La spiruline ne présente pas de toxicité intrinsèque aux doses habituelles de consommation, selon l'avis rendu par l'ANSES en août 2017 après analyse de 49 signalements de nutrivigilance. Les risques associés à cette cyanobactérie se répartissent en trois niveaux : des effets secondaires bénins et dose-dépendants (troubles digestifs, céphalées), des contre-indications absolues liées à certaines pathologies (hémochromatose, phénylcétonurie, insuffisance rénale), et des risques de contamination conditionnés par la qualité du produit (métaux lourds, cyanotoxines). Cet article fait le point sur chacun de ces niveaux de risque pour vous permettre de consommer la spiruline en toute connaissance de cause.
Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés lors de la prise de spiruline sont d'ordre digestif : ballonnements, flatulences, constipation ou diarrhées. Des maux de tête sont également décrits, en particulier en début de cure. L'ANSES note dans son avis de 2017 que les essais cliniques menés à des doses allant jusqu'à 19 g/jour de spiruline sèche n'ont relevé que ces effets indésirables mineurs.
Ces troubles sont dose-dépendants et transitoires. Ils apparaissent principalement lorsque la prise débute à dose pleine, sans phase d'adaptation progressive. La richesse de la spiruline en protéines (jusqu'à 70 % de sa masse sèche) et en fibres peut solliciter le système digestif chez les personnes non habituées. La recommandation standard est de commencer par 1 g par jour pendant les premiers jours, puis d'augmenter graduellement la dose jusqu'à la posologie souhaitée. Des réactions cutanées (démangeaisons, éruptions) ont été rapportées de façon plus rare. L'ANSES a par ailleurs rendu public en 2014 un cas d'angio-œdème facial allergique survenu après une prise de spiruline. Pour un développement complet sur les troubles digestifs, consultez notre article dédié à la spiruline et les gaz intestinaux.
Certaines pathologies constituent des contre-indications absolues à la prise de spiruline. L'ANSES identifie les populations suivantes comme devant éviter cette cyanobactérie.
La question du fer mérite une attention particulière : si la spiruline constitue un complément intéressant pour les personnes présentant un déficit en fer, elle devient contre-productive et potentiellement dangereuse en cas de surcharge. Pour en savoir plus sur cette relation, consultez notre page spiruline et fer.
En dehors des contre-indications absolues, certaines situations nécessitent un avis médical préalable avant toute supplémentation en spiruline.
Les données cliniques sur la sécurité de la spiruline chez la femme enceinte ou allaitante restent limitées. L'ANSES recommande la prudence dans ces situations. Le risque principal ne provient pas de la spiruline elle-même mais de la possible présence de contaminants (métaux lourds, cyanotoxines) dans des produits mal contrôlés, auxquels le fœtus et le nourrisson sont particulièrement vulnérables. Pour un développement complet, consultez notre page spiruline, grossesse et allaitement.
La spiruline possède des propriétés immunostimulantes, principalement attribuées à ses polysaccharides et à la phycocyanine, qui renforcent l'activité des cellules NK (natural killer) du système immunitaire. Chez les personnes atteintes d'une maladie auto-immune (lupus érythémateux, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde), cette stimulation peut théoriquement aggraver les symptômes en amplifiant la réponse immunitaire déjà dérégulée. Des cas d'exacerbation ont été décrits dans la littérature, dont un épisode sévère de dermatomyosite. La prise de spiruline est déconseillée dans ces pathologies sans avis médical. Pour la même raison, la co-administration de spiruline avec des traitements immunosuppresseurs est déconseillée, l'effet immunostimulant pouvant contrer l'action du médicament.
La spiruline ne contient pas d'iode en quantité significative, contrairement aux algues marines. Cependant, son activité immunomodulatrice peut interagir avec certaines pathologies thyroïdiennes d'origine auto-immune. Pour en savoir plus, consultez notre page spiruline et thyroïde.
La spiruline peut interagir avec certaines classes de médicaments par deux mécanismes principaux, identifiés à ce jour essentiellement par des données précliniques.
Inhibition des cytochromes P450. Une étude animale a montré que l'administration orale de spiruline pendant 5 semaines entraîne une inhibition significative de l'activité enzymatique des cytochromes CYP1A2 et CYP2E1, ainsi qu'une diminution de l'activité CYP2C6. Ces enzymes hépatiques participent au métabolisme de nombreux médicaments, dont le paracétamol, la warfarine, certains bêtabloquants (propranolol) et des anesthésiques locaux (lidocaïne). Une inhibition de ces enzymes peut ralentir l'élimination de ces médicaments et augmenter leurs concentrations plasmatiques. Ces résultats n'ont pas encore été confirmés chez l'humain, mais ils justifient une vigilance chez les personnes sous traitement médicamenteux chronique.
Anticoagulants et antiagrégants plaquettaires. La spiruline contient des polysaccharides sulfatés étudiés pour leur effet inhibiteur sur l'agrégation plaquettaire. Chez les personnes traitées par anticoagulants (warfarine, héparine) ou antiagrégants plaquettaires (clopidogrel, aspirine), cette activité pourrait potentialiser le risque hémorragique.
« La spiruline est toxique pour le foie et peut provoquer des hépatites. »
La spiruline n'est pas intrinsèquement hépatotoxique. Les rares cas de suspicion d'atteinte hépatique recensés par l'ANSES étaient associés à des produits contaminés par des métaux lourds ou des cyanotoxines, et non à la spiruline elle-même.
Des études précliniques suggèrent au contraire que la spiruline, grâce à ses antioxydants (phycocyanine, caroténoïdes, polyphénols), pourrait exercer un effet hépatoprotecteur en réduisant la peroxydation lipidique et les niveaux de transaminases, principaux marqueurs d'une souffrance hépatique. Le risque pour le foie est donc lié à la qualité du produit consommé, non à la spiruline en tant que telle. Cela rejoint le constat central de l'avis ANSES de 2017 : c'est la contamination qui constitue le véritable danger, pas la cyanobactérie. Pour un développement complet sur ce sujet, consultez notre article spiruline et foie.
L'avis de l'ANSES de 2017 identifie la contamination du produit comme le principal risque sanitaire associé à la consommation de spiruline. Deux catégories de contaminants sont en cause.
La spiruline, cultivée en milieu aqueux, peut bioaccumuler les métaux lourds présents dans l'eau de culture : plomb, arsenic, cadmium, mercure. L'exposition chronique à ces contaminants peut provoquer des troubles neurologiques, rénaux et hépatiques. L'ANSES souligne que des échantillons de spiruline provenant de différentes régions du monde (Europe, Chine, Asie, États-Unis) ont révélé des niveaux de contamination variables, et recommande de privilégier les circuits d'approvisionnement soumis aux contrôles des pouvoirs publics français, assurant la conformité à la réglementation en vigueur et la traçabilité du produit.
D'autres espèces de cyanobactéries productrices de toxines — notamment Microcystis aeruginosa — peuvent contaminer les bassins de culture de spiruline lorsque les conditions de production ne sont pas rigoureusement contrôlées. Les microcystines sont des hépatotoxines qui bloquent l'action de certaines enzymes cellulaires (protéines phosphatases PP1 et PP2A) et peuvent provoquer des lésions hépatiques graves, une insuffisance rénale ou des troubles neurologiques. Des cas d'intoxication aiguë ont été signalés dans la littérature, notamment à partir de spiruline produite dans des conditions non maîtrisées. Le site Santé.fr, qui relaie les recommandations officielles, rappelle que les producteurs sont tenus de contrôler l'absence de ces cyanobactéries contaminantes par des examens microscopiques réguliers de leur production.
La plupart des risques associés à la spiruline sont évitables par le choix d'un produit de qualité contrôlée et une utilisation raisonnée. Les critères déterminants portent directement sur la sécurité du consommateur.
Spiruline BIO avec analyses par lot documentées : métaux lourds (Pb, As, Cd, Hg) conformes aux seuils réglementaires, recherche de microcystines, analyses microbiologiques complètes (E. coli, Salmonella, levures, moisissures). Formulation sans additif.
Spiruline BIO avec certificat de conformité global mais sans publication des analyses par lot. Présence éventuelle d'excipients techniques (antiagglomérant, liant) qui diluent la matière active.
Spiruline non certifiée BIO, sans indication sur les analyses de contaminants. Origine non précisée ou circuits d'approvisionnement non contrôlés par les autorités sanitaires françaises.
Spiruline sans aucune traçabilité, provenant de zones de culture non contrôlées. Absence totale d'analyses microbiologiques et de recherche de métaux lourds. Risque élevé de contamination par des microcystines ou des métaux lourds.
Toute personne sous traitement médicamenteux, atteinte d'une maladie chronique ou présentant un terrain allergique doit consulter un médecin ou un pharmacien avant de démarrer une cure de spiruline. Pour une vue d'ensemble des bienfaits et de l'utilisation de cette cyanobactérie, consultez notre page pilier spiruline.
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" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie