Théine et caféine désignent une seule et même molécule : la 1,3,7-triméthylxanthine. Une tasse de thé vert et une tasse de café contiennent donc la même substance stimulante, mais ni dans les mêmes proportions, ni sous la même forme. Le thé vert en apporte deux à trois fois moins, et deux composés qui l'accompagnent, la L-théanine et les tanins, en modifient l'effet ressenti : la stimulation est plus douce, plus calme et plus étalée dans le temps. La différence entre thé vert et café ne tient pas à la nature de la caféine, mais à la dose et à la façon dont l'organisme la reçoit.
La théine n'existe pas comme molécule distincte de la caféine. Les deux noms renvoient au même composé, la 1,3,7-triméthylxanthine (formule brute C₈H₁₀N₄O₂), un alcaloïde de la famille des méthylxanthines que l'on retrouve aussi dans le guarana, le maté, le cacao et le kola. La distinction de vocabulaire est purement historique. Le chimiste allemand Runge isole la caféine du café en 1819 ; en 1827, Oudry extrait des feuilles de thé une substance qu'il baptise « théine » ; ce n'est qu'en 1838 que Gerardus Mulder démontre l'identité des deux. Le terme « théine » a survécu dans le langage courant, mais il ne recouvre aucune réalité chimique différente.
« Le thé contient de la théine et le café de la caféine : ce sont deux substances aux effets opposés. »
Théine et caféine sont strictement la même molécule. L'écart d'effet vient de la dose par tasse et des composés qui modulent son absorption, pas d'une différence de nature.
Puisque la molécule est identique, l'effet plus doux du thé vert ne peut pas s'expliquer par la caféine elle-même. Il tient à la quantité ingérée et aux autres composés des feuilles de Camellia sinensis qui accompagnent cette caféine et que le café ne contient pas.
Trois facteurs expliquent qu'une tasse de thé vert stimule plus doucement qu'un café. Le premier est la quantité : à volume égal, le thé vert apporte deux à trois fois moins de caféine. Les deux autres tiennent à des composés spécifiques des feuilles de thé, la L-théanine et les tanins, absents du grain de café, qui modifient la façon dont la caféine agit une fois ingérée.
La L-théanine est un acide aminé qui représente environ 1 à 2 % du poids des feuilles de thé sec. Des travaux menés au Japon à partir de la fin des années 1990 ont montré qu'elle augmente les ondes cérébrales alpha, celles d'un état d'éveil calme et détendu, sans induire de somnolence. Associée à la caféine, comme c'est naturellement le cas dans le thé, elle atténue la nervosité et les à-coups de la stimulation tout en soutenant l'attention. Plusieurs essais contrôlés portant sur cette association rapportent une amélioration du temps de réaction et de la concentration, accompagnée d'une moindre sensation de tension.
Les feuilles de thé sont riches en tanins, des polyphénols qui se lient à la caféine pour former des complexes. Cette liaison ne détruit pas la caféine et n'empêche pas son assimilation : la caféine reste presque intégralement absorbée quelle que soit sa source, avec une biodisponibilité proche de 99 %. Ce qu'elle modifie, c'est la vitesse de passage dans le sang. La caféine du thé est libérée plus progressivement au niveau intestinal : le pic de concentration est plus bas et l'effet s'étale sur plusieurs heures, là où le café provoque une montée rapide suivie d'un effet plus bref.
Cette combinaison d'une vigilance soutenue et d'une faible nervosité explique l'intérêt souvent prêté au thé vert pour la concentration et la mémoire, là où le café peut, à dose élevée, se révéler contre-productif.
La quantité de caféine varie selon la boisson, la variété et la préparation. Les repères suivants donnent des ordres de grandeur pour une tasse d'environ 200 ml.
| Source | Caféine par portion | Type de libération |
|---|---|---|
| Thé vert infusé (200 ml) | 30 à 50 mg | Progressive, étalée sur plusieurs heures |
| Thé noir infusé (200 ml) | 40 à 70 mg | Progressive |
| Café filtre (200 ml) | 80 à 120 mg | Rapide, effet bref |
| Extrait de thé vert en gélule | Très variable : de quasi nul à plus de 100 mg | Selon le procédé d'extraction |
Le cas de l'extrait en gélule mérite une précision. Un extrait de thé vert est standardisé sur ses catéchines et son EGCG, rarement sur sa caféine. Or la teneur en caféine dépend du procédé d'extraction : certains extraits concentrés en conservent une part notable, d'autres sont partiellement décaféinés et n'en contiennent presque plus. Le taux de caféine ne se déduit donc pas du titrage en EGCG : un extrait très riche en EGCG peut être décaféiné, et inversement. Pour connaître l'apport réel, il faut se reporter à la teneur en caféine indiquée par le fabricant, lorsqu'elle est communiquée.
Ce point conditionne aussi le moment de la prise : un apport de caféine, même modéré, se prend de préférence en première partie de journée, comme le précise la posologie du thé vert.
Pour qui la caféine du café est mal tolérée, le thé vert constitue souvent une alternative plus confortable, sans renoncer à un effet stimulant. C'est le cas des personnes sensibles aux excitants, qui ressentent rapidement nervosité, palpitations ou tremblements avec le café : la dose plus faible et la libération plus lente atténuent ces réactions. C'est aussi le cas des personnes sujettes à l'anxiété, chez qui la L-théanine tempère la part agitante de la stimulation.
Les personnes au sommeil sensible y trouvent également un intérêt, la quantité de caféine étant moindre, à condition de la consommer en première partie de journée. Sur le plan cardiovasculaire, la stimulation plus progressive du thé vert sollicite l'organisme de façon moins abrupte que le café ; cela ne dispense pas les personnes hypertendues de modérer leur consommation de caféine et de suivre les recommandations de leur médecin. À l'inverse, qui recherche un effet immédiat et marqué trouvera dans le café une réponse plus directe.
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" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie