L'ashwagandha (Withania somnifera) est considérée comme sûre aux doses habituelles des essais cliniques, soit 300 à 600 mg d'extrait de racine par jour pendant 8 à 12 semaines. Les effets secondaires les plus fréquents sont bénins : troubles digestifs et somnolence, généralement liés à un dosage excessif. Des cas rares mais documentés de lésions hépatiques existent toutefois, avec une vingtaine de cas rapportés dans la littérature médicale, dont un ayant nécessité une greffe de foie. En France, l'ANSES a émis en 2024 un avis déconseillant l'ashwagandha à plusieurs populations sensibles : femmes enceintes ou allaitantes, mineurs, et personnes souffrant de pathologies thyroïdiennes, hépatiques ou cardiaques. Cette page fait le point sur l'ensemble des risques documentés, sans alarmisme ni minimisation.
Cet article a été mis à jour le 11/05/2026L'ashwagandha est bien tolérée dans la majorité des essais cliniques. Une revue systématique portant sur 30 essais contrôlés n'a rapporté aucun effet indésirable grave ni modification significative des paramètres biologiques (bilan hépatique, rénal, thyroïdien, hématologique). Les effets secondaires rapportés sont transitoires, de sévérité légère à modérée, et le plus souvent liés à des doses élevées.
Troubles digestifs. Nausées, diarrhées, ballonnements, douleurs épigastriques et constipation sont les effets les plus fréquemment décrits. Ils résultent probablement d'une irritation directe de la muqueuse intestinale par les withanolides et les alcaloïdes de la plante. Une réduction du dosage suffit généralement à les faire disparaître. Prendre l'ashwagandha au cours d'un repas réduit ce risque.
Somnolence et sédation. L'ashwagandha possède une action GABAergique qui contribue à ses effets sur le sommeil et l'anxiété. À doses élevées, cette action peut se traduire par une somnolence excessive, une baisse de vigilance ou des sensations de torpeur. Cet effet est dose-dépendant et disparaît avec un ajustement posologique. Il convient de ne pas conduire ni utiliser de machines en cas de somnolence sous ashwagandha.
D'autres effets transitoires sont ponctuellement mentionnés dans la littérature : vertiges, sécheresse buccale, congestion nasale, prise de poids modérée. Ils restent rares et ne justifient pas à eux seuls l'arrêt de la supplémentation, mais doivent être signalés à un professionnel de santé s'ils persistent.
La question du danger hépatique de l'ashwagandha est légitime. Bien qu'aucune élévation des enzymes hépatiques n'ait été observée dans les essais cliniques contrôlés, des cas individuels de lésions hépatiques attribuées à l'ashwagandha ont été rapportés dans la littérature médicale depuis 2017.
La base de données LiverTox du NIH (mise à jour en décembre 2024) recense l'ashwagandha avec un score de vraisemblance B, signifiant « cause probable de lésions hépatiques cliniquement apparentes ». Une revue complète de Philips et al. (2024) identifie environ 23 cas rapportés à travers le monde : au Japon (Inagaki et al., 2017), en Islande et aux États-Unis (Björnsson et al., 2020), en Allemagne (Tóth et al., 2023), en Pologne (Lubarska et al., 2023) et en Inde (Philips et al., 2023).
Parmi les cas les mieux documentés, la série indienne de Philips et al. (2023) décrit 8 patients présentant une lésion hépatique attribuable à une formulation contenant uniquement de l'ashwagandha. Cinq de ces patients avaient une maladie hépatique chronique préexistante, et trois d'entre eux sont décédés d'une insuffisance hépatique aiguë sur chronique. Le cas rapporté par Suryawanshi et al. (2023) concerne une femme de 41 ans, sans antécédent hépatique connu, qui a développé une insuffisance hépatique aiguë ayant nécessité une greffe de foie après deux mois de prise.
Le tableau clinique se manifeste habituellement entre 2 et 12 semaines après le début de la prise. La présentation est le plus souvent cholestatique ou mixte, avec ictère (jaunisse) et prurit (démangeaisons). La majorité des cas se résolvent spontanément en 1 à 4 mois après l'arrêt du produit, mais des formes graves sont documentées.
Ces cas restent rares au regard des millions d'utilisateurs dans le monde. Plusieurs facteurs de confusion sont identifiés dans la littérature : utilisation de produits multi-ingrédients, adultération par des feuilles (plus riches en alcaloïdes et en withaferin A que les racines), absence de standardisation des préparations, et maladies hépatiques préexistantes non diagnostiquées. La base LiverTox souligne que la question de la contamination ou de l'adultération reste posée dans les préparations commerciales.
Le mécanisme exact de l'hépatotoxicité reste inconnu. Les withanolides sont les principaux suspects, mais l'hypothèse d'une réaction idiosyncrasique (propre à certains individus) est avancée par plusieurs auteurs. Toute personne présentant un antécédent de maladie hépatique, de cirrhose ou de lésion hépatique médicamenteuse doit éviter l'ashwagandha.
L'ANSES a publié en juin 2024 un avis détaillé sur les risques liés à l'utilisation de Withania somnifera dans les compléments alimentaires, à la suite du signalement de 8 cas d'effets indésirables en France. Cet avis définit les populations pour lesquelles la consommation d'ashwagandha est déconseillée. Il rejoint les positions adoptées par d'autres autorités européennes (Danemark, Pays-Bas, Allemagne). Pour en savoir plus sur le statut réglementaire de la plante en France, consultez notre page ashwagandha et réglementation française.
Grossesse. L'ashwagandha est traditionnellement décrite comme abortive dans la pharmacopée ayurvédique. Les withanolides et certains alcaloïdes tropaniques pourraient provoquer des contractions utérines. L'ANSES (2024) et l'ensemble des autorités sanitaires européennes déconseillent formellement sa consommation pendant la grossesse. Aucune donnée de sécurité n'existe chez la femme enceinte.
Allaitement. L'absence de données sur le passage des withanolides dans le lait maternel conduit à une contre-indication par précaution. L'ANSES inclut les femmes allaitantes dans les populations devant éviter cette plante.
Hyperthyroïdie non contrôlée. L'ashwagandha stimule la production d'hormones thyroïdiennes : plusieurs études cliniques montrent une augmentation des taux de T3 et T4 sous supplémentation. Chez une personne souffrant d'hyperthyroïdie, cet effet est potentiellement dangereux. Un cas de thyrotoxicose a été rapporté sous ashwagandha (van der Hooft et al., 2005). Toute pathologie thyroïdienne, qu'il s'agisse d'hyperthyroïdie ou d'hypothyroïdie traitée, nécessite un avis médical préalable. Ce sujet est développé sur notre page ashwagandha et thyroïde.
Allergie aux Solanacées. L'ashwagandha appartient à la famille des Solanacées (tomate, poivron, pomme de terre, aubergine). En cas d'allergie connue à cette famille botanique, la prise d'ashwagandha peut déclencher des réactions allergiques : urticaire, démangeaisons, voire difficultés respiratoires.
Pathologies hépatiques. L'ashwagandha est déconseillée en cas de maladie hépatique chronique, de cirrhose ou d'antécédent de lésion hépatique d'origine médicamenteuse ou toxique. Les cas les plus graves d'hépatotoxicité rapportés dans la littérature (décès, greffe) concernaient des patients présentant une atteinte hépatique préexistante.
Pathologies cardiaques. L'ANSES inclut les personnes souffrant de pathologies cardiaques dans ses recommandations de prudence, en raison des effets potentiels de l'ashwagandha sur la pression artérielle et le rythme cardiaque.
Troubles endocriniens et hyperandrogénie. L'ashwagandha peut augmenter les taux de testostérone. Chez les personnes souffrant d'hyperandrogénie (syndrome des ovaires polykystiques, par exemple), cet effet est potentiellement délétère. L'ANSES recommande la prudence pour cette population.
Mineurs de moins de 18 ans. Les données de sécurité chez l'enfant et l'adolescent sont très limitées. L'ANSES déconseille par précaution la consommation d'ashwagandha avant 18 ans.
L'ashwagandha possède des activités pharmacologiques multiples — adaptogène, sédative, immunomodulatrice, thyréostimulante — qui génèrent un potentiel d'interaction avec plusieurs classes de médicaments. Toute prise concomitante avec un traitement médicamenteux doit faire l'objet d'un avis médical.
Sédatifs et anxiolytiques. L'activité GABAergique de l'ashwagandha peut potentialiser l'effet des benzodiazépines, des hypnotiques et des barbituriques, augmentant le risque de somnolence excessive et de dépression du système nerveux central. L'ANSES identifie spécifiquement cette interaction dans son avis de 2024.
Antidépresseurs. L'association avec des antidépresseurs (ISRS, IRSN, tricycliques) peut modifier l'équilibre neurochimique. Si vous suivez un traitement antidépresseur, consultez votre médecin avant toute prise d'ashwagandha.
Médicaments thyroïdiens. L'ashwagandha stimule la production d'hormones thyroïdiennes. Chez les patients sous lévothyroxine (hypothyroïdie) ou sous antithyroïdiens (hyperthyroïdie), elle peut perturber l'équilibre thérapeutique et nécessiter un ajustement de la posologie médicamenteuse. Un suivi biologique rapproché est indispensable. Le sujet est approfondi sur notre page ashwagandha et thyroïde.
Immunosuppresseurs. L'ashwagandha possède des propriétés immunostimulantes susceptibles de contrecarrer l'action des immunosuppresseurs (ciclosporine, tacrolimus, corticoïdes au long cours). Cette interaction est particulièrement préoccupante après une greffe d'organe ou dans le cadre de maladies auto-immunes traitées.
Digoxine et antiarythmiques. L'ashwagandha pourrait modifier le rythme cardiaque et interagir avec la digoxine. Cette interaction est peu documentée chez l'humain mais impose la prudence.
Antidiabétiques et antihypertenseurs. L'ashwagandha peut abaisser la glycémie et la pression artérielle. Chez les patients traités pour un diabète ou une hypertension, un effet additif est possible, avec un risque d'hypoglycémie ou d'hypotension symptomatique.
Les données des essais cliniques randomisés sont rassurantes. Des doses de 300 à 1 250 mg d'extrait de racine par jour, maintenues pendant 8 à 12 semaines, n'ont entraîné aucun effet indésirable grave dans les études contrôlées. Les paramètres hépatiques, rénaux, thyroïdiens et hématologiques restaient stables tout au long des protocoles.
Une étude observationnelle multicentrique publiée en 2025 (Vaidya et al.) a suivi 191 adultes sains pendant 12 mois sous extrait standardisé de racine d'ashwagandha. Le taux d'effets indésirables était de 9,4 %, tous de sévérité légère, sans modification cliniquement significative des paramètres hépatiques, rénaux ou thyroïdiens. Cette étude constitue à ce jour le suivi de sécurité le plus long publié sur l'ashwagandha.
Sur la question spécifique de la sécurité, le choix du produit n'est pas anodin. Plusieurs des cas d'hépatotoxicité rapportés dans la littérature impliquaient des produits multi-ingrédients, des formulations à base de feuilles (plus riches en alcaloïdes et en withaferin A, potentiellement plus toxique) ou des produits dont la composition réelle ne correspondait pas à l'étiquetage. La base LiverTox du NIH et la revue de Philips et al. (2024) soulignent que l'adultération par des feuilles est un problème documenté sur le marché des compléments alimentaires.
Quatre critères déterminent le niveau de sécurité d'un complément d'ashwagandha : la partie de plante utilisée, le titrage, la composition de la formule et le dosage journalier.
Extrait de racine, titré entre 2,5 et 5 % de withanolides, formulation mono-ingrédient, dosé entre 300 et 600 mg d'extrait par jour. Ce profil correspond aux paramètres évalués dans les essais cliniques de sécurité.
Extrait de racine titré, formulation avec un ou deux excipients neutres (amidon, huile végétale, gélule HPMC). Le dosage reste dans la fourchette documentée. Profil acceptable pour un usage standard.
Poudre de racine non titrée ou formulation multi-ingrédients sans titrage individuel. Le dosage en withanolides n'est ni garanti ni reproductible. Le risque de surdosage ou de sous-dosage augmente.
Produit ne précisant pas la partie de plante (racine vs feuille), sans titrage, ou à dose journalière très supérieure aux doses évaluées en clinique. Les feuilles d'ashwagandha ont un profil de sécurité différent de celui des racines et sont impliquées dans des cas de contamination documentés.
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Publication : Dasgupta A, Peterson A, Wells A, Actor JK. Effect of Indian Ayurvedic medicine Ashwagandha on measurement of serum digoxin and 11 commonly monitored drugs using immunoassays: study of protein binding and interaction with Digibind. Arch Pathol Lab Med. 2007 Aug;131(8):1298-303. doi: 10.5858/2007-131-1298-EOIAMA. PMID: 17683192.
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Site Web : Les interactions médicamenteuses. (s. d.). VIDAL. Consulté le 4 octobre 2022, à l’adresse https://www.vidal.fr/medicaments/utilisation/prendre-traitement/interactions-medicamenteuses.html
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Nathalie