La spiruline est une cyanobactérie riche en nutriments considérée comme étant un complément alimentaire naturel. Elle a par ailleurs fait l’objet de nombreuses études sur des propriétés thérapeutiques, et particulièrement sur de potentiels effets bénéfiques contre le cancer. Des recherches sont en cours, avec des résultats prometteurs. En effet, une complémentation en spiruline aurait des effets intéressants sur le ralentissement de la propagation des métastases. Elle peut également apporter une aide à l’organisme, notamment en luttant contre le stress oxydatif, une des principales causes des cancers. De plus, elle apporte certains micronutriments qui participent au processus de détoxification du foie. Ainsi, il pourrait être judicieux de consommer de la spiruline à la suite des traitements anticancéreux comme la chimiothérapie, dans l’optique de favoriser les apports alimentaires en nutriments essentiels et en antioxydants. Cependant, étant donné les risques d’interactions médicamenteuses, il semble primordial de discuter avec son cancérologue des risques de sa consommation. Cet article reprend donc les connaissances nutritionnelles en lien avec les effets bénéfiques potentiels de la spiruline contre le cancer.

Cet article a été mis à jour le 17/10/2022

De nombreuses recherches en cours

La spiruline est composée d’une molécule active qui fait actuellement l’objet d’études in vivo dans le cadre du développement de médicaments anticancéreux : la phycocyanine. Cette dernière aurait la particularité de pouvoir bloquer la prolifération des cellules cancéreuses et de tuer ces dernières. En effet, la phycocyanine exercerait une activité anticancéreuse en bloquant le cycle cellulaire des cellules tumorales, et ce, en induisant leur apoptose (processus de mort cellulaire) et leur autophagie (processus d’autodigestion). Si ces résultats sont confirmés, la phycocyanine pourrait faire partie des traitements anticancéreux de demain. De plus, il n’y a pas que la phycocyanine qui donne des résultats prometteurs. En effet, d’autres extraits font l’objet de recherches sur différents types de cancers (polysaccharides, antioxydants, calcium-spirulan Ca-SP, extrait total).

Cependant, il est évident que la spiruline ne va pas guérir le cancer. Même si la phycocyanine est une molécule active prometteuse, elle ne peut en aucun cas se substituer aux traitements anticancéreux actuels, d’autant plus que la phycocyanine fait l’objet d’études en tant que molécule isolée avec des effets qui ne sont pas transposables à la spiruline consommée comme complément alimentaire. Chaque cancer et chaque traitement étant spécifiques, il est recommandé de prendre conseil auprès de son médecin avant toute consommation de complément alimentaire en même temps qu’un traitement anti-cancéreux.

Un intérêt dans la prévention du cancer

Le stress oxydatif est un déséquilibre entre les molécules pro-oxydantes et les molécules antioxydantes en faveur des premières. Ce stress oxydatif est considéré comme une des causes principales de cancer puisqu’il induit l’accélération du processus de vieillissement prématuré des cellules de l’organisme. Les apports en antioxydants sont donc très recommandés afin de protéger les cellules du stress oxydatif, et justement, la principale propriété de la spiruline est sa composition en antioxydants. En effet, la spiruline est composée de nombreuses molécules antioxydantes qui fonctionnent en synergie (phycocyanine, cuivre, zinc, bêta-carotène, sélénium) et qui viennent en soutien des enzymes antioxydantes présentes dans le foie. Effectivement, les composants antioxydants de la spiruline se complètent très bien, amenant un réel bénéfice dans la lutte contre le stress oxydatif.

Néanmoins, un seul aliment ne peut apporter tous les antioxydants nécessaires à l’organisme pour réaliser cette fonction. C’est pourquoi une méta-analyse a conclu en 2021 que la spiruline seule n’avait pas d’effet concret et significatif sur les marqueurs de stress oxydatif chez l’homme. En effet, aucun aliment ne peut avoir d’effets miracles sur les pathologies en lien avec le stress oxydant. Ainsi, il est possible de conclure que la spiruline est un complément intéressant aux autres sources alimentaires d’antioxydants (fruits et légumes frais colorés, épices, aromates…) qui jouent un rôle dans la prévention du développement des cancers.

Un intérêt pour le foie en cas de chimiothérapie

La spiruline pourrait jouer un rôle de protection et de soutien du foie pour limiter la toxicité de certaines chimiothérapies. En effet, une étude a montré que la spiruline, consommée en pré-traitement, avait donné des résultats très prometteurs avec des effets hépatoprotecteurs et immunostimulants significatifs. Ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires ont permis de prévenir ou réduire la toxicité du foie induite par un médicament anticancéreux couramment utilisé.

Malgré tout, il manque encore des informations pour savoir comment bien utiliser la spiruline en cas de chimiothérapie. De plus, compte tenu des conséquences que peuvent avoir les interactions médicamenteuses, il est recommandé d’en informer son cancérologue pour savoir s’il est possible de consommer de la spiruline pendant ou entre les séances de chimiothérapie.

Comment consommer la spiruline en poudre ?

La spiruline est très riche en nutriments, ce qui peut rendre sa digestion difficile si elle est consommée en excès. Il est donc préférable d’augmenter progressivement les doses journalières pour éviter une perturbation brutale de l’équilibre du microbiote intestinal, et pour ne pas induire de troubles digestifs.

  • En cure classique ou pour le plaisir : commencez à 1 g de Spiruline par jour, puis augmentez au fur et à mesure jusqu'à 5 g par jour.

  • En cure pour limiter un déficit : augmentez progressivement jusqu'à 6 g par jour.

  • En cure pour les périodes intenses : augmentez progressivement jusqu'à 10 g par jour, pendant 1 semaine.

Nous vous recommandons :

  • d’informer votre cancérologue et de suivre ses recommandations si vous suivez un traitement de chimiothérapie.

  • de la consommer durant les trois repas principaux (petit-déjeuner, déjeuner et dîner) afin de profiter au mieux de ses bienfaits.

  • de l’intégrer aux préparations suivantes pour optimiser sa prise : salade, soupe, jus de fruits, smoothies, boisson, eau, yaourt, laitages, plat.

  • de ne pas la consommer si vous êtes atteints d’hémochromatose (excès de fer dans le sang), d’insuffisance rénale, de phénylcétonurie (impossibilité de transformer la phénylalanine), de goutte, ou si vous présentez un terrain allergique. En effet, la spiruline est riche en fer et en phénylalanine, qui est un acide aminé (unité structurelle d’une protéine).

  • de faire attention à l'origine de la spiruline que vous souhaitez acheter, car cette dernière est souvent contaminée par des métaux lourds lorsque la production est mal réalisée. Il est recommandé de s’orienter vers une spiruline BIO présentant des garanties d’absence de métaux lourds.

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