Les feuilles d’Ortie, très nutritives, sont ce qu'on pourrait appeler une panacée. Elles agissent aussi bien sur la sphère articulaire que digestive, cutanée ou capillaire. Leurs propriétés astringentes et hémostatiques leur confèrent la capacité de stopper ou de diminuer tous les types de saignements. Enfin, l'Ortie permet de favoriser la lactation. Nom latin : Urtica dioica L. Partie de la plante : feuilles.
Cet article a été mis à jour le 28/05/2026- En cas de Pellicules, Chute de cheveux, Cheveux cassants
- En cas d' Allergie respiratoire, Rhinite
- En cas d' Acné, Peau grasse, Séborrhée
- En cas de Calculs rénaux, Cystite, Infection urinaire, Lithiase rénale
- En cas de Saignement de nez, Saignement
- En cas d' Arthrite, Arthrose, Rhumatismes, Crise de goutte, Douleur articulaire
- En cas de Règles abondantes, Ménopause
- En cas d' Aphte, Stomatite, Gingivite
- En cas d' Allaitement difficile
- En cas de Calculs biliaires, Lithiase biliaire
L'indication articulaire est l'un des usages les mieux documentés de la feuille d'Ortie en tisane. L'EMA reconnaît son utilisation traditionnelle pour le soulagement des douleurs articulaires mineures, tandis que l'ESCOP va plus loin en la classant comme traitement adjuvant symptomatique de l'arthrite, de l'arthrose et des affections rhumatismales en général.
Les mécanismes d'action identifiés reposent sur plusieurs voies complémentaires. Des études in vitro ont montré que les extraits de feuilles d'Ortie inhibent les enzymes COX-1 et COX-2, responsables de la biosynthèse des prostaglandines et du thromboxane dans la cascade de l'acide arachidonique. D'autres travaux ont mis en évidence une inhibition du facteur de transcription NF-kB, impliqué dans l'inflammation chronique, ainsi qu'une réduction de certaines cytokines pro-inflammatoires.
À cette action anti-inflammatoire s'ajoute un effet diurétique qui favorise l'élimination de l'acide urique par voie rénale. Cette double action — anti-inflammatoire et drainante — explique l'intérêt traditionnel de la tisane d'Ortie dans les contextes d'hyperuricémie et de goutte, où les cristaux d'acide urique s'accumulent dans les articulations. Les données cliniques chez l'humain restent cependant limitées en quantité et en niveau de preuve : quelques essais cliniques suggèrent un effet favorable sur l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde, mais l'EMA maintient un classement en usage traditionnel faute d'études contrôlées de grande envergure.
L'EMA reconnaît l'utilisation traditionnelle de la feuille d'Ortie pour augmenter le volume urinaire et favoriser le rinçage des voies urinaires en complément des troubles urinaires mineurs. La Commission E allemande admet de son côté son usage comme traitement complémentaire des infections et des calculs urinaires. L'ESCOP confirme cette indication en mentionnant l'augmentation de l'élimination rénale d'eau dans les plaintes inflammatoires des voies urinaires basses.
Cet effet diurétique est attribué à la richesse minérale de la feuille d'Ortie (potassium notamment) et à ses flavonoïdes. En augmentant le débit urinaire, la tisane d'Ortie contribue à diluer les substances présentes dans les urines, ce qui peut aider à prévenir la formation de calculs rénaux. La teinture mère d'Ortie exploite ce même effet diurétique sous une forme plus concentrée, avec un protocole de prise différent.
L'EMA reconnaît l'utilisation traditionnelle de la feuille d'Ortie dans les affections cutanées séborrhéiques. La feuille est traditionnellement considérée comme dépurative : en favorisant l'élimination rénale, elle contribuerait indirectement à améliorer l'état de la peau, notamment en cas d'acné légère et d'éruptions cutanées.
Plusieurs mécanismes ont été identifiés in vitro. Les extraits de feuilles d'Ortie sont capables d'inhiber la 5-alpha-réductase, l'enzyme qui convertit la testostérone en dihydrotestostérone (DHT). Or la DHT stimule la production de sébum : en freinant cette conversion, l'Ortie pourrait exercer une action séborégulatrice favorable aux peaux grasses et acnéiques. La richesse de la feuille en zinc, en flavonoïdes (quercétine, kaempférol) et en acides phénoliques (acide caféique, acide chlorogénique) contribue également à ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires cutanées.
Concernant les phanères, la tisane d'Ortie est traditionnellement recommandée pour renforcer les cheveux et les ongles. Sa richesse en silicium partiellement soluble, en fer, en calcium et en magnésium en fait l'une des plantes les plus reminéralisantes du règne végétal. Le silicium, bien absorbé par l'organisme, se retrouve dans la kératine des cheveux et des ongles, dans le cartilage et dans la peau. Ces propriétés restent cependant documentées essentiellement par l'usage traditionnel et des données observationnelles, sans essais cliniques de haut niveau de preuve spécifiquement consacrés à la tisane.
Les feuilles d'Ortie contiennent de la vitamine K en quantité significative. Cette vitamine joue un rôle central dans la cascade de la coagulation sanguine, en permettant la synthèse hépatique de plusieurs facteurs de coagulation (facteurs II, VII, IX et X). La tisane de feuilles d'Ortie est ainsi traditionnellement utilisée pour ses propriétés astringentes et hémostatiques, notamment pour réduire l'abondance des saignements menstruels (ménorragies) et des saignements de nez (épistaxis).
Cette propriété hémostatique est un atout mais aussi un point de vigilance : la teneur en vitamine K de l'Ortie peut interférer avec les traitements anticoagulants de type anti-vitamine K (warfarine, acénocoumarol). Cette interaction est détaillée dans la section précautions.
La monographie de l'EMA fournit un cadre posologique précis pour la tisane de feuilles d'Ortie en usage traditionnel. La dose unitaire recommandée est de 2 à 4 g de feuilles sèches par tasse, à infuser dans de l'eau chaude. La dose journalière totale se situe entre 8 et 12 g de feuilles sèches, répartis en 3 à 6 prises.
| Paramètre | Recommandation |
|---|---|
| Quantité par tasse | 2 à 4 g de feuilles sèches (environ 1 cuillère à soupe) |
| Température de l'eau | Eau frémissante (90-100 °C) |
| Durée d'infusion | 10 à 30 minutes selon l'intensité souhaitée |
| Nombre de tasses par jour | 3 à 4 tasses |
| Dose journalière totale | 8 à 12 g de feuilles sèches |
Une infusion courte (10 minutes) convient pour une boisson quotidienne légère. Pour maximiser l'extraction des principes actifs — notamment les flavonoïdes et les minéraux — une infusion prolongée de 20 à 30 minutes est préférable, en couvrant la tasse pour limiter l'évaporation. La tisane peut être consommée chaude ou refroidie.
L'association de la feuille d'Ortie avec la Prêle est fréquente en phytothérapie articulaire : la Prêle apporte un complément de silicium et de reminéralisation qui renforce l'action de l'Ortie sur le tissu conjonctif.
La distinction entre feuilles et racines d'Ortie est fondamentale en phytothérapie, car ces deux parties de la plante contiennent des composés différents et relèvent d'indications distinctes. La confusion est fréquente, y compris sur les étiquettes de certains produits.
| Critère | Feuilles | Racines |
|---|---|---|
| Composés principaux | Flavonoïdes, minéraux (fer, calcium, silicium), vitamine K, acides phénoliques | Bêta-sitostérol, lignanes, polysaccharides, lectines (UDA) |
| Indications reconnues | Douleurs articulaires, drainage rénal, affections cutanées séborrhéiques | Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) |
| Mode de préparation usuel | Infusion (tisane) | Décoction ou extrait sec titré en bêta-sitostérol |
| Reconnaissance institutionnelle | EMA, ESCOP, Commission E (usage traditionnel) | OMS, EMA, ESCOP (usage bien établi pour la racine et HBP) |
Lorsque vous recherchez une tisane d'Ortie pour les articulations, le drainage ou la peau, ce sont les feuilles qui vous concernent. Les racines d'Ortie sont réservées à un tout autre usage, principalement masculin, lié aux troubles prostatiques. Pour approfondir cette distinction, consultez notre article dédié sur le choix entre Ortie racine ou feuille.
La tisane d'Ortie étant un produit relativement simple — des feuilles séchées infusées dans de l'eau — les critères de qualité portent moins sur le titrage en actifs que sur la pureté de la matière première et les conditions de culture.
Feuilles d'Ortie 100 % pures, issues de l'agriculture biologique (certification Ecocert ou équivalent), sans mélange avec d'autres plantes, sans additifs, sans ionisation. Conditionnement opaque ou refermable pour préserver les principes actifs.
Feuilles d'Ortie pures, conventionnelles mais sans traitement post-récolte (non ionisées), ou bio avec un léger mélange tige/feuille (la tige contient les mêmes composés mais en concentration moindre).
Mélange de plantes où l'Ortie est minoritaire, ou feuilles ionisées, ou produit contenant des arômes ajoutés qui masquent la qualité réelle de la plante. Vérifiez que l'Ortie est bien l'ingrédient unique ou majoritaire.
Vérifiez également que la partie de la plante utilisée est bien mentionnée sur l'étiquette : la mention « feuilles » (ou folium) doit figurer clairement. Un produit étiqueté simplement « Ortie » sans précision de la partie utilisée ne permet pas de savoir si vous consommez des feuilles, des racines ou un mélange des deux.
La tisane de feuilles d'Ortie est généralement bien tolérée. L'EMA signale comme effets indésirables possibles de légers troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée) et des réactions cutanées (démangeaisons, exanthème, urticaire), dont la fréquence n'est pas connue.
Interaction avec les anticoagulants : la teneur en vitamine K des feuilles d'Ortie peut réduire l'efficacité des traitements anticoagulants de type anti-vitamine K (warfarine, acénocoumarol). Si vous prenez ce type de traitement, consultez votre médecin avant de consommer de la tisane d'Ortie de manière régulière. Un ajustement de la posologie de l'anticoagulant peut s'avérer nécessaire.
Grossesse et allaitement : l'EMA indique que la sécurité pendant la grossesse et l'allaitement n'a pas été établie. En l'absence de données suffisantes, l'utilisation est déconseillée.
Enfants : l'utilisation chez les enfants de moins de 12 ans n'est pas recommandée par l'EMA en raison de l'absence de données adéquates.
Interaction avec le lithium : l'effet diurétique de l'Ortie peut modifier la concentration sanguine du lithium. Les personnes sous traitement au lithium doivent consulter leur médecin.
Note moyenne: 4.8 ( 166 votes )
Publication : Joshi, B. C., Mukhija, M., & Kalia, A. N. (2014). Pharmacognostical review of Urtica dioica L. International Journal of Green Pharmacy (IJGP), 8(4). http://dx.doi.org/10.22377/ijgp.v8i4.414
Publication : Roschek, B., Fink, R. C., McMichael, M., & Alberte, R. S. (2009). Nettle extract (Urtica dioica) affects key receptors and enzymes associated with allergic rhinitis. Phytotherapy Research, 23(7), 920‑926. https://doi.org/10.1002/ptr.2763
Publication : Riehemann, K., Behnke, B., & Schulze-Osthoff, K. (1999). Plant extracts from stinging nettle (Urtica dioica), an antirheumatic remedy, inhibit the proinflammatory transcription factor NF-κB. FEBS Letters, 442(1), 89‑94. https://doi.org/10.1016/s0014-5793(98)01622-6
Publication : Dhouibi, R., Affes, H., Ben Salem, M., Hammami, S., Sahnoun, Z., Zeghal, K. M., & Ksouda, K. (2020). Screening of pharmacological uses of Urtica dioica and others benefits. Progress in Biophysics and Molecular Biology, 150, 67‑77. https://doi.org/10.1016/j.pbiomolbio.2019.05.008
Publication : Zouari Bouassida, K., Bardaa, S., Khimiri, M., Rebaii, T., Tounsi, S., Jlaiel, L., & Trigui, M. (2017). Exploring the Urtica dioica Leaves Hemostatic and Wound-Healing Potential. BioMed Research International, 2017, 1‑10. https://doi.org/10.1155/2017/1047523
Publication : Nice, F. J. (2011). Common Herbs and Foods Used as Galactogogues. ICAN : Infant, Child, & Adolescent Nutrition, 3(3), 129‑132. https://doi.org/10.1177/1941406411406118
Publication : Bharti, S. K., Sharma, N. K., Gupta, A. K., Murari, K., & Kumar, A. (2012). Pharmacological actions and potential uses of diverse Galactogogues in Cattle. International Journal of Clinical Pharmacology and Therapeutics, 2(1), 24-28.
Publication : J. Delahaye. Utilisations de l’ortie-Urtica dioïca L.. Sciences pharmaceutiques. 2015. (Thèse). https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01232406
Ouvrage : Corjon, G. (2018). Se soigner par les plantes. Quitin, France : Jean-Paul Gisserot.
Ouvrage : Pierre, M. (2017). La bible des plantes qui soignent. Vanves, France: Editions du Chêne.
Ouvrage : Valnet, J. (1986b). Phytothérapie: se soigner par les plantes. Paris, France: Maloine S.A.
Ouvrage : Lousse, D., Macé, N., Saint-Béat, C., & Tardif, A. (2017). Le guide familial des plantes médicinales. Paris, France: Mango.
Ouvrage : Lacoste, S., & Lallement, M. (2014). Ma bible de la phytothérapie (SANTE/FORME) (French Edition) (1re éd.). Éditions Leduc.s.
Ouvrage : Fournier, P. V., & Boisvert, C. (2010). Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France. Paris, France: Presses de la Cité.
Ouvrage : Chevallier, A., & Larousse (Firme). (2014). Larousse des plantes médicinales. Paris, France: Larousse.
Ouvrage : Pierre, M., & Gayet, C. (2019). Mes 1 000 ordonnances phytothérapie (BIBLE) (French Edition) (1re éd.). Paris, France : Éditions Leduc.s.
Ouvrage : Luu, C., & Pelt, J. M. (2016). 250 remèdes naturels à faire soi-même. Mens, France: Terre vivante.
Ouvrage : Lieutaghi, P. (1996). Le livre des bonnes herbes. Arles, France: Actes Sud.
Ouvrage : ESCOP Monographs, The Scientific Fondation for Hebal Medicinal Products. (2018). Urticae folium/herba : Nettle Leaf/Herb. escop. https://escop.com/wp-content/uploads/edd/2018/11/Urticae-folium-herba-ESCOP-2018.pdf
Ouvrage : Dubray, M. (2010). Guide des contre-indications des principales plantes médicinales. La Geneytouse, France: L. Souny.
Ouvrage : Fleurentin, J. (2022). Du bon usage des plantes qui soignent.
Ouvrage : Lorrain, É. (2024). Grand Manuel de phytothérapie - 2e éd. Dunod.
Ouvrage : Morel, J. M. (2008). Traité pratique de phytothérapie: Remèdes d'hier pour médecine de demain, Escalquens, France: Editions Jacques Grancher.
Ouvrage : Goetz, P., & Hadji-Minaglou, F. (2019). Conseil en phytothérapie: Guide à l’usage du prescripteur.
Ouvrage : Bruneton, J. (2016). Pharmacognosie : Phytochimie, plantes médicinales.
Site Web : EMA, Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC), (2010). Assessment report on Urtica dioica L., Urtica urens L., folium. https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/final-assessment-report-urtica-dioica-l-urtica-urens-l-folium_en.pdf
Site Web : Ortie — Wikiphyto. (s. d.). https://www.wikiphyto.org/wiki/Ortie
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie