L'ashwagandha n'a pas d'effet direct prouvé sur la croissance ou la santé des cheveux : aucune étude clinique n'a évalué spécifiquement cette indication. Son intérêt capillaire est indirect. En tant que plante adaptogène, elle contribue à réduire le cortisol, l'hormone du stress dont l'élévation chronique est impliquée dans l'effluvium télogène — une forme de chute de cheveux diffuse et réversible. Ses propriétés antioxydantes pourraient également ralentir le grisonnement prématuré en protégeant les mélanocytes du stress oxydatif. Par voie topique, la poudre brute d'ashwagandha s'utilise en masque capillaire ou dans un shampoing pour stimuler la microcirculation du cuir chevelu.
Cet article a été mis à jour le 03/01/2023Le cycle de vie d'un cheveu se décompose en quatre phases : la phase anagène (croissance active, 2 à 6 ans), la phase catagène (transition, quelques semaines), la phase télogène (repos, 2 à 3 mois) et la phase exogène (chute). Sur un cuir chevelu sain, environ 90 % des cheveux sont en phase anagène à un instant donné. Le stress chronique perturbe cet équilibre.
Lorsque l'organisme est soumis à un stress prolongé, l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) s'active de manière excessive et maintient des niveaux élevés de cortisol. Cette hormone, utile à court terme pour mobiliser les ressources énergétiques de l'organisme, devient délétère lorsque sa sécrétion se prolonge. Un cortisol chroniquement élevé entraîne une entrée prématurée d'un grand nombre de follicules pileux en phase télogène. Deux à trois mois plus tard, ces cheveux tombent simultanément, provoquant une chute diffuse et souvent impressionnante.
Des travaux du Harvard Stem Cell Institute ont confirmé que les hormones de stress exercent un effet direct sur les cellules souches des follicules pileux, les maintenant dans un état de quiescence prolongé et empêchant la régénération capillaire. Le cortisol déclenche par ailleurs des cytokines pro-inflammatoires (TNF-alpha, IL-1-bêta) qui altèrent le microenvironnement du follicule.
Ce mécanisme explique pourquoi toute approche visant à réduire le cortisol de façon durable peut, en théorie, limiter la chute de cheveux liée au stress. C'est dans ce cadre que l'ashwagandha présente un intérêt.
L'ashwagandha (Withania somnifera) est une plante adaptogène dont l'effet sur le cortisol a fait l'objet de plusieurs essais cliniques randomisés et contrôlés par placebo. L'essai le plus cité a été mené par Chandrasekhar et collaborateurs en 2012 sur 64 adultes souffrant de stress chronique. Les participants recevaient 300 mg d'un extrait concentré de racine d'ashwagandha deux fois par jour (600 mg/jour) ou un placebo, pendant 60 jours. Au terme de l'étude, le groupe ashwagandha présentait une réduction du cortisol sérique d'environ 28 % par rapport à la valeur initiale, contre 8 % dans le groupe placebo — une différence statistiquement significative.
| Design | Essai randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo |
| Population | N = 64, adultes en stress chronique |
| Protocole | 600 mg/jour d'extrait de racine d'ashwagandha pendant 60 jours |
| Résultat clé | Réduction du cortisol sérique de 27,9 % (vs 7,9 % sous placebo, p = 0,006) |
| Limite | Effectif modeste, monocentrique |
D'autres essais ont confirmé cette tendance. Une étude de Lopresti et collaborateurs (2019) portant sur 60 adultes stressés a montré que 240 mg d'un extrait standardisé d'ashwagandha par jour pendant 60 jours réduisait significativement le cortisol matinal par rapport au placebo. Une méta-analyse de 2026 (Alsanie et al.), compilant 22 essais randomisés sur un total de 1 391 adultes, conclut à une réduction significative des scores de stress et d'anxiété sous ashwagandha, bien que la qualité globale des preuves soit jugée « très faible » selon les critères GRADE en raison de l'hétérogénéité entre les études.
Pour approfondir les données sur cet effet, consultez notre article dédié à l'ashwagandha et le cortisol.
Le grisonnement des cheveux résulte principalement d'une diminution de l'activité des mélanocytes, les cellules responsables de la production de mélanine dans le bulbe pileux. Lorsque ces cellules deviennent dysfonctionnelles ou meurent, le cheveu repousse sans pigment. Ce processus est en grande partie lié au vieillissement naturel, mais il peut être accéléré par le stress oxydatif.
Le stress oxydatif se traduit par une accumulation d'espèces réactives de l'oxygène (radicaux libres) dans les cellules du follicule. Ces radicaux endommagent les mélanocytes et réduisent l'activité de la tyrosinase, l'enzyme clé de la synthèse de mélanine. Des travaux de Tobin et Paus ont montré qu'une surproduction de peroxyde d'hydrogène (H2O2) dans le bulbe pileux est impliquée dans la dépigmentation progressive du cheveu.
L'ashwagandha contient plusieurs familles de composés antioxydants, dont les withanolides et les glycowithanolides. Ces molécules neutralisent les radicaux libres et réduisent le stress oxydatif cellulaire. En médecine ayurvédique, l'ashwagandha fait d'ailleurs partie des plantes traditionnellement associées au maintien de la pigmentation capillaire. Cela dit, aucune étude clinique n'a démontré qu'une supplémentation en ashwagandha ralentit effectivement l'apparition des cheveux blancs chez l'humain. Le mécanisme est biologiquement plausible, mais il reste au stade de l'hypothèse.
L'utilisation topique de la poudre brute d'ashwagandha sur le cuir chevelu est une pratique issue de la tradition ayurvédique. Le massage du cuir chevelu avec une pâte à base de poudre d'ashwagandha favorise la microcirculation locale, ce qui améliore l'apport en nutriments et en oxygène aux follicules pileux. Deux modes d'application sont couramment utilisés.
Mélanger 5 g de poudre d'ashwagandha (environ une cuillère à café) avec une quantité suffisante d'eau tiède ou d'huile végétale pour obtenir une pâte homogène. L'huile de sésame est traditionnellement utilisée dans ce contexte ; l'huile de ricin peut être ajoutée pour ses propriétés épaississantes. Appliquer la pâte directement sur le cuir chevelu en massant du bout des doigts pendant 2 à 3 minutes. Laisser poser 30 minutes à 1 heure, puis rincer abondamment et procéder à un shampoing. Répéter une à deux fois par semaine.
Incorporer 5 g de poudre d'ashwagandha directement dans la dose habituelle de shampoing. Appliquer sur les cheveux mouillés et masser le cuir chevelu pendant 2 à 3 minutes avant de rincer à l'eau tiède. Cette méthode, plus simple que le masque, est adaptée à un usage régulier.
La voie orale vise l'effet systémique de l'ashwagandha — notamment la réduction du cortisol et l'activité antioxydante — qui peut indirectement bénéficier à la santé capillaire. Deux formes sont disponibles.
La poudre non concentrée se consomme à raison de 1 à 5 g par jour, en augmentant progressivement la dose pour évaluer la tolérance. Elle se mélange facilement dans un smoothie, un jus, une compote ou de l'eau. La poudre brute a l'avantage de pouvoir servir aussi bien en voie orale qu'en application topique.
Les extraits de racine d'ashwagandha sont concentrés et titrés en withanolides, les principes actifs de la plante. La dose utilisée dans les essais cliniques sur le stress est généralement de 300 à 600 mg d'extrait par jour, selon le degré de concentration. Un extrait concentré au ratio 18:1 et titré à 5 % de withanolides apporte, à la dose de 600 mg par jour, 30 mg de withanolides et l'équivalent de 10 000 mg de racines brutes.
| Forme | Dose quotidienne |
|---|---|
| Poudre brute de racine | 1 à 5 g/jour (augmentation progressive) |
| Extrait standardisé (5 % withanolides) | 300 à 600 mg/jour |
Pour plus de détails sur les effets indésirables, consultez notre article sur les effets secondaires de l'ashwagandha.
L'intérêt de l'ashwagandha pour les cheveux repose sur un raisonnement par extrapolation : la plante réduit le cortisol ; le cortisol élevé provoque un effluvium télogène ; donc la plante pourrait limiter cette forme de chute. Ce raisonnement est biologiquement cohérent, mais il n'a pas été vérifié par un essai clinique mesurant directement un critère capillaire (densité, nombre de cheveux en phase anagène, vitesse de repousse).
« L'ashwagandha fait repousser les cheveux et empêche la calvitie. »
Aucune étude n'a démontré un effet direct de l'ashwagandha sur la repousse capillaire. Son action se limite à la gestion du stress (cortisol) et au potentiel antioxydant. Elle n'agit pas sur l'alopécie androgénétique (calvitie héréditaire), qui relève d'un mécanisme hormonal différent (DHT).
Plusieurs points méritent d'être soulignés. L'effluvium télogène n'est qu'une des causes de chute de cheveux. L'alopécie androgénétique, qui représente la forme la plus fréquente de perte capillaire, est liée à la sensibilité génétique des follicules à la dihydrotestostérone (DHT), un dérivé de la testostérone. L'ashwagandha n'a pas d'effet démontré sur cette voie hormonale. De même, l'alopécie areata (pelade) est une maladie auto-immune sur laquelle les adaptogènes n'ont pas fait leurs preuves.
Un essai clinique spécifiquement consacré aux effets de l'ashwagandha sur la peau et les cheveux est en cours d'enregistrement (NCT07215689), mais ses résultats ne sont pas encore disponibles. En attendant des données directes, l'ashwagandha peut être envisagée comme un soutien complémentaire dans le cadre d'une chute de cheveux liée au stress, sans en faire un traitement capillaire à part entière.
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Publication : Wang FY, Sun YM, Lv CP, Cheng MQ, Zhang L, Sun M. [Hair roots induction and culture of Withania somnifera and its withanolide A synthesis]. Zhongguo Zhong Yao Za Zhi. 2014 Mar;39(5):790-4. Chinese. PMID: 25204166.
Publication : Lopresti, A. L., Smith, S. J., Malvi, H. & Kodgule, R. (2019, septembre). An investigation into the stress-relieving and pharmacological actions of an ashwagandha (Withania somnifera) extract. Medicine, 98(37), e17186. https://doi.org/10.1097/md.0000000000017186
Publication : Langade, D., Thakare, V., Kanchi, S. & Kelgane, S. (2021, janvier). Clinical evaluation of the pharmacological impact of ashwagandha root extract on sleep in healthy volunteers and insomnia patients : A double-blind, randomized, parallel-group, placebo-controlled study. Journal of Ethnopharmacology, 264, 113276. https://doi.org/10.1016/j.jep.2020.113276
Ouvrage : Pierre, M. (2017). La bible des plantes qui soignent. Vanves, France: Editions du Chêne.
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Nathalie