Le Ginkgo Biloba (Ginkgo biloba L.) est l'une des plantes les plus étudiées en phytothérapie. Ses bienfaits les mieux documentés concernent le maintien de la mémoire et des fonctions cognitives chez les personnes âgées, ainsi que le soutien de la circulation sanguine périphérique et cérébrale. Ces effets reposent principalement sur deux familles de composés actifs — les glycosides de flavonols et les terpénolactones — dont l'efficacité clinique a été démontrée à la dose de 240 mg d'extrait standardisé par jour. Cette page synthétise les bienfaits du Ginkgo Biloba par niveau de preuve et renvoie vers les pages dédiées pour approfondir chaque sujet.
Le soutien de la mémoire et des fonctions cognitives constitue le bienfait le plus solidement documenté du Ginkgo Biloba. L'Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît depuis 2015 l'usage « bien établi » (well-established use) des extraits secs de feuilles de Ginkgo Biloba pour l'amélioration des troubles cognitifs liés à l'âge et de la qualité de vie dans les formes légères de démence. Cette reconnaissance repose sur un corpus d'essais cliniques conduits chez des adultes de plus de 50 ans, dans lesquels l'extrait standardisé EGb 761 a démontré des effets significatifs sur la cognition, les symptômes neuropsychiatriques, les activités du quotidien et l'évaluation clinique globale.
Le mécanisme d'action repose sur une double contribution. D'une part, les glycosides de flavonols exercent une activité antioxydante qui protège les neurones contre le stress oxydatif. D'autre part, les terpénolactones (ginkgolides A, B, C et bilobalide) favorisent la microcirculation cérébrale par un effet vasodilatateur artériel, ce qui améliore l'apport en oxygène et en glucose aux cellules du cerveau. Le Ginkgo Biloba favorise également la plasticité synaptique en augmentant la densité des connexions entre neurones, un mécanisme essentiel au stockage et à la consolidation des souvenirs.
Il convient cependant de nuancer : chez les personnes âgées en bonne santé, dont les fonctions cognitives sont normales, les données sont nettement moins favorables. Plusieurs essais bien conduits n'ont pas retrouvé de bénéfice significatif du Ginkgo Biloba en prévention du déclin cognitif. L'efficacité est donc surtout établie en cas de troubles cognitifs déjà installés — troubles cognitifs légers, démence vasculaire, ou démence mixte — et non comme « pilule de la mémoire » chez un sujet sain.
Le Ginkgo Biloba est traditionnellement reconnu pour ses effets bénéfiques sur la circulation sanguine. L'EMA classe cet usage dans la catégorie « usage traditionnel », ce qui signifie que l'efficacité est plausible et que la plante est utilisée de manière sûre depuis au moins trente ans, même si les preuves cliniques sont moins robustes que pour la cognition. En pratique, le Ginkgo Biloba est conseillé en cas de sensation de jambes lourdes, de mains ou pieds froids, et plus largement de troubles circulatoires mineurs.
Les terpénolactones du Ginkgo Biloba agissent à plusieurs niveaux du système vasculaire. Au niveau artériel, elles provoquent une vasodilatation qui augmente le débit sanguin vers les organes périphériques (cerveau, membres inférieurs, oreille interne). Au niveau veineux, elles renforcent le tonus de la paroi veineuse, facilitant ainsi le retour veineux. Les ginkgolides, en particulier le ginkgolide B, sont également des inhibiteurs du facteur d'activation plaquettaire (PAF), ce qui contribue à la fluidité du sang. Enfin, les flavonoïdes protègent la paroi des vaisseaux contre les dommages oxydatifs et réduisent l'inflammation vasculaire.
L'ensemble de ces actions fait du Ginkgo Biloba une plante de référence en phytothérapie pour le soutien de la circulation, en complément d'autres plantes veinotoniques comme la vigne rouge ou le marronnier d'Inde. Il existe également d'autres formes galéniques issues du Ginkgo, comme la teinture mère de Ginkgo Biloba, traditionnellement utilisée pour ses propriétés microcirculatoires, ou le macérat de bourgeons de Ginkgo Biloba, qui offre une approche plus globale et régulatrice.
Au-delà de ses effets sur la mémoire et la circulation, le Ginkgo Biloba possède une activité antioxydante puissante qui constitue le socle de la plupart de ses bienfaits. Cette activité repose sur deux familles de composés aux mécanismes complémentaires.
La combinaison de ces deux familles de composés confère au Ginkgo Biloba un profil neuroprotecteur particulièrement intéressant. Les flavonoïdes neutralisent les radicaux libres responsables du vieillissement accéléré des cellules cérébrales, tandis que les terpénolactones protègent les neurones contre les dommages ischémiques et soutiennent les mécanismes de réparation cellulaire. Cette double action explique pourquoi les extraits standardisés de Ginkgo Biloba, qui concentrent les deux familles en proportions définies (24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones), sont plus efficaces que la feuille brute ou les extraits non standardisés.
Des travaux précliniques ont également montré que les composés du Ginkgo Biloba peuvent moduler certaines voies de signalisation impliquées dans la survie neuronale, notamment les voies ERK et CREB, qui jouent un rôle dans la consolidation de la mémoire à long terme. Ces données, bien que prometteuses, proviennent principalement de modèles expérimentaux et devront être confirmées par des études cliniques spécifiques.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît comme « cliniquement prouvé » l'usage des extraits de Ginkgo Biloba dans le traitement symptomatique des acouphènes et des vertiges liés au vieillissement, lorsqu'aucune autre cause n'est identifiée. Le mécanisme invoqué est l'amélioration de la microcirculation dans l'oreille interne, une zone particulièrement sensible aux déficits de perfusion sanguine.
En pratique, les données cliniques sont contrastées. Certaines méta-analyses concluent à une efficacité significative de l'extrait standardisé de Ginkgo Biloba sur les acouphènes, tandis que d'autres jugent les preuves insuffisantes. Ce désaccord s'explique en partie par l'hétérogénéité des études : dosages variables, extraits non comparables, populations différentes. Les résultats les plus favorables sont observés avec des extraits standardisés à 24/6, à des doses d'au moins 120 mg par jour, sur une durée minimale de douze semaines. Concernant les vertiges, une étude comparative a montré que l'extrait de Ginkgo Biloba était au moins aussi efficace que la bétahistine (le traitement antivertigineux de référence), avec une meilleure tolérance.
L'efficacité d'un complément alimentaire à base de Ginkgo Biloba dépend directement de la qualité de l'extrait. Tous les produits du marché ne se valent pas, et les critères qui déterminent l'efficacité réelle sont peu nombreux mais décisifs. La quasi-totalité des études cliniques positives ont été conduites avec un extrait standardisé répondant à des spécifications précises : un titrage à 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones (le standard dit « 24/6 »), à la dose quotidienne de 240 mg, avec une teneur en acides ginkgoliques inférieure à 5 ppm (parties par million).
Le titrage à 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones n'est pas un choix arbitraire. Il correspond aux spécifications de l'extrait EGb 761, le plus étudié dans la littérature, et à la monographie européenne de l'EMA. Un extrait qui ne mentionne pas ces deux titrages, ou qui se contente d'un titre global en « flavonoïdes » sans préciser la nature des composés, ne peut pas prétendre aux mêmes effets. Il faut savoir que certains fabricants complètent un extrait de Ginkgo avec des flavonoïdes de sarrasin ou de soja pour atteindre artificiellement un titre de 24 % — le profil phytochimique obtenu est alors très différent de celui d'un véritable extrait standardisé.
La dose de 240 mg concerne l'extrait standardisé concentré, et non la poudre de feuille brute. À ce dosage, chaque prise apporte environ 57,6 mg de glycosides de flavonols et 14,4 mg de terpénolactones. Un produit formulé à base de poudre de plante nécessiterait plus de dix gélules par jour pour approcher ces quantités d'actifs — un format peu réaliste pour une prise régulière.
Les acides ginkgoliques sont des composés naturellement présents dans les feuilles de Ginkgo, reconnus pour leur potentiel allergisant et leur toxicité. La Commission E allemande et la Pharmacopée européenne ont fixé la limite maximale à 5 ppm dans les extraits standardisés. Un extrait de qualité doit garantir une teneur inférieure à ce seuil, ce qui suppose un processus de purification rigoureux lors de l'extraction. Ce critère n'apparaît pas toujours sur l'étiquette, mais il constitue un marqueur fiable de la qualité du processus de fabrication.
Extrait titré à 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones — 240 mg/jour en une prise — acides ginkgoliques < 5 ppm — conditionnement sous blister
Extrait titré 24/6 mais dosé à 120 mg/jour (dose inférieure à la dose clinique de référence) — nécessite deux prises par jour pour atteindre le seuil d'efficacité
Extrait titré en « flavonoïdes totaux » sans précision sur les glycosides de flavonols et les terpénolactones — dosage et profil d'actifs invérifiables
Poudre de feuille brute non titrée — teneur en actifs faible et variable, acides ginkgoliques potentiellement élevés, aucune garantie d'efficacité
La dose quotidienne de référence dans les études cliniques est de 240 mg d'extrait sec standardisé à 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones, en une prise par jour. Cette dose apporte 57,6 mg de glycosides de flavonols et 14,4 mg de terpénolactones, soit les quantités d'actifs associées aux effets cliniques observés sur la mémoire et la circulation. La durée minimale de prise étudiée dans les essais cliniques est généralement de douze semaines, avec des bénéfices qui se manifestent progressivement au fil de la cure.
Des doses de 120 mg par jour ont également été testées dans certaines études, avec des résultats moins constants. La monographie de l'EMA mentionne les deux posologies (120 à 240 mg/jour), mais les revues systématiques les plus récentes s'accordent sur le fait que l'effet dose-dépendant est marqué, et que 240 mg/jour constitue le seuil à partir duquel l'efficacité est démontrée de façon convaincante.
Le Ginkgo Biloba est globalement bien toléré aux doses recommandées. Les méta-analyses disponibles rapportent un profil d'effets indésirables comparable à celui d'un placebo, avec occasionnellement des troubles digestifs légers ou des maux de tête. Plusieurs points de vigilance méritent cependant une attention particulière.
La question de l'interaction avec les anticoagulants reste discutée dans la littérature. Une étude récente menée avec l'extrait EGb 761 n'a pas retrouvé d'interaction pharmacocinétique significative avec le rivaroxaban chez des volontaires sains. Pour autant, le principe de précaution s'impose, notamment chez les personnes âgées polymédiquées qui constituent la population principale de consommateurs de Ginkgo Biloba. Par ailleurs, le Ginkgo Biloba et le foie font l'objet de questions récurrentes : les données disponibles ne signalent pas de toxicité hépatique aux doses recommandées, mais la prudence reste de mise chez les personnes souffrant d'une affection hépatique préexistante.
| Nom courant | Ginkgo Biloba, arbre aux quarante écus, arbre aux mille écus |
| Famille | Ginkgoacées (Ginkgoaceae) |
| Partie utilisée | Feuilles |
| Origine | Chine (cultivé dans le monde entier) |
| Composés actifs | Glycosides de flavonols (quercétine, kaempférol, isorhamnétine), terpénolactones (ginkgolides A, B, C, bilobalide) |
| Formes galéniques | Extrait sec en gélules, teinture mère, macérat de bourgeons |
Le Ginkgo Biloba est le seul représentant vivant de la famille des Ginkgoacées, une lignée d'arbres apparue il y a environ 270 millions d'années — bien avant les dinosaures. Capable de vivre plus de mille ans et d'atteindre quarante mètres de hauteur, il est souvent qualifié de « fossile vivant » en raison de sa morphologie pratiquement inchangée depuis le Permien. Sa résistance exceptionnelle est devenue un symbole après 1945 : des spécimens de Ginkgo Biloba ont survécu à moins d'un kilomètre de l'épicentre de l'explosion nucléaire d'Hiroshima et ont été les premiers arbres à rebourgeonner au printemps suivant.
En phytothérapie, seules les feuilles sont utilisées. Les graines et les fruits contiennent des alcaloïdes toxiques et sont interdits à la consommation. En France, les tisanes de feuilles de Ginkgo sont également interdites en raison de leur teneur non contrôlée en acides ginkgoliques ; seuls les extraits hydroalcooliques purifiés sont autorisés comme compléments alimentaires ou médicaments à base de plantes. Les formes galéniques disponibles comprennent les gélules d'extrait sec standardisé (la forme la plus étudiée), la teinture mère et le macérat de bourgeons.
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" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie