L'extrait de Ginkgo biloba (EGb 761) a fait l'objet de plusieurs essais cliniques sur les acouphènes, avec des résultats qui dépendent largement du type d'acouphène concerné. Lorsque les acouphènes sont liés à un déficit de circulation sanguine dans l'oreille interne, le Ginkgo biloba montre une efficacité comparable à celle de traitements de référence comme la pentoxifylline. En revanche, pour les acouphènes subjectifs chroniques sans composante vasculaire identifiée, les données restent incertaines. L'extrait standardisé, dosé à 240 mg par jour pendant au moins 12 semaines, est la seule forme qui a démontré des résultats dans les études. Ce guide fait le point sur les preuves disponibles, les mécanismes en jeu et les critères pour en tirer un bénéfice réel.
Les acouphènes correspondent à la perception d'un son — bourdonnement, sifflement, grésillement — en l'absence de toute source sonore extérieure. On distingue les acouphènes objectifs (liés à un bruit réellement produit dans le corps, par exemple par un flux sanguin turbulent), les acouphènes subjectifs (perçus uniquement par le patient, de loin les plus fréquents) et les acouphènes temporaires (après une exposition sonore intense, généralement réversibles). Les causes sont multiples : perte auditive liée à l'âge, traumatisme sonore, infection de l'oreille, mais aussi insuffisance circulatoire de l'oreille interne, qui constitue le terrain où le Ginkgo biloba présente le plus d'intérêt.
L'oreille interne, et en particulier la cochlée, dépend d'un apport sanguin fin et constant pour fonctionner. Les cellules ciliées qui transforment les vibrations sonores en signaux nerveux sont très sensibles à toute diminution de l'oxygénation locale. Lorsque la microcirculation cochléaire est altérée — par l'âge, l'athérosclérose ou un spasme vasculaire —, ces cellules peuvent dysfonctionner et générer des signaux parasites interprétés comme des acouphènes.
L'extrait de Ginkgo biloba agit sur ce mécanisme par trois voies complémentaires. Il améliore la microcirculation en réduisant la viscosité sanguine et en favorisant la vasodilatation des petits vaisseaux de l'oreille interne, ce qui augmente l'apport en oxygène et en nutriments aux cellules ciliées. Ses flavonoïdes exercent un effet antioxydant qui protège ces mêmes cellules contre le stress oxydatif, un facteur aggravant reconnu des lésions cochléaires. Enfin, les terpénolactones (ginkgolides et bilobalide) ont une action neuroprotectrice en limitant l'excitotoxicité neuronale, c'est-à-dire les dommages causés par une stimulation excessive des neurones auditifs.
Ces mécanismes expliquent pourquoi le Ginkgo biloba est surtout pertinent lorsque les acouphènes comportent une composante circulatoire. Lorsque le problème est purement neurologique ou lié à un traumatisme mécanique irréversible, l'amélioration de la circulation sanguine cochléaire a moins de prise sur le symptôme.
L'essai clinique le plus rigoureux comparant le Ginkgo biloba à un traitement de référence est celui de Procházková et al., publié en 2018 dans l'International Journal of Clinical Pharmacy. Cet essai randomisé en double aveugle a comparé l'extrait standardisé EGb 761 (240 mg/jour) à la pentoxifylline (1 200 mg/jour) chez 197 patients souffrant d'acouphènes sub-chroniques ou chroniques, pendant 12 semaines. Les deux traitements ont produit des améliorations significatives et comparables sur l'intensité et la gêne liées aux acouphènes, mesurées par le questionnaire Mini-TQ et des échelles de sévérité. Le groupe EGb 761 a présenté moins d'effets indésirables (20 événements contre 36 dans le groupe pentoxifylline), sans effet indésirable grave dans aucun des deux groupes.
| Design | Essai randomisé, double aveugle, double placebo, 12 semaines |
| Population | N = 197 patients (99 EGb 761, 98 pentoxifylline), acouphènes sub-chroniques ou chroniques |
| Résultat clé | Efficacité comparable des deux traitements sur l'intensité, la gêne et le score Mini-TQ, avec moins d'effets indésirables sous EGb 761 |
| Limite | Pas de groupe placebo — la comparaison se fait entre deux traitements actifs |
Les revues systématiques présentent un tableau plus nuancé, principalement parce qu'elles regroupent des études utilisant des extraits de qualité très variable. La revue Cochrane de Hilton et al. (2013) a conclu que les preuves disponibles ne démontraient pas l'efficacité du Ginkgo biloba lorsque les acouphènes étaient la plainte primaire. La mise à jour de Sereda et al. (2022) a confirmé cette incertitude, avec des niveaux de preuve jugés faibles à très faibles. Ces revues incluaient cependant des essais utilisant des extraits non standardisés, à des doses et durées très variables.
En parallèle, la revue systématique de von Boetticher (2011), centrée spécifiquement sur l'extrait standardisé EGb 761, a identifié trois essais contrôlés contre placebo montrant une efficacité significative lorsque les acouphènes étaient la plainte principale. Cette divergence illustre un point fondamental : tous les extraits de Ginkgo ne se valent pas, et les résultats dépendent étroitement de la standardisation et du dosage de l'extrait utilisé. Une étude observationnelle de grande échelle publiée par Langguth et al. en 2024 dans Frontiers in Neurology a par ailleurs montré que les patients recevant des prescriptions d'extrait de Ginkgo biloba avaient moins de consultations ORL répétées pour acouphènes, suggérant un bénéfice en conditions réelles de prescription.
Les données cliniques permettent de distinguer trois situations selon le type d'acouphène et son ancienneté.
Lorsque les acouphènes sont associés à une insuffisance de la microcirculation périphérique, à des vertiges ou à une baisse auditive progressive liée à l'âge, l'extrait de Ginkgo biloba standardisé présente les meilleurs résultats. Le mécanisme est cohérent avec son mode d'action : en améliorant le débit sanguin cochléaire, il s'attaque directement à la cause du symptôme. C'est dans cette population que la revue de von Boetticher (2011) a identifié des résultats positifs significatifs avec l'EGb 761.
Pour les acouphènes subjectifs chroniques sans composante circulatoire établie, les résultats sont nettement plus limités. Les revues Cochrane concluent à une incertitude sur les bénéfices dans cette population. Cela ne signifie pas que le Ginkgo est inefficace dans tous les cas, mais que le bénéfice moyen est trop faible pour être démontré statistiquement dans des populations hétérogènes où les causes sous-jacentes varient considérablement.
Pour les acouphènes apparus depuis quelques semaines à quelques mois, le Ginkgo biloba semble offrir de meilleures perspectives que pour les acouphènes installés depuis des années. L'essai de Procházková et al. incluait des patients souffrant d'acouphènes sub-chroniques et chroniques, et les résultats positifs concernaient l'ensemble du groupe. La prise en charge précoce, idéalement dans les trois premiers mois suivant l'apparition des symptômes, augmente les chances de réponse au traitement.
« Le Ginkgo biloba guérit tous les types d'acouphènes. »
Les résultats positifs concernent principalement les acouphènes liés à un déficit circulatoire de l'oreille interne. Pour les acouphènes subjectifs chroniques sans cause vasculaire, les preuves restent insuffisantes.
Les études cliniques ayant montré des résultats sur les acouphènes ont toutes utilisé l'extrait standardisé EGb 761 à des doses de 120 à 240 mg par jour. L'essai de Procházková et al. utilisait 240 mg par jour, répartis en deux prises de 120 mg. La posologie de 240 mg par jour est celle qui revient le plus fréquemment dans les protocoles cliniques et qui correspond à la dose maximale étudiée pour cette indication.
La durée de cure est un paramètre aussi déterminant que la dose. Les essais cliniques ont évalué le Ginkgo biloba sur des périodes de 12 semaines minimum, et l'étude de Lisowska et al. (2025) a suivi les patients sur 24 semaines. Les effets ne sont pas immédiats : une amélioration progressive est généralement observée après 4 à 6 semaines, avec un bénéfice maximal atteint vers 12 semaines. Une cure inférieure à 8 semaines ne permet pas de juger de l'efficacité du traitement.
L'extrait doit être standardisé à 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones, le profil qui définit l'EGb 761 et qui a été utilisé dans la quasi-totalité des essais cliniques. Les extraits non titrés ou dosés différemment n'ont pas démontré les mêmes résultats, ce que confirme la divergence entre les revues systématiques favorables à l'EGb 761 et celles qui regroupent tous types d'extraits.
Le Ginkgo biloba ne remplace pas une prise en charge médicale des acouphènes. L'acouphène est un symptôme, pas une maladie : son traitement dépend de son origine. Parmi les approches complémentaires validées, les appareils auditifs occupent une place centrale lorsque les acouphènes s'accompagnent d'une perte auditive. En amplifiant les sons extérieurs, ils réduisent le contraste entre le bruit de fond ambiant et le signal parasite perçu, ce qui diminue la perception des acouphènes.
La thérapie sonore (ou enrichissement sonore), qui consiste à diffuser un bruit de fond calibré pour masquer partiellement les acouphènes, peut également apporter un soulagement, en particulier au moment du coucher. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), recommandée par les référentiels européens (Cima et al., 2019), ne réduit pas le volume sonore perçu mais diminue significativement la détresse et le handicap fonctionnel associés aux acouphènes chroniques.
Le Ginkgo biloba s'inscrit dans cette prise en charge comme un complément ciblant la composante circulatoire, en parallèle des approches qui agissent sur la perception et l'habituation. Pour un panorama complet des précautions d'emploi du Ginkgo biloba, y compris les interactions médicamenteuses (notamment avec les anticoagulants), il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant de débuter une supplémentation.
L'efficacité du Ginkgo biloba sur les acouphènes dépend directement de la qualité de l'extrait utilisé. Les revues systématiques ont montré que les résultats positifs proviennent quasi exclusivement d'essais utilisant des extraits standardisés au profil 24/6, tandis que les extraits non standardisés ou faiblement dosés ne produisent pas de résultats significatifs. Le choix du produit n'est donc pas un détail : c'est la condition pour reproduire les conditions qui ont produit des résultats dans les études.
Extrait titré à 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones, dosé à 240 mg par prise journalière (soit 57,6 mg de flavonoïdes et 14,4 mg de terpénolactones par jour). Correspond au profil des études cliniques positives.
Extrait titré à 24/6 mais dosé à 120 mg par jour. Dose utilisée dans certaines études, mais la majorité des protocoles sur les acouphènes utilisent 240 mg. Peut constituer un premier palier.
Poudre de feuille brute ou extrait sans titrage vérifié. L'équivalent plante affiché (ex. 10 000 mg) ne garantit pas la teneur réelle en actifs. Les études négatives portent souvent sur ce type d'extrait.
Le premier critère est le double titrage : 24 % de glycosides de flavonols et 6 % de terpénolactones. Ce profil garantit que l'extrait contient les deux familles d'actifs responsables des effets vasculaires et neuroprotecteurs. Un extrait qui n'affiche qu'un seul titrage, ou qui ne précise pas ses teneurs en actifs, ne permet pas de vérifier qu'il correspond au profil cliniquement évalué.
Le second critère est la dose journalière d'extrait. Les études sur les acouphènes ont utilisé 120 à 240 mg par jour d'extrait standardisé. À 240 mg d'extrait par jour, un produit correctement titré apporte 57,6 mg de flavonoïdes et 14,4 mg de terpénolactones — les quantités qui correspondent aux protocoles cliniques. Un produit qui annonce un équivalent plante élevé mais ne précise pas la dose d'extrait concentré et son titrage ne permet pas de vérifier l'apport réel en actifs.
Le troisième critère est la faisabilité de la cure. Un produit qui permet d'atteindre 240 mg d'extrait en une seule prise par jour simplifie l'observance sur une cure de 12 semaines ou plus, ce qui augmente les chances d'obtenir un résultat.
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" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie