Les douleurs menstruelles touchent jusqu'à 95 % des femmes en âge de procréer et restent souvent insuffisamment soulagées. Une revue systématique publiée en 2021 dans « Obstetrics & Gynecology Science » a analysé 17 études portant sur 2 828 femmes pour évaluer l'effet de la vitamine D et du calcium sur ces douleurs. Les résultats convergent vers un bénéfice réel de la supplémentation, en particulier sur l'intensité de la douleur.
Cet article a été mis à jour le 10/06/2026Accès à l'étude complète : DOI 10.5468/ogs.20205
La vitamine D joue un rôle central dans l'homéostasie calcique et dans la régulation des prostaglandines, ces molécules inflammatoires directement impliquées dans les contractions utérines douloureuses. Lorsque ses niveaux sont insuffisants, la production de prostaglandines augmente, ce qui peut intensifier les crampes. Des récepteurs à la vitamine D ont d'ailleurs été identifiés dans le tissu ovarien, l'endomètre et les cellules épithéliales des trompes de Fallope, suggérant un rôle actif dans le fonctionnement du système reproducteur féminin.
Le calcium, de son côté, régule la contraction musculaire. Des niveaux bas peuvent provoquer des spasmes utérins et une diminution du flux sanguin, accentuant la douleur. Comme la vitamine D favorise l'absorption intestinale du calcium, un déficit en vitamine D peut aggraver indirectement les douleurs par ce biais.
Parmi les études transversales et cas-témoins incluses dans la revue, deux ont mis en évidence une relation inverse entre le taux sérique de vitamine D et l'intensité des douleurs : plus le taux était bas, plus les douleurs étaient sévères. L'une d'elles rapportait que plus de 73 % des participantes présentaient une insuffisance ou un déficit en vitamine D, et que la sévérité de la douleur suivait cette même gradation.
Deux autres études n'ont toutefois pas retrouvé de lien statistiquement significatif, ce qui souligne l'intérêt de poursuivre les recherches sur cette association.
Les auteurs ont interrogé cinq bases de données scientifiques (PubMed, Web of Science, Scopus, Science Direct et Google Scholar) pour identifier les études publiées entre 2010 et 2020. Sur 609 résultats initiaux, 17 études ont été retenues après un processus de sélection rigoureux : 11 essais cliniques randomisés, 3 études transversales, 2 études quasi-expérimentales et 1 étude cas-témoins. La qualité méthodologique a été évaluée à l'aide des grilles CONSORT et STROBE, et le risque de biais à l'aide de l'outil Cochrane. La majorité des études présentaient un faible risque de biais, ce qui renforce la fiabilité des conclusions — même si la taille modeste de certains échantillons et l'hétérogénéité des protocoles invitent à confirmer ces résultats par de futures études de plus grande envergure.
La grande majorité des essais cliniques rapporte une diminution significative de l'intensité douloureuse après supplémentation en vitamine D. Les posologies variaient selon les études :
Dans un essai comparant l'association vitamine D + anti-inflammatoires (AINS) aux AINS seuls, la combinaison a permis une meilleure récupération et un recours réduit aux antalgiques en fin de traitement. La vitamine D s'est également montrée plus efficace que la vitamine E dans un essai comparatif direct.
La supplémentation en calcium (1 000 mg/jour de carbonate de calcium) a montré des résultats positifs sur la douleur. Un résultat notable : dans un essai, le calcium seul s'est révélé plus efficace que l'association calcium + vitamine D, ce qui suggère que les deux supplémentations pourraient être utiles indépendamment l'une de l'autre. L'association calcium + magnésium (600 mg + 300 mg) a montré une efficacité comparable au calcium seul.
Plusieurs études ont également observé un effet positif de la vitamine D sur les symptômes fréquemment associés aux règles douloureuses : nausées, vomissements, maux de tête, fatigue et douleurs dorsales. La prise de calcium a, de son côté, davantage réduit les ballonnements.
Cette revue systématique apporte des données convergentes sur l'intérêt de la vitamine D et du calcium dans la prise en charge des douleurs menstruelles. La supplémentation, à différentes posologies, a montré une réduction significative de la douleur dans la majorité des essais analysés. Ces résultats restent à confirmer par des études de plus grande envergure et de plus longue durée. Toute supplémentation doit être envisagée en concertation avec un médecin ou un pharmacien, en complément et non en remplacement d'un suivi médical adapté.
La prise en charge des douleurs de règles gagne souvent en efficacité lorsqu'elle combine plusieurs approches. Au-delà de la vitamine D et du calcium, d'autres pistes nutritionnelles et naturelles ont fait l'objet d'études cliniques et peuvent être envisagées en complément, après avis de l'équipe médicale.
Toutes ces approches peuvent compléter une supplémentation, mais ne la remplacent pas. Il est important d'en informer son médecin ou pharmacien.
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Nathalie