La maca (Lepidium meyenii) et le ginseng (Panax ginseng) sont deux plantes souvent confondues, en partie parce que la maca est surnommée « ginseng péruvien ». En réalité, elles n'ont aucun lien botanique : la maca est un crucifère des hauts plateaux andins, le ginseng une Araliacée asiatique. Leurs composés actifs, leurs mécanismes d'action et leurs indications principales diffèrent. Ces deux plantes peuvent être prises ensemble sans interaction connue, à condition de respecter les précautions propres à chacune — plus nombreuses pour le ginseng que pour la maca.
Cet article a été mis à jour le 30/04/2024Maca et ginseng sont tous deux des racines utilisées en complément alimentaire, mais leurs différences sont profondes. Elles se situent à trois niveaux : l'origine botanique, les composés actifs et les mécanismes d'action.
La maca (Lepidium meyenii) appartient à la famille des Brassicacées, la même que les choux et les radis. Elle pousse entre 3 000 et 4 500 mètres d'altitude sur les hauts plateaux péruviens, où elle est cultivée et consommée comme aliment depuis des siècles. Son hypocotyle charnu, en forme de poire aplatie, est la partie utilisée. Elle existe en plusieurs écotypes (jaune, rouge, noir) aux profils phytochimiques légèrement différents. Pour en savoir plus, consultez notre guide complet sur la maca.
Le ginseng (Panax ginseng C.A. Mey.) est une plante vivace de la famille des Araliacées, originaire d'Asie orientale (Corée, Chine, Mandchourie). C'est sa racine, à la forme souvent anthropomorphe, qui est utilisée en médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 2 000 ans. Il ne faut pas le confondre avec d'autres plantes portant le nom de « ginseng » (éleuthérocoque, ashwagandha, suma), qui appartiennent à des familles botaniques différentes et contiennent des actifs distincts. Pour approfondir ses propriétés, consultez notre page sur les bienfaits du ginseng.
Les principaux actifs du ginseng sont les ginsénosides, une famille de saponines triterpéniques dont on a identifié plus de 30 variantes (Rb1, Rg1, Re, Rd, etc.). Ces molécules sont les mieux caractérisées pharmacologiquement et constituent le critère de qualité des extraits standardisés. Un extrait titré à 24 % de ginsénosides garantit un apport constant et élevé en principes actifs, ce qui permet de travailler à des doses de ginsénosides cohérentes avec celles utilisées dans les études cliniques.
La maca ne possède pas un marqueur unique aussi bien défini. Ses composés bioactifs incluent les macamides (acides gras amidés), les macaènes, les glucosinolates (notamment le benzylglucosinolate, présent en concentration particulièrement élevée par rapport aux autres crucifères) et divers polysaccharides. Plusieurs de ces familles de molécules contribuent vraisemblablement de manière synergique aux effets observés, mais les mécanismes précis restent moins bien élucidés que pour les ginsénosides.
Le ginseng agit par des voies pharmacologiques identifiées : les ginsénosides modulent l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA), influencent la production d'oxyde nitrique (NO) — ce qui favorise la vasodilatation et le flux sanguin —, et interagissent avec les voies de signalisation de l'inflammation et du métabolisme du glucose. Ce profil pharmacologique explique les effets documentés du ginseng sur les performances cognitives, la vitalité et la fonction sexuelle masculine.
La maca semble agir davantage par un soutien nutritionnel global et une modulation de l'équilibre endocrinien, sans modifier directement les taux d'hormones circulantes (testostérone, estradiol). Les études animales et les essais cliniques préliminaires suggèrent des effets sur la libido, la qualité du sperme et les symptômes de la ménopause, mais les mécanismes moléculaires précis restent à confirmer. Contrairement au ginseng, la maca est davantage considérée comme un aliment fonctionnel que comme un phytomédicament au sens strict.
| Critère | Ginseng (Panax ginseng) | Maca (Lepidium meyenii) |
|---|---|---|
| Famille botanique | Araliacées | Brassicacées (crucifères) |
| Origine géographique | Asie orientale (Corée, Chine) | Hauts plateaux andins (Pérou) |
| Partie utilisée | Racine | Hypocotyle (racine tubérisée) |
| Composés actifs clés | Ginsénosides (saponines triterpéniques) | Macamides, macaènes, glucosinolates |
| Standardisation possible | Oui (% de ginsénosides) | Difficile (pas de marqueur unique consensuel) |
| Mécanisme principal | Pharmacologique (modulation HPA, NO, glucose) | Nutritionnel et endocrinien (mécanismes en cours d'élucidation) |
| Effets les mieux documentés | Fonctions cognitives, vitalité, fonction érectile | Libido, fertilité masculine, symptômes ménopausiques |
| Usage traditionnel | Médecine traditionnelle chinoise (> 2 000 ans) | Aliment et tonique andin (depuis l'ère inca) |
La confusion entre ces deux plantes s'explique principalement par trois facteurs. Le premier est le surnom de « ginseng péruvien » donné à la maca, qui laisse penser à un lien de parenté botanique inexistant. Le deuxième est que toutes deux sont classées parmi les plantes dites adaptogènes, un groupe réputé pour aider l'organisme à s'adapter au stress — bien que le statut adaptogène de la maca soit discuté et que le VIDAL précise qu'elle « ne fait pas partie de la famille des ginsengs et n'est pas une plante dite adaptogène » au sens pharmacologique strict. Le troisième est leur usage commun en santé sexuelle.
« La maca est le ginseng du Pérou : c'est la même plante, cultivée dans les Andes. »
La maca est un crucifère (famille des choux), le ginseng une Araliacée. Aucun lien botanique, des actifs différents (macamides vs ginsénosides), des mécanismes distincts. Le surnom « ginseng péruvien » est purement commercial.
Sur le plan de la santé sexuelle, le ginseng et la maca agissent par des voies complémentaires. Le ginseng favorise la vasodilatation via l'oxyde nitrique, ce qui explique son intérêt documenté dans la dysfonction érectile masculine. La maca agit de manière plus diffuse sur le désir et la fertilité, avec des effets observés chez les hommes comme chez les femmes, notamment sur la libido et les symptômes de la ménopause. Pour des informations spécifiques, consultez nos pages sur le ginseng chez l'homme et le ginseng chez la femme.
L'association maca-ginseng est possible et ne pose pas de problème de compatibilité connu. Aucune interaction négative entre ces deux plantes n'a été rapportée dans la littérature scientifique, et de nombreux compléments alimentaires les combinent déjà sur le marché. L'intérêt de cette association repose sur la complémentarité de leurs profils : le ginseng, grâce à ses ginsénosides, apporte un effet stimulant relativement rapide (quelques jours à quelques semaines de prise régulière), tandis que la maca offre un soutien nutritionnel plus progressif, avec des résultats généralement perceptibles après deux à quatre semaines d'utilisation quotidienne.
Lorsque les deux plantes sont associées, les précautions d'emploi de chacune s'additionnent. Ce sont les précautions du ginseng qui demandent le plus d'attention, car la maca présente un profil de sécurité très favorable. Il est recommandé de respecter les posologies de chaque plante séparément et de ne pas dépasser les doses journalières préconisées par chaque fabricant.
L'un des points qui distinguent nettement la maca du ginseng concerne la sécurité d'emploi. Le ginseng présente un nombre significatif de contre-indications et d'interactions médicamenteuses identifiées, là où la maca a un profil beaucoup plus favorable.
La monographie européenne de l'EMA et les recommandations de l'OMS identifient plusieurs situations nécessitant une vigilance particulière. Le ginseng peut réduire la glycémie : les ginsénosides Rb1 et Re influencent la production d'insuline, ce qui peut entraîner un risque d'hypoglycémie en cas de traitement antidiabétique. Un avis médical est indispensable dans ce cas. La Commission européenne déconseille la consommation de ginseng en cas d'hypertension artérielle. L'OMS recommande par ailleurs de ne pas consommer de ginseng pendant la grossesse, l'allaitement, ni avant 18 ans. Sur le plan des interactions médicamenteuses, le ginseng peut interagir avec les anticoagulants (warfarine) et les antidépresseurs de type IMAO, et potentialiser l'effet d'autres stimulants (caféine, guarana, thé). Enfin, la monographie de l'EMA recommande une durée d'utilisation ne dépassant pas trois mois consécutifs.
La maca présente un profil de sécurité nettement plus favorable. Les études toxicologiques précliniques n'ont pas mis en évidence de toxicité significative aux doses usuelles, et la maca est consommée comme aliment au Pérou depuis des siècles sans effets indésirables documentés à l'échelle populationnelle. L'usage traditionnel ne fait pas mention de contre-indications spécifiques. Par mesure de précaution, la consommation de compléments à base de maca reste déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement, en l'absence de données suffisantes de sécurité dans ces populations. Les personnes présentant des pathologies hormono-dépendantes (cancers hormonaux, endométriose) devraient consulter un professionnel de santé avant utilisation, en raison de la présence de glucosinolates susceptibles d'influencer le métabolisme hormonal.
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Publication : Papadopoulos, C. (2021). COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES ET VITALITÉ SEXUELLE : LA PHYTOTHÉRAPIE EST-ELLE UNE ALTERNATIVE SÛRE ET EFFICACE ? Thèse Pour le Diplôme D’État de Docteur En Pharmacie, 122. https://dune.univ-angers.fr/fichiers/20121293/2021PPHA14568/fichier/14568F.pdf
Publication : Beharry, S., & Heinrich, M. (2018). Is the hype around the reproductive health claims of maca (Lepidium meyenii Walp.) justified ? Journal Of Ethnopharmacology, 211, 126‑170. https://doi.org/10.1016/j.jep.2017.08.003
Publication : Wang, S., & Zhu, F. (2019). Chemical composition and health effects of maca (Lepidium meyenii). Food Chemistry, 288, 422‑443. https://doi.org/10.1016/j.foodchem.2019.02.071
Site Web : Ginseng - phytothérapie - VIDAL. (s. d.). VIDAL. https://www.vidal.fr/parapharmacie/phytotherapie-plantes/ginseng.html
Site Web : PasseportSanté, L. (2021, 11 février). Ginseng. https://www.passeportsante.net/. https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=ginseng_ps
Site Web : Ginseng — Wikiphyto. (s. d.). https://www.wikiphyto.org/wiki/Ginseng
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