Les douleurs liées à la névralgie postherpétique restent difficiles à soulager, même avec les traitements médicamenteux habituels. Un essai clinique randomisé publié en 2024 dans « BMC Complementary Medicine and Therapies » a évalué, chez 58 patients, l’effet de l’inhalation de Lavande et de ses deux principaux composés sur ces douleurs. Les résultats, encourageants sur l’ensemble des paramètres mesurés, ouvrent une piste complémentaire à explorer.
Cet article a été mis à jour le 21/07/2026L’huile essentielle de Lavande Vraie est l’une des plus étudiées en aromathérapie. Sa composition repose principalement sur deux molécules— le linalol et l’acétate de linalyle — qui, une fois inhalées, atteignent rapidement le système limbique, une région du cerveau impliquée dans la régulation de la douleur et des émotions, et passent dans la circulation sanguine par les alvéoles pulmonaires.
Des travaux précliniques sur des modèles animaux de douleur neuropathique avaient déjà montré que la Lavande et le linalol réduisaient l’hyperalgésie et l’allodynie mécanique, et qu’une étude clinique avait observé un effet antalgique de la Lavande et de l’acétate de linalyle sur les douleurs post-chirurgicales. Ces données n’avaient cependant jamais été confirmées spécifiquement chez des patients souffrant de névralgie postherpétique — une condition où la douleur chronique persiste longtemps après la disparition des lésions cutanées liées au zona.
Cet essai contrôlé a inclus 64 patients souffrant de névralgie postherpétique avec une douleur modérée à sévère, répartis par tirage au sort en quatre groupes : un groupe contrôle (huile d’amande seule) et trois groupes d’inhalation (Lavande, linalol ou acétate de linalyle, chacun dilué à 1 % dans de l’huile d’amande). Le protocole consistait en 5 minutes d’inhalation suivies de 15 minutes de repos, et la douleur a été évaluée avant et après l’intervention par trois outils validés (questionnaire McGill abrégé, échelle visuelle analogique, échelle d’intensité).
Point important : la grande majorité des participants prenaient déjà des anticonvulsivants et/ou des antalgiques, ce qui signifie que les effets observés sont venus s’ajouter au traitement en cours. L’échantillon reste de taille modeste (58 patients analysés) et l’étude monocentrique, ce qui appelle des confirmations à plus grande échelle.
Les trois groupes d’inhalation ont montré une réduction de la douleur nettement supérieure à celle du groupe contrôle, sur la quasi-totalité des paramètres mesurés.
La composante sensorielle — qui recouvre les sensations de brûlure, de piqûre ou de lourdeur — a significativement diminué dans les trois groupes d’inhalation, alors qu’elle est restée quasi inchangée dans le groupe contrôle. Le groupe linalol a enregistré la réduction la plus marquée, suivi de près par le groupe Lavande et le groupe acétate de linalyle.
La dimension affective, qui reflète le retentissement émotionnel de la douleur (fatigue, angoisse, sentiment d’épuisement), a été significativement réduite par l’inhalation de Lavande et de linalol. L’acétate de linalyle a montré une tendance à la réduction sans atteindre le seuil de significativité statistique.
Sur l’échelle visuelle analogique, la réduction de la sévérité a été environ cinq fois plus importante dans les groupes expérimentaux que dans le groupe contrôle. L’intensité de la douleur a elle aussi diminué de façon significative dans les trois groupes d’inhalation, sans changement notable chez les patients ayant inhalé l’huile d’amande seule.
La névralgie postherpétique est associée à un déséquilibre entre les neurotransmetteurs qui freinent la douleur (le GABA, déficitaire) et ceux qui l’amplifient (le glutamate, en excès), ainsi qu’à une activation excessive du système nerveux sympathique.
Des travaux antérieurs suggèrent que le linalol renforce l’activité du GABA au niveau de ses récepteurs cérébraux, contribuant ainsi à rétablir un frein naturel sur la transmission douloureuse, tout en protégeant les cellules nerveuses contre la toxicité liée à l’excès de glutamate. L’acétate de linalyle semble quant à lui favoriser le rééquilibrage du système nerveux autonome. Par ailleurs, ces deux composés agissent sur les fibres nerveuses responsables de la douleur vive et de la douleur sourde, en inhibant leur activation. Cet ensemble de mécanismes pourrait expliquer l’effet observé sur les différentes composantes de la douleur postherpétique.
Cet essai clinique randomisé est le premier à montrer qu’une simple inhalation de 5 minutes d’huile essentielle de Lavande, de linalol ou d’acétate de linalyle peut réduire significativement la douleur chez des patients atteints de névralgie postherpétique déjà sous traitement médicamenteux. L’étude reste de taille modeste et devra être confirmée par des essais multicentriques incluant davantage de patients et un suivi prolongé. L’aromathérapie par inhalation ne se substitue pas au traitement médical prescrit : elle constitue une piste complémentaire à discuter avec son équipe soignante.
La prise en charge de la névralgie postherpétique est souvent multimodale : au-delà des traitements médicamenteux conventionnels, plusieurs approches naturelles ont fait l’objet d’études scientifiques et peuvent être envisagées en complément, toujours en concertation avec l’équipe médicale.
Outre l’huile essentielle de Lavande Vraie étudiée ici pour ses propriétés analgésiques par inhalation, d’autres huiles essentielles ont démontré un intérêt dans la prise en charge des infections liées à la famille des virus de l’herpès. L’huile essentielle de Tea Tree, riche en terpinène-4-ol, est reconnue pour ses propriétés antivirales à large spectre. L’huile essentielle de Niaouli, grâce à sa teneur en 1,8-cinéole et en viridiflorol, est considérée comme une référence antivirale en aromathérapie, notamment dans le contexte des poussées herpétiques. Ces huiles essentielles sont principalement étudiées en application locale lors de la phase active du zona.
La vitamine B12 (méthylcobalamine) a montré des résultats encourageants dans la prise en charge de la névralgie postherpétique. Une méta-analyse de quatre essais contrôlés randomisés, portant sur 383 patients, a mis en évidence une réduction significative des scores de douleur chez les patients supplémentés, avec une diminution parallèle du recours aux antalgiques. Ce nutriment, connu pour son rôle dans la myélinisation et la régénération nerveuse, pourrait constituer une approche complémentaire à discuter avec son médecin.
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie