Un essai randomisé en double aveugle, mené sur 60 femmes atteintes du SOPK et publié dans le « JBRA Assisted Reproduction » en 2025, a évalué les effets d'un extrait standardisé de Gattilier sur le stress oxydatif, le métabolisme et plusieurs signes cliniques. Les résultats, obtenus en complément du traitement habituel, montrent des améliorations significatives sur de nombreux paramètres, avec une bonne tolérance.
Cet article a été mis à jour le 09/04/2026
Un essai randomisé en double aveugle, mené sur 60 femmes atteintes du SOPK et publié dans le JBRA Assisted Reproduction en 2025, a évalué les effets d'un extrait standardisé de Gattilier sur le stress oxydatif, le métabolisme et plusieurs signes cliniques. Les résultats, obtenus en complément du traitement habituel, montrent des améliorations significatives sur de nombreux paramètres, avec une bonne tolérance.
Les résultats de cet essai sont convergents : après 12 semaines de supplémentation, le groupe Gattilier se distingue du groupe placebo sur trois grands axes.
Stress oxydatif. La capacité antioxydante totale a nettement augmenté dans le groupe Gattilier (p < 0,001), accompagnée d'une hausse de l'activité de la glutathion peroxydase, du glutathion réduit et du pool de thiols totaux. En parallèle, les marqueurs d'oxydation — statut oxydant total, index de stress oxydatif et malondialdéhyde (un marqueur de dommages aux lipides) — ont significativement diminué (p < 0,001 pour chacun). Ce rééquilibrage entre défenses antioxydantes et agression oxydative est d'autant plus notable que le stress oxydatif est reconnu comme un facteur aggravant du SOPK, entretenant un cercle vicieux avec l'insulinorésistance.
Métabolisme. La glycémie à jeun a diminué significativement dans le groupe Gattilier (p < 0,001), tout comme l'indice HOMA-IR (p < 0,05), marqueur central de la résistance à l'insuline. Côté lipides, le HDL-cholestérol a augmenté (p < 0,001) tandis que le LDL-cholestérol et le cholestérol total ont reculé. Les transaminases hépatiques (AST, ALT) ont également diminué. Ces évolutions dessinent un profil cardio-métabolique globalement amélioré.
Signes cliniques. Le score d'hirsutisme (échelle de Ferriman-Gallwey modifiée) a significativement baissé dans le groupe Gattilier (p < 0,001), la fréquence menstruelle a augmenté (p < 0,05), et le volume de l'ovaire gauche a diminué après ajustement statistique (p < 0,05). Ces bénéfices cliniques, directement perceptibles au quotidien, complètent les améliorations biologiques.
L'essai a été conduit à l'Université des sciences médicales d'Arak (Iran), entre avril 2023 et janvier 2024, selon les lignes directrices CONSORT. Soixante femmes âgées de 18 à 45 ans, diagnostiquées SOPK selon les critères de Rotterdam, ont été randomisées en deux groupes de 30 : l'un recevant 5,8 mg/jour d'extrait standardisé de Gattilier (titré à 0,42-0,82 mg d'aucubine), l'autre un placebo identique en apparence.
Point important : les participantes ont conservé leur traitement habituel — metformine et contraceptif oral (drospirénone + éthinylestradiol). L'étude a donc mesuré l'apport complémentaire du Gattilier, dans des conditions proches de la réalité clinique. Les deux groupes étaient bien équilibrés à l'inclusion (âge moyen d'environ 26 ans, IMC d'environ 26 kg/m²), et aucune participante n'a quitté l'essai. Les analyses ont utilisé des tests paramétriques classiques ainsi qu'une analyse de covariance (ANCOVA) pour ajuster les différences de base, renforçant la fiabilité des résultats. Cet essai reste néanmoins monocentrique et de petite taille (60 participantes). Ses conclusions, aussi cohérentes soient-elles, devront être confirmées par des études multicentriques plus larges.
Le Gattilier (Vitex agnus-castus) est une plante médicinale utilisée de longue date en gynécologie, notamment pour les troubles du cycle, le syndrome prémenstruel et certains symptômes de la ménopause. Ses extraits contiennent une palette de composés antioxydants — acide vanillique, lutéoline, quercétine, acide caféique, resvératrol, naringénine — identifiés par des analyses phytochimiques.
Des études précliniques avaient déjà montré, chez l'animal, une réduction du malondialdéhyde et une amélioration de l'activité des enzymes antioxydantes (SOD, catalase) après administration de Gattilier. Des données cliniques existaient aussi sur la régulation des troubles du cycle (oligoménorrhée). Mais jusqu'à cet essai, aucune étude clinique rigoureuse n'avait évalué l'ensemble de ses effets — stress oxydatif, métabolisme et signes cliniques — spécifiquement chez des femmes atteintes de SOPK.
Les chercheurs avancent quatre pistes complémentaires pour expliquer les bénéfices observés.
Action antioxydante directe. Les composés phénoliques et flavonoïdes du Gattilier stimuleraient la production d'enzymes antioxydantes (glutathion peroxydase, glutathion réduit), limitant les dommages oxydatifs qui altèrent la signalisation de l'insuline et la fonction ovarienne.
Modulation dopaminergique. En agissant sur les récepteurs D2 de la dopamine, le Gattilier pourrait réduire la sécrétion de prolactine, un mécanisme qui favorise la régularité menstruelle et l'ovulation.
Régulation de l'axe hormonal reproductif. Le Gattilier modulerait l'expression du gène KISS-1, impliqué dans la sécrétion pulsatile de la GnRH — l'hormone qui orchestre l'équilibre entre LH et FSH et conditionne l'ovulation.
Effet hypoglycémiant. L'inhibition des enzymes digestives alpha-amylase et alpha-glucosidase permettrait de limiter les pics de glycémie postprandiale, contribuant à améliorer l'insulinorésistance et, par cascade, à réduire l'hyperandrogénie responsable de l'hirsutisme.
La prise en charge du SOPK gagne à s'inscrire dans une démarche globale, associant traitement médical, hygiène de vie et, lorsque c'est pertinent, des approches complémentaires validées par des données scientifiques. Plusieurs pistes peuvent être envisagées en complément, toujours en lien avec l'équipe médicale.
Micronutrition et équilibre métabolique. L'insulinorésistance étant un levier central du SOPK, certains micronutriments font l'objet de recherches actives. Le magnésium, par exemple, intervient dans le métabolisme glucidique et la sensibilité à l'insuline. Les oméga-3 (EPA/DHA) sont étudiés pour leur rôle dans la modulation de l'inflammation chronique de bas grade, souvent associée au SOPK. La vitamine D retient également l'attention : une méta-analyse publiée en 2026, portant sur 22 études et plus de 2 000 femmes, a montré une amélioration significative du taux d'ovulation et du taux de grossesse après supplémentation, en particulier chez les femmes atteintes de SOPK — une population où la carence en vitamine D est quasi systématique.
Activité physique et gestion du stress. L'exercice physique régulier, en particulier l'entraînement par intervalles de haute intensité (HIIT), a montré des effets favorables sur l'insulinorésistance, la composition corporelle et la régularité ovulatoire chez les femmes atteintes de SOPK. La gestion du stress, par des approches comme la cohérence cardiaque ou la méditation, peut contribuer à moduler l'axe corticotrope, dont le dérèglement participe au tableau hormonal du SOPK.
Quelle que soit la piste envisagée, il est essentiel d'en informer son médecin ou son gynécologue afin d'assurer la cohérence de la prise en charge.
Publication : Hatami, A., Seidi, F., Khosrowbeygi, A., Moslemi, A., & Jalali-Mashayekhi, F. (2025). The Effect of Vitex Agnus - Castus Plant on Some Markers of Oxidative Stress, Lipid Profile and Insulin Resistance in Women with Polycystic Ovary Syndrome: A Randomized, Double-Blind Controlled Clinical Trial Study. JBRA assisted reproduction, 10.5935/1518-0557.20250165. Advance online publication. https://doi.org/10.5935/1518-0557.20250165
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