en vaporisation dans la bouche.

La synergie d'huiles essentielles pour application locale

À partir de 6 ans. Dans un flacon en verre teinté de 10 mL, préparer ce mélange d'huiles essentielles aux composants antifongiques et antalgiques complémentaires :

En bain de bouche : après le brossage des dents, mettre 3 à 5 gouttes du mélange dans un verre d'eau. Faire un gargarisme quelques secondes pour émulsionner le mélange dans la bouche avant de recracher.

En gel buccal : mélanger 1 ou 2 gouttes du mélange dans une noisette de gel d'Aloe Vera. Appliquer, après le brossage des dents et un bain de bouche, sur les zones atteintes. Bien se laver les mains avant et après chaque application. En cas d'usage régulier, réaliser des pauses de 2 jours après 5 jours d'utilisation.

Précautions :
  • Contre-indiqué pendant toute la grossesse et l'allaitement.
  • Demander un avis médical en cas d'asthme, d'épilepsie, de troubles de la coagulation, de traitements médicamenteux métabolisés par le CYP2B6 ou prescrits à la suite d'un cancer du sein, et en cas d'usage prolongé pour les personnes atteintes de pathologie hépatique ou les grands fumeurs.
  • Réaliser un test allergique au pli du coude avec le mélange avant de l'appliquer.

Pourquoi ces huiles essentielles sont-elles efficaces ?

Le Tea Tree est la référence de l'aromathérapie contre les mycoses de tous types. Grâce à sa composition riche en terpinène-4-ol (30 à 50 %), il agit contre un large éventail de champignons, dont Candida albicans, et cette activité antifongique tient précisément à cette molécule : une huile essentielle de Tea Tree pauvre en terpinène-4-ol, ou issue d'un chémotype différent, sera sensiblement moins efficace. In vitro, le Tea Tree et le terpinène-4-ol perturbent aussi la formation du biofilm de Candida, y compris chez des souches résistantes (Francisconi et al., 2020). Immunomodulant, le Tea Tree contribue par ailleurs à soutenir l'organisme face à ces infections.

La Palmarosa est elle aussi employée contre les mycoses de tous types. Particulièrement riche en géraniol (72 à 86 %), un monoterpénol aux propriétés antifongiques confirmées par plusieurs études, elle agit contre Candida, y compris des souches résistantes au fluconazole. Le géraniol est fongicide, exerce une action anti-biofilm et potentialise le fluconazole en synergie (Singh et al., 2018).

Le Laurier Noble est fréquemment conseillé contre les mycoses : plusieurs travaux in vitro le classent parmi les huiles essentielles les plus actives sur les levures du genre Candida, avec une inhibition de Candida albicans et une activité notable sur Candida glabrata (Córdoba et al., 2019).

Les huiles végétales de Nigelle et de Sésame servent à diluer les huiles essentielles pour leurs propriétés anti-inflammatoires. La thymoquinone de la Nigelle est en outre antifongique, avec des effets confirmés in vitro contre certaines souches de Candida, et l'huile de Sésame s'emploie en bain de bouche pour assainir la flore buccale (oil pulling).

Terpinène-4-olMolécule majeure du Tea Tree (30 à 50 %). Altère la membrane des champignons et freine leur prolifération, dont celle de Candida albicans.
GéraniolMonoterpénol majoritaire de la Palmarosa (72 à 86 %). Fongicide, anti-biofilm et synergique du fluconazole in vitro.
ThymoquinoneComposé de l'huile végétale de Nigelle, aux propriétés antifongiques et anti-inflammatoires.

Mycose buccale, muguet, candidose : de quoi parle-t-on ?

On parle de mycose buccale lorsqu'un champignon prolifère dans la bouche. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'une levure du genre Candida, le plus souvent Candida albicans : on parle alors de candidose buccale, dont la forme la plus courante est le muguet. Ce champignon est naturellement présent dans la cavité buccale ; il ne devient problématique qu'après un déséquilibre de la flore ou une baisse des défenses immunitaires qui lui permet de se multiplier.

Le muguet se manifeste typiquement par un enduit blanchâtre ressemblant à du lait caillé sur la langue, l'intérieur des joues ou le palais, qui laisse une muqueuse rouge et sensible lorsqu'on le retire. Il est souvent asymptomatique, mais peut s'accompagner d'une sensation de brûlure, de douleurs, d'une bouche sèche et d'une diminution du goût. Cette candidose buccale reste distincte des autres localisations de Candida (candidose digestive, mycose vaginale) et des mycoses de la peau ou des ongles, dues le plus souvent à d'autres champignons, les dermatophytes.

Le muguet compte ainsi parmi les problèmes bucco-dentaires que l'aromathérapie peut accompagner. Parmi les approches naturelles de ces infections de la bouche, le Tea Tree est l'huile essentielle la plus étudiée.

Quelles sont les causes et qui est concerné ?

La mycose buccale traduit presque toujours un terrain favorable plutôt qu'une contamination extérieure. Elle survient plus fréquemment chez les bébés et les jeunes enfants, les personnes âgées (notamment les porteurs de prothèses dentaires) et les adultes dont le système immunitaire est affaibli : après un traitement antibiotique, corticoïde ou anticancéreux, en cas de diabète, de carences alimentaires, d'infections chroniques ou d'infection par le VIH.

