Helicobacter pylori : Lactobacillus reuteri améliore l’efficacité et la tolérance du traitement selon une méta-analyse
En bref
Accès à l’étude complète : DOI 10.1177/17562848241258021
Lactobacillus reuteri, un probiotique aux propriétés anti-H. pylori
Lactobacillus reuteri (aujourd’hui renommé Limosilactobacillus reuteri) est une bactérie lactique naturellement présente dans le microbiote humain. Elle se distingue par sa capacité à produire de la reutérine, un composé antimicrobien qui inhibe directement la croissance d’H. pylori. Elle possède également des propriétés anti-inflammatoires et un effet protecteur sur la muqueuse gastrique.
Plusieurs essais cliniques ont suggéré un bénéfice de cette souche en complément du traitement standard, mais les données restaient dispersées. La méta-analyse de Li et al. est la première à se consacrer spécifiquement à L. reuteri, alors que les synthèses précédentes regroupaient indistinctement plusieurs espèces probiotiques.
Huit essais cliniques passés au crible
Cette méta-analyse a compilé huit essais contrôlés randomisés comparant L. reuteri à un placebo, en complément du traitement standard. Au total, 1 087 patients ont été inclus. Les protocoles variaient en termes de schéma antibiotique (trithérapie ou quadrithérapie au bismuth), de dosage et de durée de supplémentation (une à huit semaines). Tous les essais retenus ont obtenu des scores de qualité élevés selon l’outil Cochrane d’évaluation des biais. Le nombre limité d’essais et l’hétérogénéité des protocoles invitent toutefois à interpréter ces résultats avec prudence.
Un traitement plus efficace avec L. reuteri
L’ajout de L. reuteri au traitement standard a permis d’améliorer significativement le taux de réussite de la prise en charge.
Résultat global
Le taux d’éradication atteint 80 % dans le groupe supplémenté, contre 72,6 % avec le placebo. Ce gain, modeste mais significatif, correspond à environ 14 patients à supplémenter pour obtenir une éradication supplémentaire.
Durée et moment de la supplémentation
L’avantage est particulièrement net lorsque la supplémentation dure au moins quatre semaines et lorsqu’elle est poursuivie après la fin du traitement antibiotique. Le bénéfice est également significatif en première ligne de traitement.
Moins d’effets indésirables, un meilleur confort digestif
L’un des apports les plus marquants de cette méta-analyse concerne la tolérance.
Réduction des effets secondaires
Les patients supplémentés en L. reuteri ont présenté significativement moins d’effets indésirables que ceux sous placebo : nausées, douleurs abdominales, troubles du goût, brûlures d’estomac et diarrhée — des effets fréquemment rapportés avec les antibiotiques utilisés contre H. pylori.
Amélioration des symptômes digestifs
Les scores de symptômes gastro-intestinaux, évalués par questionnaire standardisé, se sont davantage améliorés dans le groupe L. reuteri que dans le groupe placebo.
Un besoin croissant d’alternatives pour accompagner le traitement
La résistance d’H. pylori aux antibiotiques progresse dans le monde entier, rendant les échecs thérapeutiques plus fréquents. Les effets secondaires du traitement restent par ailleurs l’une des principales causes d’abandon ou de mauvaise observance. Identifier des stratégies complémentaires capables d’améliorer à la fois l’efficacité et la tolérance du traitement représente donc un enjeu important. Ces résultats suggèrent que L. reuteri pourrait s’inscrire dans cette démarche, même si des essais de plus grande envergure restent nécessaires pour préciser les protocoles optimaux.
Approches complémentaires
La prise en charge d’une infection à H. pylori repose avant tout sur le traitement médical prescrit par le médecin. Certaines approches naturelles peuvent toutefois accompagner ce traitement en contribuant au confort digestif. Toute supplémentation ou modification de la prise en charge doit être discutée avec l’équipe soignante.
Phytothérapie
La Réglisse (Glycyrrhiza glabra) possède des propriétés anti-inflammatoires et gastroprotectrices. Des travaux in vitro ont montré que ses polysaccharides inhibent l’adhésion d’H. pylori à la muqueuse gastrique. Elle est toutefois contre-indiquée en cas d’hypertension artérielle et sa prise ne doit pas excéder six semaines sans avis médical.
Le Curcuma (Curcuma longa) contient des curcuminoïdes aux propriétés anti-inflammatoires reconnues. La curcumine inhibe la sécrétion acide gastrique et possède une activité contre H. pylori documentée in vitro. L’OMS reconnaît par ailleurs l’usage du curcuma dans les troubles dyspeptiques. Sa prise est déconseillée en cas de pathologie hépatique ou biliaire, ainsi qu’en association avec des anticoagulants, et ne doit pas dépasser 153 mg de curcumine par jour sous forme de complément (seuil ANSES).
Aromathérapie
Certaines huiles essentielles possèdent des propriétés antalgiques et antispasmodiques qui peuvent contribuer à soulager les douleurs abdominales associées au traitement d’H. pylori. Appliquées par voie cutanée en dilution dans une huile végétale, elles offrent un complément de confort pendant la prise en charge. Leur usage doit rester ponctuel et être validé par un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement médicamenteux en cours.
Protection de la muqueuse gastrique
L’Argile blanche Kaolin forme un gel protecteur au contact de l’eau, qui tapisse la muqueuse digestive et limite l’impact de l’acidité gastrique. Elle peut contribuer à soulager les brûlures d’estomac et les remontées acides fréquemment associées au traitement. Sa prise doit être espacée d’au moins deux heures de tout médicament. La Propolis a par ailleurs fait l'objet de recherches mettant en évidence des propriétés antimicrobiennes documentées sur H. pylori.
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