Déclin cognitif d’origine vasculaire : une méta-analyse pointe le Ginkgo biloba comme la piste la plus prometteuse
En bref
Accès à l’étude complète : DOI 10.1002/alz.70840
Cognition et autonomie : le Ginkgo biloba se distingue parmi 14 interventions
Parmi les traitements analysés, les extraits de Ginkgo biloba (Ginkgo biloba) ont montré l’amélioration la plus importante sur la cognition globale, avec une taille d’effet jugée large à modérée. C’est également la seule intervention à avoir démontré une amélioration significative des capacités fonctionnelles, c’est-à-dire la capacité des patients à réaliser les gestes du quotidien de façon autonome.
Cognition globale : un effet supérieur aux médicaments testés
L’entraînement cognitif et l’exercice physique ont également montré des effets modérés sur la cognition. En revanche, les médicaments classiquement prescrits dans les démences, comme les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (donépézil, galantamine) ou la mémantine, n’ont obtenu que des effets faibles, d’une pertinence clinique incertaine.
Capacités fonctionnelles : un critère rarement amélioré
Sur les capacités fonctionnelles (indicateur particulièrement important pour les patients et leurs proches) seuls les extraits de Ginkgo biloba et le donépézil ont montré un effet positif. L’effet du Ginkgo biloba était modéré, tandis que celui du donépézil restait faible.
Tolérance
Aucune des interventions méta-analysées n’a été associée à une augmentation du taux d’effets indésirables ou d’effets indésirables graves par rapport au placebo.
173 essais cliniques et plus de 22 000 patients passés au crible
Cette revue systématique et méta-analyse a interrogé trois bases de données majeures (MEDLINE, Embase, Cochrane CENTRAL) sur l’ensemble des essais cliniques évaluant un traitement du trouble cognitif vasculaire. Au total, 173 études ont été retenues, incluant 22 347 participants et 91 interventions différentes, aussi bien pharmacologiques (médicaments, compléments) que non pharmacologiques (exercice physique, rééducation cognitive, stimulation cérébrale).
Parmi ces études, 14 interventions testées en monothérapie contre placebo dans au moins trois essais ont pu faire l’objet d’une méta-analyse quantitative. Pour le Ginkgo biloba, l’analyse repose sur trois essais randomisés totalisant 283 patients, avec des durées de traitement de 22 à 24 semaines. L’hétérogénéité des populations, la diversité des critères diagnostiques et la qualité variable des études nécessitent confirmation par des essais plus standardisés.
Un déclin cognitif fréquent, sans traitement homologué ni repères clairs pour les patients
Le trouble cognitif vasculaire désigne l’ensemble des atteintes cognitives liées à une origine vasculaire cérébrale : suites d’accidents vasculaires, maladie des petits vaisseaux, ou atteintes multiples. Il représente l’une des causes les plus fréquentes de déclin cognitif, avec des conséquences directes sur la mémoire, l’attention, les fonctions exécutives et l’autonomie dans la vie quotidienne.
Malgré cette fréquence, aucun traitement n’est actuellement approuvé pour cette indication. Les médicaments utilisés dans la maladie d’Alzheimer sont parfois prescrits hors indication, mais leurs bénéfices restent limités et leur pertinence clinique dans ce contexte est discutée. C’est précisément ce constat qui a motivé cette revue systématique : en rassemblant l’ensemble des données disponibles, les auteurs ont voulu déterminer si certaines approches avaient été sous-évaluées en raison de l’hétérogénéité des études passées. Ils concluent que le pessimisme ambiant sur la possibilité de traiter ce trouble n’est peut-être pas entièrement justifié, et que des essais mieux conçus pourraient permettre d’identifier des traitements efficaces.
Un extrait standardisé aux effets multiples sur le cerveau
Le Ginkgo biloba est l’un des arbres les plus anciens au monde. Ses feuilles contiennent deux familles de composés d’intérêt : les glycosides de flavonols, aux propriétés antioxydantes, et les terpénolactones (ginkgolides et bilobalide), spécifiques au Ginkgo biloba et absentes de toute autre espèce végétale connue. L’extrait standardisé utilisé dans les essais cliniques (connu sous le nom d’EGb 761) est titré à 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones.
Ses mécanismes d’action sont multiples et convergent vers une protection du tissu cérébral :
- amélioration de la microcirculation cérébrale
- réduction du stress oxydatif
- neuroprotection
- modulation de la neurotransmission
Ces propriétés en font un candidat particulièrement pertinent dans le contexte du trouble cognitif vasculaire, où l’atteinte cérébrale est directement liée à des altérations de la vascularisation.
Cette méta-analyse, la plus vaste jamais réalisée sur le sujet, identifie les extraits de Ginkgo biloba comme l’intervention la plus prometteuse parmi les 14 traitements évalués, avec des améliorations à la fois sur la cognition globale et sur les capacités fonctionnelles du quotidien. Le niveau de preuve reste cependant faible en raison de l’hétérogénéité des études, et ces résultats doivent être confirmés par des essais de plus grande envergure, ciblant des formes précises de trouble cognitif vasculaire. La supplémentation en Ginkgo biloba ne se substitue pas à la prise en charge médicale du déclin cognitif et doit être envisagée en complément, après avis de l’équipe soignante.
Approches complémentaires
La prise en charge du déclin cognitif d’origine vasculaire repose en premier lieu sur le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires et le suivi neurologique. Plusieurs pistes complémentaires, documentées par la recherche, peuvent être envisagées en parallèle. Toute supplémentation doit être discutée avec le médecin, en particulier en cas de traitement anticoagulant ou antiagrégant.
Micronutrition
- Les vitamines B6, B9 et B12 participent au métabolisme de l’homocystéine, un acide aminé dont les taux élevés sont associés à un risque accru de déclin cognitif et de pathologies vasculaires cérébrales. Plusieurs études ont montré qu’une supplémentation en vitamines B pouvait ralentir l’atrophie cérébrale chez les personnes présentant un trouble cognitif léger, en particulier lorsque les taux d’homocystéine étaient initialement élevés.
- La vitamine D joue quant à elle un rôle dans la neuroprotection et la régulation de l’inflammation ; des études observationnelles ont associé un déficit en vitamine D à un risque accru de troubles cognitifs vasculaires.
- La créatine, impliquée dans le métabolisme énergétique cérébral, a montré un bénéfice significatif sur la mémoire dans une méta-analyse de huit essais cliniques, avec un effet particulièrement marqué chez les personnes de plus de 65 ans.
Phytothérapie
L’Ashwagandha (Withania somnifera) est une plante adaptogène dont un essai clinique randomisé a montré qu’elle pouvait améliorer la mémoire épisodique, la mémoire de travail et la précision attentionnelle chez des adultes présentant des plaintes cognitives. Ses propriétés neuroprotectrices et antioxydantes en font une piste complémentaire intéressante, bien que les données restent à confirmer dans le contexte spécifique du déclin cognitif vasculaire.
Aromathérapie
L’inhalation d’huile essentielle de Romarin à Cinéole (Rosmarinus officinalis CT cinéole) a montré dans plusieurs études contrôlées une amélioration des performances de mémoire prospective et de la vigilance. Son composant principal, le 1,8-cinéole, traverse la barrière hémato-encéphalique et possède des propriétés anticholinestérasiques étudiées dans le contexte du déclin cognitif. La diffusion ou l’inhalation au flacon constitue un geste simple et accessible, à valider avec l’équipe soignante.
Hygiène de vie et activité physique
L’exercice physique régulier — même modéré — figure parmi les interventions ayant montré un effet positif sur la cognition dans cette méta-analyse. Le contrôle de la pression artérielle, une alimentation riche en acides gras essentiels (poissons gras, huile de colza, noix) et un sommeil de qualité contribuent également à la protection vasculaire et cérébrale.
Il est recommandé d’informer l’équipe médicale de toute démarche complémentaire engagée.
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