La sécheresse buccale, une hygiène insuffisante des prothèses, l'usage de sprays cortisonés pour l'asthme ou le tabac comptent parmi les facteurs déclenchants les plus courants. Chez l'adulte sans facteur évident, une candidose buccale récidivante doit conduire à rechercher un problème sous-jacent. C'est pourquoi l'approche naturelle vise aussi à rééquilibrer le terrain, flore et immunité, et pas seulement à agir sur le champignon.

Les conseils complémentaires en cas de mycose buccale

Au-delà des soins locaux, une mycose buccale se traite d'autant mieux que le terrain est soutenu : la flore et l'immunité pèsent autant que l'action directe sur le champignon. Plusieurs approches naturelles complètent ainsi les huiles essentielles.

Souches de probiotiques à privilégier

Des recherches de plus en plus nombreuses confirment l'intérêt des probiotiques en cas de candidose, en prévention ou en accompagnement d'un traitement. Plusieurs souches de Lactobacillus ont fait l'objet d'études aux résultats prometteurs, par voie orale (par exemple Lactobacillus acidophilus associé à Lactobacillus plantarum) ou par voie locale, sous forme de sachets oro-dispersibles à saupoudrer dans la bouche. Un essai randomisé a montré qu'un mélange multi-souches réduisait nettement la colonisation buccale à Candida chez des porteurs de prothèse (Ishikawa et al., 2014). Les probiotiques soutiennent aussi l'immunité et aident à prévenir les candidoses après une antibiothérapie.

L'huile de Coco

L'huile végétale de Coco, riche en acide caprylique et en autres acides gras à chaîne moyenne, montre une activité antifongique in vitro contre plusieurs espèces de Candida présentes dans la flore buccale, y compris des souches résistantes. Comme pour le soin des dents à l'huile de Coco, elle peut s'utiliser en bain de bouche (oil pulling), une pratique issue de la médecine ayurvédique.

Extrait de pépins de Pamplemousse (EPP)

L'extrait de pépins de pamplemousse s'utilise en cas de mycose, notamment en application locale contre une mycose buccale. Des études in vitro rapportent une activité antifongique contre Candida albicans. Son efficacité clinique reste à confirmer : il peut représenter une approche complémentaire intéressante, mais ne doit pas remplacer un traitement conventionnel en cours.

La teinture mère de Calendula (Souci des Jardins)

La teinture mère de Calendula est traditionnellement utilisée en gargarisme pour ses propriétés anti-inflammatoires, antalgiques, cicatrisantes et antimicrobiennes. Des extraits de fleurs de Calendula ont par ailleurs montré in vitro une action antifongique contre plusieurs champignons, dont Candida albicans.

Prendre soin de son immunité

La mycose buccale se développant sur un terrain fragilisé, une approche globale a tout son sens : les probiotiques, mais aussi l'Échinacée, une alliée de l'immunité, ou le macérat de bourgeons de Noyer, à privilégier quand le microbiote est perturbé après un traitement antibiotique, surtout s'il s'accompagne de diarrhées. Pour aller plus loin : renforcer son système immunitaire naturellement.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Les solutions naturelles accompagnent la prise en charge, elles ne la remplacent pas. Une consultation médicale s'impose lorsque la mycose buccale survient chez un nourrisson, une personne âgée ou immunodéprimée, lorsqu'elle persiste malgré les soins, récidive ou s'étend (difficultés à avaler, atteinte de la gorge ou de l'œsophage). Chez un adulte sans facteur de risque évident, un muguet doit faire rechercher une cause sous-jacente comme un diabète ou un déficit immunitaire.

Un professionnel de santé confirmera le diagnostic — le muguet peut être confondu avec d'autres atteintes de la muqueuse — et prescrira, si besoin, un antifongique adapté, qu'il ne faut jamais interrompre sans avis médical sous peine de rechute ou d'extension de l'infection.

Sources

Les données scientifiques mobilisées sur cette page proviennent des travaux suivants, consultables via leur identifiant DOI.

Ninomiya, K., et al. (2012). Biological & Pharmaceutical Bulletin, 35(6), 861–865. doi:10.1248/bpb.35.861
Francisconi, R. S., et al. (2020). Brazilian Oral Research, 34, e050. doi:10.1590/1807-3107bor-2020.vol34.0050
Singh, S., et al. (2018). PLoS One, 13(8), e0203079. doi:10.1371/journal.pone.0203079
Córdoba, S., et al. (2019). Mycopathologia. doi:10.1007/s11046-019-00364-5
Ishikawa, K. H., et al. (2014). Journal of Prosthodontics, 24(3), 194–199. doi:10.1111/jopr.12198
Avertissement : ces informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas un avis médical. La mycose buccale peut révéler un trouble sous-jacent : en cas de doute, de persistance, de récidive ou chez un public fragile (nourrisson, personne âgée ou immunodéprimée), consultez un professionnel de santé et n'interrompez jamais un traitement en cours sans son accord.

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À propos de ces conseils

Cet article d'aromathérapie a été rédigé par Théophane de la Charie, auteur du livre "Se soigner par les huiles essentielles", accompagné d'une équipe pluridisciplinaire composée de pharmaciens, de biochimistes et d'agronomes. 

La Compagnie des Sens et ses équipes n'encouragent pas l'automédication. Les informations et conseils délivrés sont issus d'une base bibliographique de référence (ouvrages, publications scientifiques, etc.). Ils sont donnés à titre informatif, ou pour proposer des pistes de réflexion : ils ne doivent en aucun cas se substituer à un diagnostic, une consultation ou un suivi médical, et ne peuvent engager la responsabilité de la Compagnie des Sens.