Ginseng et ménopause : les résultats encourageants d’une revue systématique de 15 essais cliniques
En bref
Le Ginseng, un adaptogène aux multiples propriétés étudiées
Le Ginseng (Panax ginseng C.A. Mey.) est une racine utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle asiatique pour ses propriétés adaptogènes : il aide l’organisme à mieux résister au stress physique et mental, tout en soutenant la vitalité et les fonctions cognitives. Ces effets sont principalement attribués aux ginsénosides, une famille de molécules présentes dans la racine dont la concentration varie selon le type de Ginseng, sa transformation et son mode d’extraction.
Deux revues systématiques précédentes avaient déjà suggéré un intérêt potentiel du Ginseng dans la prise en charge des symptômes de la ménopause. Toutefois, elles reposaient sur un nombre limité d’essais et ne tenaient pas compte de plusieurs études publiées entre 2019 et 2021. C’est cette lacune que la présente revue systématique a cherché à combler.
Quinze essais cliniques passés au crible
Les auteurs ont recherché dans six bases de données médicales l’ensemble des essais cliniques comparant du Ginseng à un placebo chez des femmes ménopausées. Sur 527 études identifiées, 15 essais contrôlés randomisés — portant sur 1 256 femmes au total — ont été retenus. Les formes de Ginseng testées comprenaient le Ginseng rouge coréen, le Ginseng américain et le Panax ginseng, à des doses allant de 200 à 3 000 mg par jour sur des durées de 2 à 16 semaines. La qualité méthodologique de chaque essai a été évaluée à l’aide de l’outil Cochrane RoB 2.0 ; la majorité des études présentait un risque de biais et la plupart étaient financées par des fabricants de Ginseng, ce qui invite à interpréter les résultats avec prudence.
Des effets encourageants sur les bouffées de chaleur et la qualité de vie
Symptômes ménopausiques et bouffées de chaleur
La méta-analyse de trois essais portant sur 515 femmes montre que le Ginseng a réduit de manière significative les symptômes ménopausiques globaux par rapport au placebo (p = 0,02). Les bouffées de chaleur, analysées séparément, ont également diminué de façon significative (p = 0,04). Ces résultats reposent cependant sur un nombre limité d’études et présentent une hétérogénéité modérée.
Qualité de vie
Trois essais ont évalué l’effet du Ginseng sur la qualité de vie. Le résultat global est en faveur du Ginseng, avec un seuil de significativité atteint de justesse (p = 0,05). L’essai le plus récent, utilisant 1 000 mg de Panax ginseng par jour pendant quatre semaines, est celui qui a montré l’effet le plus marqué sur ce critère.
Des critères sans amélioration notable
La fonction sexuelle n’a pas été améliorée dans la méta-analyse de trois essais (p = 0,32). De même, les niveaux hormonaux — testostérone, estradiol, FSH, LH — sont restés stables dans six des sept études qui les ont mesurés. L’épaisseur de l’endomètre n’a pas été modifiée dans les trois essais qui l’ont évaluée.
Tolérance
Six essais ont rapporté les effets indésirables. Ils étaient rares et mineurs dans les deux groupes : insomnie ou palpitations dans le groupe Ginseng, inconfort digestif dans le groupe placebo, sans différence significative de fréquence ou de sévérité entre les deux.
Ménopause : un besoin d’alternatives aux traitements hormonaux
Le traitement hormonal de la ménopause reste l’option la plus efficace contre les symptômes vasomoteurs. Cependant, ses effets indésirables potentiels conduisent de nombreuses femmes à explorer d’autres voies. Les médecines complémentaires, et en particulier la phytothérapie, figurent parmi les approches les plus utilisées : une revue systématique d’enquêtes a montré que les plantes médicinales sont la forme de médecine complémentaire la plus populaire chez les femmes ménopausées.
Dans ce contexte, le Ginseng représente une piste supplémentaire à considérer. La diversité des formes testées dans les essais — Ginseng rouge, américain, fermenté — et l’absence de standardisation entre les études rendent toutefois difficile la formulation de recommandations précises sur le type ou la dose optimale. Des essais plus rigoureux, utilisant des préparations standardisées en ginsénosides et des durées de traitement suffisantes, seront nécessaires pour préciser la place du Ginseng parmi les options de prise en charge.
Cette revue systématique de 15 essais cliniques apporte un signal positif en faveur du Ginseng pour soulager les bouffées de chaleur et améliorer la qualité de vie des femmes ménopausées. Le niveau de preuve reste néanmoins faible, en raison de la taille modeste des études, de biais méthodologiques et de la variabilité des préparations testées. Ces résultats ne se substituent pas à un accompagnement médical : toute démarche de supplémentation gagne à être discutée avec son médecin ou son pharmacien.
Approches complémentaires
La prise en charge des symptômes de la ménopause gagne à être globale, en combinant plusieurs approches selon les besoins de chaque femme. Le Ginseng peut s’inscrire dans cette démarche aux côtés d’autres plantes dont les effets sont documentés. Toute supplémentation doit être signalée à l’équipe médicale, en particulier en cas de traitement hormonal ou d’antécédent de cancer hormono-dépendant.
Phytothérapie
- Le Houblon contient de la 8-prénylnaringénine, le phytoestrogène végétal le plus puissant identifié à ce jour, dont l’efficacité sur les bouffées de chaleur a été évaluée dans plusieurs essais cliniques.
- La teinture mère de Gattilier soutient la régulation hormonale en stimulant la production de progestérone ; elle est particulièrement indiquée en phase de préménopause.
Gemmothérapie
- Le macérat de bourgeons de Framboisier agit comme régulateur hormonal global, utile lors des fluctuations de la préménopause.
- Le macérat de bourgeons d’Airelle exerce une action estrogénique douce, adaptée aux signes liés à la baisse des estrogènes comme la sécheresse des muqueuses ou les sueurs nocturnes.
Aromathérapie
- L’huile essentielle de Sauge Sclarée est traditionnellement utilisée pour atténuer les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, par modulation du système nerveux central. Elle peut s’utiliser seule ou en synergie avec d’autres huiles essentielles. L'huile essentielle de Lavande vraie et l'huile essentielle de Bergamote ont aussi fait l'objet d'une étude clinique avec des résultats significatifs sur l'anxiété et le sommeil.
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