Le bourgeon de Cassis (Ribes nigrum) est souvent qualifié de « cortisone naturelle » en gemmothérapie. L'expression est à la fois parlante et trompeuse : le Cassis ne contient pas de cortisone et n'en apporte pas. Il stimule les glandes surrénales, qui augmentent leur production de cortisol endogène — l'hormone anti-inflammatoire que votre organisme fabrique naturellement. Cette distinction entre stimulation surrénalienne et apport hormonal exogène explique à la fois la puissance de l'effet anti-inflammatoire du bourgeon de Cassis et l'absence des effets secondaires caractéristiques de la corticothérapie.
Cet article a été mis à jour le 20/05/2026En pharmacologie, le suffixe « -like » désigne une substance qui mime l'effet d'une autre sans en partager la nature chimique. Appliquée au bourgeon de Cassis, l'expression « cortisone-like » signifie que ce macérat produit un effet comparable à celui de la cortisone — réduction de l'inflammation, atténuation des réactions allergiques — mais par un mécanisme fondamentalement différent.
« Le bourgeon de Cassis contient de la cortisone végétale qui remplace les corticoïdes. »
Le bourgeon de Cassis ne contient aucune molécule de cortisone. Il stimule vos glandes surrénales pour qu'elles augmentent leur propre production de cortisol, l'hormone anti-inflammatoire endogène.
La cortisone utilisée en médecine est un glucocorticoïde de synthèse administré de l'extérieur (voie exogène). Elle se substitue au cortisol naturel et, à doses répétées, finit par mettre au repos les glandes surrénales — d'où les effets secondaires bien connus des traitements prolongés. Le bourgeon de Cassis emprunte la voie inverse : il soutient et stimule l'activité des surrénales pour que l'organisme produise lui-même davantage de cortisol. La nuance est capitale, car elle conditionne à la fois l'efficacité et le profil de tolérance du macérat.
L'effet cortisone-like du bourgeon de Cassis s'inscrit dans le fonctionnement normal de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (axe HHS), la cascade hormonale qui régule la production de cortisol dans l'organisme.
En conditions normales, l'hypothalamus libère la CRH (hormone de libération de la corticotropine), qui stimule l'hypophyse, laquelle sécrète l'ACTH. Cette dernière agit sur le cortex des glandes surrénales pour déclencher la synthèse de cortisol. Le bourgeon de Cassis intervient à ce niveau : les travaux de référence en gemmothérapie, notamment ceux compilés par Philippe Andrianne et Fernando Pitera, attribuent au macérat une action stimulante directe sur le cortex surrénalien. Les composés actifs du bourgeon — flavonoïdes, proanthocyanidols, acides aminés — favoriseraient la réponse sécrétoire de la glande, augmentant ainsi le taux de cortisol sanguin sans court-circuiter la boucle de rétrocontrôle naturelle.
Ce mécanisme a été décrit dès les premières recherches cliniques en gemmothérapie, dans la lignée des travaux du Dr Pol Henry, fondateur de la discipline. L'ouvrage de Fernando Pitera, Compendio di Gemmoterapia Clinica, et le Traité de gemmothérapie de Philippe Andrianne documentent cette propriété cortico-stimulante à partir d'observations cliniques convergentes. Plus récemment, des travaux expérimentaux, comme ceux de Téglás et al. (2023) publiés dans Molecules, ont identifié dans l'extrait de bourgeons de Cassis environ 133 phytonutriments dotés de propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, confortant le rationnel biologique de cette action sur la sphère surrénalienne.
L'augmentation du cortisol endogène induite par le bourgeon de Cassis se traduit par deux effets thérapeutiques majeurs, directement liés au rôle physiologique de cette hormone.
Le cortisol est le principal anti-inflammatoire que l'organisme produit. Il inhibe la synthèse des prostaglandines et des leucotriènes, les médiateurs chimiques responsables de la douleur, du gonflement et de la rougeur dans les tissus enflammés. En stimulant la production de cortisol, le bourgeon de Cassis reproduit cette action sur les inflammations articulaires (arthrose, rhumatismes), musculaires, tendineuses, mais aussi muqueuses (sphère ORL, bronches, tube digestif). C'est cette propriété qui en fait un allié de premier plan pour le confort articulaire et la gestion de l'inflammation.
Le cortisol freine également la libération d'histamine par les mastocytes, ce qui explique l'usage traditionnel du bourgeon de Cassis contre les manifestations allergiques : rhinite saisonnière, conjonctivite allergique, urticaire, asthme léger. Les flavonoïdes présents dans le bourgeon — notamment la naringine — contribuent à stabiliser les membranes des cellules impliquées dans la réponse allergique, renforçant l'effet antihistaminique global du macérat. Cette double action, cortico-stimulante et stabilisatrice de membrane, distingue le bourgeon de Cassis des simples antihistaminiques.
La stimulation surrénalienne induite par le bourgeon de Cassis ne se limite pas au cortisol. Les glandes surrénales produisent également d'autres hormones aux effets cardiovasculaires : l'adrénaline (vasoconstrictrice et cardiotonique) et l'aldostérone (qui favorise la rétention de sodium et d'eau). Une stimulation globale du cortex surrénalien peut donc entraîner une légère élévation de la pression artérielle.
Ce lien entre stimulation surrénalienne et tension artérielle est cohérent avec ce que l'on observe en médecine conventionnelle : l'excès de cortisol (syndrome de Cushing) ou d'aldostérone (hyperaldostéronisme) provoque une hypertension. Le bourgeon de Cassis n'atteint évidemment pas ces niveaux pathologiques, mais chez une personne déjà hypertendue, même une stimulation modérée de l'axe surrénalien peut déséquilibrer la régulation tensionnelle.
Le cortisol est l'hormone du réveil et de la mobilisation énergétique. Sa sécrétion suit un rythme circadien : elle atteint son pic le matin, entre 6 h et 8 h, pour préparer l'organisme à l'activité, puis décroît progressivement jusqu'au soir. En stimulant la production de cortisol, le bourgeon de Cassis exerce un effet tonique général qui se traduit par une sensation de regain d'énergie, une meilleure résistance au stress et une diminution de la fatigue.
Cet effet adaptogène — la capacité à soutenir l'organisme face au stress sans le surstimuler — explique pourquoi le bourgeon de Cassis est considéré en gemmothérapie comme un tonique général, utile en cas de fatigue chronique, de convalescence ou d'épuisement surrénalien lié au stress prolongé. Philippe Andrianne le décrit comme un « draineur actif à faibles doses » doté d'un tropisme surrénalien prononcé.
La corticothérapie au long cours (prednisone, prednisolone, dexaméthasone…) expose à des effets secondaires bien documentés : ostéoporose, diabète cortico-induit, prise de poids, fragilité cutanée, fonte musculaire, dépression immunitaire, troubles de l'humeur. Ces effets résultent de l'apport massif et prolongé de glucocorticoïdes exogènes, qui sature les récepteurs au cortisol et met les surrénales au repos forcé (atrophie surrénalienne).
Le bourgeon de Cassis ne provoque pas ces effets pour une raison simple : il ne fournit pas de cortisone de l'extérieur. Il stimule la production endogène, qui reste régulée par la boucle de rétrocontrôle de l'axe HHS. Lorsque le taux de cortisol augmente suffisamment, l'hypothalamus et l'hypophyse réduisent leur commande (diminution de la CRH et de l'ACTH), et la sécrétion surrénalienne revient à l'équilibre. Ce mécanisme d'autorégulation empêche l'emballement hormonal et préserve la fonction surrénalienne.
| Critère | Corticothérapie (cortisone de synthèse) | Bourgeon de Cassis (effet cortisone-like) |
|---|---|---|
| Source du cortisol | Apport exogène (médicament) | Production endogène stimulée |
| Régulation hormonale | Court-circuite l'axe HHS | Préserve la boucle de rétrocontrôle |
| Risque d'atrophie surrénalienne | Oui, en traitement prolongé | Non |
| Effets secondaires systémiques | Ostéoporose, diabète, prise de poids, fragilité cutanée | Non décrits aux doses usuelles |
| Puissance anti-inflammatoire | Très élevée (effet dose-dépendant) | Modérée, progressive |
| Contre-indication notable | Nombreuses (infection active, diabète, etc.) | Hypertension artérielle |
Cette comparaison ne signifie pas que le bourgeon de Cassis puisse remplacer une corticothérapie prescrite par un médecin. Dans les pathologies inflammatoires sévères (polyarthrite rhumatoïde active, asthme sévère, maladies auto-immunes), la puissance des corticoïdes de synthèse reste indispensable. Le macérat de bourgeons de Cassis se positionne plutôt dans l'accompagnement des inflammations chroniques modérées et dans le soutien de la fonction surrénalienne — notamment chez les personnes ayant suivi une corticothérapie prolongée et souhaitant soutenir la relance de leur production naturelle de cortisol. Pour un panorama complet des précautions liées à ce macérat, consultez notre page sur les effets secondaires du bourgeon de Cassis.
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" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie