L'ashwagandha (Withania somnifera) améliore la force musculaire et la récupération lorsqu'elle est associée à un programme de musculation. Plusieurs essais cliniques randomisés montrent des gains significatifs de force au développé couché et au leg extension, une augmentation de la masse maigre et une réduction des marqueurs de dommage musculaire après l'effort. Ces effets sont documentés à des doses de 300 à 600 mg d'extrait de racine par jour, standardisé à 5 % de withanolides, sur des cures de 8 à 12 semaines. L'entraînement reste indispensable : sans stimulus mécanique, la supplémentation seule ne produit pas de gain musculaire.
Cet article a été mis à jour le 03/01/2023L'essai clinique le plus cité sur l'ashwagandha en musculation est celui de Wankhede et al., publié en 2015 dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition. L'étude a suivi 57 hommes peu entraînés, répartis en deux groupes : 300 mg d'extrait de racine d'ashwagandha deux fois par jour (soit 600 mg/jour), ou un placebo à base d'amidon. Les deux groupes suivaient le même programme de musculation pendant 8 semaines.
| Design | Essai randomisé, en double aveugle, contre placebo — 8 semaines |
| Population | N = 57 hommes (18-50 ans), peu entraînés, avec programme de musculation supervisé |
| Résultat clé | Gains de force supérieurs au développé couché (+46 kg vs +26 kg au 1-RM) et au leg extension (+14,5 kg vs +9,8 kg) ; augmentation de la surface musculaire des bras et du tour de poitrine ; diminution du pourcentage de masse grasse |
| Limite | Échantillon modeste, population exclusivement masculine et peu entraînée — les résultats ne sont pas directement transposables à des athlètes confirmés |
L'essai STAR de Ziegenfuss et al., publié en 2018 dans Nutrients, a testé 500 mg d'extrait aqueux d'ashwagandha par jour pendant 12 semaines chez des hommes pratiquant la musculation de manière régulière. Le groupe supplémenté a obtenu des améliorations significatives de la puissance au squat et au développé couché, ainsi qu'une meilleure performance sur un contre-la-montre de 7,5 km à vélo. En revanche, les différences de masse maigre mesurée au DEXA n'ont pas atteint le seuil de significativité statistique, ce qui suggère que l'effet de l'ashwagandha porte davantage sur la force et la puissance que sur l'hypertrophie à court terme.
Les deux groupes (ashwagandha et placebo) progressent dans tous ces essais, car les deux groupes s'entraînent. La supplémentation amplifie les gains induits par l'entraînement : elle ne les crée pas.
La créatine kinase (CK) est une enzyme libérée dans le sang lorsque les fibres musculaires sont endommagées par l'exercice. Un taux élevé de CK après un entraînement intensif reflète l'ampleur des lésions musculaires. Dans l'étude de Wankhede et al. (2015), les taux de CK sérique ont été mesurés entre 24 et 48 heures après l'effort. Après 8 semaines, le groupe ashwagandha présentait une stabilisation significativement meilleure de ces taux par rapport au groupe placebo, ce qui traduit une réduction des dommages musculaires induits par l'exercice.
En pratique, une meilleure stabilisation de la créatine kinase signifie moins de lésions résiduelles après chaque séance. Le sportif récupère plus vite, peut enchaîner les entraînements avec moins de fatigue accumulée et, à terme, supporter un volume de travail plus élevé. C'est cette capacité à enchaîner les séances efficacement qui, sur la durée d'une cure de 8 à 12 semaines, contribue à des gains de force supérieurs.
Les propriétés adaptogènes de l'ashwagandha jouent ici un rôle central. En réduisant les niveaux de cortisol — une hormone catabolique qui freine la réparation musculaire — la plante favorise un environnement hormonal plus propice à la récupération. La réduction du cortisol par l'ashwagandha est documentée par plusieurs essais cliniques dans le cadre du stress chronique, à des doses identiques de 600 mg/jour d'extrait pendant 60 jours. La page dédiée à l'ashwagandha et le cortisol approfondit cet aspect.
Les mécanismes précis par lesquels l'ashwagandha influence la force et la récupération musculaire ne sont pas entièrement élucidés. Plusieurs pistes, issues de travaux cliniques et précliniques, convergent vers trois axes principaux.
L'exercice intense génère des espèces réactives de l'oxygène qui endommagent les membranes cellulaires et les protéines contractiles du muscle. Les withanolides de l'ashwagandha exercent une activité antioxydante documentée qui contribue à limiter ces dommages oxydatifs. En atténuant le stress oxydatif post-effort, la plante facilite les processus de réparation et d'adaptation musculaire, ce qui se traduit par la stabilisation des marqueurs de lésion musculaire observée dans les essais cliniques.
Le cortisol, sécrété en réponse au stress physique et psychologique, est une hormone catabolique. À des niveaux chroniquement élevés, il favorise la dégradation des protéines musculaires et inhibe la synthèse protéique. En réduisant les niveaux de cortisol circulant — un effet bien documenté chez l'homme à 600 mg/jour d'extrait de racine — l'ashwagandha crée un environnement hormonal moins catabolique, ce qui peut faciliter l'anabolisme musculaire et la récupération entre les séances.
La withaférine A, l'un des principaux withanolides de l'ashwagandha, a montré dans des études sur modèles cellulaires et animaux une capacité à atténuer la dégradation musculaire en inhibant la voie NF-κB, un régulateur central de l'inflammation et du catabolisme protéique. Des travaux in vitro sur les myoblastes C2C12 suggèrent que certains withanolides favorisent la différenciation des cellules musculaires en myotubes, un processus clé de la régénération musculaire. Ces données restent exploratoires et n'ont pas été confirmées par des essais cliniques chez l'homme en contexte de musculation. Elles constituent des pistes mécanistiques, pas des preuves d'efficacité.
« L'ashwagandha fait prendre du muscle même sans s'entraîner. »
Tous les essais cliniques ayant montré des gains de force et de masse maigre ont associé la supplémentation à un programme structuré de musculation. L'ashwagandha amplifie les adaptations induites par l'entraînement — elle ne les remplace pas.
L'ashwagandha n'est pas un agent anabolisant au sens pharmacologique du terme. Dans l'étude de Wankhede et al. (2015), les deux groupes — ashwagandha et placebo — ont progressé en force, parce que les deux groupes s'entraînaient. La différence se situe dans l'ampleur des gains : le groupe supplémenté a obtenu des résultats supérieurs au développé couché et au leg extension, une progression de la surface musculaire des bras plus marquée, et une diminution plus importante du pourcentage de masse grasse.
L'ashwagandha agit comme un potentialisateur de l'effort physique. Elle optimise la récupération et l'environnement hormonal, ce qui permet à l'organisme de mieux tirer parti de chaque séance. Sans le stimulus mécanique de la contraction musculaire contre résistance, il n'y a pas de signal d'adaptation à amplifier. Considérer l'ashwagandha comme un complément à l'entraînement — et non comme un substitut — est la lecture correcte des données disponibles.
Les essais cliniques sur la force et la récupération utilisent des doses de 300 à 600 mg d'extrait de racine d'ashwagandha par jour, standardisé à 5 % de withanolides minimum. La posologie la plus documentée est 300 mg deux fois par jour (matin et soir, au cours d'un repas), pour un total de 600 mg/jour — le protocole exact utilisé dans l'étude de Wankhede et al. (2015). L'essai STAR de Ziegenfuss et al. (2018) a utilisé 500 mg/jour en une seule prise. Les effets sur la force s'installent progressivement : les études mesurent les résultats après 8 à 12 semaines de prise continue. La page consacrée à la posologie de l'ashwagandha détaille les modalités de prise selon les différents objectifs.
La poudre d'ashwagandha non concentrée contient environ 1 à 2 % de withanolides selon les lots. Pour atteindre l'équivalent de 30 mg de withanolides (la quantité contenue dans 600 mg d'extrait à 5 %), il faudrait consommer entre 1 500 et 3 000 mg de poudre brute, avec une variabilité importante d'un lot à l'autre puisque la teneur en actifs n'est pas standardisée. La poudre reste une forme traditionnelle valable, mais elle ne permet pas de garantir une dose précise et reproductible de withanolides. Pour un objectif de performance en musculation, où la dose conditionne le résultat, un extrait standardisé et titré offre une maîtrise plus fiable.
La dose et le titrage conditionnent le résultat. Un complément d'ashwagandha destiné à améliorer la force et la récupération doit répondre à plusieurs critères objectifs, directement issus des protocoles utilisés dans les essais cliniques.
Extrait de racine titré à 5 % de withanolides minimum, dose quotidienne de 300 à 600 mg d'extrait, ratio de concentration supérieur à 15:1, 2 gélules par jour suffisent pour atteindre la dose utile.
Extrait titré à 5 % de withanolides, ratio entre 10:1 et 15:1, dose quotidienne de 300 à 600 mg d'extrait en 2 à 4 gélules, excipients simples.
Titrage inférieur à 5 % ou non garanti, dose d'extrait inférieure à 300 mg par jour, ratio non communiqué ou inférieur à 10:1 — en dessous des protocoles cliniques documentés.
Poudre de racine non concentrée vendue comme « extrait », absence de titrage en withanolides, mélange de feuilles et de racines sans distinction, additifs de synthèse ou excipients nombreux masquant un sous-dosage.
Le premier critère est la dose quotidienne d'extrait. Les essais cliniques positifs utilisent systématiquement 300 à 600 mg/jour d'extrait de racine. Un produit qui apporte moins de 300 mg d'extrait par prise quotidienne se situe en dessous de tous les protocoles documentés. Le deuxième critère est le titrage en withanolides : un minimum de 5 % est le standard des études de référence. Ce titrage garantit une teneur constante en principes actifs d'un lot à l'autre, ce qu'une poudre brute ne peut pas offrir. Le nombre de gélules nécessaires pour atteindre la dose utile mérite également attention : un produit qui requiert 6 ou 8 gélules par jour pour atteindre 600 mg d'extrait rend la cure contraignante et augmente son coût réel.
Enfin, le ratio de concentration (le nombre de grammes de racine brute utilisés pour produire 1 g d'extrait) reflète la densité en composés actifs par gélule. Les extraits courants se situent entre 10:1 et 12,5:1. Les plus concentrés atteignent 18:1, ce qui signifie que chaque gramme d'extrait est issu de 18 g de racines sèches.
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Publication : Lopresti, A. L., Drummond, P. D. & Smith, S. J. (2019, mars). A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled, Crossover Study Examining the Hormonal and Vitality Effects of Ashwagandha (Withania somnifera) in Aging, Overweight Males. American Journal of Men’s Health, 13(2), 155798831983598. https://doi.org/10.1177/1557988319835985
Publication : Ziegenfuss TN, Kedia AW, Sandrock JE, Raub BJ, Kerksick CM, Lopez HL. Effects of an Aqueous Extract of Withania somnifera on Strength Training Adaptations and Recovery: The STAR Trial. Nutrients. 2018 Nov 20;10(11):1807. doi: 10.3390/nu10111807. PMID: 30463324; PMCID: PMC6266766.
Publication : Bonilla DA, Moreno Y, Gho C, Petro JL, Odriozola-Martínez A, Kreider RB. Effects of Ashwagandha (Withania somnifera) on Physical Performance: Systematic Review and Bayesian Meta-Analysis. J Funct Morphol Kinesiol. 2021 Feb 11;6(1):20. doi: 10.3390/jfmk6010020. PMID: 33670194; PMCID: PMC8006238.
Publication : Wankhede S, Langade D, Joshi K, Sinha SR, Bhattacharyya S. Examining the effect of Withania somnifera supplementation on muscle strength and recovery: a randomized controlled trial. J Int Soc Sports Nutr. 2015 Nov 25;12:43. doi: 10.1186/s12970-015-0104-9. PMID: 26609282; PMCID: PMC4658772.
Publication : Pérez-Gómez J, Villafaina S, Adsuar JC, Merellano-Navarro E, Collado-Mateo D. Effects of Ashwagandha (Withania somnifera) on VO2max: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. 2020 Apr 17;12(4):1119. doi: 10.3390/nu12041119. PMID: 32316411; PMCID: PMC7230697.
Ouvrage : Ferreira, A. (2013). Biologie de l’alimentation humaine (tome 1) (Diététique et nutrition : biologie - biochimie - Microbiologie - cours exercices corrigés QCM) (French Edition). STUDYRAMA.
Ouvrage : C. (2021). Alimentation, nutrition et régimes. STUDYRAMA.
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