Les crises migraineuses répétées altèrent durablement la qualité de vie, et les traitements préventifs sont souvent limités par leurs effets indésirables. Un essai clinique randomisé en double aveugle, publié en 2021 dans « The Journal of Headache and Pain » et mené chez 222 patients, a évalué l’efficacité du magnésium en association au valproate de sodium à faible dose. Les résultats de cette bithérapie ouvrent une piste encourageante pour améliorer la prise en charge prophylactique de la migraine.
Cet article a été mis à jour le 20/07/2026Le Magnésium est un cofacteur impliqué dans plus de 300 réactions biochimiques de l’organisme. Dans le système nerveux, il joue un rôle de régulateur de l’excitabilité neuronale par plusieurs voies : il agit comme antagoniste physiologique du calcium, inhibe les récepteurs NMDA — des récepteurs qui, lorsqu’ils sont suractivés, favorisent la transmission de signaux de douleur — et module les voies excitatrices dépendant du glutamate.
Ces propriétés expliquent l’intérêt croissant des chercheurs pour son utilisation en prévention de la migraine. L’Académie américaine de neurologie lui attribue un niveau de preuve B dans la prophylaxie migraineuse épisodique, et la Société canadienne des céphalées le recommande dans cette indication. Le Magnésium intervient également dans la régulation de la libération de neurotransmetteurs, la réduction de l’accumulation de radicaux libres et la modulation du système sérotoninergique, autant de mécanismes impliqués dans la genèse des crises.
Le valproate de sodium est un antiépileptique approuvé pour la prévention de la migraine. Son action repose principalement sur deux mécanismes : l’augmentation de l’activité du GABA, le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau, et l’inhibition des signaux neuro-excitateurs médiés par les récepteurs NMDA. Il réduit aussi l’inflammation neurogène en limitant la libération de neuropeptides vasoactifs comme la substance P et le CGRP.
Or le magnésium agit sur certaines de ces mêmes cibles, notamment les récepteurs NMDA et les canaux calciques. Des études précliniques avaient montré que le magnésium renforce le potentiel anticonvulsivant du valproate en améliorant l’équilibre redox et en modulant certains acides aminés excitateurs cérébraux. Des travaux in vitro confirmaient cet effet synergique. Pourtant, aucun essai clinique n’avait jusqu’alors évalué cette combinaison chez des patients migraineux — une lacune à laquelle cette étude a cherché à répondre.
L’essai a inclus 222 patients adultes souffrant de migraine épisodique, avec au moins quatre crises par mois. Ils ont été répartis aléatoirement en trois groupes :
Après un mois d’observation sans traitement préventif, les patients ont été suivis pendant trois mois de traitement. Quatre paramètres étaient mesurés chaque mois : la fréquence des crises, leur sévérité, leur durée et le nombre d’antalgiques consommés. Les scores de handicap MIDAS et d’impact HIT-6 ont été évalués en début et en fin de traitement. Il s’agit d’un essai monocentrique de taille modeste, dont les résultats demandent à être confirmés par des travaux de plus grande envergure.
Les trois groupes ont montré une amélioration significative de l’ensemble des paramètres par rapport à la période d’observation initiale.
La fréquence mensuelle des crises a diminué dans les trois groupes. Après trois mois, les groupes valproate seul et bithérapie ont obtenu des résultats comparables sur ce critère, passant en moyenne de six à sept crises mensuelles à moins de deux. Le groupe magnésium seul a obtenu une réduction plus modeste, avec environ quatre crises par mois en fin de traitement.
Sur ces trois paramètres, la bithérapie s’est significativement distinguée du valproate seul à partir du deuxième mois. Au troisième mois, les patients du groupe combiné présentaient des crises moins intenses, plus courtes, et consommaient moins de médicaments de secours que ceux recevant le valproate seul. Le groupe magnésium seul restait en retrait sur l’ensemble de ces critères.
Les scores MIDAS, qui mesurent le retentissement de la migraine sur les activités quotidiennes, ont davantage diminué dans le groupe bithérapie que dans le groupe valproate seul. Les scores HIT-6, qui évaluent l’impact global des céphalées, ont montré une amélioration comparable entre ces deux groupes — les deux étant nettement supérieurs au groupe magnésium seul.
Cette étude est la première à évaluer cliniquement l’intérêt d’associer le magnésium au valproate de sodium en prophylaxie migraineuse. Ses résultats suggèrent que le magnésium pourrait renforcer l’efficacité du valproate à faible dose, une perspective encourageante pour les patients qui tolèrent mal les doses plus élevées de cet antiépileptique. Ces données restent préliminaires et nécessitent d’être confirmées par des essais de plus grande envergure. Toute modification de traitement préventif doit être discutée avec l’équipe soignante.
La prise en charge de la migraine gagne à être envisagée de manière globale, en associant le traitement de fond à des approches complémentaires soutenues par la littérature scientifique. Plusieurs pistes, en micronutrition comme en aromathérapie, peuvent être envisagées en complément — toujours après avis médical.
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