Le Psyllium pourrait avoir des bénéfices indirects sur le foie grâce à sa forte richesse en fibres. En effet, le Psyllium est une plante dont les téguments sont utilisés depuis longtemps dans un cadre thérapeutique. Ces bienfaits sont régulièrement observés au niveau digestif puisque les fibres sont primordiales à la santé intestinale. Néanmoins, elles possèdent d’autres rôles intermédiaires intéressants. En effet, les fibres permettent de diminuer l’absorption des nutriments, dont les graisses qui peuvent s’accumuler dans le foie dans le cadre d’un surpoids et d’une obésité.  De plus, elles pourraient favoriser la sensation de satiété. La satiété est définie comme l’absence de faim entre deux repas. Ainsi, le Psyllium pourrait avoir des effets indirects intéressants sur le foie grâce à sa richesse en fibres. Cet article reprend donc l’ensemble des connaissances en lien avec les bienfaits du Psyllium sur le foie.

Cet article a été mis à jour le 30/01/2023

Limite l’accumulation des graisses

Une alimentation déséquilibrée peut amener une accumulation de graisses dans le foie. La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD : Non Alcoholic Fatty Liver Disease) est justement une pathologie caractérisée par une accumulation de graisses à l’intérieur des cellules du foie, alors que ces dernières ne devraient en contenir que très peu. C’est la raison pour laquelle on l’appelle également la maladie du « foie gras ». Cette dernière est favorisée par un syndrome métabolique (obésité, diabète, dyslipidémie, hypertension) et une absence d’activité physique. Elle peut s’aggraver en formant des inflammations dans le foie, augmentant les risques de cirrhose, d’insuffisance hépatique (foie) ou d’un cancer primitif du foie (carcinome hépatocellulaire). De cette manière, des mesures hygiéno-diététiques doivent être adoptées : mise en place d’une activité physique, meilleur choix des lipides, augmentation des aliments riches en fibres, limitation des sucres simples et de l’alcool.

Une étude a donc évalué l’effet du psyllium sur la composition corporelle et les enzymes hépatiques chez des adultes en surpoids ou obèses atteints de NAFLD. Cette dernière a conclu qu’un programme de perte de poids complété par du psyllium, parallèlement à l’augmentation de l’activité physique, peut être utile pour prévenir le développement de la NAFLD, et de retarder les dommages au foie. Cela serait dû au fait que le psyllium contient des fibres solubles. Ces dernières sont capables de former un gel diminuant l’absorption des nutriments. Elles vont gonfler en contact de l’eau, et formeront un gel qui diminuera la surface de contact entre les villosités intestinales (rôle d’absorption) et les aliments. De ce fait, elles limitent l’absorption des graisses.

En parallèle, le gel formé par les fibres solubles permet de retarder l’arrivée des aliments de l’estomac vers les intestins. De ce fait, elles permettent de limiter l’augmentation de la glycémie. Une élévation de la glycémie entraîne une sécrétion d’insuline parallèlement élevée afin de faire entrer le glucose dans les cellules. Si le glucose a été apporté en excès, il sera converti en graisses dans les cellules. Le psyllium permet donc de retarder l’arrivée des aliments de l’estomac vers les intestins et limite donc l’élévation de la glycémie, ce qui réduit la formation de graisses supplémentaires.

Ainsi, par sa forte teneur en fibres solubles, le psyllium permet de former un gel limitant l’absorption des graisses et réduit leur accumulation dans le foie, ralentissant l’évolution de la NAFLD et des lésions hépatiques.

Limite l’arrivée de molécules néfastes dans le foie

Un autre rôle indirect du psyllium est d’aider à améliorer la perméabilité intestinale. En effet, la barrière intestinale est caractérisée par les jonctions serrées de cellules permettant d’assurer que des molécules néfastes n’entre pas dans la circulation sanguine. Elle permet d’éviter que des substances nocives (bactéries, toxines, déchets alimentaires, parasites) ne se retrouve dans la circulation sanguine. Hors, une alimentation déséquilibrée favorise une hyperperméabilité intestinale, c’est-à-dire que la barrière intestinale est endommagée. Cela veut dire que ces jonctions sont plus écartées, et laissent passer de plus grosses molécules que celles normalement autorisées (bactéries, toxines). Ces dernières peuvent s’acheminer jusqu’au foie via la veine porte.  

En effet, la veine porte amène directement les nutriments et les substances nocives des intestins vers le foie pour que ce dernier puisse soit les utiliser, soit ordonner leur élimination. Néanmoins, l’arrivée de nombreuses substances nocives peut limiter le fonctionnement du foie qui peut se voir surcharger. Cette surcharge de toxines peut entraîner une insuffisance hépatique et des maladies du foie.

Dans ce cadre, il est judicieux de favoriser les apports en fibres alimentaires afin de lutter contre cette hyperperméabilité intestinale. En ce sens, le psyllium peut aider à jouer ce rôle puisque 15 g de psyllium apportent 12,6 g de fibres, ce qui équivaut à presque la moitié des besoins journaliers estimés à 30 g minimum par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail). Néanmoins, il est important de spécifier que le psyllium n’a pas encore prouvé ses bienfaits sur l’amélioration de la perméabilité intestinale.

Ainsi, le psyllium doit être inclus dans une alimentation équilibrée, variée et riche en fibres afin d’optimiser le travail de la barrière intestinale et, de ce fait, limiter l’arrivée de molécules néfastes dans le foie.

Favorise la satiété

Le psyllium joue également un dernier rôle bénéfique pour le foie grâce à son rôle bénéfique sur la satiété. En effet, les fibres qu’il contient sont considérées comme des nutriments satiétogènes. De ce fait, elles entraînent une diminution du volume des repas car elles permettent d’atteindre la sensation de satiété plus rapidement. Cette diminution du volume des repas est liée à une réduction des apports caloriques, et donc en graisses, ce qui limite l’accumulation de graisses dans le foie. On peut donc conclure sur le fait que le psyllium possède un rôle de coupe-faim, ce qui optimise la santé du foie.

De plus, le psyllium peut jouer un rôle intéressant dans le cadre d’une perte de poids, ce qui est judicieux dans le cadre de la maladie du « foie gras ». En effet, comme vu précédemment, un surpoids ou une obésité peut favoriser l’entassement des lipides dans le foie, amenant à terme à une stéatose hépatique non-alcoolique. De ce fait, le psyllium peut être utilisé dans une optique de perte de poids afin de favoriser l’élimination de cet excès de graisses dans le foie.

Ainsi, le psyllium permet, grâce aux fibres qu’il contient, de limiter l’accumulation des graisses dans le foie grâce à son rôle de coupe-faim.

Conseils d’utilisation

  • Consommer jusqu’à 30 g maximum de psyllium par jour, réparti en trois prises, en sachant qu’une cuillère à café de psyllium correspond à 7 g. Cette consommation doit impérativement se faire avec un liquide. Incorporer 1 cuillère à café de psyllium dans 100 mL de liquide (eau, soupe, jus de fruits), mélanger et boire rapidement avant que le gel ne se forme. Puis, boire 200 mL d’eau après cette prise.

  • Si le goût est désagréable, il est possible de l’ajouter dans les préparations suivantes : jus de fruit, porridge, soupe, compote, yaourt.

Précautions d’emploi

  • Ne pas consommer de psyllium en cas de syndrome occlusif ou subocclusif, ou en cas de douleurs abdominales de cause indéterminée, de troubles de la déglutition ou de dysphagie. En cas de diabète, il est judicieux de demander un avis médical.

  • Il est déconseillé aux personnes ayant du sang dans les selles ou à celles présentant une modification de la motricité ou du diamètre intestinal (mégacôlon, iléus, sténose…) de consommer du psyllium.

  • Il est déconseillé de consommer du psyllium chez l'enfant de moins de 6 ans.

  • Il est recommandé de solliciter l'avis d'un professionnel de santé avant toute consommation de psyllium en cas de troubles bipolaires ou d'épilepsie. En effet, le psyllium limite notamment l’absorption de la carbamazépine, un médicament utilisé pour traiter ces derniers.

  • Le psyllium peut être consommé sur le long terme. Cependant, si la diarrhée ou la constipation persiste au-delà de trois jours, il est recommandé d’aller consulter un médecin pour en connaître l’origine.

  • Des effets secondaires de type flatulences et ballonnements peuvent subvenir au début du traitement mais s’estompent rapidement une fois que la flore intestinale se sera adaptée à ces apports élevés en fibres.

Cet article vous a-t-il été utile ?

  

Note moyenne: 5 ( 2 votes )

Bibliographie

Publication : Zhang, S., Zhao, J., Xie, F., He, H., Johnston, L. J., Dai, X., Wu, C., & Ma, X. (2021). Dietary fiber‐derived short‐chain fatty acids : A potential therapeutic target to alleviate obesity‐related nonalcoholic fatty liver disease. Obesity Reviews, 22(11). https://doi.org/10.1111/obr.13316

Publication : Abouzied MM, Mahmoud SM, Wahid A, Ahmed AE, Okasha AM, Soliman HA, Al Thagfan SS, Attia EZ. A study of the hepatoprotective effect of Plantago psyllium L. seed extract against Carbon tetrachloride induced hepatic injury in rats. J Appl Biomed. 2020 Aug;18(2-3):80-86. doi: 10.32725/jab.2020.006. Epub 2020 May 21. PMID: 34907729.

Publication : Akbarzadeh, Z., Nourian, M., Askari, G., Maracy, M. R., & Rafiei, R. (2015). The Effect of Psyllium on Anthropometric Measurements and Liver Enzymes in Overweight or Obese Adults with Nonalcoholic Fatty Liver Disease (NAFLD). مجله دانشکده پزشکی اصفهان, 33(355), 1771‑1783.

Publication : Nicoletti A, Ponziani FR, Biolato M, Valenza V, Marrone G, Sganga G, Gasbarrini A, Miele L, Grieco A. Intestinal permeability in the pathogenesis of liver damage: From non-alcoholic fatty liver disease to liver transplantation. World J Gastroenterol. 2019 Sep 7;25(33):4814-4834. doi: 10.3748/wjg.v25.i33.4814. PMID: 31543676; PMCID: PMC6737313.

Publication : Tsiaoussis GI, Assimakopoulos SF, Tsamandas AC, Triantos CK, Thomopoulos KC. Intestinal barrier dysfunction in cirrhosis: Current concepts in pathophysiology and clinical implications. World J Hepatol. 2015 Aug 18;7(17):2058-68. doi: 10.4254/wjh.v7.i17.2058. PMID: 26301048; PMCID: PMC4539399.

Ouvrage : Melkonian, C., Bocquet, A., Brutin, J., Colombani, S. & France-Goral, A. (2022). BTS Diététique (2e éd.). ELLIPSES.

Ouvrage : C. (2021). Alimentation, nutrition et régimes. STUDYRAMA.

Ouvrage : Ferreira, A., Petretti, C., & Vasina, B. (2015). Biologie de l’alimentation humaine : Tome 1 (Vol. 1). Studyrama.

Site Web : Qu’est-ce que le foie gras non alcoolique ? (s. d.). ameli.fr | Assuré. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/steatose-hepatique/definition-facteurs-risque

Site Web : Le Carcinome Hépatocellulaire (CHC). (2014, 7 octobre). Centre Hépato-Biliaire Paul Brousse. https://www.centre-hepato-biliaire.org/maladies-foie/cancers-foie/carcinome-hepatocellulaire.html

Site Web : Zheng, Z. (2021, 10 décembre). The Gut-Liver Axis in Health and Disease : The Role of Gut Microbiota-Derived Signals in Liver Injury and Regeneration. Frontiers. https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fimmu.2021.775526/full