La chute de cheveux touche de nombreuses personnes et peut affecter profondément la confiance en soi et le bien-être au quotidien. Une équipe de chercheurs a testé l’application topique d’huile essentielle de Lavande sur 90 souris, un modèle animal couramment utilisé en recherche capillaire, et comparé ses effets à ceux du Minoxidil à 3 %. Les résultats, publiés dans « Toxicological Research » en 2016, apportent des données encourageantes.
Cet article a été mis à jour le 01/07/2026L'étude a évalué deux concentrations d'huile essentielle de Lavande Vraie (3 % et 5 %) en application topique quotidienne sur le dos de souris C57BL/6, un modèle animal de référence dont la repousse du poil suit un cycle bien caractérisé. Les résultats ont été comparés à ceux du Minoxidil à 3 %, traitement topique de référence.
Dès la troisième semaine, la repousse était visible dans les groupes traités : 51 % pour le Minoxidil, 36 % pour la Lavande à 5 % et 22 % pour la Lavande à 3 %. À la quatrième semaine, les résultats étaient nettement plus marqués : 99,8 % pour le Minoxidil, 95 % pour la Lavande à 5 % et 90 % pour la Lavande à 3 %. Les groupes témoins (sérum physiologique et huile de Jojoba) n'ont pas montré de repousse comparable.
Les coupes de tissu cutané confirment ces observations. Dans les groupes traités à la Lavande et au Minoxidil, le nombre de follicules pileux, leur profondeur d'ancrage et l'épaisseur du derme ont augmenté significativement par rapport aux groupes témoins. Par ailleurs, le nombre de mastocytes — des cellules immunitaires impliquées dans la transition vers la phase de chute du cheveu — a diminué de manière significative dans ces mêmes groupes.
L'expérience a porté sur 90 souris C57BL/6 femelles âgées de 6 semaines, réparties en cinq groupes de 18 animaux : sérum physiologique (témoin), huile de Jojoba (véhicule), Minoxidil à 3 % (référence), huile essentielle de Lavande à 3 % et à 5 %. L'huile essentielle était diluée dans l'huile de Jojoba avant application.
Après rasage du dos, 100 µL de solution étaient appliqués quotidiennement, cinq jours par semaine, pendant quatre semaines. L'évaluation combinait photographies de la zone traitée, analyses histologiques sur coupes colorées et mesure des poids d'organes (rate et thymus). Il s'agit d'une étude préclinique sur modèle animal, ce qui signifie que les résultats ne sont pas directement transposables à l'humain et devront être confirmés par des essais cliniques.
L'huile essentielle de Lavande Vraie (Lavandula angustifolia) utilisée dans cette étude est issue de la distillation des sommités fleuries. Son profil biochimique est bien caractérisé et deux composés majoritaires retiennent l'attention.
L'acétate de linalyle (38,8 %) et le linalol (31,7 %) représentent à eux seuls plus des deux tiers de la composition. Ces deux molécules sont associées dans la littérature à des propriétés apaisantes et anti-inflammatoires, ce qui en fait des candidats plausibles pour expliquer les effets capillaires observés dans cette étude.
Le cheveu suit un cycle en trois phases : croissance (anagène), régression (catagène) et repos (télogène). Les mastocytes, présents autour des follicules pileux, jouent un rôle dans la transition vers la phase de chute. Leur dégranulation, favorisée notamment par le stress via la libération de corticotropine, libère des médiateurs chimiques qui précipitent la régression folliculaire.
L'huile essentielle de Lavande semble agir en réduisant le nombre de mastocytes périfolliculaires, ce qui pourrait maintenir la phase de croissance plus longtemps et retarder le passage vers la phase de chute. Ce mécanisme s'inscrit dans la logique des propriétés anti-inflammatoires connues de cette huile essentielle.
L'étude a mesuré le poids de la rate et du thymus, deux organes immunitaires, pour évaluer la tolérance des traitements. Aucune différence significative n'a été observée pour le thymus entre les groupes.
En revanche, le poids de la rate était significativement plus élevé dans le groupe Minoxidil à la quatrième semaine (environ 14 % de plus que le groupe témoin). Ce constat n'a pas été observé dans les groupes traités à la Lavande, dont les poids d'organes sont restés comparables à ceux des témoins. Ces données suggèrent un profil de tolérance favorable de l'huile essentielle de Lavande dans ce modèle.
Cette étude préclinique montre que l'huile essentielle de Lavande, appliquée localement, favorise la repousse capillaire sur un modèle animal reconnu, avec des résultats proches de ceux du Minoxidil. Le nombre de follicules pileux, leur profondeur d'ancrage et l'épaisseur du derme augmentent significativement, tandis que les mastocytes diminuent. Ces résultats sont encourageants mais devront être confirmés par des essais cliniques chez l'humain. Comme pour toute démarche de soin capillaire, il est recommandé d'en discuter avec son médecin ou son dermatologue, en particulier en cas de chute de cheveux persistante.
La prise en charge de la chute de cheveux gagne à être envisagée de manière globale, en combinant soins locaux et attention à l'hygiène de vie. Voici quelques pistes complémentaires, à évoquer avec son médecin ou son dermatologue.
D'autres huiles essentielles ont montré un intérêt en application capillaire. L'huile essentielle de Romarin à Cinéole stimule la microcirculation du cuir chevelu, tandis que l'huile essentielle de Menthe Poivrée exerce un effet vasodilatateur favorisant l'apport en nutriments aux follicules. Pour en savoir plus sur leur bon usage et les précautions d'emploi, consulter les guides dédiés aux huiles essentielles contre la chute des cheveux et aux huiles essentielles pour stimuler la pousse des cheveux.
L'huile de Ricin est un classique des soins capillaires. Riche en acide ricinoléique, elle nourrit la fibre capillaire et crée un environnement favorable au niveau du cuir chevelu.
La biotine (vitamine B8) contribue au maintien de cheveux normaux, un bénéfice reconnu par les autorités sanitaires européennes. En cas de carence documentée, une supplémentation peut être envisagée après avis médical.
Quelle que soit la piste explorée, il est important d'en informer son équipe soignante, en particulier en cas de traitement en cours.
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie