Le bourgeon de Cassis (Ribes nigrum) possède un potentiel hépatoprotecteur documenté, principalement lié à sa richesse en polyphénols : quercétine, anthocyanes, lutéoline et kaempférol. Ces composés réduisent le stress oxydant hépatique et protègent les cellules du foie contre différents types d'agressions, selon plusieurs études précliniques. En gemmothérapie, le macérat de bourgeons de Cassis est également reconnu comme draineur universel, et le foie bénéficie de cette action d'élimination. Ce soutien reste toutefois complémentaire : pour un drainage hépatique ciblé, les bourgeons de Romarin et de Genévrier sont plus spécifiques et constituent un premier choix mieux adapté.
Cet article a été mis à jour le 20/05/2026Les bourgeons de Cassis sont parmi les plus riches en phytonutriments de la gemmothérapie. Une étude publiée dans Molecules (2023) a identifié environ 133 composés dans un extrait gemmothérapique de Ribes nigrum préparé à partir de bourgeons frais, dont les flavonoïdes représentent la catégorie la plus abondante. Parmi eux, quatre flavonoïdes à activité hépatoprotectrice documentée ont été quantifiés pour la première fois dans un macérat de bourgeons : la lutéoline, la quercétine, l'apigénine et le kaempférol. Les travaux de Donno et al. (2013, 2016) avaient déjà identifié la présence de glycosides de quercétine, de myricétine et d'acides hydroxycinnamiques (acide chlorogénique, acide néochlorogénique) dans les bourgeons de cassis.
La quercétine est l'un des flavonoïdes dont l'activité hépatoprotectrice est la mieux documentée en recherche préclinique. Plusieurs travaux sur modèles animaux ont montré qu'elle protège le foie contre différents types d'agressions : toxicité du bisphénol A (BPA), lésions induites par l'éthanol, hépatotoxicité du paracétamol, ou encore stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD). Son mécanisme d'action repose principalement sur l'activation des défenses antioxydantes cellulaires (voie Nrf2/Keap1), la réduction de la peroxydation lipidique et l'inhibition des réponses inflammatoires via la voie NF-κB. Une étude récente sur un modèle murin de NAFLD (PMC, 2024) a montré qu'une supplémentation en quercétine à des doses de 10 à 50 mg/kg réduisait significativement le score d'activité NAFLD, notamment la stéatose et l'inflammation.
Les anthocyanes du cassis ont fait l'objet d'études spécifiques sur la sphère hépatique. Lee et al. (2019), dans une étude publiée dans Obesity, ont montré que la consommation de poudre de cassis prévenait le développement de la stéatohépatite non alcoolique (NASH) chez des souris soumises à un régime riche en graisses et en sucres pendant 24 semaines. Le cassis réduisait l'accumulation de triglycérides hépatiques, atténuait l'infiltration de macrophages pro-inflammatoires (type M1) et diminuait l'expression des gènes fibrogéniques dans le foie. Des résultats convergents ont été obtenus dans un modèle de rats ovariectomisés, où un extrait de cassis à 3 % a réduit le score NAFLD et amélioré le profil lipidique (Nutrients, 2020).
Ces données, issues de modèles animaux, ne permettent pas de conclure à un effet thérapeutique chez l'humain. Elles dessinent néanmoins un profil hépatoprotecteur cohérent pour le cassis, porté principalement par ses polyphénols et ses anthocyanes.
En gemmothérapie, le bourgeon de Cassis est classé comme un draineur universel. Son action cortisone-like, liée à la stimulation des glandes surrénales, favorise les fonctions d'élimination de l'ensemble des émonctoires : foie, reins, intestins, peau et poumons. Le foie bénéficie de cette action drainante globale, qui contribue à l'évacuation des toxines accumulées dans l'organisme. Cette propriété drainante générale du bourgeon de Cassis inclut donc la sphère hépatique, mais sans la cibler en particulier.
« Le bourgeon de Cassis est le meilleur bourgeon pour drainer le foie. »
Le Cassis est un draineur universel qui agit sur tous les émonctoires, foie compris. Pour un drainage hépatique ciblé, les bourgeons de Romarin et de Genévrier sont plus spécifiques et mieux adaptés.
Pour un drainage hépatique ciblé, deux autres bourgeons sont plus adaptés. Le Romarin (Rosmarinus officinalis) est reconnu en gemmothérapie pour son tropisme hépatique marqué : ses jeunes pousses protègent les cellules du foie, stimulent la vésicule biliaire et possèdent des propriétés antioxydantes et antitoxiques qui en font le bourgeon de référence pour les foies fatigués ou surchargés. Le Genévrier (Juniperus communis) agit sur la sphère hépatorénale : c'est un régénérant hépatocellulaire et un détoxicant puissant, dont l'action est souvent décrite comme rapide.
| Critère | Cassis | Romarin | Genévrier |
|---|---|---|---|
| Tropisme principal | Draineur universel (5 émonctoires) | Foie et vésicule biliaire | Foie et reins |
| Action hépatique | Soutien complémentaire, non spécifique | Hépatoprotecteur, stimulant biliaire | Régénérant hépatocellulaire, détoxicant |
| Intérêt dans une synergie | Potentialise les autres macérats | Drainage hépatobiliaire ciblé | Drainage hépatorénal ciblé |
L'intérêt du bourgeon de Cassis dans une stratégie hépatique réside dans sa capacité à potentialiser les autres macérats. En gemmothérapie, le Cassis est souvent associé à d'autres bourgeons pour amplifier leurs effets. Une synergie Cassis + Romarin + Genévrier permet de combiner le drainage hépatobiliaire spécifique (Romarin), la régénération hépatocellulaire et le drainage rénal (Genévrier), et le soutien adaptatif global du Cassis. Le bourgeon de Cassis joue alors un rôle d'amplificateur, en soutenant l'organisme dans son ensemble pendant la cure de drainage. Pour en savoir plus sur les autres actions du bourgeon de Cassis sur la sphère digestive, consultez la page dédiée aux effets du bourgeon de Cassis sur l'intestin.
Le foie est l'organe principal du métabolisme des médicaments de chimiothérapie, ce qui l'expose à un stress oxydant intense. Les anthocyanes du cassis ont montré, dans des modèles précliniques, un potentiel de chimioprévention hépatique. Bishayee et al. (2011), dans une étude publiée dans le Journal of Nutritional Biochemistry, ont testé un extrait de cassis riche en anthocyanes (cyanidine-3-O-rutinoside comme anthocyane majoritaire) sur un modèle de carcinogenèse hépatique chez le rat. L'extrait réduisait de façon dose-dépendante l'incidence, le nombre, la taille et le volume des nodules hépatiques prénéoplasiques. L'effet protecteur passait par l'inhibition de la prolifération cellulaire anormale et l'induction de l'apoptose des cellules tumorales, via une surexpression de Bax et une diminution de Bcl-2.
Ces résultats, obtenus dans un modèle de carcinogenèse chimique induite (diéthylnitrosamine), ne sont pas directement transposables à l'accompagnement d'une chimiothérapie chez l'humain. Ils suggèrent néanmoins que les anthocyanes du cassis pourraient contribuer à protéger le tissu hépatique contre les dommages oxydants. Pour un aperçu plus large des données sur le bourgeon de Cassis en contexte oncologique, consultez la page dédiée au bourgeon de Cassis et cancer. En pratique, toute utilisation du bourgeon de Cassis en accompagnement d'un traitement anticancéreux doit impérativement faire l'objet d'un avis médical, en raison du risque d'interactions avec les traitements en cours.
Les propriétés hépatoprotectrices du bourgeon de Cassis étant liées à sa teneur en polyphénols (quercétine, anthocyanes, lutéoline), la concentration du macérat en principes actifs conditionne directement son potentiel d'action. Deux paramètres déterminent cette concentration et constituent les critères de choix prioritaires.
Macérat-mère concentré et titré — obtenu par macération des bourgeons frais au 1/20e dans un mélange eau-alcool-glycérine, avec un titrage garantissant une teneur minimale en bourgeons. Concentration optimale en polyphénols et reproductibilité d'un flacon à l'autre.
Macérat-mère concentré non titré — même procédé de macération au 1/20e, mais sans titrage garanti. La concentration en principes actifs est élevée, toutefois la teneur peut varier d'un lot à l'autre.
Macérat 1DH — macérat-mère dilué au dixième. À posologie égale en gouttes, un macérat 1DH apporte environ 10 fois moins de principes actifs qu'un macérat concentré, une quantité trop faible pour un soutien hépatique efficace.
Un macérat-mère concentré, titré en bourgeons, garantit une teneur constante en polyphénols d'un flacon à l'autre. Cette régularité est d'autant plus importante que l'objectif visé (soutien hépatique) repose sur l'apport quotidien de composés actifs en quantité suffisante. La posologie habituelle d'un macérat-mère concentré de Cassis est de 5 à 15 gouttes par jour chez l'adulte, à diluer dans un peu d'eau, en cure de 3 semaines.
Ces précautions valent pour le bourgeon de Cassis pris seul ou en synergie avec d'autres macérats. Pour une vision complète des précautions d'usage, consultez la page dédiée aux effets secondaires du bourgeon de Cassis.
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" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie