Gingembre et nausées sous chimiothérapie : une revue confirme une réduction chez les patientes atteintes de cancer du sein

Le Gingembre, un rhizome aux propriétés antiémétiques reconnues

Le Gingembre (Zingiber officinale) est l'une des plantes médicinales les plus utilisées dans le monde. Son rhizome contient des composés phénoliques (gingérols et les shogaols) auxquels la recherche attribue l'essentiel de ses propriétés antiémétiques. Ces molécules agiraient notamment au niveau de la région du tronc cérébral impliquée dans le déclenchement des nausées. D'autres composés, comme les galanolactones et certains terpénoïdes, pourraient également y contribuer.

L'effet antiémétique du Gingembre a été étudié dans plusieurs contextes cliniques, notamment les nausées de la grossesse et les nausées postopératoires, avec des résultats encourageants. Son utilisation en complément des traitements antiémétiques classiques chez les patientes sous chimiothérapie reste en revanche moins documentée, en particulier dans le cas spécifique du cancer du sein. C'est précisément cette lacune qui a motivé la réalisation de cette revue systématique.

En pratique. Comment choisir un complément de Gingembre ?

Pour un complément de Gingembre, le critère de qualité le plus important est le titrage en gingérols, les principes actifs responsables de l'effet antiémétique. Il est préférable de choisir un extrait standardisé avec des concentrations garanties, contrairement à la poudre brute.

Trois essais cliniques passés au crible

Les auteurs ont interrogé quatre bases de données (Science Direct, EBSCO, Google Scholar et PubMed) et retenu trois essais cliniques menés entre 2012 et 2016, totalisant environ 205 patientes adultes atteintes de cancer du sein et recevant une chimiothérapie. Les trois études utilisaient un design expérimental avec groupe contrôle :

  • un essai pilote randomisé en ouvert (100 patientes) comparant le Gingembre associé au traitement antiémétique standard versus le traitement seul ;
  • un essai randomisé contrôlé (60 patientes) comparant le Gingembre au traitement antiémétique de référence ;
  • un essai randomisé en double aveugle (45 patientes) comparant Gingembre seul, Camomille matricaire (Matricaria chamomilla) seule et traitement antiémétique classique.

L'intervention consistait en une prise orale de Gingembre à des doses allant de 1 à 1,5 g par jour. Les petits effectifs et l'hétérogénéité des protocoles (doses, durées, traitements de référence) incitent toutefois à interpréter les résultats avec prudence.

Moins de nausées, mais un effet limité sur les vomissements

Un effet significatif sur la fréquence des nausées

Les trois essais convergent : l'ajout de Gingembre au protocole antiémétique réduit significativement la fréquence des nausées (p allant de 0,04 à 0,006 selon les études). Au total, les auteurs estiment que le Gingembre, à raison d'au moins 1 à 1,5 g par jour, permet de réduire les symptômes nauséeux d'environ 40 %.

Un effet limité sur les vomissements

En revanche, aucune des trois études n'a démontré que le Gingembre, pris seul, réduisait significativement la fréquence des vomissements. Ce résultat suggère que les mécanismes des nausées et des vomissements, bien que liés, ne répondent pas de la même manière à l'action du Gingembre.

L'association Gingembre-Matricaire, une piste intéressante

Le troisième essai a cependant montré que l'association du Gingembre et de la Matricaire était significativement efficace pour réduire la fréquence des vomissements (p < 0,0001). Cette combinaison pourrait offrir un bénéfice complémentaire que le Gingembre seul ne procure pas.

Message clé. Le Gingembre réduit significativement la fréquence des nausées liées à la chimiothérapie, mais ne suffit pas à lui seul à diminuer les vomissements. L'association avec la Matricaire semble offrir un bénéfice supplémentaire sur ce symptôme.

Quand les nausées compromettent la poursuite du traitement

Les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie comptent parmi les effets secondaires les plus redoutés par les patientes. Au-delà de l'inconfort, ils peuvent entraîner des déséquilibres électrolytiques, une dénutrition et une fatigue accrue, au point que certaines patientes retardent ou interrompent leur protocole de chimiothérapie. Les traitements antiémétiques de référence (sétrons, corticoïdes, antagonistes NK1) ne suffisent pas toujours à contrôler ces symptômes, ce qui explique l'intérêt croissant pour les approches complémentaires susceptibles d'améliorer le confort des patientes pendant leur traitement.

Ce qu'il faut retenir.

Cette revue systématique apporte des données encourageantes sur l'intérêt du Gingembre pour réduire la fréquence des nausées chez les patientes sous chimiothérapie pour un cancer du sein, à des doses de 1 à 1,5 g par jour. L'effet reste cependant limité aux nausées et ne s'étend pas aux vomissements lorsque le Gingembre est utilisé seul. L'association avec la Camomille matricaire mérite d'être explorée davantage. Des essais de plus grande envergure, avec des protocoles harmonisés, seront nécessaires pour confirmer ces résultats. Cette approche ne se substitue pas au traitement antiémétique prescrit et doit être discutée avec l'équipe soignante.

Approches complémentaires

La prise en charge des nausées et vomissements liés à la chimiothérapie gagne à être envisagée dans une approche globale, associant le traitement médical à des mesures complémentaires. Plusieurs pistes, étudiées ou reconnues pour leur intérêt dans ce contexte, peuvent être discutées avec l'équipe soignante.

Aromathérapie

L'inhalation d'huiles essentielles est l'une des approches les plus étudiées en complément de la chimiothérapie. L'huile essentielle de Menthe Poivrée est souvent citée pour ses propriétés antiémétiques par voie olfactive. L'huile essentielle de Gingembre, riche en zingibérène, peut également être utilisée en olfaction pour atténuer les nausées. Par ailleurs, l'huile essentielle de Tea Tree, aux propriétés assainissantes reconnues, est parfois employée pour les soins de la muqueuse buccale fragilisée par la chimiothérapie. L'usage des huiles essentielles en contexte oncologique doit être encadré par un professionnel.

Micronutrition

La Mélatonine fait l'objet d'un intérêt croissant dans le contexte du cancer du sein, notamment pour son effet sur le sommeil et la tolérance aux traitements. La Vitamine D est également étudiée pour son rôle potentiel dans la réponse à la chimiothérapie. Ces supplémentations doivent être envisagées sous contrôle médical.

Phytothérapie

Au-delà du Gingembre en extrait, la Matricaire a montré un intérêt dans cette revue, en association avec le Gingembre, pour réduire la fréquence des vomissements. D'autres plantes adaptogènes, comme l'Ashwagandha (Withania somnifera), sont étudiées pour leur effet sur la fatigue liée à la chimiothérapie, mais leur utilisation nécessite un avis médical en raison du risque d'interactions médicamenteuses.

Hygiène de vie et gestes du quotidien

Le fractionnement des repas en petites portions, la consommation d'aliments froids ou tièdes (moins odorants), une bonne hydratation et le repos en position semi-assise après les repas sont des mesures simples qui peuvent atténuer les nausées au quotidien. L'activité physique adaptée, même légère, est également recommandée pour améliorer le bien-être global pendant le traitement.

Quelle que soit l'approche envisagée, il est essentiel d'en informer son équipe médicale, notamment en raison des interactions possibles avec les traitements de chimiothérapie.


Fitriyanti, D., & Sulung, R. (2020). Effectiveness of ginger to overcome nausea and vomiting caused by chemotherapy in breast cancer patients. Canadian Oncology Nursing Journal, 30(1), 3–5. doi:10.5737/23688076301135
Avertissement : Les informations présentées sur cette page sont issues de la littérature scientifique et sont fournies à titre informatif. Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas la consultation d'un professionnel de santé. Le cancer du sein est une pathologie qui nécessite un suivi médical spécialisé. Avant de débuter une supplémentation, demandez conseil à votre oncologue, médecin ou pharmacien. Ne modifiez jamais votre traitement en cours sans avis médical.

Rédigé par des experts

Conseillers spécialisés

Sources vérifiées

Références scientifiques citées

Mis à jour régulièrement

Dernière révision 07/2026