Cet article est une synthèse de la littérature scientifique. Il ne traite d'aucun produit commercial.

En bref

Les pleurs prolongés liés aux coliques épuisent les nourrissons comme leurs parents, et les options validées restent limitées. Une méta-analyse publiée en 2024 dans « Translational Pediatrics » a compilé quatre essais cliniques randomisés portant sur 168 nourrissons pour évaluer l'effet du probiotique Lactobacillus rhamnosus GG sur le temps de pleurs. Les résultats indiquent une réduction moyenne d'environ 33 minutes de pleurs par jour dans les groupes supplémentés.
Accès à l'étude complète : DOI 10.21037/tp-24-112

Moins de pleurs, moins d'inflammation intestinale

Une réduction notable du temps de pleurs

En regroupant les données de trois essais cliniques, cette méta-analyse montre que la supplémentation en Lactobacillus rhamnosus GG (LGG) réduit le temps de pleurs et d'agitation d'environ 33 minutes par jour par rapport au placebo, un résultat statistiquement significatif. L'homogénéité des résultats entre les études renforce cette observation.

Un marqueur d'inflammation en baisse

L'analyse a également porté sur la calprotectine fécale, une protéine dont la concentration dans les selles reflète le niveau d'inflammation intestinale. Chez les nourrissons ayant reçu du LGG, ce marqueur diminue de manière significative, suggérant un apaisement de l'inflammation digestive. La tolérance du probiotique est restée bonne dans l'ensemble des études analysées.

Message clé. Dans cette méta-analyse, les nourrissons recevant du L. rhamnosus GG ont pleuré en moyenne 33 minutes de moins par jour que ceux sous placebo, avec une baisse parallèle d'un marqueur d'inflammation intestinale.

Comment cette méta-analyse a-t-elle été conduite ?

Les chercheurs ont passé en revue quatre bases de données scientifiques pour identifier tous les essais randomisés comparant le LGG à un placebo chez des nourrissons souffrant de coliques. Quatre études totalisant 168 bébés ont été retenues, avec des protocoles de supplémentation allant de 21 à 90 jours et des doses variables selon les essais. Cette diversité de protocoles, associée à un nombre encore limité de participants, appelle des essais complémentaires pour affiner les recommandations.

Pourquoi L. rhamnosus GG agit-il sur les coliques ?

Les coliques sont associées à un déséquilibre du microbiote intestinal : moins de lactobacilles et de bifidobactéries, davantage de bactéries pro-inflammatoires. Ce déséquilibre favorise la fermentation excessive, la production de gaz et une inflammation intestinale de bas grade qui peut amplifier l'inconfort du nourrisson via l'axe intestin-cerveau.

Lactobacillus rhamnosus GG, première souche de lactobacille brevetée (1989), survit à l'acidité gastrique et adhère à la muqueuse intestinale. Son action repose sur plusieurs leviers :

  • rééquilibrage de la flore en limitant les bactéries indésirables,
  • renforcement de la barrière intestinale et
  • modulation de la réponse inflammatoire.

Des données précliniques suggèrent également un effet sur certains neurotransmetteurs impliqués dans la perception de la douleur.


En pratique. Comment choisir un complément de probiotiques ? Le produit doit indiquer clairement le genre, l'espèce et la souche du probiotique utilisé. Par exemple : Lactobacillus (genre) rhamnosus (espèce) GG (souche), déposée dans une biobanque sous une référence traçable comme ATCC 53103. Il est préférable que la souche soit conditionnée dans des gélules gastro-résistantes pour limiter l'impact de l'acidité gastrique. La quantité de probiotiques doit être clairement précisée en UFC (Unités Formant Colonie) par gélule.

Un probiotique qui élargit les options à côté de L. reuteri

Jusqu'à présent, Lactobacillus reuteri DSM 17938 était le seul probiotique disposant de données cliniques solides dans la prise en charge des coliques du nourrisson, avec une réduction des pleurs observée dès le septième jour de supplémentation, principalement chez les bébés allaités.

Cette méta-analyse élargit le champ des souches étudiées dans cette indication. Si LGG et L. reuteri semblent agir sur des mécanismes proches, rééquilibrage du microbiote et réduction de l'inflammation, les données sur le LGG portent sur un nombre plus restreint de nourrissons. Elles constituent néanmoins un signal encourageant pour les familles en recherche d'alternatives.

Ce qu'il faut retenir. Cette méta-analyse est la première à évaluer spécifiquement l'effet du L. rhamnosus GG sur les coliques du nourrisson. Ses résultats — une réduction d'environ 33 minutes de pleurs par jour et une baisse de l'inflammation intestinale — sont encourageants mais demandent confirmation par des essais plus larges et mieux standardisés. Toute démarche de supplémentation chez le nourrisson doit être discutée avec le pédiatre ou le médecin traitant.

Approches complémentaires

Les coliques du nourrisson s'inscrivent dans une période de maturation digestive et neurologique où le bébé s'adapte à son environnement. Au-delà des probiotiques, une prise en charge globale associant plusieurs approches peut aider les familles à traverser cette période. Quelle que soit la démarche envisagée, il est recommandé d'en informer le pédiatre ou le médecin traitant.

Phytothérapie : le Fenouil en infusion

En phytothérapie, les graines de Fenouil (Foeniculum vulgare) sont traditionnellement utilisées pour leurs propriétés antispasmodiques et carminatives, c'est-à-dire qu'elles aident à soulager les spasmes intestinaux et à faciliter l'expulsion des gaz. Les autorités de santé reconnaissent d'ailleurs l'usage des graines de Fenouil dans le traitement des troubles digestifs. Chez les nourrissons, les infusions de Fenouil peuvent être proposées à partir de l'âge de 3 mois, en complément des autres mesures. Un avis médical préalable est recommandé.

Aromathérapie : des huiles essentielles en massage

Certaines huiles essentielles, comme l'huile essentielle de Petit Grain Bigarade, diluées dans une huile végétale (Argan, par exemple), peuvent être utilisées en massage doux sur le ventre et le bas du dos du nourrisson pour contribuer à son confort digestif. Cette approche est réservée aux bébés de plus de 3 mois et impose des précautions strictes. Demander l'avis d'un professionnel de santé est recommandé.

Gestes du quotidien

Le portage en écharpe, la position ventrale sur l'avant-bras et les massages doux du ventre dans le sens des aiguilles d'une montre figurent parmi les gestes apaisants les plus souvent rapportés par les familles. L'emmaillotage et les mouvements rythmiques (balancement, marche) peuvent offrir un soulagement temporaire et contribuent au lien parent-enfant. Les pleurs prolongés étant aussi éprouvants pour les parents, le GFHGNP insiste sur l'importance de la réassurance parentale : les coliques sont transitoires et ne reflètent aucune défaillance des soins. Se relayer, accepter de l'aide et consulter en cas d'épuisement sont des gestes essentiels, notamment pour prévenir le syndrome du bébé secoué.


Liu, H., Fei, Q., & Yuan, T. (2024). The effectiveness of Lactobacillus rhamnosus GG in the treatment of infantile colic: a systematic review and meta-analysis. Translational Pediatrics, 13(8), 1415–1424. DOI : 10.21037/tp-24-112
Avertissement Les informations présentées sur cette page sont issues de la littérature scientifique et sont fournies à titre informatif. Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas la consultation d'un professionnel de santé. Avant de débuter une supplémentation chez votre nourrisson, demandez conseil à votre pédiatre ou médecin traitant.

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