Les troubles du sommeil touchent une large majorité des personnes vivant avec la maladie de Parkinson, avec un retentissement direct sur la qualité de vie quotidienne. Une étude publiée en 2022 dans la revue « Sleep and Breathing » a testé le 5-HTP, le principe actif du Griffonia, chez 18 patients parkinsoniens souffrant de troubles du comportement en sommeil paradoxal, dans le cadre d'un essai clinique randomisé en double aveugle. Les résultats, encourageants sur la stabilité du sommeil, ouvrent une piste qui mérite d'être approfondie.
Cet article a été mis à jour le 17/06/2026Le Griffonia (Griffonia simplicifolia) est une plante dont les graines sont naturellement riches en 5-hydroxytryptophan, ou 5-HTP. Cette molécule est un intermédiaire clé dans la fabrication de deux neurotransmetteurs impliqués dans le sommeil : la sérotonine et la mélatonine. Contrairement au tryptophan alimentaire, le 5-HTP franchit directement la barrière hémato-encéphalique et se convertit en sérotonine dans le cerveau, sans passer par l'étape enzymatique limitante de la tryptophane hydroxylase.
Dans la maladie de Parkinson, le système sérotoninergique est altéré, ce qui contribue non seulement aux troubles de l'humeur mais aussi aux perturbations du cycle veille-sommeil. Des travaux antérieurs avaient déjà montré que le 5-HTP pouvait améliorer les dyskinésies induites par la lévodopa ainsi que les symptômes dépressifs chez les patients parkinsoniens. Son effet sur le sommeil restait en revanche inexploré dans cette population.
Le système sérotoninergique joue un rôle central dans la régulation du sommeil. Chez l'animal, des lésions des noyaux du raphé — structures cérébrales riches en neurones sérotoninergiques — entraînent une réduction du temps de sommeil et un abaissement des taux de sérotonine. Par ailleurs, certains antidépresseurs agissant sur la recapture de la sérotonine (ISRS) peuvent déclencher des épisodes de troubles du comportement en sommeil paradoxal, ce qui suggère un lien direct entre sérotonine et régulation du sommeil paradoxal.
La sérotonine est également le précurseur de la mélatonine, l'hormone qui synchronise le rythme circadien. Or le sommeil paradoxal est le stade le plus dépendant de l'horloge biologique : un déficit en mélatonine peut réduire sa durée et sa continuité. En augmentant la production cérébrale de sérotonine et, par cascade, de mélatonine, le 5-HTP pourrait donc agir sur deux leviers complémentaires de la qualité du sommeil.
C'est sur la base de ce raisonnement que les chercheurs ont conçu le premier essai clinique contrôlé évaluant le 5-HTP dans les troubles du comportement en sommeil paradoxal associés à la maladie de Parkinson.
L'étude a recruté 36 patients parkinsoniens, parmi lesquels 18 présentaient un trouble du comportement en sommeil paradoxal confirmé par vidéo-polysomnographie. Ces 18 patients ont été répartis aléatoirement en deux groupes dans un schéma croisé : chaque participant a reçu pendant quatre semaines soit 50 mg de 5-HTP par jour, soit un placebo, avant de passer au traitement inverse après une période de « lavage » de quatre semaines. Ni les patients, ni les médecins ne connaissaient l'ordre des traitements.
Les participants, âgés en moyenne de 67,5 ans, vivaient avec la maladie de Parkinson depuis environ huit ans. Leur sommeil a été évalué par polysomnographie à domicile à la fin de chaque période de traitement, complétée par des questionnaires sur la fréquence des épisodes nocturnes et l'impression clinique globale. Seize patients ont terminé l'ensemble du protocole.
Il faut noter que la dose testée — 50 mg par jour — est modeste et que l'échantillon reste de petite taille, ce qui confère à cet essai un statut de preuve de concept plutôt que de résultat définitif.
Les résultats dessinent un profil cohérent en faveur d'une meilleure stabilité du sommeil sous 5-HTP, même si la plupart des différences n'atteignent pas le seuil de significativité statistique.
Le pourcentage de sommeil paradoxal est passé de 10,4 % en début d'étude à 13,4 % sous 5-HTP, contre 11,3 % sous placebo. Cette augmentation, qui va dans le sens d'études antérieures montrant un effet du 5-HTP sur le sommeil paradoxal, n'a toutefois pas atteint la significativité statistique.
Point important : malgré cette augmentation du temps passé en sommeil paradoxal — phase durant laquelle les épisodes de comportements moteurs anormaux surviennent — la fréquence et la sévérité des épisodes rapportés par les patients n'ont pas augmenté. L'impression clinique globale de sévérité s'est d'ailleurs améliorée par rapport au début de l'étude, aussi bien sous 5-HTP que sous placebo.
Le 5-HTP a été associé à une tendance à la diminution de l'index d'éveils nocturnes et du temps d'éveil après l'endormissement, deux marqueurs d'un sommeil moins fragmenté.
Résultat significatif de l'étude : le 5-HTP a amélioré de façon statistiquement significative les capacités motrices au quotidien, évaluées par la partie II de l'échelle UPDRS. Cette amélioration pourrait refléter un effet indirect d'un sommeil de meilleure qualité sur le fonctionnement diurne.
Les troubles du comportement en sommeil paradoxal touchent 20 à 50 % des patients parkinsoniens. Ils se manifestent par des mouvements brusques, des vocalisations ou des gestes violents pendant le sommeil paradoxal, pouvant entraîner des blessures pour le patient ou son entourage. Les options thérapeutiques actuelles restent peu nombreuses et leurs résultats, inégaux. Le clonazépam, une benzodiazépine à faible dose, est longtemps resté le traitement de référence. Mais un essai contrôlé récent n'a pas confirmé son efficacité dans ce contexte précis.
Dans ce paysage, le 5-HTP présente un mécanisme d'action original : plutôt que de cibler directement le sommeil paradoxal ou l'atonie musculaire, il agit en amont en renforçant la production de sérotonine et de mélatonine, deux voies complémentaires impliquées dans la régulation du sommeil. Les auteurs soulignent que des doses plus élevées et des durées de traitement plus longues pourraient permettre d'observer des effets plus marqués.
Cet essai clinique pilote est le premier à évaluer le 5-HTP du Griffonia sur les troubles du sommeil paradoxal dans la maladie de Parkinson, dans un cadre contrôlé et en double aveugle. Les résultats suggèrent que le 5-HTP est bien toléré et pourrait contribuer à stabiliser le sommeil sans aggraver les épisodes comportementaux nocturnes. Ces données restent préliminaires et doivent être confirmées par des essais de plus grande envergure, avec des doses plus élevées et un traitement plus prolongé. Toute supplémentation en 5-HTP dans le cadre de la maladie de Parkinson doit se faire en concertation avec l'équipe médicale.
La gestion des troubles du sommeil dans la maladie de Parkinson gagne à s'inscrire dans une approche globale, en complément du suivi neurologique. Plusieurs pistes naturelles, soutenues par des données précliniques ou cliniques, peuvent être envisagées en accord avec l'équipe soignante.
Certaines huiles essentielles sont traditionnellement utilisées pour favoriser l'endormissement et réduire les réveils nocturnes. L'huile essentielle de Camomille Romaine et l'huile essentielle de Lavande Vraie sont parmi les plus étudiées pour leurs propriétés relaxantes et sédatives. L'huile essentielle de Petit Grain Bigarade peut également contribuer à apaiser l'anxiété, souvent associée aux troubles du sommeil dans le Parkinson. L'usage des huiles essentielles nécessite des précautions particulières chez les personnes sous traitement neurologique ; un avis médical préalable est recommandé.
La mélatonine exogène, à des doses de 3 à 12 mg au coucher, a fait l'objet de plusieurs études dans les troubles du comportement en sommeil paradoxal. Des essais ouverts ont rapporté une réduction des épisodes comportementaux nocturnes, bien que les résultats des essais contrôlés restent nuancés. Elle est aujourd'hui considérée comme une option de première ligne, aux côtés du clonazépam, par plusieurs recommandations internationales.
Les oméga-3, en particulier le DHA, ont montré un effet neuroprotecteur dans des modèles animaux de la maladie de Parkinson, en agissant notamment sur la survie des neurones dopaminergiques via le facteur neurotrophique BDNF. Bien que les données cliniques spécifiques au sommeil dans le Parkinson soient encore limitées, l'intérêt d'une supplémentation en oméga-3 dans le cadre d'une prise en charge globale de la maladie est soutenu par plusieurs travaux de recherche.
Toute démarche complémentaire doit être discutée avec son neurologue ou son pharmacien, afin de vérifier l'absence d'interaction avec les traitements en cours.
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie