Les meilleures sources alimentaires de magnésium sont les oléagineux (amandes, noix de cajou), les graines (courge, lin, tournesol), les légumineuses, les céréales complètes, le chocolat noir et certaines eaux minérales. En France, plus de 70 % de la population n'atteint pas les apports recommandés en magnésium. Ce guide fait le point sur les aliments à privilégier, les besoins selon votre profil, les signes d'un déficit et les solutions de complémentation quand l'alimentation ne suffit pas.
Cet article a été mis à jour le 30/04/2026
Le magnésium (Mg) est un minéral essentiel : l'organisme ne le fabrique pas et dépend entièrement de l'alimentation pour couvrir ses besoins. Chez l'adulte, le corps contient environ 25 g de magnésium, dont 50 à 60 % sont stockés dans les os, 25 % dans les muscles et moins de 1 % circulent dans le sang. Ce dernier chiffre explique pourquoi le dosage sanguin du magnésium reflète mal le statut réel de l'organisme : on peut être en déficit sans que la magnésémie soit basse.
Le magnésium intervient comme cofacteur dans plus de 300 réactions enzymatiques. Il participe au métabolisme énergétique (production d'ATP), à la synthèse des protéines, au fonctionnement du système nerveux et musculaire, à la régulation de la glycémie et au maintien du capital osseux. Son rôle est donc systémique, et un apport insuffisant peut se répercuter sur des fonctions très variées.
Le magnésium joue un rôle antagoniste du calcium au niveau des cellules musculaires : là où le calcium déclenche la contraction, le magnésium favorise le relâchement. Ce mécanisme explique le lien direct entre un déficit en magnésium et l'apparition de crampes, spasmes ou tensions musculaires. Au niveau nerveux, il module la libération de neurotransmetteurs et contribue à la transmission de l'influx nerveux. Des apports suffisants en magnésium sont associés à une meilleure gestion du stress et de l'anxiété.
Le magnésium est indispensable à la production d'ATP, la molécule qui fournit l'énergie aux cellules. Chaque étape du métabolisme des glucides, des lipides et des protéines fait intervenir des enzymes magnésium-dépendantes. Un déficit en magnésium peut ainsi se manifester par une fatigue persistante, même lorsque l'alimentation semble suffisante en calories.
Plus de la moitié du magnésium corporel est localisée dans les os. Le magnésium participe à la fixation du calcium sur la matrice osseuse et influence la sécrétion de parathormone, une hormone régulatrice du métabolisme calcique. Des apports insuffisants en magnésium sur le long terme sont considérés comme un facteur de risque de fragilité osseuse.
Le magnésium contribue à la régulation du tonus vasculaire en stimulant la production d'oxyde nitrique, un vasodilatateur naturel. Il participe également au maintien d'un rythme cardiaque normal. Une méta-analyse de Veronese et al. (2022, 17 ECR, 889 participants) a montré que la supplémentation en magnésium réduit significativement les niveaux de CRP, un marqueur de l'inflammation systémique.
Les sources alimentaires de magnésium sont majoritairement d'origine végétale. Les teneurs ci-dessous sont issues de la table Ciqual de l'ANSES (2024) et exprimées en mg de magnésium pour 100 g d'aliment.
Les graines de courge arrivent en tête des sources alimentaires courantes avec environ 535 mg de magnésium pour 100 g. Suivent les graines de lin (392 mg), les graines de tournesol (364 mg), les amandes (270 mg) et les noix de cajou (260 mg). Ces aliments sont très concentrés, mais consommés en petites quantités au quotidien : une poignée de 30 g d'amandes apporte environ 80 mg de magnésium, soit un quart de l'apport recommandé pour une femme adulte.
Le chocolat noir à 70 % de cacao ou plus contient environ 180 à 230 mg de magnésium pour 100 g, selon les marques et le taux de cacao. Deux carrés de 10 g apportent environ 20 à 25 mg. Le chocolat est un vecteur agréable mais calorique, à intégrer avec modération dans une alimentation équilibrée.
Les haricots blancs (environ 140 mg/100 g cuits), les lentilles (36 mg/100 g cuites), les pois chiches (48 mg/100 g cuits) contribuent significativement aux apports parce qu'ils sont consommés en portions de 150 à 200 g. Une portion de haricots blancs couvre ainsi 50 à 70 % des besoins quotidiens en magnésium.
Le sarrasin (230 mg/100 g cru), le riz complet (110 mg/100 g cru), les flocons d'avoine (130 mg/100 g) et le pain complet (environ 50 mg/100 g) sont des sources intéressantes pour le quotidien. Les céréales raffinées, en revanche, ont perdu la majeure partie de leur magnésium lors de la transformation : le riz blanc ne contient plus que 12 mg/100 g.
Les épinards (58 mg/100 g cuits), le chou frisé et les blettes sont des sources de magnésium dont la biodisponibilité est bonne. Leur teneur reste modeste comparée aux oléagineux, mais leur consommation en portions plus larges compense cet écart.
Certaines eaux minérales naturelles contribuent utilement aux apports quotidiens : Hépar (110 mg/L), Rozana (160 mg/L), Badoit (80 mg/L), Contrex (84 mg/L). L'avantage de ces sources est que le magnésium y est présent sous forme ionique, facilement absorbable et sans calories.
| Aliment | Magnésium (mg / 100 g) |
|---|---|
| Graines de courge | 535 |
| Graines de lin | 392 |
| Graines de tournesol | 364 |
| Amandes | 270 |
| Noix de cajou | 260 |
| Chocolat noir 70 % | 180 – 230 |
| Haricots blancs (cuits) | 140 |
| Flocons d'avoine | 130 |
| Sarrasin (cru) | 230 |
| Épinards (cuits) | 58 |
| Banane | 28 |
| Eau Hépar (pour 1 L) | 110 |
Source : table Ciqual, ANSES (2024). Valeurs arrondies, données indicatives.
La teneur en magnésium d'un aliment ne garantit pas que tout ce magnésium sera absorbé. Plusieurs facteurs influencent sa biodisponibilité, et quelques pratiques simples permettent de l'améliorer.
Les légumineuses, les oléagineux et les graines contiennent de l'acide phytique et de l'acide oxalique, deux composés qui forment des complexes insolubles avec le magnésium et réduisent son absorption. Un trempage de 12 à 24 heures avant cuisson ou consommation permet de diffuser une partie de ces facteurs antinutritionnels dans l'eau, augmentant ainsi la quantité de magnésium assimilable (Schuchardt & Hahn, 2017).
La cuisson détruit en partie l'acide oxalique et dénature les fibres, ce qui améliore l'absorption du magnésium. Cet avantage est toutefois partiellement contrebalancé par la fuite du magnésium dans l'eau de cuisson. Privilégiez les cuissons à la vapeur ou dans un minimum d'eau, et réutilisez l'eau de cuisson des légumes dans les soupes ou les sauces.
Les purées d'oléagineux (purée d'amandes, purée de sésame/tahini), les smoothies, les houmous et les soupes mixées libèrent davantage de magnésium en dénaturant mécaniquement les fibres qui le séquestrent. Ces préparations sont une bonne stratégie pour augmenter les apports effectifs.
La vitamine B6 améliore l'absorption cellulaire du magnésium. Les aliments qui associent naturellement ces deux nutriments — comme les herbes aromatiques (romarin, thym, menthe), les céréales complètes ou la banane — sont particulièrement intéressants. Pour approfondir cette synergie, consultez notre article sur le duo magnésium et vitamine B6.
L'alcool augmente l'excrétion rénale du magnésium. Une consommation régulière d'alcool contribue à abaisser les réserves en magnésium, indépendamment des apports alimentaires. Le café et le thé, consommés en excès, peuvent également réduire légèrement l'absorption en raison de leur teneur en acide oxalique, mais l'effet reste modeste aux doses habituelles de consommation.
Les références nutritionnelles varient selon les autorités sanitaires. L'EFSA (2015) a fixé des apports satisfaisants (AS) car les données disponibles ne permettent pas de déterminer un besoin moyen avec précision. L'ANSES, dans son rapport de 2021, retient des valeurs très proches. Les besoins sont exprimés en magnésium élémentaire par jour.
| Population | Apport satisfaisant (mg/jour) |
|---|---|
| Nourrisson (7-11 mois) | 80 |
| Enfant (1-3 ans) | 170 |
| Enfant (3-10 ans) | 230 |
| Adolescent (10-17 ans) | 250 – 300 |
| Femme adulte | 300 |
| Homme adulte | 350 – 380 |
| Femme enceinte | 300 |
| Femme allaitante | 300 |
Sources : EFSA, 2015 ; ANSES, 2021.
En pratique, une alimentation variée apporte en moyenne 280 mg/jour chez les femmes et 370 mg/jour chez les hommes en France (étude SU.VI.MAX, Galan et al., 1997, N = 5 448). Ces moyennes masquent une forte disparité : 77 % des femmes et 72 % des hommes se situent en dessous des apports recommandés. Parmi eux, environ 20 % reçoivent moins des deux tiers des apports conseillés, une situation qui caractérise un risque élevé de déficit.
Le déficit en magnésium est fréquent mais souvent méconnu, car ses manifestations sont peu spécifiques et s'installent progressivement. On distingue le déficit modéré, lié à des apports insuffisants, de la carence avérée (hypomagnésémie), plus rare et généralement associée à une pathologie sous-jacente. Pour un panorama complet des symptômes et de leur interprétation, consultez notre guide dédié à la carence en magnésium.
Les premiers signes d'un apport insuffisant en magnésium sont souvent : fatigue persistante malgré un repos suffisant, irritabilité et hyperémotivité, tensions musculaires et crampes (en particulier nocturnes), difficultés d'endormissement ou sommeil de mauvaise qualité, sensation d'oppression thoracique, et tressautements des paupières (fasciculations). Pris isolément, chacun de ces signes est banal. C'est leur cumul, en particulier lorsqu'il s'associe à une alimentation pauvre en magnésium ou à un contexte de stress, qui doit alerter.
L'hypomagnésémie avérée (magnésium sérique inférieur à 0,72 mmol/L) est plus rare dans la population générale. Elle se manifeste par des symptômes plus marqués : crampes sévères et prolongées, arythmie cardiaque, tétanie, paresthésies (fourmillements), et dans les cas extrêmes, convulsions. Cette situation relève d'une prise en charge médicale et concerne principalement les personnes souffrant de pathologies digestives ou rénales, ou prenant des traitements médicamenteux qui augmentent les pertes en magnésium (diurétiques, inhibiteurs de la pompe à protons).
Certaines situations augmentent les besoins ou les pertes en magnésium : le stress chronique (qui accélère l'excrétion rénale du magnésium), l'activité physique intense, la grossesse, la consommation régulière d'alcool, la prise de certains médicaments (diurétiques, IPP) et les régimes restrictifs. Les personnes âgées sont également plus exposées en raison d'une absorption intestinale diminuée et d'apports alimentaires souvent réduits.
Lorsque l'alimentation ne suffit pas à couvrir les besoins, une complémentation peut être envisagée. Le choix de la forme de magnésium est déterminant : toutes ne se valent pas en termes de biodisponibilité (quantité réellement absorbée) et de tolérance digestive. Pour un guide complet sur la forme la plus étudiée, consultez notre article sur le bisglycinate de magnésium.
| Forme | Biodisponibilité | Tolérance digestive | Usage principal |
|---|---|---|---|
| Bisglycinate | Élevée | Excellente | Stress, sommeil, fatigue, usage général |
| Citrate | Bonne | Bonne | Usage général, transit |
| Oxyde / marin | Faible (4-15 %) | Médiocre (effet laxatif) | Laxatif, antiacide |
| Malate | Bonne | Bonne | Énergie, fatigue musculaire |
| Thréonate | Bonne (traverse la BHE) | Bonne | Fonction cognitive |
| Glycérophosphate | Bonne | Excellente | Usage général, intestin sensible |
BHE : barrière hémato-encéphalique. Sources : Schuchardt & Hahn, 2017 ; Firoz & Graber, 2001 ; EFSA NDA Panel, 2024.
Le bisglycinate de magnésium (magnésium chélaté à deux molécules de glycine) se distingue par sa très haute tolérance digestive et sa biodisponibilité supérieure. Contrairement à l'oxyde de magnésium, son absorption ne dépend pas de l'acidité gastrique, ce qui le rend adapté à un large public. La glycine elle-même possède des propriétés relaxantes, ce qui en fait un choix particulièrement pertinent pour le sommeil et la gestion du stress.
L'oxyde de magnésium (souvent commercialisé comme « magnésium marin ») contient une proportion élevée de magnésium élémentaire (environ 60 %), mais sa biodisponibilité est très faible : seuls 4 à 15 % du magnésium ingéré atteignent réellement la circulation sanguine. Son principal effet à dose élevée est laxatif. Il n'est pas recommandé comme source de supplémentation pour corriger un déficit.
Le citrate de magnésium offre un bon compromis entre biodisponibilité et coût. Il peut toutefois accélérer le transit chez les personnes sensibles, un effet qui peut être recherché ou non selon les situations.
La vitamine B6 (pyridoxine) facilite le transport du magnésium à l'intérieur des cellules et améliore sa rétention par l'organisme. Cette synergie est bien documentée et explique pourquoi de nombreux compléments associent ces deux nutriments. Les besoins quotidiens en vitamine B6 sont de 1,4 à 1,7 mg chez l'adulte, un seuil facile à atteindre par l'alimentation (volaille, poisson, pommes de terre, banane, céréales complètes). Toutefois, dans un contexte de complémentation en magnésium, l'ajout de vitamine B6 optimise l'assimilation sans nécessiter de dose élevée. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le rôle de la vitamine B6 dans l'assimilation du magnésium.

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Publication : ANSES. (2016, décembre). Actualisation des repères du PNNS : élaboration des références nutritionnelles. https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2012SA0103Ra-1.pdf
Publication : Jahnen-Dechent, W., & Ketteler, M. (2012, février). Magnesium basics (No 5). Clinical Kidney Journal. https://doi.org/10.1093/ndtplus/sfr163
Publication : Sontia, B., & M.Touyz, R. (2007, février). Role of magnesium in hypertension (No 458). Elsevier. https://doi.org/10.1016/j.abb.2006.05.005
Publication : Lefevre, E. (2018). LE MAGNESIUM DANS LA PRISE EN CHARGE DU STRESS A L’OFFICINE. http://thesesante.ups-tlse.fr/2248/1/2018TOU32039.pdf
Publication : RAMAHAVORY. (2009, septembre). ANALYSE DES FACTEURS ANTINUTRITIONNELS ET DES PRINCIPES TOXIQUES D’IGNAMES (DIOSCOREA) DE LA COTE EST DE MADAGASCAR. http://biblio.univ-antananarivo.mg/pdfs/ramahavoryHanitrinionyL_SN_M2_09.pdf
Ouvrage : Auvinet, E. A., Hirschauer, C. H., & Meunier, A. L. M. (s. d.). Alimentation, nutrition et régimes (French Edition). STUDYRAMA.
Ouvrage : Oullion-Simon, M. (2019). Le guide indispensable de la nutrition. Parresia.
Ouvrage : Marie Pa, V., & Vasson, M. (2015). Compléments alimentaires les clés pour les conseiller à l’officine (PROFESSIONNELS). PHARMACIES.
Site Web : ANSES. (s. d.). Ciqual. Ciqual Table de composition nutritionnelle des aliments. https://ciqual.anses.fr/
Site Web : ANSES. https://www.anses.fr/fr/content/les-références-nutritionnelles-en-vitamines-et-minéraux
Site Web : Manuels MSD. (s. d.-l). Hypomagnésémie. Édition professionnelle du Manuel MSD. https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-endocriniens-et-m%C3%A9taboliques/troubles-%C3%A9lectrolytiques/hypomagn%C3%A9s%C3%A9mie
Site Web : Magnésium - Complément alimentaire. (s. d.). VIDAL. https://www.vidal.fr/parapharmacie/complements-alimentaires/magnesium.html
Site Web : Manuels MSD. (s. d.-i). Hypermagnésémie. Édition professionnelle du Manuel MSD. https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-endocriniens-et-m%C3%A9taboliques/troubles-%C3%A9lectrolytiques/hypermagn%C3%A9s%C3%A9mie
Site Web : Dossier : Le magnésium. (s. d.). Institut Danone. https://institutdanone.org/objectif-nutrition/le-magnesium/dossier-le-magnesium/
Site Web : Magnésium – Effets. (2017, 17 avril). Pharmacorama. https://www.pharmacorama.com/pharmacologie/medicaments-elements/magnesium-medicaments/magnesium-effets/
Site Web : Manuels MSD. (s. d.-v). Revue générale des troubles de la concentration du magnésium. Édition professionnelle du Manuel MSD. https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-endocriniens-et-m%C3%A9taboliques/troubles-%C3%A9lectrolytiques/revue-g%C3%A9n%C3%A9rale-des-troubles-de-la-concentration-du-magn%C3%A9sium
Site Web : Pathologie nutritionnelle des poissons. (s. d.). FAO. http://www.fao.org/3/T0700F/T0700F06.htm
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