Les crevasses aux mains se manifestent par des entailles plus ou moins profondes et étendues sur la peau. Elles s’accompagnent souvent de rougeurs et d’irritations. Elles apparaissent généralement après un assèchement conséquent de la peau dû aux agressions extérieures (le vent, le froid, l’exposition aux produits chimiques, etc.). Connu et utilisé depuis des siècles, le Miel est un extrait naturel regorgeant d’une immense variété de composés bénéfiques. Ces derniers lui procurent, entre autres, d’excellentes propriétés cicatrisantes, antibactériennes et hydratantes. En utilisation seule ou dans des recettes de cosmétiques DIY, le Miel est très intéressant pour prendre soin de la peau très sèche. En cas de crevasses, il permet d’apaiser la peau craquelée tout en favorisant la réparation des tissus abimés.

Cet article a été mis à jour le 24/08/2023

D’excellentes propriétés cicatrisantes

Le mode d’action du Miel sur la cicatrisation est complexe. Sa faculté à régénérer les tissus se manifeste par plusieurs modes d’action. Tout d’abord, le Miel agit sur la première phase du processus de cicatrisation : l’inflammation. Il possède en effet des propriétés anti-inflammatoires, intéressantes pour apaiser les douleurs ainsi que pour créer un environnement favorable à la cicatrisation.

Le Miel agit aussi sur la seconde phase de la cicatrisation : la phase proliférative. Sa nature acide (pH autour de 3,9 en moyenne) permet de libérer l’oxygène de l’hémoglobine (protéine des globules rouges assurant le transport de gaz). Ce mécanisme stimule la formation des tissus cicatriciels et donc le processus de cicatrisation.

Le Miel stimule aussi la fermeture des plaies en stimulant les fibroblastes et la production de collagène. Le rôle des fibroblastes est capital dans le processus de cicatrisation. Lorsque ces cellules détectent une lésion cutanée, elles prolifèrent et se produisent en masse pour booster la croissance de la peau. Cela forme un tissu de cicatrisation, riche en collagène. Le collagène est quant à lui la protéine la plus abondante et représente l’élément principal du tissu conjonctif. Sa production est donc nécessaire pour la formation de nouveaux tissus. Cette action serait dû au peroxyde d’hydrogène qu’il contient. Selon les études, l’application du Miel sur les plaies aide à les refermer finement. Il limite ainsi l’apparition de chéloïdes et les boursouflures des cicatrices.

En parallèle, le Miel aurait aussi la capacité de stimuler la réépithélialisation (phase de reconstruction de l’épithélium, tissu mince formé de cellules juxtaposées). Cette étape est primordiale dans le processus de réparation tissulaire. Elle consiste en la migration et en la prolifération des kératinocytes à la surface de la peau. Le Miel fournit le glucose nécessaire aux cellules épithéliales pour faciliter leur migration à travers la plaie.

Enfin, le Miel contient certains nutriments comme le zinc, le fer, le cuivre, le cobalt, le manganèse ou encore le magnésium. Ces nutriments ont la capacité de promouvoir la prolifération des kératinocytes (cellules majoritaires des cellules épidermiques) en modulant l’expression des intégrines (protéines transmembranaires jouant un rôle primordial dans la migration, la différenciation et la survie des cellules).

Les autres propriétés bénéfiques du Miel

Hydratant, humectant, émollient : la particularité du Miel est son pouvoir hygroscopique grâce à son importante teneur en sucre. Cela signifie que les molécules de sucres sont capables de capter les molécules d’eau environnantes et de les retenir. Le Miel possède aussi une excellente capacité de pénétration. En effet, lorsqu’il pénètre dans l’épiderme, il entraîne avec lui les molécules d’eau qu’il retient, favorisant ainsi la réhydratation des tissus. Il permet donc de renforcer le film hydrolipidique, qui est une barrière cutanée hydrique au-dessus de l’épiderme. L’hydratation cutanée assure la souplesse, la douceur, la tonicité et l’aspect de la peau.

Antibactérien : les enzymes glucose oxydase contenues dans le Miel convertissent le glucose en acide gluconique. Cette action rend le Miel trop acide pour la croissance des microbes. Un sous-produit de cette réaction est le peroxyde d’hydrogène, qui agit en tant qu’agent stérilisant du Miel. De plus, les molécules de sucres ont la capacité de retenir les molécules d’eau environnantes, les rendant indisponibles pour la croissance des micro-organismes. Enfin, le Miel contient de la défensine-1 d’abeille. Cette substance a la capacité de détruire les membranes des bactéries, causant ainsi leur mort. Le Miel permet ainsi de nettoyer la plaie. Il maintient ainsi des conditions hygiéniques dans la zone affectée en éliminant les tissus morts et en tuant les éventuelles bactéries.

Anti-inflammatoire : le mécanisme anti-inflammatoire n’est pas encore parfaitement connu. Les études suggèrent que le Miel aurait la capacité d’inhiber la synthèse de certaines prostaglandines pro-inflammatoires via l’inhibition de la cyclooxygénase-2. La propriété anti-inflammatoire pourrait être due aux propriétés antioxydantes du Miel. L’inhibition des molécules réactives de l’oxygène aiderait à diminuer la réponse inflammatoire.

En utilisation seule

Sur des plaies ouvertes, il est fortement recommandé d’utiliser du Miel médical. Ce Miel a la particularité d’avoir subi une stérilisation. En effet, les miels frais peuvent exceptionnellement contenir des spores tétaniques, des toxines botuliques ou encore un champignon nommé ascosphérose.

Appliquer une fine couche de Miel sur les crevasses des mains. Laisser poser une trentaine de minutes puis rincer à l’eau claire avant de nettoyant avec un savon doux. Appliquer ensuite un soin hydratant et protecteur sur l’ensemble des mains.

En baume apaisant et réparateur

Ingrédients
Recette et application

Faire fondre la cire d’abeille, le Miel, le beurre de Karité, le beurre de Cacao et l’huile de Coco au bain-marie. Lorsque tous les ingrédients sont fondus et la préparation homogène, sortir le bol du feu et ajouter les huiles essentielles. Bien mélanger pour bien homogénéiser. Verser dans un petit pot en verre, puis laisser refroidir et durcir 24 heures à température ambiante.

Pour l’application, il suffit de prélever du baume sur le bout des doigts et de l’appliquer sur la crevasse. Masser délicatement pour aider les actifs à pénétrer.

Précautions d’utilisation

Ce baume est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes. Les personnes épileptiques et asthmatiques doivent demander un avis médical avant toute utilisation. Il en est de même pour les personnes sous traitement anticoagulant. Enfin, il est conseillé de réaliser un test allergique dans le creux du coude avant tout utilisation. Les femmes enceintes et allaitantes peuvent enlever les huiles essentielles afin de pouvoir utiliser le baume sans danger.

Pourquoi ces ingrédients ?

L’huile essentielle de Ciste est un puissant cicatrisant. Elle renforce l’action régénératrice tissulaire du Miel en agissant sur la synthèse des kératinocytes. La stimulation de ces cellules accélère le processus de réparation tissulaire. L’huile essentielle de Géranium Rosat est intéressante en cas de crevasses pour ses propriétés anti-inflammatoires et anti-infectieuses. Elle participe à diminuer l’inflammation cutanée, tout en favorisant un environnement sain à la cicatrisation en éliminant les germes. Les graisses végétales telles que le beurre de Karité, l’huile de Jojoba et l’huile de Coco, permettent de nourrir la peau en profondeur. Ils participent à améliorer l’élasticité de la peau afin de limiter l’apparition de nouvelles crevasses. Quant au beurre de Cacao, il renforce la propriété nourrissante grâce à sa forte teneur en acide gras et joue aussi le rôle d’agent texturant. Enfin, la cire d’abeille est à la fois un agent texturant permettant de faire durcir le baume, et à la fois un agent cosmétique très intéressant en cas de crevasses. Elle est en effet apaisante, nourrissante et cicatrisante. Elle aide à renforcer la barrière cutanée et est donc très recommandée notamment en hiver pour prendre soin de la peau sensible des mains.

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Bibliographie

Publication : Hadagali, M. D., & Chua, L. S. (2014). The anti-inflammatory and wound healing properties of honey. European Food Research and Technology, 239(6), 1003 1014. https://doi.org/10.1007/s00217-014-2297-6

Publication : Oryan, A., Alemzadeh, E., & Moshiri, A. (2016). Biological Properties and Therapeutic Activities of honey in Wound Healing : A narrative review and Meta-analysis. Journal of Tissue Viability, 25(2), 98 118. https://doi.org/10.1016/j.jtv.2015.12.002