Cet article est une synthèse de la littérature scientifique. Il ne traite d'aucun produit commercial.

En bref

Face à la chute de cheveux, de nombreuses personnes recherchent des alternatives naturelles aux traitements médicamenteux. Une étude publiée dans « Phytotherapy Research » en 2020 a évalué l'effet d'un extrait de pousses de Pois appliqué sur le cuir chevelu chez 10 volontaires. En deux semaines, l'expression de deux gènes essentiels à la croissance du cheveu (FGF7 et noggin) a augmenté de façon notable.Accès à l'étude complète : doi:10.1002/ptr.6528

Les pousses de Pois, un actif capillaire émergent

Le Pois (Pisum sativum L.) n'est pas seulement un aliment courant : ses jeunes pousses concentrent des nutriments d'intérêt pour le follicule pileux, notamment de la biotine (vitamine B8), de la L-arginine et des isoflavones. Un extrait hydrosoluble, développé à partir de pousses biologiques, fait l'objet de recherches en santé capillaire depuis plusieurs années.

Une première étude cosmétique avait déjà montré que l'application topique de cet extrait améliorait la densité capillaire en augmentant la proportion de cheveux en phase de croissance (phase anagène) par rapport à ceux en phase de repos (phase télogène). Toutefois, les mécanismes d'action au niveau moléculaire restaient inconnus. C'est précisément cette question que l'équipe de Grothe et collaborateurs a cherché à éclaircir, en analysant l'effet de l'extrait sur l'expression des gènes dans les follicules pileux humains.

FGF7 et noggin : deux gènes activés en deux semaines d'application

Pour comprendre comment l'extrait de pousses de Pois agit sur le follicule, les chercheurs ont recruté 10 volontaires (4 femmes et 6 hommes, âgés de 46 à 60 ans). Chaque participant a appliqué un fluide contenant 2 % d'extrait de pousses de Pois sur une zone définie du cuir chevelu, deux fois par jour pendant deux semaines. Des cheveux ont été prélevés avant et après le traitement, puis analysés par une technique de biologie moléculaire (RT-qPCR) portant sur 32 gènes impliqués dans la physiologie capillaire. L'effectif reste limité et l'étude ne comportait pas de groupe placebo, bien que deux autres extraits végétaux aient été testés en parallèle chez 18 volontaires supplémentaires.

Une activation ciblée de deux gènes

Parmi les 32 gènes analysés, deux ont répondu de manière significative à l'application de l'extrait :

  • FGF7 (fibroblast growth factor 7) : son expression a augmenté en moyenne de 56 %, avec une activation observée chez 8 participants sur 10.
  • Noggin : son expression a augmenté en moyenne de 85 %, avec une activation chez 7 participants sur 10.

Un effet spécifique à l'extrait de pousses de Pois

Point notable : les deux autres extraits végétaux testés en parallèle (issus de Carlina acualis et de Polygonum multiflorum) n'ont eu aucun effet sur l'expression de FGF7 ou de noggin, ni sur aucun autre gène cible. Cette absence de réponse renforce l'hypothèse d'un effet spécifique de l'extrait de pousses de Pois sur ces deux facteurs de croissance.

Message clé. En seulement deux semaines d'application sur le cuir chevelu, l'extrait de pousses de Pois a stimulé l'expression de FGF7 (+56 %) et de noggin (+85 %) — deux gènes directement impliqués dans le déclenchement d'un nouveau cycle de croissance du cheveu.

Comment ces gènes relancent le cycle du cheveu

Le cheveu suit un cycle en trois phases : la croissance (anagène), la régression (catagène) et le repos (télogène), au terme de laquelle il tombe. Lorsque la phase de repos se prolonge ou que la phase de croissance raccourcit, la chute de cheveux s'installe progressivement.

Les deux gènes activés par l'extrait de pousses de Pois interviennent à un moment clé de ce cycle — la transition entre la phase de repos et une nouvelle phase de croissance :

  • Noggin agit en inhibant la protéine BMP4, qui maintient le follicule en phase de repos. En bloquant ce signal, noggin permet au follicule de « redémarrer » un nouveau cycle.
  • FGF7 prend ensuite le relais en stimulant la prolifération des cellules germinatives du follicule, ce qui déclenche concrètement la pousse d'un nouveau cheveu.

L'extrait agit également par ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Le stress oxydatif au niveau du follicule favorise en effet la libération de cytokines inflammatoires (IL-1, TNF-α) qui accélèrent la régression du cheveu et raccourcissent la phase de croissance.

Des résultats confirmés par voie orale

L'étude a également évalué l'extrait sous forme de complément alimentaire chez 21 volontaires présentant une chute modérée (au moins 100 cheveux perdus par jour), à raison de 100 mg par jour pendant huit semaines. Dès le premier mois, le nombre moyen de cheveux perdus quotidiennement a diminué de 34 %, et 86 % des participants rapportaient une réduction de leur chute en fin d'étude. Aucun effet indésirable n'a été signalé. Ces résultats préliminaires (petit effectif, absence de groupe placebo) complètent les données topiques et suggèrent un intérêt de l'extrait par les deux voies d'administration.

Ce qu'il faut retenir.

Cette étude montre que l'extrait de pousses de Pois, appliqué sur le cuir chevelu, active en deux semaines l'expression de deux gènes essentiels à la reprise de la croissance capillaire. Les données complémentaires par voie orale sont également encourageantes, avec une réduction significative de la chute dès le premier mois. Ces résultats restent à confirmer par des essais de plus grande envergure, avec un groupe placebo et un suivi plus long. Cette approche ne se substitue pas à un avis médical : en cas de chute de cheveux persistante, il est recommandé de consulter son médecin ou son dermatologue.

Approches complémentaires pour la santé capillaire

La chute de cheveux ayant souvent des causes multiples (hormonales, nutritionnelles, liées au stress), une approche globale associant plusieurs stratégies peut s'avérer pertinente. Toute démarche complémentaire gagne à être discutée avec son médecin ou son dermatologue.

Micronutrition
  • La biotine (vitamine B8) joue un rôle dans la synthèse de la kératine, protéine structurale du cheveu. Plusieurs revues de la littérature ont montré que la supplémentation en biotine améliore la santé capillaire principalement chez les personnes présentant une carence documentée, ce qui souligne l'intérêt d'un bilan biologique avant toute supplémentation.
  • Le zinc est un oligo-élément essentiel au cycle capillaire. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Cosmetic Dermatology (Chang et al., 2022) a mis en évidence des taux sériques de zinc significativement plus bas chez les personnes souffrant d'alopécie androgénétique.
  • Une carence en fer (reflétée par un taux de ferritine bas) est également associée à l'effluvium télogène, une forme de chute diffuse fréquente chez les femmes.
Aromathérapie
  • L'huile essentielle d'Ylang Ylang Complète est traditionnellement utilisée en soin capillaire pour ses propriétés sébo-régulatrices et tonifiantes. En massage du cuir chevelu, diluée dans une huile végétale, elle participe à l'entretien de la chevelure.
  • L'huile essentielle de Menthe Poivrée a fait l'objet d'une étude préclinique (Oh et al., 2014, Toxicological Research) montrant qu'une solution à 3 % appliquée sur le cuir chevelu stimulait significativement la croissance capillaire chez la souris, avec une augmentation de l'épaisseur du derme et du nombre de follicules. Son effet vasodilatateur pourrait favoriser l'irrigation du follicule pileux.
Huiles végétales
  • L'huile végétale de Ricin, riche en acide ricinoléique, est un classique des soins capillaires. Appliquée en bain d'huile sur le cuir chevelu et les longueurs, elle nourrit le cheveu en profondeur.
  • Concernant l'alopécie androgénétique, l'huile végétale de Pépins de Courge a fait l'objet d'un essai clinique randomisé en double aveugle contre placebo (Cho et al., 2014, Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine). Sur 76 hommes présentant une alopécie androgénétique modérée, la prise de 400 mg par jour d'huile de pépins de courge pendant six mois a entraîné une augmentation de 40 % du nombre de cheveux dans la zone traitée, contre 10 % dans le groupe placebo. Cet effet est attribué à l'inhibition partielle de la 5α-réductase par les phytostérols contenus dans l'huile.

Grothe, T., Wandrey, F., & Schuerch, C. (2020). Short communication: Clinical evaluation of pea sprout extract in the treatment of hair loss. Phytotherapy Research, 34(2), 428–431. doi:10.1002/ptr.6528
Avertissement : Les informations présentées sur cette page sont issues de la littérature scientifique et sont fournies à titre informatif. Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas la consultation d'un professionnel de santé. En cas de chute de cheveux persistante, consultez votre médecin ou votre dermatologue.

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