Douleurs pelviennes, irritabilité, fatigue : le syndrome prémenstruel et la dysménorrhée affectent le quotidien de nombreuses femmes sans qu'aucun traitement n'ait véritablement fait consensus. Un essai contrôlé randomisé en double aveugle, publié en 2025 dans le « Journal of Pharmaceutical Health Care and Sciences », a évalué l'effet d'une supplémentation en curcumine chez 62 participantes sur trois cycles menstruels. Les résultats montrent une réduction significative des symptômes prémenstruels et de la douleur menstruelle dès le deuxième cycle.
Cet article a été mis à jour le 11/06/2026La curcumine est le principal actif du Curcuma (Curcuma longa), utilisé depuis des siècles en médecine traditionnelle. Ses propriétés anti-inflammatoires reposent notamment sur l'inhibition de l'enzyme COX-2 et la réduction de la synthèse des prostaglandines, médiateurs clés de la douleur menstruelle. Elle exerce également une action antioxydante en neutralisant les radicaux libres, et des travaux récents suggèrent un effet sur la régulation de la sérotonine et de la dopamine, deux neurotransmetteurs impliqués dans l'humeur.
Plusieurs essais cliniques antérieurs ont exploré son potentiel dans le cadre du SPM et de la dysménorrhée, avec des résultats encourageants. Toutefois, la plupart de ces études portaient sur des durées courtes et n'évaluaient pas l'effet résiduel après l'arrêt de la supplémentation.
Cet essai contrôlé randomisé a inclus 62 femmes âgées de 18 à 25 ans présentant un syndrome prémenstruel modéré à sévère et une dysménorrhée primaire. Le groupe intervention (31 femmes) a reçu 500 mg de curcumine complexée à la phosphatidylcholine, une fois par jour après un repas, pendant 10 jours par cycle (de 7 jours avant les règles jusqu'à 3 jours après le début). Le groupe témoin (31 femmes) a reçu un placebo identique en apparence.
La supplémentation a été administrée pendant deux cycles. Un troisième cycle a été suivi sans prise de curcumine, afin d'évaluer la persistance des effets. Les symptômes prémenstruels ont été mesurés à l'aide d'un outil validé (PSST, score de 0 à 57) et l'intensité de la douleur par l'échelle visuelle analogique (EVA, score de 0 à 10). Il s'agit d'un essai de taille modeste, sur une population jeune et homogène, dont les résultats devront être confirmés à plus grande échelle.
Au deuxième cycle, le score moyen de symptômes prémenstruels dans le groupe curcumine était significativement inférieur à celui du groupe placebo (37,7 contre 42,3 ; p = 0,018). La tendance se poursuivait au troisième cycle, sans supplémentation, avec une différence proche du seuil de significativité (p = 0,064).
L'intensité de la douleur a diminué significativement dans le groupe curcumine dès le deuxième cycle (p = 0,012). Cet effet s'est maintenu au troisième cycle, après l'arrêt de la supplémentation (p = 0,029).
Aucun effet indésirable n'a été rapporté dans les deux groupes. La totalité des 62 participantes a terminé l'étude sans abandon.
Le syndrome prémenstruel touche près d'une femme sur deux dans le monde, et les douleurs de règles concernent 45 à 95 % des femmes en âge de procréer. Ces troubles, souvent banalisés, peuvent altérer significativement la vie quotidienne, les relations sociales et la productivité. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l'ibuprofène restent le traitement de référence de la dysménorrhée, mais leur usage prolongé expose à des effets indésirables digestifs.
Dans ce contexte, la curcumine, par son action anti-inflammatoire comparable à celle des AINS selon certains travaux et son profil de tolérance favorable, représente une piste prometteuse. Cet essai vient renforcer un corpus de données cliniques encore modeste mais cohérent.
Cet essai clinique randomisé apporte des données supplémentaires en faveur de la curcumine dans la prise en charge du syndrome prémenstruel et de la dysménorrhée. La réduction significative des symptômes et de la douleur, associée à une bonne tolérance et à un effet résiduel après l'arrêt, constitue un signal encourageant. Ces résultats devront être confirmés par des études de plus grande envergure et de plus longue durée. Cette approche ne se substitue pas à un traitement médical : informez votre médecin ou pharmacien avant de débuter une supplémentation.
Le syndrome prémenstruel et la dysménorrhée relèvent souvent d'une prise en charge globale, associant si besoin plusieurs approches. Informez votre équipe médicale de tout complément ou huile essentielle que vous envisagez d'utiliser.
En cas de douleurs persistantes et insupportables, il est recommandé de consulter un professionnel de santé. Les douleurs menstruelles peuvent en effet provenir de troubles gynécologiques (endométriose, malformations du col de l'utérus, problèmes hormonaux…) qui nécessitent une prise en charge adaptée.
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie