Difficultés de concentration, trous de mémoire, fatigue mentale persistante : ces plaintes cognitives du quotidien restent souvent sans réponse satisfaisante. Un essai clinique randomisé en double aveugle, mené sur 121 adultes et publié en 2024 dans le « Journal of Psychoactive Drugs », a évalué l'effet d'un extrait de racine d'Ashwagandha à 600 mg par jour sur la mémoire, l'attention et l'humeur pendant 8 semaines. Les résultats, significatifs sur plusieurs paramètres cognitifs, apportent des données solides en faveur de cette plante adaptogène.
Cet article a été mis à jour le 27/04/2026
L'Ashwagandha (Withania somnifera), plante de la famille des Solanacées, est l'un des piliers de la médecine ayurvédique. Elle est classée parmi les adaptogènes, c'est-à-dire les plantes capables d'aider l'organisme à mieux répondre au stress, qu'il soit physique ou mental.
Les données précliniques sont abondantes : chez l'animal, l'Ashwagandha réduit la neuroinflammation, protège les cellules nerveuses contre le stress oxydatif, et favorise la régénération des connexions neuronales. Chez l'humain, plusieurs essais ont exploré ses effets sur le stress et l'anxiété avec des résultats encourageants. En revanche, les études évaluant spécifiquement ses effets sur la cognition restaient peu nombreuses, menées sur de faibles effectifs et avec des durées de traitement souvent courtes.
C'est cette lacune que l'étude de Kale et al. (2024) cherche à combler, en s'appuyant pour la première fois sur une batterie de tests cognitifs informatisée validée (le système COMPASS) et sur des questionnaires standardisés couvrant l'humeur, la fatigue mentale et les fonctions exécutives.
Cet essai randomisé a été mené en double aveugle dans deux centres — le D. Y. Patil University School of Medicine (Inde) et Clinical Research Australia (Australie). Il a inclus 121 adultes âgés de 30 à 75 ans, non-fumeurs, avec un IMC compris entre 18 et 30, présentant des plaintes auto-déclarées de mémoire, d'attention ou de fatigue, et ne prenant pas de traitement susceptible d'interférer avec la cognition. Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : Ashwagandha (extrait de racine KSM-66, 300 mg deux fois par jour, soit 600 mg/jour) ou placebo (capsules identiques) pendant 8 semaines.
La performance cognitive a été mesurée par le système COMPASS, une batterie informatisée couvrant la mémoire épisodique, la mémoire de travail, la vitesse de traitement et la précision attentionnelle. Les critères secondaires incluaient le profil d'humeur (POMS-A), la fatigue mentale (MFS) et les fonctions exécutives (BRIEF-A), évalués à l'inclusion, à 4 semaines et à 8 semaines. L'étude étant exploratoire, la taille de l'échantillon n'a pas fait l'objet d'un calcul de puissance formel, et le recrutement reposait sur des plaintes subjectives — deux points à garder à l'esprit dans l'interprétation des résultats.
Le groupe Ashwagandha a montré une amélioration significativement supérieure au placebo sur la mémoire épisodique et la mémoire de travail. Concrètement, les participants retenaient mieux des images, des mots et des positions spatiales après 8 semaines. L'amélioration la plus nette concerne la reconnaissance d'images, avec un effet de grande ampleur, et le test des blocs de Corsi — une épreuve qui mesure la capacité à mémoriser des séquences spatiales — où l'effet est modéré mais statistiquement significatif. Sur une tâche d'apprentissage de localisations spatiales répétée sur cinq essais, le groupe Ashwagandha a également montré une meilleure progression que le placebo entre le début et la fin de l'étude.
C'est sur ce domaine que la différence entre les deux groupes est la plus nette. Le groupe Ashwagandha a significativement amélioré sa capacité à fournir des réponses correctes et rapides dans des tests de réaction avec choix, alors que le groupe placebo est resté stable.
La réduction de la fatigue mentale, mesurée par l'échelle MFS, constitue l'un des résultats les plus marquants de l'étude, avec un effet modéré à important. Une amélioration était déjà perceptible à 4 semaines, suggérant un effet progressif qui se renforce avec la durée de la supplémentation.
L'humeur globale s'est améliorée significativement dans le groupe Ashwagandha par rapport au placebo à 8 semaines : tension, fatigue émotionnelle, confusion — autant de dimensions qui se sont atténuées progressivement. Les fonctions exécutives — capacité à planifier, s'organiser, réguler ses comportements — ont également progressé de manière significative, avec des améliorations comparables sur la régulation comportementale et la métacognition. En pratique, cela se traduit par une meilleure capacité à se concentrer sur une tâche, à gérer les imprévus, à démarrer et terminer ce qu'on entreprend.
L'Ashwagandha a été bien tolérée. Aucun effet indésirable grave n'a été rapporté dans les deux groupes. Seuls des symptômes bénins et peu fréquents ont été signalés : vertiges, ballonnements ou mictions fréquentes, dans des proportions comparables entre les deux groupes.
Cet essai clinique apporte des données contrôlées et encourageantes en faveur de l'extrait de racine d'Ashwagandha KSM-66 (600 mg/jour pendant 8 semaines) pour améliorer la mémoire, l'attention, la fatigue mentale et l'humeur chez des adultes avec plaintes cognitives. Les effets, mesurés avec des outils validés, atteignent des ampleurs cliniquement pertinentes. Des études complémentaires sur des effectifs plus larges, des populations plus diversifiées et des durées plus longues permettront de confirmer ces résultats. Cette approche ne se substitue pas à un suivi médical : en cas de troubles cognitifs persistants, il est indispensable d'en parler à son médecin.
La santé cognitive repose sur un ensemble de facteurs interdépendants. Au-delà de la supplémentation, plusieurs leviers complémentaires peuvent contribuer à préserver et améliorer les fonctions de mémoire, d'attention et de clarté mentale. Toute démarche de supplémentation doit être signalée à son équipe médicale, en particulier en cas de traitement en cours.
Micronutrition et phytothérapie. Le magnésium contribue au fonctionnement normal du système nerveux et à la réduction de la fatigue — deux axes directement liés aux plaintes cognitives. Les oméga-3 (EPA et DHA), composants structurels majeurs des membranes neuronales, sont associés au maintien des fonctions cérébrales. Le Ginkgo biloba, l'une des plantes les mieux documentées pour la microcirculation cérébrale, est traditionnellement utilisé pour soutenir la mémoire et la concentration. Enfin, en aromathérapie, l'huile essentielle de Romarin à Cinéole est étudiée pour ses effets sur la vigilance et la mémoire de travail, notamment par voie olfactive.
Hygiène de vie. Le sommeil joue un rôle central dans la consolidation de la mémoire : une durée insuffisante ou un sommeil de mauvaise qualité altèrent directement les capacités d'apprentissage et de rappel. L'activité physique régulière — même modérée comme la marche — stimule la neuroplasticité et la production de facteurs de croissance neuronaux. Enfin, la gestion du stress chronique, en réduisant la suractivation de l'axe corticotrope et l'excès de cortisol, protège les structures cérébrales impliquées dans la mémoire.
Publication : Kale, S., Lopresti, A., Suri, R., Garg, N., & Langade, D. (2026). Safety and Efficacy of Ashwagandha Root Extract on Cognition, Energy and Mood Problems in Adults: Prospective, Randomized, Placebo-Controlled Study. Journal of Psychoactive Drugs, 58(1), 45–57. https://doi.org/10.1080/02791072.2024.2424279
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie