La spiruline possède de nombreux bienfaits sur l’organisme, notamment en tant que soutien nutritionnel. En effet, sa richesse en nutriments lui permet d’être un complément alimentaire naturel intéressant, permettant de limiter certaines carences. Néanmoins, certains désagréments peuvent survenir lors de sa consommation, et les causes majeures dont ils résultent sont l’origine de la spiruline et les problèmes de surdosage. En effet, il semblerait qu’un non-suivi des recommandations de consommation puisse entraîner un déséquilibre de la flore intestinale, qui est à l’origine des potentiels troubles intestinaux comme les gaz intestinaux, les ballonnements, ou encore la constipation et les diarrhées. Cet article reprend donc l’ensemble des connaissances en lien avec les potentiels effets secondaires intestinaux induits par la spiruline, ainsi que des conseils permettant de les éviter.

Cet article a été mis à jour le 23/08/2022

La cause principale : le surdosage

Un dosage contrôlé n’induit pas de gaz intestinaux

L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) a étudié la consommation de compléments alimentaires à base de spiruline. Elle cite que des études cliniques ont rapporté quelques effets indésirables liés à la consommation de spiruline de type troubles digestifs et céphalées (maux de tête). Néanmoins, de nombreuses études n’ont pas mis en évidence de tels effets. Il semblerait donc qu’une hypersensibilité individuelle à cette cyanobactérie soit rare, ce qui explique qu’elle ne soit pas détectée lors d’études cliniques impliquant de faibles effectifs. De plus, les études montrant des effets indésirables, types troubles digestifs, ont montré que les patients avaient consommé la spiruline en quantité trop élevée par rapport aux recommandations de consommation.

Les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII) ne devrait donc pas avoir de problème quant à la consommation de spiruline. Il est néanmoins recommandé d’augmenter progressivement cette dernière pour éviter de perturber de manière brutale l’équilibre de la flore intestinale, ce qui pourrait favoriser les troubles digestifs. L’avis d’un médecin est donc judicieux en cas de SII.

Pour conclure, la spiruline ne provoque pas de troubles digestifs en cas de dosage contrôlé.

Un surdosage peut perturber l'équilibre de la flore intestinale

Un surdosage en spiruline amène une modification très importante du microbiote, ce qui serait néfaste à l’organisme. En effet, le microbiote est très particulier et a besoin d’avoir constamment un équilibre pour assurer ses fonctions. Une perturbation induite par un excès d’apports en spiruline entraîne donc des effets secondaires sur l’organisme, et particulièrement au niveau intestinal. Cette forte modification amène donc la formation de troubles digestifs comme la constipation, les diarrhées, ou encore les gaz intestinaux et les ballonnements. Ces symptômes sont d’ailleurs semblables à ceux du syndrome de l’intestin irritable (SII), dont le déséquilibre du microbiote provoque des désagréments intestinaux très compliqués à vivre.

Des études ont été réalisées sur les potentiels effets de la spiruline sur le microbiote intestinal, autrement dit sur la flore intestinale (bactéries, virus, champignons, levures…). En effet, cet équilibre entre les « bonnes » et « mauvaises bactéries » joue un rôle essentiel à la santé de l’hôte. Les études ont donc porté sur un régime alimentaire complété par de la spiruline et un mélange de spiruline et de fumarate ferreux. L’objectif de ces études était d’analyser l’impact de régime et de la complémentation en spiruline sur la morphologie intestinale, ainsi que sur la diversité du microbiote intestinal de la carpe du fleuve jaune (carpe chinoise). Ces dernières ont donc admis que la complémentation en spiruline et en fumarate ferreux permettait de modifier la composition, la diversité et la richesse des communautés microbiennes intestinales de la carpe. Il est donc possible d’admettre que la spiruline induit une modification, qu’elle soit positive ou négative, sur la composition du microbiote intestinal des humains. De cette manière, un surdosage entraînerait une perturbation de l'équilibre de la flore intestinale, ce qui provoquerait des ballonnements et un ventre gonflé.

Comment l’éviter ?

La spiruline est très riche en nutriments, ce qui peut rendre sa digestion difficile si elle est consommée en excès. Il est donc préférable d’augmenter progressivement les doses journalières pour éviter une perturbation brutale de l’équilibre du microbiote intestinal, et pour ne pas induire de troubles digestifs ou de nausées.

  • En cure classique ou pour le plaisir : commencez à 1 g de Spiruline par jour, puis augmentez au fur et à mesure jusqu'à 5 g par jour.

  • En cure pour limiter un déficit : augmentez progressivement jusqu'à 6 g par jour.

  • En cure pour les périodes intenses : augmentez progressivement jusqu'à 10 g par jour, pendant 1 semaine.

Nous vous recommandons :

  • de la consommer durant les trois repas principaux (petit-déjeuner, déjeuner et dîner) afin de profiter au mieux de ses bienfaits.

  • de l’intégrer aux préparations suivantes pour optimiser sa prise : salade, soupe, jus de fruits, smoothies, boisson, eau, yaourt, laitages, plat.

  • de ne pas la consommer si vous êtes atteints d’hémochromatose (excès de fer dans le sang), d’insuffisance rénale, de phénylcétonurie (impossibilité de métaboliser la phénylalanine), de goutte, ou si vous présentez un terrain allergique. En effet, la spiruline est riche en fer et en phénylalanine, qui est un acide aminé (unité structurelle d’une protéine).

  • de faire attention à l'origine de la spiruline que vous souhaitez acheter, car cette dernière est souvent contaminée par des métaux lourds lorsque la production est mal réalisée.

Attention aux métaux lourds

Un autre problème de la spiruline provient de sa qualité et de sa composition d'origine. En effet, la spiruline est composée des éléments qu’elle absorbe dans l’environnement dans lequel elle est produite. De cette manière, si l’eau est contaminée par des métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, arsenic, chrome et nickel), la spiruline sera également riche en ces derniers, d’autant plus que les capacités d’absorption de la spiruline sont élevées. Par conséquent, ces métaux lourds peuvent induire des troubles digestifs comme des gaz intestinaux et des ballonnements. Un point d’honneur doit donc être mis sur les labels "qualité" de la spiruline que vous souhaitez acheter, afin d'éviter les effets indésirables. Il est néanmoins compliqué de trouver une spiruline de qualité. Nous vous recommandons donc de vous orienter vers des spirulines BIO présentant des garanties d'absence de métaux lourds.


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