La maca (Lepidium meyenii) est traditionnellement associée à la fertilité dans les Andes péruviennes, mais les données scientifiques actuelles ne confirment pas cette réputation de manière catégorique. Chez l'homme, quelques essais cliniques de petite taille suggèrent une amélioration de certains paramètres spermatiques, tandis qu'une méta-analyse de 2022 portant sur cinq essais randomisés conclut à des effets incertains. Chez la femme, les données restent quasi exclusivement animales, avec un mécanisme plausible via l'hormone lutéinisante mais aucun essai clinique contrôlé en propre. La maca constitue donc une piste intéressante pour la fertilité, pas une solution établie, et elle est déconseillée pendant la grossesse par principe de précaution.
Cet article a été mis à jour le 16/05/2024La qualité du sperme — concentration, motilité et morphologie des spermatozoïdes — est le principal critère objectif de la fertilité masculine. Plusieurs essais cliniques ont évalué l'effet de la maca sur ces paramètres, avec des résultats contradictoires selon la rigueur méthodologique des études.
L'étude la plus ancienne (Gonzales et al., 2001) est une étude observationnelle non contrôlée portant sur 9 hommes sains ayant reçu de la maca gélatinisée pendant 4 mois. Les chercheurs ont observé une augmentation du volume séminal, du nombre de spermatozoïdes mobiles et de la motilité. L'absence de groupe placebo et le très faible effectif limitent cependant considérablement la portée de ces résultats.
Un essai randomisé en double aveugle plus récent (Alcalde et Rabasa, 2020) a inclus 69 hommes diagnostiqués avec une oligozoospermie ou une asthénozoospermie légère. Après 12 semaines de supplémentation à 2 g de maca par jour, aucune différence significative n'a été observée par rapport au placebo sur le volume séminal, la motilité ou la morphologie des spermatozoïdes. Cet essai, méthodologiquement plus solide, tempère nettement l'optimisme des premiers travaux.
En résumé, il existe des signaux positifs issus d'études exploratoires, mais les essais les plus rigoureux ne confirment pas d'effet statistiquement significatif. La maca peut s'inscrire dans une démarche globale de soutien à la fertilité masculine, sans pour autant être considérée comme un traitement établi de l'infertilité.
La testostérone joue un rôle central dans la spermatogenèse et la fonction sexuelle masculine. La réputation de la maca en tant que « booster de testostérone » est l'une des allégations les plus répandues — et les plus contredites par les données cliniques disponibles.
« La maca augmente le taux de testostérone, ce qui explique ses effets sur la fertilité et la libido. »
Aucun essai clinique contrôlé n'a montré d'augmentation significative de la testostérone sérique sous maca. L'amélioration du désir sexuel semble passer par des mécanismes indépendants de cette hormone.
L'essai randomisé de Gonzales et al. (2002) a suivi 57 hommes sains pendant 12 semaines, avec des doses de 1 500 mg ou 3 000 mg de maca gélatinisée par jour. Le désir sexuel subjectif a augmenté dès la huitième semaine dans les deux groupes maca, mais les taux sériques de testostérone et d'estradiol sont restés strictement identiques à ceux du groupe placebo tout au long de l'étude.
Les mêmes chercheurs ont confirmé cette absence d'effet hormonal dans une publication complémentaire (Gonzales et al., 2003, Journal of Endocrinology), sur un protocole similaire avec 56 hommes. La revue de sécurité de l'USP (United States Pharmacopeia) résume la situation : la maca n'affecte pas de manière significative les concentrations sériques d'hormones reproductives chez l'homme sain, y compris la testostérone, l'estradiol et la 17-hydroxyprogestérone.
L'amélioration du désir sexuel observée dans ces études semble donc passer par des mécanismes indépendants de la testostérone, possiblement via les macamides et les macaènes, des métabolites secondaires propres à la plante. La maca ne doit pas être présentée comme un moyen d'augmenter la testostérone. Pour approfondir la question du désir sexuel, consulter la page dédiée à la maca et la libido.
Chez la femme, l'intérêt de la maca pour la fertilité repose principalement sur son potentiel effet sur la régulation hormonale, et plus spécifiquement sur l'hormone lutéinisante (LH), dont le pic déclenche l'ovulation.
Une étude publiée dans le Journal of Ethnopharmacology (2013) a montré chez des rates que la maca, administrée pendant 7 semaines, augmentait de façon dose-dépendante le pic de LH au cours de la première moitié du cycle, avec une multiplication pouvant atteindre 4,5 par rapport au groupe témoin. D'autres études animales ont rapporté une augmentation de la taille des portées chez les souris supplémentées en maca, sans modification du taux d'implantation — ce qui suggérerait un effet protecteur sur le développement embryonnaire précoce plutôt qu'un simple effet sur l'ovulation.
Chez la femme, une seule étude observationnelle (2019) a évalué un complément combinant maca, Vitex agnus-castus et acide folique chez 189 femmes infertiles. Après 18 mois, le taux d'ovulation est passé de 10 % à 42 %, et le taux de grossesse a atteint 37 %. Mais cette formule combinée ne permet pas d'attribuer ces résultats à la maca spécifiquement, et l'absence de groupe contrôle placebo limite la portée de ces observations.
Le niveau de preuve reste donc faible pour la fertilité féminine. Les résultats animaux sont cohérents et mécaniquement plausibles, mais aucun essai clinique randomisé n'a évalué l'effet de la maca seule sur l'ovulation ou le taux de grossesse chez la femme. La maca reste une option envisageable dans une démarche globale, en complément d'un suivi médical.
Si la maca peut être envisagée dans la phase de recherche de grossesse, la question de sa poursuite pendant la grossesse se pose naturellement. La réponse des autorités sanitaires est sans ambiguïté : en l'absence de données cliniques chez la femme enceinte, la maca est déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement, par principe de précaution.
Les études de toxicité aiguë réalisées chez l'animal n'ont pas mis en évidence de signal toxique, et les populations andines consomment traditionnellement la maca comme aliment pendant la grossesse. Mais l'absence de toxicité aiguë chez l'animal ne suffit pas à garantir l'innocuité des formes concentrées (extraits) chez la femme enceinte. La maca agissant sur l'axe hormonal (LH, potentiellement FSH et progestérone), une interférence avec les régulations hormonales de la grossesse ne peut être exclue.
La conduite à tenir est donc simple : la maca s'utilise dans la phase de recherche de grossesse et se suspend dès la confirmation de celle-ci. Pour les précautions complètes, consulter la page maca : dangers et précautions.
Les études animales comparant les trois principaux écotypes de maca (jaune, rouge, noir) montrent des différences significatives selon l'objectif recherché. Le choix de la variété et le dosage conditionnent directement les résultats que l'on peut attendre.
La maca noire présente les meilleurs résultats sur la spermatogenèse dans les études animales. Un essai chez le rat (Gonzales et al., 2006, Andrologia) a montré que seule la maca noire augmentait la production quotidienne de spermatozoïdes de manière significative, tandis que les variétés jaune et rouge n'avaient pas d'effet sur ce paramètre. Une étude complémentaire (Yucra et al., 2008, Fertility and Sterility) a identifié dans la fraction à l'acétate d'éthyle de l'extrait hydroalcoolique de maca noire les composés les plus actifs sur la fonction testiculaire.
La maca rouge n'a pas montré d'effet sur la spermatogenèse dans les études comparatives. Son intérêt se situe ailleurs : réduction de la taille de la prostate chez le rat (modèle d'hyperplasie bénigne) et effet protecteur sur la densité osseuse. La maca jaune, la plus courante commercialement, est celle qui a été utilisée dans la majorité des essais cliniques chez l'homme, avec les résultats mitigés décrits plus haut. Pour un objectif de fertilité masculine, la maca noire constitue le choix le plus cohérent au regard des données disponibles.
| Critère | Maca noire | Maca jaune | Maca rouge |
|---|---|---|---|
| Spermatogenèse | Meilleur effet (données animales) | Effet limité | Pas d'effet démontré |
| Essais cliniques chez l'homme | Peu de données spécifiques | La plus étudiée | Peu de données |
| Autres indications | Mémoire, fatigue | Vitalité générale | Prostate, os |
Les essais cliniques chez l'homme ont utilisé des doses de 1 500 à 3 000 mg par jour de poudre de maca gélatinisée, sur des durées de 8 à 16 semaines. Pour un extrait concentré avec un ratio de 20:1, la dose équivalente en racine brute se calcule en multipliant la dose d'extrait par 20.
Les premiers effets sur le désir sexuel ont été rapportés dès 8 semaines de supplémentation. Les paramètres spermatiques nécessitent généralement 12 à 16 semaines pour être évalués, un cycle de spermatogenèse complet durant environ 74 jours. Il est donc cohérent de prévoir au moins 3 mois de cure continue avant d'évaluer un éventuel bénéfice. Pour savoir combien de temps attendre avant d'observer des résultats, consulter la page maca : effet au bout de combien de temps.
Tous les compléments de maca ne se valent pas pour un objectif de fertilité. Les critères qui conditionnent réellement les résultats sont la variété utilisée, la concentration de l'extrait et la dose quotidienne effective.
Extrait de maca noire, ratio de concentration élevé (ex. 20:1), équivalent racine brute ≥ 3 000 mg/jour, soit au moins la dose des essais cliniques.
Poudre de maca noire ou jaune gélatinisée, dosage de 1 500 à 3 000 mg/jour, correspondant aux protocoles des études publiées.
Poudre de maca non concentrée à dose inférieure à 1 500 mg/jour, ou variété non précisée sur l'étiquette.
Compléments mélangeant plusieurs variétés sans dosage individuel, ou ne mentionnant ni le ratio de concentration ni l'équivalent racine brute.
La variété de maca est le premier critère déterminant. La maca noire est la seule ayant montré un effet spécifique sur la spermatogenèse dans les études comparatives chez l'animal. Un complément à base de maca jaune peut avoir d'autres intérêts, mais n'est pas le choix optimal pour un objectif de fertilité masculine.
La concentration de l'extrait conditionne la quantité de composés actifs par prise. Un extrait concentré avec un ratio élevé permet d'atteindre des équivalents en racine brute élevés avec un faible nombre de gélules. À l'inverse, un complément à base de poudre simple nécessitera de nombreuses gélules pour atteindre les doses des études cliniques (1 500 à 3 000 mg par jour au minimum).
La durée de cure doit être anticipée. Avec un cycle de spermatogenèse d'environ 74 jours, il est recommandé de prévoir au moins 3 mois de supplémentation continue avant d'évaluer un éventuel bénéfice sur les paramètres spermatiques. Cette durée correspond aux protocoles des essais cliniques les plus rigoureux (12 à 16 semaines).
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