Feuille d’Olivier et santé cardiovasculaire : une méta-analyse confirme la baisse des triglycérides et de la tension
En bref
Accès à l’étude complète : DOI 10.1186/s13098-022-00920-y
Triglycérides et pression artérielle en baisse : ce que montre la méta-analyse
Triglycérides
L’analyse groupée de sept essais cliniques montre une réduction significative des triglycérides sous supplémentation en extrait de feuille d’Olivier, de l’ordre de 9,5 mg/dl en moyenne par rapport au placebo. Chez les personnes hypertendues, cette baisse atteint environ 14 mg/dl. Une diminution comparable est observée chez les individus de poids normal.
Pression artérielle systolique
Six essais portant sur la pression artérielle systolique rapportent une baisse moyenne d’environ 4 mmHg. Le bénéfice est plus marqué chez les personnes hypertendues, avec une réduction avoisinant 5 mmHg, ainsi que chez les individus de poids normal, où la baisse atteint environ 7 mmHg. La pression artérielle diastolique diminue également de manière significative chez les participants hypertendus, d’environ 2,5 mmHg.
Cholestérol total et LDL-cholestérol
L’analyse globale ne révèle pas de baisse significative du cholestérol total ni du LDL-cholestérol. Cependant, les analyses par sous-groupes montrent une réduction du cholestérol total chez les personnes hypertendues (environ 9 mg/dl) et chez les individus de poids normal (environ 7 mg/dl). Le LDL-cholestérol diminue significativement chez les participants hypertendus, d’environ 4,5 mg/dl.
Glycémie, inflammation et marqueurs hépatiques et rénaux
Aucune modification significative n’a été observée sur la glycémie à jeun, l’insuline, l’hémoglobine glyquée, les enzymes hépatiques, la créatinine ou les marqueurs inflammatoires. Les auteurs soulignent que les valeurs de départ de ces paramètres se situaient dans les normes chez la plupart des participants, ce qui limite la possibilité de détecter un effet.
Douze essais cliniques randomisés passés au crible
Les auteurs ont interrogé quatre bases de données pour identifier tous les essais cliniques randomisés comparant l’extrait de feuille d’Olivier à un placebo chez l’adulte. Sur 723 références, douze études ont été retenues, totalisant 819 participants, avec des durées d’intervention de six à quarante-huit semaines et des dosages de 500 mg à 5 g par jour. La plupart utilisaient des comprimés ou des gélules d’extrait standardisé en oléuropéine. Les résultats ont été agrégés à l’aide d’un modèle à effets aléatoires, adapté à la diversité des protocoles.
L’oléuropéine, un polyphénol au cœur de la feuille d’Olivier
La feuille de l’Olivier (Olea europaea L.) concentre une quantité d’oléuropéine nettement supérieure à celle du fruit ou de l’huile d’olive. Ce polyphénol, qui appartient à la famille des sécoiridoïdes, est le principal composé bioactif étudié dans les essais cliniques de cette méta-analyse. La feuille contient également de l’hydroxytyrosol, des flavonoïdes et des acides phénoliques, qui contribuent à ses propriétés antioxydantes.
Plusieurs mécanismes d’action sont avancés pour expliquer les effets observés sur la pression artérielle et les lipides :
- L’oléuropéine et l’oléacéine inhibent l’enzyme de conversion de l’angiotensine, une cible classique des traitements antihypertenseurs.
- Des travaux expérimentaux rapportent un effet vasodilatateur à court terme de l’oléuropéine, ainsi qu’une action antagoniste sur les canaux calciques.
- L’oléuropéine a été identifiée comme un agoniste du récepteur PPAR-alpha, un mécanisme par lequel elle peut moduler le métabolisme des triglycérides.
- Des études sur des modèles animaux montrent une inhibition de la HMG-CoA réductase, l’enzyme clé de la synthèse du cholestérol, ce qui pourrait contribuer à la baisse du cholestérol total observée dans certains sous-groupes.
Cette méta-analyse de douze essais cliniques randomisés met en évidence un effet favorable de l’extrait de feuille d’Olivier sur les triglycérides et la pression artérielle systolique chez l’adulte, avec des résultats particulièrement nets chez les personnes hypertendues. Des essais de plus grande envergure sont malgré tout encore nécessaires pour préciser les dosages optimaux et les populations les plus concernées. Cette approche ne se substitue pas au traitement médical ni au suivi cardiologique.
Approches complémentaires
La prévention cardiovasculaire repose avant tout sur un suivi médical adapté et un mode de vie favorable. Plusieurs approches complémentaires, étudiées dans des essais cliniques ou des méta-analyses, peuvent s’inscrire dans cette démarche globale, en accord avec l’équipe soignante.
Micronutrition
Le coenzyme Q10 est un antioxydant dont les taux diminuent avec l’âge et la prise de statines. Plusieurs méta-analyses d’essais cliniques rapportent un bénéfice chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque, ainsi qu’une baisse modérée de la pression artérielle systolique.
Le Magnésium participe au fonctionnement normal du muscle cardiaque et à la régulation de la pression artérielle. Des méta-analyses ont montré qu’une supplémentation est associée à une réduction de la pression artérielle, en particulier chez les personnes en déficit d’apport.
Les oméga-3 à longue chaîne (EPA et DHA) sont associés, dans une méta-analyse de quarante essais cliniques, à une réduction significative du risque d’infarctus du myocarde et d’événements coronariens, avec un effet protecteur qui augmente avec la dose.
Phytothérapie
L’Ail noir (Allium sativum) a fait l’objet d’essais cliniques montrant un effet modéré, mais cliniquement pertinent, sur la réduction de la pression artérielle et du cholestérol total.
La teinture mère d’Aubépine (Crataegus spp.) est étudiée depuis longtemps pour ses effets cardiovasculaires. Une revue Cochrane rapporte un bénéfice en complément du traitement de l’insuffisance cardiaque légère à modérée, et une méta-analyse récente met en évidence une réduction de la pression artérielle systolique.
La Cannelle (Cinnamomum spp.) a fait l’objet de plusieurs méta-analyses suggérant un effet favorable sur la glycémie, les triglycérides et la pression artérielle, autant de facteurs de risque cardiovasculaire.
Le Thé vert (Camellia sinensis), riche en catéchines, est associé dans des méta-analyses d’essais randomisés à une amélioration du profil lipidique et de la glycémie à jeun. Des études de grande ampleur rapportent également un lien entre sa consommation régulière et une réduction du risque coronarien.
Hygiène de vie
L’activité physique régulière constitue un pilier de la prévention cardiovasculaire. Les recommandations internationales préconisent au minimum 150 minutes d’activité modérée par semaine pour réduire le risque d’événements cardiaques.
Toute supplémentation ou modification des habitudes de vie doit être envisagée en concertation avec l’équipe médicale, en particulier en cas de traitement cardiovasculaire en cours.
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