La crainte de perdre ses cheveux freine certains sportifs dans l'utilisation de la créatine, l'un des compléments les plus étudiés en nutrition sportive. Un essai randomisé en double aveugle publié en 2025 dans le « Journal of the International Society of Sports Nutrition » a suivi 38 hommes pendant 12 semaines pour trancher la question. Ses conclusions battent en brèche une idée reçue tenace.
Cet article a été mis à jour le 10/06/2026Après 12 semaines de supplémentation, les chercheurs n'ont constaté aucune différence entre le groupe créatine et le groupe placebo sur l'ensemble des paramètres mesurés. Les taux de dihydrotestostérone (DHT) — l'hormone impliquée dans l'alopécie androgénétique — n'ont pas varié, pas plus que le rapport DHT/testostérone. Côté cuir chevelu, la densité capillaire, le nombre d'unités folliculaires, l'épaisseur cumulée des cheveux et la proportion de cheveux en phase de croissance (anagène) sont restés stables dans les deux groupes.
La testostérone totale a augmenté et la testostérone libre a diminué au cours de l'étude, mais ces variations ont touché les deux groupes de façon identique. Les auteurs évoquent un possible effet saisonnier (les mesures ont été réalisées entre la fin de l'été et le début de l'automne), sans lien avec la prise de créatine.
L'essai a recruté 45 hommes pratiquant la musculation depuis au moins un an, âgés de 18 à 40 ans. Après six abandons avant le début du protocole et un retrait en cours d'étude, 38 participants ont été analysés : 19 dans le groupe créatine monohydrate (5 g/jour) et 19 dans le groupe placebo (maltodextrine), les deux poudres étant identiques en apparence et en goût.
Les marqueurs hormonaux — testostérone totale, testostérone libre, DHT — ont été dosés par prise de sang au début et à la fin des 12 semaines. L'état des cheveux a été évalué au niveau du vertex (sommet du crâne, zone la plus sensible à l'alopécie) à l'aide du système FotoFinder et du test trichogramme, réalisés par des dermatologues. L'observance a été contrôlée quotidiennement et les chercheurs sont restés en aveugle jusqu'à la fin de l'analyse statistique. La cohorte reste modeste (38 sujets) et exclusivement masculine ; des études plus larges, incluant d'autres profils, permettraient de consolider ces résultats.
L'idée que la créatine favorise la chute de cheveux remonte à une seule étude publiée en 2009. Menée sur 20 rugbymen recevant une dose de charge élevée (25 g/jour pendant 7 jours, puis 5 g/jour pendant 14 jours), elle avait observé une hausse de la DHT après la phase de charge. Cette élévation, bien que notable en pourcentage, restait dans les limites physiologiques normales. Surtout, l'étude ne mesurait pas les cheveux eux-mêmes et n'a jamais été reproduite.
La DHT est un dérivé de la testostérone produit par une enzyme appelée 5-alpha réductase. En se fixant sur les récepteurs des follicules pileux sensibles, elle peut provoquer leur miniaturisation progressive — c'est le mécanisme central de l'alopécie androgénétique. L'hypothèse était donc logique, mais les données de l'essai actuel — plus long, avec mesure directe de la santé capillaire — ne la confirment pas : ni la DHT, ni le rapport DHT/testostérone n'ont été modifiés par la créatine.
Autre inquiétude fréquente chez les utilisateurs de créatine : l'impact sur les reins. La créatinine sérique (souvent utilisée comme marqueur de la fonction rénale) et le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) n'ont pas varié entre les deux groupes au cours des 12 semaines. Aucun effet indésirable n'a été rapporté dans aucun des deux groupes pendant la durée de l'étude.
Cet essai est le premier à combiner dosages hormonaux et évaluation directe du follicule pileux sous créatine. En l'état, rien n'indique que la créatine monohydrate à 5 g par jour altère la santé des cheveux ou modifie les taux de DHT. Ces résultats sont encourageants mais portent sur un groupe restreint d'hommes jeunes et entraînés ; des études de plus grande envergure et de plus longue durée aideront à confirmer ces observations. En cas de chute de cheveux préoccupante, un bilan avec un dermatologue reste la démarche la plus fiable.
Que l'on prenne ou non de la créatine, la santé capillaire repose sur un ensemble de facteurs qui dépassent la seule supplémentation sportive. Une prise en charge globale, discutée avec son médecin ou son dermatologue, donne les meilleurs résultats.
Alimentation et carences. Un apport insuffisant en fer, en zinc, en biotine ou en protéines peut favoriser la chute de cheveux indépendamment de toute cause hormonale. Avant de chercher un complément, un bilan nutritionnel permet d'identifier et de corriger d'éventuelles carences. L'alimentation reste le premier levier.
Soins du cuir chevelu et huiles végétales. Certaines huiles végétales sont traditionnellement utilisées pour nourrir la fibre capillaire et soutenir un environnement favorable à la pousse. L'huile de Ricin, riche en acide ricinoléique, fait partie des plus employées en bain d'huile ou en masque capillaire.
Huiles essentielles. Plusieurs huiles essentielles, comme l'huile essentielle de Romarin à cinéole, sont étudiées pour leur potentiel de soutien de la microcirculation du cuir chevelu. Leur utilisation demande des précautions (dilution, contre-indications) et ne remplace pas un avis médical en cas de chute de cheveux installée.
Dans tous les cas, informer son équipe soignante des compléments et des soins utilisés permet d'assurer une prise en charge cohérente.
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie