Les patients atteints de psoriasis en plaques léger à modéré disposent de peu d’options complémentaires aux dermocorticoïdes pour optimiser la prise en charge de leur maladie. Un essai randomisé en double aveugle, publié en 2015 dans « BioMed Research International », a évalué l’effet de l’ajout d’une curcumine orale (Meriva) au traitement topique chez 63 patients, pendant 12 semaines. Ses résultats sur la sévérité des lésions et sur un marqueur clé de l’inflammation cutanée ouvrent une piste encourageante.
Cet article a été mis à jour le 22/07/2026La Curcumine, principal polyphénol du Curcuma (Curcuma longa), est étudiée depuis plusieurs décennies pour ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. Elle agit notamment en inhibant le facteur de transcription NF-κB, un acteur central de la cascade inflammatoire, et en freinant la prolifération des kératinocytes via l’inhibition de la phosphorylase kinase (PhK). Ces deux mécanismes sont directement impliqués dans la physiopathologie du psoriasis.
L’obstacle principal de la Curcumine reste sa très faible biodisponibilité orale : hydrophobe et rapidement métabolisée par le foie, elle n’atteint la circulation sanguine qu’à l’état de traces après ingestion simple. Pour contourner ce problème, plusieurs formulations ont été développées, dont un complexe curcumine-phospholipides utilisant la lécithine comme vecteur de transport. Ce type de formulation, dite « phytosomale », facilite le passage de la curcumine à travers la membrane intestinale et augmente significativement sa concentration plasmatique par rapport à un extrait standard.
Avant cet essai, les données sur la curcumine dans le psoriasis se limitaient à des études de laboratoire, à des modèles animaux et à de rares essais cliniques de petite taille. Leurs principaux enseignements :
C’est dans ce contexte qu’un essai contrôlé utilisant une curcumine à biodisponibilité augmentée a été conçu, intégrant pour la première fois le dosage de cytokines comme marqueurs biologiques de l’inflammation : l’IL-17 et l’IL-22, deux messagers moléculaires produits par des cellules immunitaires spécifiques (Th17 et Th22) dont les taux sériques reflètent l’activité inflammatoire de la maladie.
L’essai a inclus 63 patients adultes atteints de psoriasis en plaques léger à modéré (score PASI inférieur à 10), confirmé histologiquement. Les participants ont été randomisés en deux groupes :
Le traitement a duré 12 semaines, suivi d’une période d’observation de 4 semaines sans traitement oral. L’évaluation reposait sur le score PASI (un indice composite de sévérité du psoriasis intégrant érythème, induration, desquamation et surface corporelle atteinte) et sur les taux sériques d’IL-17 et d’IL-22 (marqueurs spécifiques de l'inflammation et du psoriasis), mesurés au début et à la fin du traitement. Il s’agit d’un essai monocentrique, sur un effectif modeste : ces résultats devront être confirmés par des études de plus grande envergure.
Les deux groupes ont connu une amélioration significative après 12 semaines. Mais la réduction était significativement plus importante dans le groupe curcumine : le PASI médian est passé de 5,6 à 1,3 (groupe curcumine) contre 4,7 à 2,4 (groupe placebo). Cette différence entre les deux groupes était statistiquement significative (p < 0,05) et se maintenait encore 4 semaines après l’arrêt du traitement oral.
Le dosage des cytokines a révélé un résultat inattendu. Les taux sériques d’IL-17 n’ont pas varié significativement dans aucun des deux groupes. En revanche, l’IL-22 — une cytokine sécrétée par les cellules Th22 et impliquée dans la prolifération des kératinocytes et l’épaississement caractéristique de la peau psoriasique — a diminué de façon significative dans le seul groupe curcumine (de 35,2 à 21,1 pg/mL, p < 0,001), sans changement dans le groupe placebo.
Un seul patient du groupe curcumine a rapporté un effet indésirable (diarrhée de deux jours, vraisemblablement liée à une gastroentérite virale intercurrente). Deux effets indésirables ont été signalés dans le groupe placebo (éruption papuleuse et nausées).
Cet essai randomisé en double aveugle est l’un des premiers à évaluer une curcumine à biodisponibilité augmentée en complément d’une corticothérapie topique dans le psoriasis léger à modéré. Les résultats montrent un bénéfice clinique significatif et un effet sur les taux d’IL-22, un marqueur directement impliqué dans les mécanismes de la maladie. Ces données restent préliminaires (effectif modeste, essai monocentrique) et nécessitent confirmation par des études indépendantes de plus grande envergure. La supplémentation en curcumine ne se substitue pas au traitement prescrit par le dermatologue : toute modification de la prise en charge doit être discutée avec l’équipe soignante.
La prise en charge du psoriasis en plaques gagne à s’inscrire dans une démarche globale, associant le traitement médical à des pistes complémentaires évaluées par la recherche. Toute nouvelle approche doit être discutée au préalable avec l’équipe soignante.
Les oméga-3 (EPA et DHA), acides gras polyinsaturés présents dans les huiles de poisson, exercent une action anti-inflammatoire documentée, notamment via la modulation de la voie des leucotriènes. Une étude contrôlée portant sur 30 patients atteints de psoriasis léger à modéré a montré que l’ajout d’une supplémentation en EPA-DHA au traitement topique améliorait significativement le score PASI et la qualité de vie après 8 semaines (Márquez Balbás et al., 2011).
Les probiotiques suscitent également un intérêt croissant dans cette indication. Une méta-analyse récente portant sur sept essais randomisés contre placebo a évalué leur effet sur la sévérité du psoriasis, avec des résultats convergents sur le PASI.
L’huile végétale de Lin, riche en acide alpha-linolénique (un oméga-3 d’origine végétale), a fait l’objet d’un essai clinique randomisé en application topique sur le psoriasis en plaques, avec des résultats encourageants sur la réduction des lésions.
L’huile essentielle de Lavande Vraie (Lavandula angustifolia) est traditionnellement utilisée pour ses propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes dans les affections cutanées chroniques. Une étude préclinique a évalué son effet sur un modèle animal de psoriasis, avec une réduction significative des marqueurs inflammatoires Th-1 et Th-17. Ces résultats préliminaires restent à confirmer chez l’humain.
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie