L'harpagophytum (Harpagophytum procumbens) est l'une des plantes les mieux documentées en phytothérapie articulaire. Si son efficacité contre les douleurs d'arthrose et de lombalgie est étayée par de nombreux essais cliniques, la question de sa sécurité mérite d'être traitée avec la même rigueur. Les données disponibles sont rassurantes : dans les essais contrôlés, l'incidence des effets indésirables ne dépasse pas celle du placebo. Quelques contre-indications et interactions médicamenteuses existent néanmoins et doivent être connues avant toute prise.

Cet article a été mis à jour le 28/04/2026
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Des effets indésirables rares et bénins

Les effets secondaires rapportés sous harpagophytum sont peu fréquents et majoritairement d'ordre digestif : inconfort gastrique, nausées, diarrhée ou ballonnements. Des maux de tête et des vertiges ont également été signalés de façon isolée. Les réactions d'hypersensibilité (éruption cutanée, urticaire) restent exceptionnelles.

Profil de sécurité dans les essais contrôlés. La revue systématique de Vlachojannis, Roufogalis et Chrubasik (2008, Phytotherapy Research) a analysé 28 essais cliniques portant sur l'harpagophytum. Dans aucun des essais en double aveugle, l'incidence des effets indésirables n'a dépassé celle du groupe placebo. Les effets indésirables mineurs — essentiellement gastro-intestinaux — ont concerné environ 3 % des patients.

Cette revue a porté sur des essais incluant des extraits standardisés à différentes doses d'harpagosides (de 30 à 100 mg par jour). Sur les 28 essais identifiés, 20 avaient rapporté des données d'effets indésirables. L'absence de différence significative avec le placebo dans les essais en double aveugle constitue un argument fort en faveur de la bonne tolérance de la plante aux doses habituelles.

Ces chiffres concordent avec les conclusions de l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui classe l'harpagophytum comme un médicament traditionnel à base de plantes dont la fréquence des effets indésirables reste indéterminée faute de données épidémiologiques à grande échelle, mais sans signal de toxicité notable identifié à ce jour. L'ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy) et la Commission E allemande confirment ce profil de sécurité favorable.

Sécurité à long terme

L'harpagophytum est souvent utilisé en cures prolongées pour accompagner des douleurs articulaires chroniques. La question de sa tolérance sur la durée a fait l'objet d'un suivi clinique spécifique.

Chrubasik et al. (2005 et 2007, Phytomedicine) ont suivi 114 patients souffrant de lombalgies chroniques ou de douleurs arthrosiques du genou et de la hanche, traités par un extrait standardisé d'harpagophytum apportant 60 mg d'harpagosides par jour pendant 54 semaines. Sur cette durée, les effets indésirables ont été rares et aucun n'a été qualifié de grave. Trois patients seulement ont rapporté des effets indésirables mineurs potentiellement imputables au traitement. Ces résultats suggèrent une bonne tolérance de l'harpagophytum à dose standard sur une période d'un an.

La revue systématique de Vlachojannis et al. (2008) a par ailleurs relevé quelques cas isolés de toxicité aiguë dans la littérature (notamment un cas de pancréatite rapporté par Douros et al., 2013), mais aucun cas de toxicité chronique. Les auteurs ont toutefois souligné que davantage de données de sécurité à long terme seraient souhaitables, en particulier aux doses les plus élevées.

Contre-indications

L'harpagophytum est bien toléré par la majorité des utilisateurs, mais certaines situations imposent de ne pas l'utiliser ou de prendre un avis médical préalable. Les contre-indications peuvent être classées en trois niveaux selon leur degré de certitude.

Contre-indications absolues

Hypersensibilité connue à l'harpagophytum. Toute réaction allergique antérieure à la plante ou à l'un de ses composants interdit une nouvelle prise. Les manifestations rapportées (éruption cutanée, urticaire) sont très rares mais constituent un motif d'arrêt définitif.

Ulcère gastrique ou duodénal en phase active. L'harpagophytum est une plante amère qui stimule les sécrétions gastriques. Cette propriété, bénéfique pour l'appétit et la digestion dans un contexte normal, peut aggraver un ulcère actif en augmentant la production d'acide chlorhydrique. L'EMA mentionne explicitement cette contre-indication dans sa monographie.

Contre-indications relatives (avis médical requis)

Calculs biliaires ou antécédents de lithiase biliaire. L'harpagophytum possède des propriétés cholérétiques : il favorise la sécrétion de bile par le foie. Chez une personne porteuse de calculs biliaires, cette stimulation peut déclencher une crise de colique hépatique. En cas d'obstruction biliaire avérée, la prise est formellement déconseillée. En cas de simple antécédent, un avis médical est indispensable.

Maladies cardiovasculaires. L'EMA déconseille l'usage de l'harpagophytum chez les personnes atteintes de pathologies cardiovasculaires. Des études précliniques sur le lapin isolé ont montré un effet inotrope négatif (diminution de la force de contraction cardiaque) et un ralentissement de la fréquence cardiaque. Ces données pharmacologiques, bien que non confirmées chez l'humain à ce jour, justifient la prudence chez les patients sous traitement cardiaque, notamment sous antiarythmiques ou digitaliques.

Précautions cardiovasculaires :
  • Ne pas associer l'harpagophytum avec des antiarythmiques (amiodarone, digoxine) sans avis médical
  • Signaler toute prise d'harpagophytum à votre cardiologue si vous êtes suivi pour un trouble du rythme cardiaque

Par prudence (données insuffisantes)

Reflux gastro-œsophagien. Par extension du mécanisme décrit pour l'ulcère (stimulation des sécrétions acides), la prudence s'applique en cas de reflux gastro-œsophagien (RGO). Un avis médical est recommandé, même si aucune aggravation n'a été spécifiquement documentée dans les essais cliniques.

Diabète. Certaines données précliniques suggèrent un effet hypoglycémiant de l'harpagophytum. Par précaution, les personnes sous traitement antidiabétique doivent consulter leur médecin avant d'entamer une cure, afin d'adapter la surveillance glycémique si nécessaire.

Grossesse, allaitement et enfants

L'harpagophytum est contre-indiqué pendant la grossesse. En médecine traditionnelle sud-africaine, la plante était historiquement utilisée pour faciliter le travail lors de l'accouchement, ce qui suggère un effet utérotonique potentiel. Aucune étude clinique n'a évalué la sécurité de l'harpagophytum chez la femme enceinte, et l'EMA déconseille formellement son usage dans ce contexte.

Pendant l'allaitement, l'absence de données sur le passage des composés actifs dans le lait maternel impose la même prudence. L'utilisation chez les enfants et adolescents de moins de 18 ans est également déconseillée par l'EMA, faute de données de sécurité spécifiques à ces populations.

Interactions médicamenteuses

L'harpagophytum présente des interactions potentielles avec plusieurs classes de médicaments. Ces interactions reposent principalement sur deux mécanismes : l'inhibition d'enzymes hépatiques du cytochrome P450 et l'activité anti-inflammatoire propre de la plante, qui peut se cumuler avec celle de certains traitements.

Mécanisme central : inhibition du cytochrome P450

Des travaux in vitro (Unger et Frank, 2004, Rapid Communications in Mass Spectrometry) ont montré que les extraits d'harpagophytum inhibent modérément plusieurs isoenzymes du cytochrome P450, en particulier le CYP2C9, mais aussi le CYP2C8, le CYP2C19 et le CYP3A4. Le CYP2C9 est l'enzyme responsable du métabolisme de nombreux médicaments courants. Son inhibition peut ralentir l'élimination de ces molécules et augmenter leur concentration plasmatique, ce qui accroît le risque d'effets indésirables.

Ces résultats n'ont pas encore été confirmés par des études cliniques chez l'humain. Le niveau de preuve reste donc limité aux données in vitro, mais la prudence est de mise pour les médicaments à index thérapeutique étroit (c'est-à-dire ceux pour lesquels un faible excès de concentration peut entraîner des effets toxiques).

Anticoagulants et antiagrégants plaquettaires

L'association de l'harpagophytum avec la warfarine (Coumadine) ou d'autres anticoagulants oraux (acénocoumarol, fluindione) est déconseillée. La warfarine est métabolisée par le CYP2C9 : une inhibition de cette enzyme par l'harpagophytum pourrait augmenter la concentration sanguine de l'anticoagulant et majorer le risque hémorragique. Un cas clinique de purpura (ecchymoses spontanées) a été rapporté chez un patient prenant simultanément de l'harpagophytum et de la warfarine (Williamson et al., 2009). L'interaction a été classée « possible » sur l'échelle de Naranjo.

Par extension, la même prudence s'applique aux antiagrégants plaquettaires (aspirine à dose antiagrégante, clopidogrel) et aux anticoagulants oraux directs (rivaroxaban, apixaban), même si aucune interaction spécifique n'a été documentée avec ces molécules.

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

L'harpagophytum exerce une activité anti-inflammatoire par inhibition de la cyclo-oxygénase 2 (COX-2) et par réduction de la synthèse de cytokines pro-inflammatoires. Associé à un AINS, il existe un risque théorique de potentialisation des effets indésirables digestifs (ulcération, saignement gastrique). De plus, plusieurs AINS courants sont métabolisés par le CYP2C9 — c'est le cas du piroxicam (Feldène), de l'ibuprofène (Advil, Nurofen) et du diclofénac (Voltarène). L'inhibition de cette enzyme par l'harpagophytum pourrait augmenter l'exposition à ces AINS.

En pratique, si vous prenez un AINS au long cours, consultez votre médecin avant d'ajouter de l'harpagophytum. L'un des intérêts de l'harpagophytum est justement de permettre une réduction de la consommation d'AINS — plusieurs essais cliniques ont montré une baisse significative du recours aux antalgiques de secours chez les patients sous harpagophytum — mais cette transition doit être accompagnée médicalement. Un essai comparatif de Chantre et al. (2000, Phytomedicine) a montré une efficacité comparable de l'harpagophytum et du diacéréine dans l'arthrose, avec significativement moins d'effets indésirables dans le groupe harpagophytum (10 patients contre 21, principalement des troubles digestifs).

Antiépileptiques et autres substrats du CYP2C9

L'acide valproïque (Dépakine) et la phénytoïne (Di-Hydan) sont également métabolisés par le CYP2C9. Théoriquement, l'harpagophytum pourrait en modifier les concentrations plasmatiques. Pour ces médicaments à index thérapeutique étroit, toute variation de concentration peut avoir des conséquences cliniques significatives (somnolence, toxicité hépatique pour le valproate ; signes cérébelleux pour la phénytoïne). Un avis médical est indispensable.

Classe médicamenteuseExemples de molécules
Anticoagulants oraux Warfarine, acénocoumarol, fluindione
Antiagrégants plaquettaires Aspirine (faible dose), clopidogrel
AINS (substrats CYP2C9) Piroxicam, ibuprofène, diclofénac
Antiépileptiques (substrats CYP2C9) Acide valproïque, phénytoïne
Antiarythmiques / digitaliques Amiodarone, digoxine
Hypoglycémiants oraux Glipizide, glibenclamide

Antihypertenseurs

Un cas isolé d'hypertension de grade 2 a été rapporté chez une femme de 62 ans, normotensive, après prise d'harpagophytum (Cuspidi et al., 2015, Journal of Clinical Hypertension). Ce cas unique ne permet pas de tirer de conclusions générales, mais il justifie la mention figurant dans la monographie de l'EMA. Pour un traitement approfondi de la relation entre harpagophytum et pression artérielle, nous avons dédié une page spécifique à l'harpagophytum et l'hypertension.

Règle générale : si vous prenez un traitement médicamenteux au long cours, informez votre médecin ou votre pharmacien avant de commencer une cure d'harpagophytum. Cette recommandation vaut pour tous les médicaments à index thérapeutique étroit, et plus largement pour tout traitement dont la dose efficace est proche de la dose toxique.

Ce qu'il faut retenir

L'harpagophytum présente un profil de sécurité favorable, en particulier au regard des anti-inflammatoires conventionnels avec lesquels il est souvent comparé. Dans les essais cliniques contrôlés, ses effets indésirables — principalement digestifs — ne dépassent pas ceux du placebo en fréquence et en gravité. Le suivi le plus long disponible (54 semaines, 114 patients) n'a pas mis en évidence de toxicité cumulative ni d'effet indésirable grave imputable au traitement.

Les contre-indications se concentrent sur des situations précises : ulcère gastroduodénal actif, lithiase biliaire, pathologies cardiovasculaires, grossesse et allaitement. Les interactions médicamenteuses, fondées essentiellement sur des données in vitro, concernent les substrats du CYP2C9 (anticoagulants, certains AINS, antiépileptiques) et justifient un avis médical en cas de traitement concomitant.

Pour approfondir les bienfaits de l'harpagophytum, sa posologie recommandée ou le mécanisme d'action de l'harpagoside, des pages dédiées sont disponibles sur le site.

Avertissement : les informations présentées sur cette page sont issues de la littérature scientifique et des monographies officielles (EMA, OMS, ESCOP). Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas une consultation auprès d'un professionnel de santé. En cas de doute sur une contre-indication ou une interaction médicamenteuse, consultez votre médecin ou votre pharmacien.
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Bibliographie

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Ouvrage : Lorrain, É. (2019). Grand Manuel de phytothérapie. Dunod.

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Site Web : Interactions médicamenteuses et cytochromes - ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. (s. d.). https://archive.ansm.sante.fr/Dossiers/Interactions-medicamenteuses/Interactions-medicamenteuses-et-cytochromes/(offset)/1

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