Le diabète est une pathologie caractérisée par un trouble de l’assimilation des glucides, avec la présence d’un taux de sucre anormalement élevé dans le sang. Cette hyperglycémie induit des troubles dans l’organisme, entraînant à long terme des conséquences sur l’organisme. Cette maladie est divisée en trois types : le diabète de type I, le diabète de type II et le diabète gestationnel. Cette pathologie est principalement auto-immune dans le cadre du diabète de type I. Pour le diabète de type II, ce sont des apports alimentaires déséquilibrés sur le long terme qui en sont la cause. Les personnes souffrant de diabète de type II présentent généralement d’autres troubles métaboliques comme un surpoids ou de l’obésité, caractérisés par des analyses sanguines avec un profil lipidique perturbé avec une prédominance de triglycérides et de « mauvais » cholestérol (LDL-cholestérol). Ces aspects seraient, selon certaines études, améliorés par la consommation de Spiruline. Cette cyanobactérie est riche en cuivre et en vitamines B2 et possède des activités antioxydantes intéressantes. D’autres études ont donc été réalisées pour comprendre si la Spiruline pouvait avoir des effets bénéfiques pour les patients diabétiques. Cet article reprend donc l’ensemble des connaissances nutritionnelles actuelles en lien avec la Spiruline et les différents types de diabète.

Cet article a été mis à jour le 30/01/2023

Peut-elle agir sur la glycémie ?

Sur la glycémie à jeun et le profil lipidique

La spiruline semble avoir des effets bénéfiques sur la glycémie à jeun et le profil lipidique selon certaines études. En effet, huit études ont été incluses dans une méta-analyse permettant d’étudier l’effet de la spiruline sur les profils lipidiques et les marqueurs liés à la glycémie chez des patients diabétiques de type II. Les résultats ont montré une réduction significative de la glycémie à jeun, des triglycérides et du cholestérol total, en plus d’une augmentation significative du HDL-cholestérol (High Density Lipoprotein, « bon cholestérol ») après administration de spiruline. Cette méta-analyse suggère donc que la spiruline peut susciter des effets bénéfiques sur la glycémie à jeun et les profils lipidiques sanguins.

Cependant, cette méta-analyse ne spécifie pas si l’administration de spiruline a été réalisée en même temps qu’un changement des habitudes alimentaires. En effet, les patients diabétiques de type II ont régulièrement la visite d’un professionnel de santé spécialisé en nutrition santé afin d’être conseillé sur l’alimentation. Il se peut que les patients étudiés aient changé certaines habitudes alimentaires. Même a minima, des petites modifications peuvent également jouer un rôle sur l’amélioration des profils lipidiques et de la glycémie à jeun, d’autant plus que ces patients sont normalement suivis avec des médicaments spécialisés dans ces deux aspects. Il n’est donc pour l’instant pas admis que la spiruline puisse jouer un rôle direct et miracle sur les patients diabétiques de type II, même si les études semblent aller dans ce sens. De plus, la spiruline ne peut en aucun cas substituer à un traitement médicamenteux et il est recommandé de prendre l’avis d’un médecin en cas de consommation de spiruline dans une optique thérapeutique.

Sur l’équilibre du diabète et la glycémie post-prandiale

Cette méta-analyse a également conclu qu’aucun effet significatif n’a été observé sur l’équilibre du diabète (étudié grâce aux marqueurs de l’hémoglobine glyquée) ou sur la glycémie post-prandiale (après le repas) après la consommation de spiruline. Il semblerait donc que la spiruline n’ait pas d’effets directs sur le diabète, que ce soit sur la glycémie post-prandiale ou l'équilibre du diabète. Cependant, elle pourrait accompagner les traitements médicamenteux et soutenir une alimentation équilibrée chez les sujets diabétiques de type I et de type II. En effet, la spiruline a très certainement un effet augmenté si l’alimentation au quotidien n’est pas optimale. Néanmoins, une alimentation équilibrée et non excessive semble avoir des effets supérieurs à la consommation de spiruline, si elle reste associée à une alimentation déséquilibrée et excessive. Il est donc recommandé de consommer de la spiruline en tant que soutien d’une alimentation quotidienne adéquate, et de prendre l’avis d’un professionnel de santé pour envisager les rééquilibrages éventuels.

L’intérêt de son pouvoir antioxydant

Le stress oxydatif est défini comme un déséquilibre entre les molécules pro-oxydantes et les molécules antioxydantes en faveur des premières. Or, ce dernier est impliqué dans la physiopathologie des complications du diabète. En effet, une hyperglycémie chronique induit des réactions de glycation, définies comme étant une fixation irréversible du glucose sur des protéines. C’est un peu comme si les protéines étaient caramélisées avec la formation d’un produit de glycation avancée, également appelé AGE (Advanced Glycation End Products). Pro-oxydants et hautement toxiques, ce sont ces AGE qui sont impliqués dans le développement de certaines complications du diabète comme la protéinurie diabétique (fuites de protéines dans les urines), la rétinopathie diabétique et les maladies micro ou macrovasculaires.

De cette manière, la spiruline permet de limiter ce stress oxydant puisqu’elle possède des capacités antioxydantes intéressantes, malgré une consommation limitée à 5 g par jour. En effet, elle contient de nombreux composants antioxydants qui, en synergie, participent à la gestion du stress oxydant, ce qui ne peut être que bénéfique aux patients diabétiques (phycocyanine, cuivre, vitamines A, C et E). Ainsi, la spiruline permet de limiter les risques de complications diabétiques grâce à ses actions antioxydantes, mais il est préférable de l’associer à d’autres sources d’antioxydants pour en optimiser les effets (fruits et légumes colorés, épices et aromates).

Des risques liés à sa richesse en fer ?

Le lien entre le stress oxydant et le diabète est clairement établi. Une controverse a d’ailleurs mis en lumière les risques associés à des apports élevés en fer, en raison de son rôle pro-oxydant et du risque de diabète associé à un taux de ferritine élevé (protéine de stockage du fer). En cas de diabète, il est donc important de ne pas se complémenter en fer sans un diagnostic d’anémie vraie et un suivi médical. Sinon, l’action pro-oxydante et le risque d’hyperferritinémie induits par des apports élevés en fer peuvent favoriser le développement de complications diabétiques.

Néanmoins, la spiruline n’apporte pas les mêmes quantités que les médicaments de supplémentation, il n'y a donc aucun risque lié à ses apports en fer à dose recommandée. En effet, pour une consommation recommandée de 5 g de spiruline, cette dernière n’apporte que 1,4 g de fer (10 % des apports journaliers). La crainte d’induire des complications diabétiques en lien avec les taux de fer de la spiruline ne semble donc pas justifiée.

Cependant, il est important de rappeler qu’en cas d’hémochromatose (excès de fer dans le sang), il est recommandé de ne pas consommer de spiruline.

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