Perte de masse grasse et microbiote intestinal : un essai clinique évalue Lactobacillus plantarum chez l'adulte en surpoids
En bref
Accès à l'étude complète : doi:10.3390/nu17071191
Une perte de masse grasse significative, sans perte de masse musculaire
Après 12 semaines de supplémentation, les participants du groupe Lactobacillus plantarum LMT1-48 (désormais reclassifié Lactiplantibacillus plantarum) ont présenté une réduction de la masse grasse nettement supérieure à celle du groupe placebo.
Composition corporelle mesurée par imagerie médicale
La masse grasse, mesurée par absorptiométrie biphotonique (DEXA), a diminué de 1,6 kg dans le groupe probiotique contre 0,7 kg dans le groupe placebo (p = 0,009). Le pourcentage de graisse corporelle a également diminué de façon significative : -1,5 point dans le groupe probiotique contre -0,4 point sous placebo (p = 0,004).
Masse maigre préservée
Résultat particulièrement notable : la masse maigre a été préservée dans le groupe probiotique (+0,2 kg en moyenne), alors qu'elle a diminué dans le groupe placebo (-0,3 kg). La différence entre les deux groupes est statistiquement significative (p = 0,026). Cette dissociation, perte de graisse sans perte musculaire, est un critère recherché dans la gestion du surpoids.
Une réduction de la graisse répartie sur l'ensemble du corps
L'analyse par zone corporelle a montré une diminution significative de la masse grasse au niveau du tronc, de la zone androïde (abdominale), de la zone gynoïde (hanches) et des jambes dans le groupe probiotique. La tolérance a été bonne, avec un taux d'effets indésirables comparable à celui du placebo (8 % contre 12 %), sans effet indésirable grave.
Un essai en double aveugle avec mesure par imagerie médicale
Cet essai contrôlé randomisé a inclus 106 adultes présentant un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 25 et 30. Les participants ont été répartis en deux groupes : le premier a reçu deux gélules par jour de L. plantarum LMT1-48, soit 5 milliards d'UFC, pendant 12 semaines ; le second a reçu un placebo identique. Les deux groupes suivaient les mêmes consignes alimentaires et d'activité physique.
La composition corporelle a été évaluée par DEXA, une technique d'imagerie qui distingue précisément la masse grasse, la masse maigre et la masse osseuse. Un scanner a également permis de mesurer les zones de graisse viscérale et sous-cutanée. Des prélèvements de selles ont été analysés par séquençage ADN pour évaluer l'impact sur le microbiote intestinal. L'observance a dépassé 95 % dans les deux groupes. Il s'agit toutefois d'un essai de taille modeste (53 participants par groupe) et de durée limitée (12 semaines), dont les résultats devront être confirmés par des études de plus grande envergure.
Surpoids et composition corporelle : un enjeu au-delà du poids sur la balance
La gestion du surpoids ne se résume pas à la perte de poids total. L'enjeu est de réduire la masse grasse, en particulier la graisse abdominale (associée à un risque cardiovasculaire et métabolique accru) tout en préservant la masse musculaire. Or, les régimes restrictifs entraînent souvent une perte conjointe de muscle et de graisse.
Dans ce contexte, les probiotiques suscitent un intérêt croissant. Plusieurs études ont montré que certaines souches peuvent moduler le microbiote intestinal de façon à influencer le métabolisme lipidique, la satiété ou l'inflammation. L'essai présenté ici s'inscrit dans cette démarche, en évaluant une souche spécifique comme L. plantarum LMT1-48 , sur des critères de composition corporelle mesurés par imagerie médicale, et non par simple pesée.
Lactobacillus plantarum LMT1-48, une souche qui cible la lipogenèse et le microbiote
L. plantarum LMT1-48 est une souche isolée à partir de kimchi artisanal. Des études précliniques avaient montré qu'elle réduit l'expression de gènes impliqués dans la synthèse des graisses (lipogenèse) et inhibe la différenciation des adipocytes. Chez la souris obèse, elle avait réduit la graisse viscérale et sous-cutanée.
L'analyse des selles des participants a montré que la prise de LMT1-48 a enrichi le microbiote en genres bactériens liés au métabolisme lipidique et à la satiété, notamment Hafnia, Lachnospira et Lactobacillus. Ces modifications suggèrent que l'effet sur la masse grasse pourrait passer en partie par une modulation de la flore intestinale.
Ce qu'il faut retenir. Cet essai clinique randomisé montre que la prise quotidienne de L. plantarum LMT1-48 pendant 12 semaines réduit significativement la masse grasse et le pourcentage de graisse corporelle chez l'adulte en surpoids, tout en préservant la masse maigre. L'analyse du microbiote suggère un mécanisme impliquant la flore intestinale. Ces résultats sont encourageants mais portent sur un échantillon modeste et une durée de 12 semaines ; des essais de plus grande ampleur sont nécessaires pour les confirmer. Cette approche ne se substitue pas aux recommandations médicales : toute démarche de supplémentation doit être discutée avec un professionnel de santé.
Approches complémentaires
La gestion du surpoids repose avant tout sur une approche globale associant alimentation équilibrée, activité physique régulière et suivi médical. Certaines approches complémentaires, issues de la micronutrition, de la phytothérapie ou de l'aromathérapie, peuvent être envisagées en complément.
Micronutrition — Probiotiques
D'autres souches probiotiques ont fait l'objet d'essais cliniques dans le contexte du surpoids. Le Lactobacillus gasseri a notamment été étudié pour son effet sur la graisse viscérale et le tour de taille dans un essai contrôlé.
Phytothérapie et extraits végétaux
L'extrait d'orange sanguine Morosil a montré un effet sur le poids et la masse grasse dans un essai clinique de 6 mois. Le glucomannane de Konjac, une fibre soluble, est reconnu pour son effet sur la satiété et fait l'objet d'allégations de santé autorisées en Europe dans le cadre de la perte de poids.
Aromathérapie
L'huile essentielle de Pamplemousse est traditionnellement utilisée en olfaction pour accompagner les périodes de contrôle du poids. L'huile essentielle de Cannelle est quant à elle étudiée pour son action sur les envies de sucre. Dans cette indication, ces huiles essentielles s'utilisent de préférence en olfaction.
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