Le Millepertuis et la pilule : un cocktail déconseillé ?

Beaucoup d’interrogations subsistent autour du macérât huileux de Millepertuis : l’un des rares macérâts à être photosensibilisant, il paraîtrait qu’il réduit aussi les effets de la contraception hormonale. De quoi se poser des questions ! Alors pour déceler la vérité et comprendre les possibles interactions entre l’huile de Millepertuis et la contraception, la Compagnie des Sens se penche sur le sujet, pour vous permettre d’utiliser les huiles de façon raisonnée et sûre.

Le Millepertuis, qu’est-ce que c’est ?

Le Millepertuis, aussi appelé herbe de la Saint-Jean, est une plante qui pousse en France, dont la récolte se fait pendant l’été. On récolte ainsi la fleur entière, que l’on fait macérer dans de l’huile neutre comme l’huile de Tournesol. Ainsi, l’huile va s’imprégner des principes actifs de la fleur de Millepertuis, pour donner un macérât huileux de Millepertuis très utile en aromathérapie. La fleur seule est elle aussi utilisée en phytothérapie.

L’huile de Millepertuis possède des propriétés antalgiques, c’est-à-dire qu’elle va calmer les douleurs, en particulier d’ordre neurologique. De plus, l’huile de Millepertuis est un bon régénérateur cutané, particulièrement actif pour les peaux brûlées ou présentant des escarres.

Enfin, l’huile de Millepertuis est un anti-inflammatoire hors pair qui saura être très utile en cas de rhumatismes, sciatiques et autres tendinites. Certains disent même que l’huile de Millepertuis en ingestion permet de lutter contre l’anxiété et la dépression ! Le petit bémol de cette huile, c’est son côté photosensibilisant, c’est-à-dire qu’elle va agir comme un loupe entre le soleil et votre peau, ce qui peut entraîner des brûlures et des marques rouges. Il faut donc éviter de vous exposer au soleil après avoir utilisé le macérât de Millepertuis.

Les différents types de contraception

Image Compagnie Des Sens

Pour bien comprendre l’action du Millepertuis sur la contraception, il faut déjà bien comprendre la contraception en elle-même. Et même quand on croit en connaître tous les secrets, les méthodes de contraception nous en cache encore beaucoup (1) ! Alors pour mieux s’y retrouver, on récapitule :

L’un des plus connus et des plus utilisés, c’est le préservatif masculin. Ce petit bout de latex ou de polyuréthane, que l’on prenait pour des ballons ou des bombes à eau étant petit, est l’un des plus efficace quand il est utilisé pour tous les rapports.

Côté femmes, on retrouve aussi le préservatif féminin. Il fonctionne comme sa version masculine, en empêchant le passage des spermatozoïdes. Pour ces deux préservatifs, la méthode de contraception idéale est la double protection : on associe le préservatif à une autre méthode de contraception, pour être sûr de ne pas avoir d’accident.

La méthode qui rythme de quotidien de nombreuses femmes, c’est la pilule contraceptive. Il s’agit d’un traitement hormonal, qui ressemble aux hormones naturellement produites par le corps. Il existe deux types de pilules : l’oestroprogestative, qui contient à la fois des oestrogènes et des progestérones (deux hormones féminines qui régulent le cycle menstruel) ou la microprogestative. Si elle n’est jamais oubliée ou qu’elle ne présente pas d’interaction avec des médicaments pris par la femme, la pilule est très efficace : elle est supérieure à 99.7% !

En restant dans le sujet des hormones, on retrouve aussi l’implant. Ce petit bâtonnet de la taille d’une allumette contient des hormones progestatives qui se diffusent dans le sang et suppriment l’ovulation. Lui aussi est très efficace, et se remplace tous les 3 ans.

Une autre méthode bien connue, c’est l’usage du stérilet, ou dispositif intra utérin DIU. Comme son nom l’indique, il est inséré dans l’utérus. Le DIU peut être au cuivre, qui va rendre les spermatozoïdes inactifs, ou hormonal, contenant une hormone progestative qui empêche le passage des spermatozoïdes. Le DIU se change tous les 4 à 10 ans, et un contrôle annuel est nécessaire pour vérifier s’il est bien positionné.

Pour une efficacité totale mais un procédé plus radical, on retrouve la stérilisation. Pour les femmes, les trompes ovariennes sont ligaturées, tandis que les hommes subissent une vasectomie qui bloque le passage des spermatozoïdes. Cette méthode est définitive, et correspond en général à des personnes ayant déjà eu des enfants.

Il existe encore beaucoup d’autres méthodes contraceptives : le patch aux hormones, le diaphragme et la cape cervicale qui font barrière au passage des spermatozoïdes dans l’utérus, l’anneau vaginal qui associe des hormones oestrogènes et progestative.

Vous l’aurez donc compris, on retrouve des méthodes de contraceptions plutôt mécaniques, avec une sorte de barrière pour empêcher le passage des spermatozoïdes, mais aussi des méthodes hormonales pour empêcher l’ovulation : pas d’ovulation, pas d’ovule ; pas d’ovule, pas de bébé ; pas de bébé… Pas de bébé.

Le Millepertuis et la contraception, compatible ou pas ?

C’est là que la chose se complique. En fait, ce n’est pas l’huile de Millepertuis qui est en ligne de mire, mais directement la fleur de Millepertuis, qui peut se consommer telle quelle. Selon différentes études, l’ingestion de Millepertuis stimule le foie dans son rôle d’élimination des hormones.

Alors quand on utilise une contraception hormonale orale, c’est plutôt fâcheux : le principe même de la contraception orale, c’est de libérer des hormones lentement, pour une action sur du long terme. Le foie, stimulé par le Millepertuis, va métaboliser ces hormones contraceptives trop vite, ce qui aura pour effet de réduire la période sur laquelle cette contraception est efficace. En bref, c’est comme si vous oubliez régulièrement de prendre l’une de ces pilules contraceptives ! Attention aux mauvaises surprises...

Du coup, l’ingestion de Millepertuis peut entraîner des métrorragies (un mot compliqué que l’on peut définir par des saignements génitaux, survenant en dehors de la période des règles), et peut engendrer une grossesse non désirée. Pas très fun tout ça !

En ce qui concerne le macérât huileux de Millepertuis, peu d’informations sont disponibles. Cependant, on peut facilement penser que le macérât comporte les mêmes risques que le Millepertuis lui-même. Alors, autant éviter d’ingérer du Millepertuis ! En application cutanée, la stimulation enzymatique est beaucoup plus faible, ce qui nous laisse penser que l’usage d’huile de Millepertuis en application cutanée ne comporte pas de risque, surtout si elle est utilisée ponctuellement. Par contre, n’oubliez pas que l’huile de Millepertuis est photosensibilisant !

Pour conclure…

Le Millepertuis sous forme de plante, tout comme sous forme de macérât huileux, est à proscrire en ingestion lorsque vous suivez une contraception hormonale. Par contre, son utilisation en application cutanée, de temps en temps et en suivant les précautions d’emploi, peut vous permettre de soulager vos rhumatismes et tendinites !

Pour aller plus loin :

(1) http://www.choisirsacontraception.fr/ , un site de Santé Publique France très bien fait pour comprendre les méthodes de contraception, avec une pointe d’humour comme on l’aime !

(2)https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/documents/contraception/millepertuis_et_contraceptifs_oraux.pdf

(3) http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/Risques-lies-a-l-utilisation-du-millepertuis

(4) Contraception - conseiller et accompagner, rôle du pharmacien, Cespharm+, avril 2015


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