Le bourgeon de Cassis (Ribes nigrum) ne guérit pas le cancer et ne peut se substituer à aucun traitement oncologique. Aucune étude clinique humaine n'a démontré d'effet curatif ou préventif du macérat de bourgeons de Cassis sur quelque cancer que ce soit. En revanche, plusieurs travaux — essentiellement in vitro et issus de la littérature de gemmothérapie — explorent son potentiel en tant que soutien complémentaire : réduction des effets secondaires de la chimiothérapie, activité antioxydante sur des lignées tumorales en laboratoire, et soutien des glandes surrénales contre la fatigue post-traitement. Ces pistes restent à consolider par des essais cliniques, et toute utilisation dans un contexte cancérologique suppose une supervision médicale stricte.
Cet article a été mis à jour le 20/05/2026L'un des usages les mieux documentés du bourgeon de Cassis en contexte oncologique concerne la réduction des effets secondaires des traitements de chimiothérapie. La littérature de gemmothérapie, notamment l'ouvrage de référence de Piterà di Clima et Nicoletti (Gemmotherapy, and the Scientific Foundations of a Modern Meristemotherapy, Cambridge Scholars Publishing), attribue au macérat de bourgeons de Cassis un rôle chimio-protecteur fondé sur sa capacité à stimuler les glandes surrénales et à améliorer le rendement métabolique des organes agressés par les agents cytotoxiques.
Le mécanisme repose sur l'action cortisone-like du bourgeon de Cassis : en stimulant la production de cortisol endogène par le cortex surrénalien, le macérat favoriserait la capacité de l'organisme à répondre au stress chimique induit par les chimiothérapies (taxanes, sels de platine, etc.). Par ailleurs, le bourgeon de Cassis stimule les fonctions d'élimination rénale, hépatique et pancréatique, ce qui contribuerait au drainage des métabolites toxiques générés par le traitement. Plusieurs praticiens de gemmothérapie rapportent une amélioration de la tolérance aux cures de chimiothérapie lorsque le macérat est associé au traitement, en particulier en combinaison avec les bourgeons de Genévrier et de Séquoia géant.
Ces observations cliniques, bien qu'elles s'appuient sur des décennies de pratique en cabinet, restent de nature empirique. Aucun essai contrôlé randomisé n'a, à ce jour, évalué rigoureusement l'effet chimio-protecteur du macérat de bourgeons de Cassis chez des patients sous chimiothérapie. Le niveau de preuve est donc celui de l'usage traditionnel documenté, et non celui de la médecine fondée sur les preuves.
Plusieurs études de laboratoire ont évalué l'effet d'extraits de Ribes nigrum sur des lignées de cellules cancéreuses humaines cultivées in vitro. Ces travaux explorent le potentiel antioxydant et antiprolifératif des composés présents dans le Cassis, en particulier les anthocyanines (delphinidine, cyanidine et leurs formes glycosylées).
Bishayee et al. (2010) ont montré qu'un extrait de peau de Cassis noir riche en anthocyanines — avec la cyanidine-3-O-rutinoside comme composé majoritaire — exerçait un effet cytotoxique significatif sur les cellules HepG2 de carcinome hépatocellulaire humain. L'effet de l'extrait complet s'est révélé supérieur à celui de la delphinidine ou de la cyanidine isolées, suggérant un effet additif ou synergique entre les différents composés du Cassis. La même équipe a ensuite démontré, sur un modèle animal de carcinogenèse hépatique induite (Thoppil et al., 2012), un effet chimiopréventif de l'extrait, avec une réduction du stress oxydatif hépatique.
Ginovyan et al. (2022) ont étudié l'effet d'un extrait éthanolique de feuilles de Ribes nigrum sur des lignées HT29 (adénocarcinome du côlon) et MCF7 (cancer du sein). L'extrait a inhibé la croissance de ces deux lignées dès 6 heures de traitement à une concentration de 0,5 mg/mL. Aux mêmes concentrations, aucune toxicité n'a été observée envers les cellules non cancéreuses testées (cellules microgliales BV-2), ce qui suggère une certaine sélectivité de l'effet cytotoxique.
Ces résultats doivent être interprétés avec une grande prudence. Les études citées portent sur des extraits de fruits ou de feuilles de Cassis, et non sur le macérat de bourgeons tel qu'il est utilisé en gemmothérapie — la composition biochimique diffère significativement entre ces préparations. Par ailleurs, un effet observé sur des cellules isolées en laboratoire ne préjuge en rien d'un effet thérapeutique chez l'être humain : les concentrations actives in vitro, les questions de biodisponibilité orale, de métabolisme et de distribution dans l'organisme constituent autant de barrières entre le laboratoire et la clinique. De nombreuses substances montrent une activité antiproliférative in vitro sans jamais confirmer cet effet in vivo.
La fatigue est l'un des effets secondaires les plus invalidants et les plus persistants des traitements anticancéreux. Elle résulte de l'action des agents cytotoxiques sur les tissus sains, de la réponse inflammatoire systémique et de l'épuisement de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Le bourgeon de Cassis est l'un des macérats de gemmothérapie les plus étudiés pour son action sur cet axe. Il stimule la production de cortisol par le cortex surrénalien, ce qui lui vaut la qualification de « cortisone-like » dans la littérature de gemmothérapie. Cette stimulation contribue à restaurer l'énergie et la capacité de récupération de l'organisme en période de convalescence ou d'épuisement.
Dans le contexte d'un accompagnement post-chimiothérapie, le macérat de bourgeons de Cassis est traditionnellement utilisé pour lutter contre l'asthénie, la somnolence et le manque de tonus. Son action adaptogène — sa capacité à aider l'organisme à s'adapter au stress — en fait un allié potentiel pour les patients en phase de récupération entre deux cycles de traitement ou en fin de protocole. Ces propriétés sont documentées par la tradition de gemmothérapie et par des observations pharmacologiques (stimulation des 11-oxystéroïdes urinaires, augmentation de la concentration des corticostéroïdes endogènes), mais n'ont pas fait l'objet d'essais cliniques contrôlés dans un contexte oncologique.
« Le bourgeon de Cassis peut soigner le cancer ou remplacer la chimiothérapie. »
Aucune étude clinique humaine n'a démontré d'effet curatif, préventif ou de substitution au traitement oncologique. Les données favorables restent in vitro ou issues de la pratique empirique de gemmothérapie.
Le bourgeon de Cassis ne guérit aucun cancer. Il ne ralentit pas la progression tumorale chez l'être humain. Il n'a pas été démontré comme agent préventif du cancer. Aucune agence sanitaire — ni l'ANSES, ni l'EMA, ni l'OMS — ne reconnaît d'allégation anticancéreuse pour Ribes nigrum ou pour les préparations de gemmothérapie qui en sont issues. Les résultats obtenus in vitro sur des lignées tumorales sont des données de recherche fondamentale : ils ouvrent des pistes d'investigation, mais ne constituent pas un argument pour utiliser le Cassis comme traitement du cancer, ni pour retarder ou modifier un protocole oncologique.
Si vous souhaitez intégrer le macérat de bourgeons de Cassis dans votre parcours de soins oncologiques, la première démarche est d'en informer votre oncologue. Le macérat contient de l'alcool (32 %), ce qui peut être contre-indiqué dans certaines situations cliniques. L'effet cortisone-like du bourgeon de Cassis pourrait interagir avec certains traitements, notamment les corticothérapies utilisées en protocole anticancéreux. Enfin, l'action stimulante sur les surrénales modifie la production hormonale, ce qui doit être pris en compte dans le suivi global du patient.
Lorsque le médecin donne son accord, le macérat de bourgeons de Cassis se prend habituellement à raison de 5 à 15 gouttes par jour chez l'adulte, dans un verre d'eau, le matin de préférence. Les cures sont généralement organisées en cycles de 3 semaines suivies d'une semaine de pause.
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" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie