L'endométriose peut compromettre la fertilité en fragilisant les cellules qui entourent et nourrissent l'ovocyte. Un essai clinique randomisé en double aveugle, publié en 2026 dans « Scientific Reports » et portant sur 25 patientes en parcours de FIV, a évalué l'effet de la N-acétylcystéine (NAC) sur ces cellules. Ses résultats, encore préliminaires, ouvrent une piste encourageante.

Cet article a été mis à jour le 15/06/2026
L'essentiel.

Après six semaines de supplémentation en NAC (1 200 mg/jour), la capacité antioxydante du sang des patientes a significativement augmenté. En parallèle, l'expression des gènes qui programment la mort des cellules ovariennes a eu tendance à diminuer, tandis que celle du gène qui les protège a eu tendance à augmenter.

Accès à l'étude complète : DOI 10.1038/s41598-025-34202-0

La NAC, un antioxydant qui soutient les défenses cellulaires

La N-acétylcystéine (NAC) est un dérivé stable d'un acide aminé, la cystéine. Une fois ingérée, elle est transformée par l'organisme en cystéine libre, qui sert de brique essentielle pour fabriquer le glutathion — le principal antioxydant produit naturellement par nos cellules. Le glutathion neutralise les espèces réactives de l'oxygène (communément appelées « radicaux libres »), ces molécules instables qui, en excès, endommagent les cellules.

La NAC agit donc sur deux fronts : elle piège directement certains radicaux libres, et elle recharge les réserves de glutathion de l'organisme. C'est cette double action qui a conduit les chercheurs à s'y intéresser dans le contexte de l'endométriose, où le stress oxydatif — c'est-à-dire un déséquilibre entre radicaux libres et défenses antioxydantes — joue un rôle reconnu.

En pratique.

Pour choisir un complément de NAC, plusieurs critères de qualité méritent attention. Privilégier une NAC sous forme libre (non liée à d'autres molécules), issue de biofermentation, avec un dosage de 600 mg par comprimé — le dosage de référence dans la littérature scientifique. Une conformité aux standards de qualité pharmaceutique (USP) garantit un niveau de pureté élevé. Enfin, une formule épurée, sans additifs superflus, favorise une bonne tolérance.

Des résultats prometteurs en laboratoire et chez l'animal

Avant cet essai clinique, plusieurs études avaient déjà mis en lumière le potentiel protecteur de la NAC sur les cellules de la granulosa — ces cellules qui entourent l'ovocyte dans le follicule ovarien et lui fournissent les nutriments indispensables à sa maturation.

Des travaux menés sur des cellules humaines de granulosa exposées à un excès de radicaux libres ont montré que la NAC empêchait la production de ces radicaux et freinait l'activation des gènes responsables de la mort cellulaire programmée (l'apoptose). Chez la souris, l'administration de NAC pendant sept jours a réduit l'expression de ces mêmes gènes dans les cellules de la granulosa et favorisé l'implantation embryonnaire. Des observations similaires ont été rapportées dans d'autres modèles animaux.

Ces données précliniques étaient cohérentes, mais une question restait en suspens : la NAC produit-elle les mêmes effets chez des femmes atteintes d'endométriose et en parcours de procréation médicalement assistée ?

Un essai en double aveugle sur des patientes en parcours de FIV

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont conçu un essai randomisé, contrôlé contre placebo, en double aveugle — un protocole rigoureux dans lequel ni les patientes ni l'équipe médicale ne savaient qui recevait le traitement ou le placebo.

Vingt-huit femmes infertiles, atteintes d'endométriose de stade III ou IV et engagées dans un protocole de FIV, ont été réparties en deux groupes. Le premier groupe a reçu 1 200 mg de NAC par jour (deux comprimés de 600 mg) pendant six semaines, à partir du début de la stimulation ovarienne. Le second groupe a reçu un placebo identique en apparence. Après trois abandons dans le groupe NAC (troubles digestifs pour deux d'entre elles, raison personnelle pour la troisième), 11 patientes traitées et 14 sous placebo ont été incluses dans l'analyse.

Les marqueurs mesurés étaient d'une part des indicateurs du statut antioxydant dans le sang (SOD et TAC), et d'autre part l'expression de trois gènes clés de l'apoptose dans les cellules de la granulosa, recueillies lors de la ponction ovocytaire. L'effectif limité, lié aux difficultés de recrutement pendant la pandémie de Covid-19, constitue la principale réserve méthodologique de cette étude.

Ce que montrent les résultats

Statut antioxydant amélioré

Après six semaines de NAC, la capacité antioxydante totale du sang (TAC) a augmenté de manière significative par rapport à l'état initial (P = 0,031). Le taux de superoxyde dismutase (SOD), une enzyme antioxydante, a également augmenté, sans atteindre le seuil de significativité statistique.

Une tendance favorable sur les gènes de l'apoptose

Dans les cellules de la granulosa des patientes traitées par NAC, l'expression des deux gènes qui favorisent la mort cellulaire — Bax et Caspase-3 — était plus faible que dans le groupe placebo. À l'inverse, l'expression de Bcl-2, le gène qui freine l'apoptose, était plus élevée. Ces différences vont dans le sens attendu, même si elles n'atteignent pas la significativité statistique, probablement en raison du faible nombre de patientes.

Qualité des ovocytes et des embryons

Le pourcentage d'ovocytes non viables était plus bas dans le groupe NAC (4,9 %) que dans le groupe placebo (6,1 %). La qualité des embryons, évaluée selon le score de Gardner, était légèrement meilleure dans le groupe traité. Trois grossesses, dont une naissance vivante, ont été rapportées dans le groupe NAC. Ces résultats cliniques restent toutefois à interpréter avec prudence vu la taille de l'échantillon.

Message clé.

Parmi tous les marqueurs étudiés, seule la capacité antioxydante totale (TAC) a montré une augmentation statistiquement significative. Les autres résultats — expression des gènes apoptotiques, qualité embryonnaire — dessinent une tendance cohérente et encourageante, mais devront être confirmés par des essais de plus grande envergure.

Stress oxydatif et fertilité dans l'endométriose

Chez les femmes atteintes d'endométriose, le stress oxydatif est plus marqué que dans la population générale. Ce déséquilibre entre radicaux libres et défenses antioxydantes affecte particulièrement les cellules de la granulosa, qui sont en première ligne dans le follicule ovarien. Lorsque ces cellules subissent un excès de radicaux libres, un processus de mort cellulaire programmée — l'apoptose — peut se déclencher.

Or, les cellules de la granulosa remplissent un rôle essentiel : elles nourrissent l'ovocyte et participent à sa maturation. Quand elles sont trop nombreuses à mourir, la communication avec l'ovocyte se rompt, ce qui peut altérer sa qualité et, in fine, réduire les chances de fécondation. C'est pourquoi les chercheurs s'intéressent aux moyens de protéger ces cellules, en particulier chez les femmes en parcours de PMA.

Ce qu'il faut retenir.

Cet essai clinique apporte un premier éclairage sur l'effet de la NAC à l'échelle des gènes impliqués dans la survie des cellules ovariennes chez des femmes atteintes d'endométriose. Les résultats sont encourageants, mais restent préliminaires et devront être confirmés par des études portant sur un plus grand nombre de patientes. La NAC ne se substitue pas aux traitements médicaux de l'endométriose ni aux protocoles de PMA : toute supplémentation doit être discutée avec l'équipe médicale qui assure le suivi.

Approches complémentaires

La prise en charge de l'endométriose gagne à être globale, en associant le suivi médical à des approches de soutien. Plusieurs pistes issues de la phytothérapie et de l'aromathérapie sont étudiées ou traditionnellement utilisées pour accompagner le confort au quotidien. Toute démarche complémentaire doit être signalée à l'équipe soignante, en particulier en contexte de PMA.

Phytothérapie

Le Gingembre (Zingiber officinale) est documenté pour ses propriétés anti-inflammatoires. Plusieurs essais cliniques ont évalué son intérêt dans les douleurs menstruelles, un symptôme fréquent de l'endométriose.

La teinture mère de Gattilier (Vitex agnus-castus) est traditionnellement utilisée pour son action régulatrice du cycle hormonal. Elle peut être envisagée en dehors des protocoles de stimulation ovarienne, en accord avec le gynécologue.

Aromathérapie

L'huile essentielle d'Estragon (Artemisia dracunculus) est reconnue pour ses propriétés antispasmodiques. Elle est utilisée en massage, diluée dans une huile végétale, sur le bas-ventre pour soulager les crampes pelviennes associées à l'endométriose.

Source.

Heshmati, Z. S., Amiri-Yekta, A., Khosravifar, M., Akbarian, F., Moini, A., Eftekhari-Yazdi, P., Hafezi, M. & Afsharian, P. (2026). Administration of N-acetylcysteine influence the expression of apoptotic genes in the granulosa cells of infertile women diagnosed with endometriosis. Scientific Reports, 16, 7961. https://doi.org/10.1038/s41598-025-34202-0

Les informations présentées sur cette page sont issues de la littérature scientifique et sont fournies à titre informatif. Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas la consultation d'un professionnel de santé. Avant de débuter une supplémentation, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

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