Aubépine et hypertension : une méta-analyse confirme une baisse significative de la pression artérielle
Accès à l'étude complète : DOI : 10.3390/ph18071027
L'Aubépine, une plante utilisée de longue date pour le système cardiovasculaire
L'Aubépine (Crataegus spp.) est utilisée en médecine traditionnelle européenne depuis des siècles pour ses propriétés cardiovasculaires. Ses feuilles et ses fleurs contiennent des composés bioactifs — flavonoïdes (hypéroside, vitexine, rutine) et proanthocyanidines oligomériques — auxquels sont attribuées ses propriétés antioxydantes et vasculaires.
L'Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît l'usage traditionnel de l'Aubépine pour soulager les symptômes de troubles cardiaques fonctionnels temporaires (palpitations, sensation d'oppression), après exclusion d'une pathologie grave par un médecin. En revanche, l'hypertension ne figure pas parmi ses indications officielles, principalement par manque de données cliniques consolidées. Plusieurs essais cliniques ayant évalué l'Aubépine sur la pression artérielle n'avaient jusqu'ici jamais été synthétisés statistiquement : c'est précisément l'objet de cette publication.
Privilégier un extrait issu des parties aériennes fleuries (feuilles et fleurs), la partie de la plante la plus riche en flavonoïdes et en proanthocyanidines. Ces deux familles de composés sont les principaux actifs étudiés pour leurs effets cardiovasculaires.
Comment l'Aubépine agit-elle sur la pression artérielle ?
Plusieurs mécanismes, identifiés par la recherche préclinique, contribuent à l'effet antihypertenseur de l'Aubépine :
- Ses flavonoïdes et proanthocyanidines stimulent la production de monoxyde d'azote (NO) par les cellules de la paroi des vaisseaux sanguins, ce qui favorise le relâchement des artères et diminue la résistance au passage du sang (effet vasodilatateur).
- L'Aubépine possède une activité inhibitrice de l'enzyme de conversion de l'angiotensine, un système clé dans la régulation de la pression artérielle — le même que ciblent plusieurs médicaments antihypertenseurs.
- Ses propriétés antioxydantes protègent la paroi des vaisseaux du stress oxydatif, contribuant au maintien d'une bonne fonction artérielle.
- Un léger effet sédatif peut atténuer l'élévation tensionnelle liée au stress.
Six essais cliniques passés au crible
Cette méta-analyse a sélectionné six essais randomisés, en double aveugle, contrôlés contre placebo, totalisant 428 patients adultes hypertendus. Les préparations à base d'Aubépine étaient administrées à des doses de 250 à 1 200 mg par jour, sur des périodes de 10 semaines à 6 mois.
L'analyse statistique a utilisé un modèle à effets aléatoires, et le risque de biais a été évalué avec l'outil Cochrane. La majorité des essais présentait des réserves méthodologiques, notamment sur la randomisation et la mesure des critères de jugement, ce qui invite à interpréter les résultats avec prudence.
Ce que montrent les résultats
Pression artérielle systolique
L'Aubépine a réduit significativement la pression artérielle systolique par rapport au placebo, avec une baisse moyenne de 6,65 mmHg. Les auteurs de la méta-analyse soulignent que cette réduction se rapproche de l'ordre de grandeur des effets observés avec certains antihypertenseurs conventionnels en monothérapie.
Pression artérielle diastolique
Sur l'ensemble des études, la baisse de la pression diastolique (−7,19 mmHg) n'a pas atteint le seuil de significativité statistique. Toutefois, les analyses par sous-groupes révèlent une réduction significative pour les traitements d'une durée de 4 à 6 mois comme pour ceux de 10 semaines à 2 mois, ce qui suggère que la durée d'utilisation joue un rôle dans les résultats.
Tolérance
Les effets indésirables rapportés se sont limités à des maux de tête et de légers troubles digestifs (nausées), conformes au profil de tolérance connu de l'Aubépine.
Cette méta-analyse est la première à quantifier statistiquement l'effet antihypertenseur de l'Aubépine à partir d'essais cliniques randomisés contre placebo. La réduction de la pression systolique est encourageante, mais les variations de dosage, de durée et de type de préparation entre les études appellent des essais plus larges et mieux standardisés pour préciser les conditions optimales d'utilisation. L'Aubépine ne se substitue pas aux traitements prescrits : toute démarche de supplémentation doit être discutée avec l'équipe médicale, en particulier en cas de traitement antihypertenseur en cours.
Hypertension : d'autres approches naturelles à explorer
La prise en charge de l'hypertension gagne à être globale, en associant les traitements prescrits à des ajustements du mode de vie et, le cas échéant, à certaines approches complémentaires validées par des données cliniques. Toute modification ou ajout doit être discuté avec l'équipe médicale.
Micronutrition
- Magnésium : une méta-analyse de 38 essais randomisés (2 709 participants), publiée dans Hypertension en 2025, rapporte une baisse moyenne de la pression systolique de 2,81 mmHg, avec un effet plus marqué chez les patients hypertendus sous traitement (−7,68 mmHg).
- Coenzyme Q10 : une méta-analyse de 45 essais randomisés, publiée en 2025, rapporte une baisse significative de la pression systolique de 3,44 mmHg avec la supplémentation en CoQ10. L'effet est plus marqué à des doses inférieures à 200 mg/jour et pour des durées supérieures à 8 semaines.
- Oméga 3 : les acides gras oméga 3 (EPA et DHA), issus des poissons gras ou sous forme de compléments, contribuent à la régulation de la pression artérielle. Plusieurs méta-analyses rapportent un effet modeste mais cohérent sur la pression systolique.
Phytothérapie et alimentation
- Ail noir : un essai clinique a montré qu'un extrait standardisé en S-allyl-cystéine réduit significativement la pression artérielle diastolique, grâce à une action vasodilatatrice via le monoxyde d'azote.
- Régime DASH : ce programme alimentaire, riche en fruits, légumes, céréales complètes et pauvre en sodium, est l'une des approches non médicamenteuses les mieux documentées pour réduire la pression artérielle.
Aromathérapie
- Huile essentielle d'Ylang Ylang Complète : ses propriétés hypotensives et régulatrices du rythme cardiaque ont été observées en situation de stress. Elle s'utilise en application cutanée diluée et ne remplace pas un traitement antihypertenseur.
- Huile essentielle de Lavande Vraie : ses effets relaxants et hypotenseurs en font un complément intéressant, en particulier lorsque le stress contribue à l'élévation de la pression artérielle.