Parmi les pistes explorées pour accompagner la perte de poids, la modulation du microbiote intestinal par des probiotiques suscite un intérêt croissant. Une méta-analyse publiée dans « International Journal of Molecular Sciences » a compilé neuf essais cliniques randomisés, totalisant 667 participants, pour évaluer l'effet de Lactobacillus plantarum sur le poids, l'IMC et l'inflammation. Les données obtenues apportent des éléments encourageants, tout en posant la question de l'optimisation des souches utilisées.
Cet article a été mis à jour le 21/04/2026
Accès à l'étude complète : DOI : 10.3390/ijms25147608
Lactobacillus plantarum (désormais reclassé Lactiplantibacillus plantarum) est une bactérie lactique naturellement présente dans le microbiote intestinal humain et dans de nombreux aliments fermentés. En tant que probiotique, elle fait partie des souches les plus étudiées pour leurs effets sur la santé digestive, l'immunité et, plus récemment, le métabolisme.
Plusieurs mécanismes d'action sont avancés pour expliquer son intérêt dans la gestion du poids. L. plantarum pourrait moduler la composition du microbiote intestinal, notamment le rapport entre les deux grandes familles de bactéries (Bacteroidetes et Firmicutes), dont le déséquilibre est fréquemment associé à l'obésité. Cette bactérie interviendrait également sur la réponse immunitaire et inflammatoire, en réduisant la perméabilité intestinale et le passage de substances pro-inflammatoires dans la circulation. Enfin, elle pourrait influencer le métabolisme des lipides et des glucides.
Avant cette méta-analyse, plusieurs essais cliniques avaient individuellement suggéré un effet de Lactobacillus plantarum sur le poids et certains paramètres métaboliques, mais avec des résultats hétérogènes. Certaines études rapportaient une perte de poids significative, d'autres non. Les différences de souches utilisées, de dosages, de durées d'intervention et de profils de participants rendaient difficile toute conclusion générale.
Parallèlement, d'autres espèces avaient fait l'objet de méta-analyses spécifiques : Lactobacillus gasseri, impliqué dans la réduction de la graisse abdominale, ou Lactobacillus rhamnosus GG, étudié pour son action sur les hormones de satiété. Pour Lactobacillus plantarum, cette synthèse quantitative n'existait pas encore chez l'adulte en surpoids. C'est cette lacune que les auteurs ont cherché à combler.
Les auteurs ont interrogé quatre bases de données (PubMed, Scopus, Cochrane Library et Web of Science) et retenu neuf essais cliniques randomisés, contrôlés contre placebo, publiés entre 2012 et 2023. Ces essais regroupaient 667 adultes en surpoids ou obèses (IMC ≥ 25 kg/m²), sans diabète ni pathologie associée. Les interventions duraient de 4 à 12 semaines. Quatre études utilisaient L. plantarum seul, cinq l'associaient à d'autres souches probiotiques. La méthodologie suivait les recommandations PRISMA et l'étude a été enregistrée dans le registre PROSPERO. Si le nombre d'essais reste modeste et que les souches ainsi que les durées varient d'une étude à l'autre, la qualité méthodologique globale a été jugée satisfaisante par les auteurs.
La supplémentation en L. plantarum a entraîné une réduction significative du poids corporel (différence moyenne standardisée : −0,51) et de l'IMC (−0,36) par rapport au placebo.
La graisse viscérale abdominale, mesurée au niveau de la quatrième vertèbre lombaire, a été significativement réduite (−0,32), alors que la graisse sous-cutanée n'a pas été modifiée de façon significative. Ce résultat est d'autant plus intéressant que la graisse viscérale est celle qui présente le plus de risques pour la santé métabolique et cardiovasculaire.
L'interleukine-6 (IL-6), un marqueur d'inflammation chronique lié au tissu adipeux, a été significativement réduite (−0,47). La protéine C-réactive ultrasensible (hs-CRP), un indicateur du risque cardiovasculaire, a également diminué de manière modeste mais significative (−0,21). En revanche, le TNF-α (un autre marqueur inflammatoire) n'a pas été significativement affecté.
Les niveaux de glucose sanguin et d'insuline à jeun ont montré des réductions modestes mais significatives, suggérant un effet de L. plantarum sur le métabolisme des glucides. En revanche, la pression artérielle (systolique et diastolique) et les paramètres lipidiques classiques (cholestérol total, triglycérides, HDL, LDL) n'ont pas été significativement modifiés.
L'un des apports de cette méta-analyse est l'analyse en sous-groupes comparant l'utilisation de L. plantarum seul à son association avec d'autres souches probiotiques (comme Lactobacillus curvatus ou Lactobacillus salivarius). Les résultats diffèrent selon le paramètre mesuré :
Ce résultat est cohérent avec l'hypothèse selon laquelle différentes souches de Lactobacillus agissent par des mécanismes complémentaires — certaines influençant le métabolisme lipidique, d'autres modulant l'appétit ou la réponse inflammatoire. L'optimisation des associations de souches constitue donc une piste de recherche importante pour de futures études.
Cette méta-analyse apporte des données convergentes en faveur d'un effet de Lactobacillus plantarum sur la réduction du poids, de l'IMC et de la graisse viscérale chez l'adulte en surpoids, avec un profil de tolérance rassurant. La réduction concomitante de marqueurs inflammatoires (IL-6, hs-CRP) renforce l'intérêt de cette approche. Cependant, le nombre limité d'études (neuf), la diversité des souches et des protocoles, et l'absence de données à long terme appellent des essais de plus grande envergure pour confirmer ces bénéfices et préciser les modalités optimales de supplémentation. Cette approche ne se substitue pas à un suivi médical et diététique adapté : toute démarche de supplémentation en probiotiques gagne à être discutée avec l'équipe soignante.
La gestion du poids repose sur un ensemble de leviers qui se renforcent mutuellement. Les probiotiques comme L. plantarum s'inscrivent dans cette logique de prise en charge globale, en complément — et non en remplacement — des mesures hygiéno-diététiques. Il est toujours recommandé d'informer son médecin ou son diététicien de toute supplémentation envisagée.
Alimentation, fibres et satiété. L'efficacité des probiotiques est renforcée lorsqu'ils sont associés à une alimentation riche en fibres prébiotiques (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes), qui servent de substrat aux bactéries bénéfiques et favorisent leur implantation intestinale. Certains aliments riches en fibres solubles, comme le Konjac (glucomannane) ou les graines de Chia, sont par ailleurs étudiés pour leur effet sur la satiété et peuvent s'intégrer dans une démarche de gestion du poids. Un accompagnement par un diététicien-nutritionniste permet de personnaliser ces ajustements sans risque de carence.
Aromathérapie et gestion du stress. Le stress chronique et le manque de sommeil favorisent la prise de poids par des mécanismes hormonaux (cortisol, leptine, ghréline) et peuvent altérer l'équilibre du microbiote. Les techniques de relaxation et le respect d'un rythme de sommeil régulier sont des alliés souvent sous-estimés. Certaines huiles essentielles sont également étudiées dans le cadre de la gestion du poids, notamment en soutien comme coupe-faim et en massage pour le drainage.
Activité physique. L'exercice régulier contribue non seulement à la dépense énergétique, mais aussi à la diversité du microbiote intestinal. Alterner activité d'endurance (marche, natation, vélo) et renforcement musculaire optimise les effets sur la composition corporelle et le métabolisme de base.
Publication : Li, C.-P., Chen, C.-C., Hsiao, Y., Kao, C.-H., Chen, C.-C., Yang, H.-J., & Tsai, R.-Y. (2024). The Role of Lactobacillus plantarum in Reducing Obesity and Inflammation: A Meta-Analysis. International Journal of Molecular Sciences, 25(14), 7608. doi:10.3390/ijms25147608
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Nathalie