Originaire des déserts d'Amérique du Sud, l'huile végétale de Jojoba est utilisée depuis des siècles pour ses vertus très intéressantes. Son emploi est exclusivement réservé en cosmétologie pour les soins de la peau, favorisant la beauté du tissu cutané. Hydratante, elle peut être utilisée aussi bien pour les peaux grasses que les peaux sèches en raison de sa capacité à réguler et à maintenir un équilibre parfait. De même, elle constituera un soin capillaire intense pour tous types de cheveux. Nom latin : Simmondsia chinensis Link. Partie utilisée : Noix.
Cet article a été mis à jour le 29/05/2026- Caractéristiques et composition
- En cas d' Acné, Peau acnéique
- En tant que Déodorant (fabrication), Parfum (fabrication)
- En cas de Peau grasse, Peau mixte
- Pour la Barbe (fortifier), Barbe (rasage)
- Pour lutter contre la Chute de cheveux
- Contre les Pellicules, Cheveux ternes, Cheveux secs, Cheveux cassants, Cheveux fins
Contrairement à ce que son nom laisse penser, l'huile de Jojoba (Simmondsia chinensis) n'est pas une huile au sens chimique du terme. Les huiles végétales classiques — olive, amande douce, argan — sont composées de triglycérides, c'est-à-dire de trois acides gras liés à un squelette de glycérol. Le jojoba, lui, est composé à environ 97 % de monoesters d'acides gras et d'alcools gras à longue chaîne (C38 à C44), appelés esters cireux. C'est cette structure qui lui confère le statut de cire liquide.
« L'huile de Jojoba est une huile végétale comme les autres, composée de triglycérides. »
Le jojoba est une cire liquide composée à 97 % d'esters cireux, ce qui le distingue de toutes les huiles végétales courantes et explique sa compatibilité unique avec la peau.
Cette distinction n'est pas qu'un point de vocabulaire. Elle explique deux propriétés majeures du jojoba. D'une part, sa stabilité exceptionnelle face à l'oxydation : en l'absence de triglycérides, le jojoba ne rancit pratiquement pas, là où la plupart des huiles végétales vierges ont une durée de vie limitée à 6 à 18 mois. D'autre part, sa compatibilité biochimique avec la peau humaine, puisque ces esters cireux sont structurellement très proches de ceux que l'on retrouve dans le sébum.
| Nom courant | Jojoba |
| Famille | Simmondsiacées (anciennement Buxacées) |
| Partie utilisée | Noix (graine) |
| Origine | Amérique du Nord (Sonora, Arizona, Baja California), cultivé aussi au Pérou, en Israël, au Panama et en Afrique du Sud |
| Nature du produit | Cire liquide (esters cireux), improprement appelée « huile » |
| Composition principale | Acide eicosénoïque (oméga-9, 65-80 %), acide érucique (oméga-9, 10-22 %), acide oléique (oméga-9, 5-15 %) |
Le sébum humain, sécrété par les glandes sébacées, est un mélange complexe de lipides dont environ 25 % sont des esters cireux. Ces esters jouent un rôle central dans la protection et l'hydratation de la peau. Or, les esters cireux du jojoba ont une structure chimique très similaire à ceux du sébum : mêmes longueurs de chaîne carbonée (C16 à C24), mêmes insaturations en configuration cis. C'est cette ressemblance structurale qui rend le jojoba unique parmi les corps gras végétaux.
Cette proximité biochimique a trois conséquences pratiques. Elle permet au jojoba de pénétrer la couche cornée sans laisser de film gras à la surface, ce qui en fait un produit non comédogène (indice de comédogénicité très faible). Elle confère au jojoba une capacité de séborégulation bidirectionnelle : appliqué sur une peau grasse, il signale aux glandes sébacées qu'un niveau suffisant de lipides de surface est déjà présent, ce qui réduit la production de sébum ; appliqué sur une peau sèche, il comble le déficit lipidique sans déclencher de surproduction compensatoire. Enfin, cette compatibilité facilite l'absorption des actifs associés lorsque le jojoba sert de base de dilution pour des huiles essentielles ou des sérums.
