Contrôler sa glycémie au quotidien et limiter les complications vasculaires du diabète de type 2 pousse de plus en plus de patients à s’intéresser aux approches complémentaires d’origine naturelle. Une revue publiée dans « Nutrients » en 2023 a compilé plusieurs dizaines d’études précliniques et cliniques sur les baies du genre Vaccinium — Myrtille, Canneberge, Airelle rouge — et leurs anthocyanes. Les données disponibles sur la glycémie, les lipides et les complications oculaires et rénales retiennent l’attention.
Cet article a été mis à jour le 02/07/2026La donnée la plus solide provient de deux méta-analyses d’essais contrôlés randomisés. L’une d’elles rapporte, chez des patients diabétiques consommant des Myrtilles ou de la Canneberge, une réduction de la glycémie à jeun d’environ 18 mg/dL et une baisse de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) de 0,32 point en moyenne. La seconde, portant sur 270 adultes diabétiques de type 2, confirme ces effets pour des durées de 8 à 12 semaines.
À l’échelle des essais individuels, un supplément de Myrtille (1 g/jour pendant 90 jours) a réduit la glycémie à jeun, la glycémie postprandiale et l’indice de résistance à l’insuline. Des anthocyanes purifiées (320 mg/jour pendant 12 à 24 semaines) ont abaissé l’HbA1c et le LDL-cholestérol chez des patients prédiabétiques ou diabétiques débutants. Certaines études n’ont toutefois pas observé de différence significative par rapport au placebo, en particulier avec des durées courtes ou des fruits entiers riches en sucre — les extraits concentrés semblent plus efficaces que le jus ou le fruit entier.
Plusieurs essais rapportent des effets sur les marqueurs cardiovasculaires. La Canneberge a été associée à une diminution du cholestérol total, du LDL-cholestérol et des triglycérides. Un essai de 6 mois avec 150 g de Myrtilles par jour a montré des améliorations de la fonction vasculaire et de la biodisponibilité du monoxyde d’azote, un marqueur de la santé des vaisseaux.
Pour la rétinopathie, quelques essais cliniques indiquent qu’un extrait de Myrtille (160 à 200 mg, deux à trois fois par jour) peut réduire la perméabilité vasculaire rétinienne et améliorer certains paramètres du fond d’œil. Un complément contenant des anthocyanosides de Myrtille a aussi amélioré la fonction maculaire. Pour la néphropathie, les preuves cliniques chez l’humain restent très limitées : la revue relève surtout des résultats précliniques encourageants et souligne le besoin d’essais spécifiques.
Les auteurs notent que les extraits de Vaccinium n’ont pas montré d’effets indésirables notables dans les études analysées. La supplémentation est considérée comme sûre aux doses étudiées.
Cette revue a été réalisée à partir des bases Web of Science, Scopus et PubMed, avec une recherche clôturée en février 2023. Elle couvre un large spectre, des données cellulaires et animales aux essais cliniques chez l’humain, avec des analyses bibliométriques montrant une nette accélération des publications depuis 2012. Les protocoles compilés sont toutefois hétérogènes — formes utilisées (jus, fruits entiers, extraits standardisés), dosages et durées varient considérablement d’une étude à l’autre, ce qui appelle à des essais mieux standardisés.
La Myrtille (Vaccinium myrtillus L.) appartient à un genre botanique regroupant environ 450 espèces d’arbustes à baies, parmi lesquelles le Bleuet (V. corymbosum), la Canneberge (V. macrocarpon) et l’Airelle rouge (V. vitis-idaea). Ces fruits sont particulièrement riches en polyphénols, dont les anthocyanes — pigments responsables de leur couleur et principal composé actif. Plus de 35 glycosides d’anthocyanes et une cinquantaine d’autres flavonoïdes ont été identifiés dans le genre Vaccinium.
Les anthocyanes et les polyphénols associés agissent par plusieurs voies complémentaires, bien décrites dans la revue :
La limite principale des anthocyanes reste leur biodisponibilité : absorbées rapidement, elles sont aussi rapidement métabolisées et éliminées par l’organisme. Les extraits concentrés et titrés permettent un apport plus régulier et à des doses plus pertinentes que la consommation de fruits frais.
Cette revue de 2023 confirme que les baies du genre Vaccinium et leurs anthocyanes présentent un intérêt réel dans l’accompagnement du diabète de type 2, en particulier sur la glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée. Les données sur les complications microvasculaires (rétinopathie, néphropathie) restent préliminaires et nécessitent des essais de plus grande envergure, sur des durées plus longues. Cette approche ne se substitue pas aux traitements médicaux en cours : elle s’inscrit dans une démarche complémentaire, à discuter avec l’équipe soignante.
La gestion du diabète de type 2 et de ses complications repose avant tout sur le suivi médical, l’équilibre alimentaire et l’activité physique. Certains actifs naturels, évalués dans des essais cliniques, peuvent compléter cette prise en charge. Toute supplémentation doit être discutée avec son médecin ou pharmacien.
Le stress oxydatif étant un mécanisme central des complications du diabète, d’autres molécules antioxydantes ont été évaluées. Le Glutathion sous forme liposomale a montré des effets favorables sur les marqueurs du stress oxydatif et la réponse immunitaire chez des patients diabétiques de type 2. La vitamine D fait aussi l’objet de méta-analyses documentant des améliorations mesurables de la glycémie et du profil lipidique chez les personnes diabétiques.
Pour la protection rétinienne, les acides gras oméga-3 sont parmi les actifs naturels les plus étudiés en complément des anthocyanes : une méta-analyse récente les associe à une réduction du risque de rétinopathie diabétique.
Le glucomannane de Konjac, une fibre soluble, a montré un effet sur la glycémie et les lipides dans des essais cliniques chez des patients diabétiques. Le Ginseng (Panax) a été évalué dans une méta-analyse de 20 essais cliniques, avec des résultats sur la glycémie, les lipides et les marqueurs inflammatoires.
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