C'est ce profil qui explique que le jojoba convienne à tous les types de peau et de cheveux — un cas rare parmi les huiles végétales.
Les bienfaits cutanés du jojoba découlent directement de sa composition en esters cireux et de sa compatibilité avec le sébum. Ils s'exercent sur plusieurs axes complémentaires.
Hydratation et protection de la barrière cutanée. Le jojoba forme un film lipidique léger qui réduit la perte insensible en eau (TEWL) sans obstruer les pores. Contrairement aux agents occlusifs classiques (vaseline, huile minérale), il s'intègre dans la structure lipidique intercellulaire de la couche cornée plutôt que de la recouvrir. La peau reste souple et hydratée sans sensation de gras. Des tests cliniques ont mis en évidence une amélioration de la souplesse cutanée pouvant se maintenir pendant plus de huit heures après une seule application.
Séborégulation. Le jojoba régule la production de sébum dans les deux sens. C'est cette propriété qui le rend pertinent aussi bien pour les peaux grasses et acnéiques que pour les peaux sèches. L'absence de comédogénicité et la régulation du pH cutané en font une base de soin particulièrement adaptée aux peaux mixtes à imperfections.
Propriétés anti-inflammatoires. Plusieurs études in vitro et ex vivo ont mis en évidence la capacité du jojoba à réduire la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, IL-8, TNFα). Un modèle de culture de peau humaine ex vivo a montré une réduction d'environ 30 % de ces marqueurs inflammatoires après application topique. Ces propriétés rendent le jojoba intéressant en contexte de dermatite, de peau eczémateuse ou d'irritation chronique.
Soutien au renouvellement cutané. Des travaux in vitro ont montré que le jojoba stimule la migration des fibroblastes et des kératinocytes et favorise la synthèse de procollagène de type III et d'acide hyaluronique. Ces propriétés contribuent au maintien de la fermeté et de l'élasticité cutanées, et expliquent son intérêt en soin anti-âge. Le jojoba contient également de la vitamine E (tocophérols) et des phytostérols, qui participent à la protection antioxydante de la peau.
Le jojoba apporte aux cheveux et au cuir chevelu des bienfaits analogues à ceux observés sur la peau, en raison de la même compatibilité avec les lipides naturels.
Nutrition et réparation capillaire. Les esters cireux du jojoba pénètrent la fibre capillaire et comblent les espaces endommagés de la cuticule. Le cheveu retrouve souplesse, brillance et résistance à la casse. Le jojoba est particulièrement adapté aux cheveux secs, ternes ou cassants, en application avant le shampoing ou en masque capillaire.
Régulation du cuir chevelu. Comme pour la peau du visage, le jojoba régule la production de sébum au niveau du cuir chevelu. Il réduit l'excès de sébum des cuirs chevelus gras tout en nourrissant les cuirs chevelus secs. Cette double action en fait un soin polyvalent qui convient à tous les types de cheveux, des cheveux gras et pelliculaires aux cheveux fins et déshydratés.
La composition du jojoba, proche de celle du sébum, lui confère une affinité naturelle avec le poil de barbe et la peau sous-jacente. Il adoucit le poil, réduit les irritations liées au rasage et nourrit la zone souvent sollicitée du menton et des joues. Son absence de comédogénicité est un atout supplémentaire sur cette zone du visage, sujette aux imperfections et aux poils incarnés. Quelques gouttes suffisent en soin quotidien après le rasage ou pour discipliner la barbe.
Le jojoba est l'une des huiles végétales les mieux tolérées. Il convient à tous les publics, y compris les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et les bébés. Son utilisation est exclusivement topique (application sur la peau et les cheveux) — il ne se consomme pas par voie orale.
Pour un tour complet des précautions d'emploi, des contre-indications éventuelles et des effets indésirables signalés, la page dédiée approfondit le sujet.
Toutes les huiles de jojoba ne se valent pas. Le mode d'extraction et les conditions de conservation déterminent directement la richesse en actifs et l'efficacité du produit sur la peau et les cheveux.
Vierge et de première pression à froid. L'extraction mécanique à basse température (inférieure à 49 °C) préserve l'intégralité des composés actifs du jojoba : tocophérols (vitamine E), phytostérols (campestérol, β-sitostérol) et polyphénols antioxydants. Le raffinage — traitement alcalin, décoloration, désodorisation à haute température — élimine une grande partie de ces micronutriments. Des analyses comparatives publiées en recherche cosmétique ont mis en évidence une réduction moyenne de près de 70 % des tocophérols totaux et de plus de 40 % des phytostérols dans les huiles raffinées par rapport aux huiles vierges de première pression à froid.
Contrôle de l'oxydation. Le jojoba est naturellement très résistant au rancissement grâce à l'absence de triglycérides, mais la fraîcheur reste un critère de qualité. Un indice de peroxyde bas (inférieur à 5 meq/kg) et un indice d'acide maîtrisé (inférieur à 2,5 mg KOH/g) confirment que la cire n'a pas subi de dégradation oxydative. Un contrôle documenté de ces paramètres, lot par lot, offre une garantie de fraîcheur vérifiable.
Certification biologique. Le label BIO (Ecocert Cosmos ou équivalent) garantit l'absence de pesticides, d'herbicides et de solvants chimiques dans la culture et l'extraction. Pour un produit appliqué directement sur la peau — parfois sur le visage ou le cuir chevelu — c'est un critère de sécurité pertinent.
Conditionnement protecteur. Le verre opaque protège le jojoba de la lumière et limite la photooxydation, qui dégrade les tocophérols et les phytostérols même dans un produit naturellement stable. Les flacons en plastique transparent ou les bidons non protégés exposent le produit à cette dégradation.
Huile vierge de 1ère pression à froid, certifiée BIO, contrôle de l'oxydation documenté (indice de peroxyde < 5 meq/kg), flacon en verre opaque.
Huile vierge non raffinée, sans certification BIO mais sans solvant, conditionnement en verre (même non opaque) ou aluminium protecteur.
Huile raffinée (perte majeure de tocophérols et phytostérols), sans contrôle d'oxydation, conditionnement plastique transparent.
Huile coupée avec d'autres corps gras (non 100 % pure), extraite avec solvants chimiques, ou étiquetage ne précisant pas le mode d'extraction.
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Publication : Harry-O’kuru, R. E., Biresaw, G., Gordon, S., & Xu, J. (2018). Physical Characteristics of Tetrahydroxy and Acylated Derivatives of Jojoba Liquid Wax in Lubricant Applications. Journal of Analytical Methods in Chemistry, 2018, 1–12. https://doi.org/10.115
Publication : Spencer, G. F., Plattner, R. D., & Miwa, T. (1977). Jojoba oil analysis by high pressure liquid chromatography and gas chromatography/mass spectrometry. Journal of the American Oil Chemists' Society, 54(5), 187–189. https://doi.org/10.1007/bf02676270
Publication : Miwa, T. K. (1971). Jojoba oil wax esters and derived fatty acids and alcohols: Gas chromatographic analyses. Journal of the American Oil Chemists Society, 48(6), 259–264. https://doi.org/10.1007/bf02638458
Publication : Picardo, M., Ottaviani, M., Camera, E., & Mastrofrancesco, A. (2009). Sebaceous gland lipids. Dermato-endocrinology, 1(2), 68-71.
Publication : Kalscheuer, R., Stoveken, T., Luftmann, H., Malkus, U., Reichelt, R., & Steinbuchel, A. (2006). Neutral Lipid Biosynthesis in Engineered Escherichia coli: Jojoba Oil-Like Wax Esters and Fatty Acid Butyl Esters. Applied and Environmental Microbiology, 72(2
Ouvrage : de la Charie, T. (2019). Se soigner par les huiles essentielles. Pourquoi et comment ça marche ? Editions du Rocher.
Site Web : Tiffany N. Oliphant, T. N. O. (2013). Skin Barrier Protection with Jojoba Esters. Consulté sur https://www.floratech.com/PDFs/Articles_MKT/ART06.pdf
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie